2010 année de l ‘Afrique, ainsi l’a souhaité Sarkozy, soucieux de s’inscrire dans la grande tradition des présidents français dits « africains », entendez : amis, frères et cousins des « rois nègres » que la République a hissé sur le trône et dont elle veille sur la destinée.
Quitte à les aider, quand il faut, à mater leur peuple indocile.
Car il ne faut pas se raconter d’histoires : de De Gaulle à Sarko en passant par … tous les autres, jamais les promesses de rupture avec de solides (et sordides) pratiques néo-coloniales n’ont été tenues.
Et les ministres en charge qui y avaient cru ont promptement été débarqués, à la demande même des potentats africains, dont ils dérangeaient les juteux arrangements avec l’oligarchie de l’ancienne métropole ; et la complicité d’une classe politique française qui a toujours su toucher les dividendes de sa complaisance.
Le dernier en date à avoir compris sa douleur est Jean-Marie Bockel, éphèmère ministre de la coopération ; bien avant lui, Jean-Pierre Cot, en 1981, dans les mêmes fonctions et avec la même envie de faire bouger les choses (dans le bon sens) avait subi les mêmes avanies. Entre les deux, les titulaires du poste se sont bien gardé de faire des vagues.
Depuis toujours en effet, la politique africaine de la France est pilotée de l’Elysée, par des hommes de l’ombre qui ne rendent compte qu’au chef de l’Etat : de Foccard à Bourgi en passant par Journiac (sous Giscard) à Jean-Christophe-Papamadit (sous Mitterrand) et quelques autres, c’est toujours le même court-circuit qui fait sauter les plombs de la démocratie, chez nous comme chez eux, dans la corruption, l’oppression, la répression, voire l’assassinat si nécessaire …
Alors, puisqu’il y aura « célébration » officielle, et donc ribambelle de mensonges et de paroles creuses, c’est l’occasion de se pencher sur l’histoire vraie des décolonisations.
En allant s’instruire, par exemple, sur le site créé spécialement par l’association Survie, dont le combat contre la Françafrique est, depuis toujours, la raison d’être.