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27 mai 2012, par Christophe Kantcheff
Inconsolables. Nous serons inconsolables, nous qui avons été émerveillés par Holy Motors, le film sidérant de Leos Carax, et dont les membres du jury de ce 65ème festival de Cannes, Nanni Moretti en tête, n’ont manifestement pas pris la mesure. Le palmarès qu’ils ont établi est tour à tour consensuel, absurde ou affligeant. « Grand cinéaste, mauvais président », dit l’adage. Ce n’est pas toujours vrai. Tim Burton n’a-t-il pas osé, en 2010, palmer d’or Oncle Boonmee, d’Apichatpong Weerasethakul, ou David (...)
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27 mai 2012, par Christophe Kantcheff
On attendait beaucoup de Mud, le troisième long métrage de Jeff Nichols, après Take Shelter – qui était à la Semaine de la critique l’an dernier et en avait récolté le Grand prix –, pour relever le niveau de la sélection états-unienne en compétition, Les hommes sans loi, de John Hillcoat, The Paperboy, de Lee Daniels, et Killing them softly, d’Andrew Dominik, ayant impressionné par leur vacuité. Cette médiocrité, vraisemblable reflet de l’état de la production américaine en 2011, aurait sans doute justifié (...)
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26 mai 2012, par Christophe Kantcheff
Pour commencer, ces deux petites informations essentielles.
1) Un distributeur a proposé à des journalistes de payer une somme d’argent pour pouvoir interviewer des stars (Brad Pitt, notamment, coûtait 2500 euros les 20 minutes). Toutes les rédactions concernées, notamment canadiennes, ont dit avoir décliné l’offre.
2) Le serment de Tobrouk de Bernard-Henry Lévy est en sélection officielle, hors compétition. Gilles Jacob et Thierry Frémaux auront du mal à soutenir que la sélection de ce documentaire (...)
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25 mai 2012, par Christophe Kantcheff
Après le ravissement suscité par Holy Motors, qui correspond sans l’ombre d’un doute aux critères d’une palme d’or pour Nanni Moretti (le président du jury disait, avant que les hostilités commencent, attendre des films qui le surprennent), le soufflet retombe sérieusement. La programmation de la compétition n’aide pas. Les trois films qui ont suivi n’avaient aucune chance d’estomper les scintillements du film de Leos Carax.
Dans Post Tenebras Lux, le Mexicain Carlos Reygadas a de bonnes idées de mise (...)
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24 mai 2012, par Christophe Kantcheff
On vient à Cannes dans l’espoir de vivre ce moment-là. Ce moment d’émerveillement qui fait miraculeusement oublier la cohue absurde d’un festival. Qui, surtout, abolit le temps pour nous remettre dans l’état des premières fois, quand le cinéma n’était que découverte et sensations nouvelles. Quand le cinéma était notre impensable qui prenait corps. On exagère toujours pour raconter ce moment-là parce que ce qui a été vécu dans le silence et dans le noir semble ne pas pouvoir être rattrapé par les mots qui (...)
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23 mai 2012, par Christophe Kantcheff
Le même jour, il y a d’un côté le « vieux » Ken Loach, qui a déjà eu tous les honneurs, dont la palme d’or ici avec le Vent se lève (2006), et qui revient en compétition avec la Part des anges. Et de l’autre le « jeune » Rachid Djaïdani, qui présente Rengaine, son premier long métrage, à la Quinzaine des réalisateurs. Il semble, à lire les réactions critiques, que le film du premier soit considéré comme mineur et celui du second comme une révélation. Bref, le neuf est préféré à l’ancien. En ce qui me concerne, (...)
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22 mai 2012, par Christophe Kantcheff
Une série de films à fortes préoccupations formelles s’est emparée de Cannes. Ouf ! Je commençais à trouver le temps long et la compétition dominée par les films à thème et/ou naturalistes. Sont entrés en lice : Like someone in love d’Abbas Kiarostami, Vous n’avez encore rien vu d’Alain Resnais et In Another country de Hong Sang-soo. Des films qui remettent un tant soit peu en cause les codes traditionnels du cinéma, et qui dès lors attirent les foudres des esprits poujado-journalistiques. On a même (...)
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21 mai 2012, par Christophe Kantcheff
Deuxième enthousiasme flagrant au terme de la projection de presse suscité par un film de la compétition : après De rouille et d’os, de Jacques Audiard, en tout début de festival, Amour, de Michael Haneke. Un film « simple », comme l’a qualifié lui-même le cinéaste. En effet, Amour affiche une économie thématique et scénaristique qui tranche avec ses films les plus récents, le Ruban blanc (Palme d’or 2009), ou Caché (2005). Un lieu unique – un appartement –, deux comédiens – Emmanuelle Riva et Jean-Louis (...)
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20 mai 2012, par Christophe Kantcheff
Depuis Cannes, où il n’est question que de strass et de paillettes, la polémique à propos du jean porté par Cécile Duflot lors du premier conseil des ministres, jeudi, en impose. Voilà qui nous remet à notre place, nous, journalistes et festivaliers futiles, obsédés par l’apparence et le faux-semblant.
Sinon, hormis le fait que nous sommes ici entrés dans l’ère glaciaire, avec cette impression vivifiante d’être délocalisés au Touquet-Plage en plein mois de novembre, qu’a-t-on pu voir ?
Du sérieux, avec (...)
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19 mai 2012, par Christophe Kantcheff
D’affilée, deux films à thèse dans la compétition, ça fait beaucoup ! Le premier est l’œuvre de l’Autrichien Ulrich Seidl, Paradise/Love, qui traite du tourisme sexuel au Kenya auquel se livrent des femmes seules, des cinquantenaires à l’existence terne. Tout est laid chez Seidl : le racisme cynique de ces Occidentales trop bien en chair, que les Kényans appellent « Sugar mama » ; et l’âpreté aux gains des jeunes Africains qui se prostituent sans vergogne. Le cinéaste voit ceux-ci comme les gagnants de ces (...)
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18 mai 2012, par Christophe Kantcheff
Hier soir, attablé à côté d’un couple de festivaliers présents à Cannes parce que salariés d’une marque de montres (on les prête aux people qui en font ainsi la pub en montant les marches – « il n’y a pas de sots métiers », quoique…), l’homme dit crânement : « Eh bien ! avec Fabius et Jack Lang ministres, le changement, ce n’est pas maintenant ! ». Dans la même veine, plus tôt dans la journée, un cafetier me déclare qu’Hollande, avant d’être élu président, gagnait 30 000 euros par mois. Une information sûre, (...)
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17 mai 2012, par Christophe Kantcheff
À Cannes, le président change tous les ans. Il n’est pas élu, mais invité par les responsables du festival, Gilles Jacob et Thierry Frémaux. Il n’a pas cinq ans pour appliquer des mesures mais 12 jours, avec son gouvernement de co-jurés, pour dessiner ce qui serait à ses yeux les meilleurs choix esthétiques proposés dont on pourrait s’inspirer, établir une hiérarchie des valeurs cinématographiques, et formuler un idéal, sinon une utopie, de spectateur. L’esquisse d’une politique du septième art, en somme. (...)