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28 avril 2011

Appel pour une insurrection civique et démocratique

Politis publie un appel qui dénonce le « concours de beauté » de la présidentielle qui dépolitise la société et demande un débat sur le contenu des politiques.

Nous appelons à une insurrection civique, pacifique et démocratique, contre le refus de l’étranger qu’expriment le Front national ou ses alliés de rencontre. Elle ne réussira pas si les quartiers populaires ne se sentent pas représentés par des politiques qui depuis si longtemps les abandonnent. Elle ne réussira pas, non plus, si chacun d’entre nous ne se bouge pas. Nous appelons à l’invention d’un dispositif démocratique qui ferait progresser la démocratie citoyenne, l’implication directe des citoyens dans l’activité politique, et qui éloignerait le spectre d’un nouveau 21 avril.

Car s’installe, relookée Marine mais immuable dans ses appels à la haine, un vote FN massif et toutes les conditions pour qu’il demeure. S’installe une abstention structurelle. Avant même les dernières cantonales, aux européennes de 2009 et aux régionales de 2010, près de 65% des employés et 69% des ouvriers ne sont pas allés voter. Plus de 70% des inscrits s’abstiennent dans les villes ouvrières (Stains, Bobigny, Tourcoing, Roubaix, tant d’autres). La progression de l’abstention est un mouvement long à l’oeuvre depuis 20 ans. Si bien qu’en certaines villes populaires, si l’on cumule non-inscriptions sur les listes électorales et abstentions, seuls 10% du corps électoral vote encore. Insensiblement, des mécanismes censitaires s’installent sans inquiéter vraiment certains professionnels de la politique dont l’horizon reste d’être élus ou réélus.

La situation a tout d’extraordinaire. Le microcosme politique suit son cours ordinaire, réduit souvent, hélas, au choc des ambitions personnelles, des carrières, des concurrences stériles, déjà vues. Ce n’est pas à la hauteur de la situation. Nous refusons le désastre démocratique qui s’annonce, la catastrophe qui vient.

Par le passé, aujourd’hui encore, nos histoires, nos engagements diffèrent. Certains d’entre nous ont voté et voteront socialistes, d’autres écologistes, communistes ou NPA. Certains votèrent « oui » au TCE, d’autres « non ». Certains viennent de la "deuxième gauche", d’autres s’y opposèrent. Et alors ? Certains viennent de la résistance à la barbarie nazie, certains firent Mai 68, d’autres n’étaient pas nés. Nos différences nous enrichissent. Le passé doit être dépassé. Il faut répondre « présents » aux défis du présent. Par l’engagement.

Tant que ne seront pas traitées les causes sociales du vote FN, il augmentera. Et depuis trop longtemps, rien n’a changé : chômage de longue durée, relégation liée à la perte d’emploi, réclusion en HLM délabrées, compression des revenus, échec scolaire des enfants…

Le bulletin FN exprime souvent la hantise d’être précipité (à nouveau !) dans le monde auquel on entendait échapper, une manière de conjurer le déclassement collectif vécu dans l’isolement – en s’écartant symboliquement des plus proches objectivement, les immigrés de dernière génération. L’impossibilité d’échapper à une condition plus dégradée qu’hier avive la guerre des pauvres contre de plus pauvres qu’eux, qui alimente le vote Le Pen. Et puis, massivement, s’enracine le sentiment (mélange d’espoirs déçus, d’amertume à fleur de peau, de résignation et de colère) qu’aller voter ne sert pas, n’apporte rien. Comment en irait-il autrement ? Quand les alternances s’enchaînent et que les milieux populaires n’y gagnent rien. Pour beaucoup, alors, disons-le crûment, comme parlent ces électeurs, voter FN c’est dire « j’emmerde ce système qui m’emmerde ! ».

À terme, mais vite, seule une politique qui redonne espoir aux milieux populaires changera ces votes. Une politique de plein emploi, d’emplois utiles socialement, écologiquement, d’emplois payés davantage, d’encadrement strict et de réduction des CDD et de l’intérim. Une politique qui retisse des liens grâce à des services publics rénovés, redynamisés : des écoles et des enseignants en nombre pour réenclencher la mobilité sociale, un service public de la petite enfance sur tout le territoire, des hôpitaux publics rétablis dans leurs moyens d’agir…Une politique qui étende la protection sociale : un remboursement complet des soins, une prise en charge collective de la dépendance une fois l’âge venu, une hausse des minimas sociaux et des allocations chômage…Une politique qui désenclave les quartiers : des transports publics gratuits, une allocation d’autonomie pour les jeunes, un vaste plan public de réhabilitation des logements, l’arrêt des hausses de loyers... Il y a tant à faire, qui fut laissé à l’abandon depuis longtemps. Mais rien ne se fera sans cette solidarité nationale minimale qui consisterait, disons-le, à redéplacer vers les salaires et les services publics les parts de la richesse produite par tous, qui furent sur la période détournées vers les profits et le privé. Rien ne se fera si, à l’insécurité économique et sociale d’où découlent toutes les peurs et toutes les insécurités, nous n’optons pas pour la Sécurité sociale et la sécurité économique.

Ce sont bien sûr les forces de transformation écologiques, sociales, politiques qui doivent mettre en œuvre cette nouvelle politique dès 2012. Elles doivent, dès lors, être capables de construire des alliances ponctuelles sur des causes, qui permettent enfin au « peuple de gauche » de se reconnaître et de faire entendre sa voix. Il ne s’agit pas de gommer les différences voire les vraies divergences. Il s’agit de les traiter afin qu’elles ne deviennent pas destructrices. Nous suggérons une procédure qui permettrait à la gauche d’éviter tout risque de ne pas figurer au second tour des élections de 2012. Elle encouragerait une forme participative de délibération sur les programmes à mettre en œuvre. Il s’agirait d’organiser après le choix spécifique de leurs candidats et programmes par les différentes familles de gauche (socialiste, écologiste, communiste, alternatives…) une série de débats communs destinés à mieux cerner les objets d’accord et de désaccords. Puis d’offrir lors de « primaires communes » sur le contenu, en décembre, à tout le peuple de gauche de hiérarchiser les propositions qui constitueraient la feuille de route du quinquennat et vaudrait programme d’action. Sur cette base, il faudrait ensuite et en commun, par une convention citoyenne, définir une procédure démocratique permettant de s’accorder sur un ou une candidat-e pour le porter. Ce serait, là, réagencer enfin l’action politique : d’abord le programme puis le ou la candidat-e qui en découle ; d’abord le choix citoyen sur les axes de transformation.

Mais surtout, ne déléguons plus aux politiques ce qui dépend de nous. Il y a ce que nous pouvons faire, chacun. Sans attendre. Tout de suite. À notre niveau. Pour faire reculer cette peur des autres et l’isolement de chacun, dont se nourrit le FN. Nous y appelons, nous participerons à l’organiser, nous viendrons partout, jusqu’en mai 2012 ; au-delà, s’il le faut. La peur vient de la méconnaissance des autres, de l’éloignement. Alors, nous allons dans les Cités, les centres-villes, les campagnes, monter chaque semaine des Apéros facebook « pour vivre ensemble », des « repas du monde » « pour vivre ensemble », des banquets républicains « pour vivre ensemble », des fêtes de voisins « pour vivre ensemble ». Y associer des artistes, des spectacles, pourquoi pas ? Chacun peut y contribuer. Chacun peut les organiser. Et emmener les gobelets, les tartes, les couscous, les nems, les apéricubes… Quand nous sommes, ensemble, réunis ainsi, dans le partage d’un barbecue, d’un verre, dans le partage de nos soucis aussi, de nos envies, de nos vies simplement, si vite disparaissent les peurs ; si vite, côte-à-côte, coudes à coudes, nous nous sentons semblables des autres ; si vite nous aimons « vivre ensemble » ; si vite, ensuite, nous nous entraidons. Nous appelons à cette insurrection civique. Elle a pour nom : « Nous voulons vivre ensemble ». Il s’agit banalement, ensemble, de « prendre un pot ». Mais chacun de ces pots sera pour le FN, un pot de retraite, un pot de départ.

- Modification le 04/05/11 : Le texte de l’appel initialement publié a été remplacé par la version longue.

Nota Bene :

Céline Braillon (urbaniste) Gérard Filoche (Inspecteur du travail) Susan George (altermondialiste) Jean-Marie-Harribey (économiste) Stéphane Hessel (ambassadeur de France) Pierre Khalfa (syndicaliste) Safia Lebdi (présidente des Insoumises) Gus Masiah (altermondialiste) Caroline Mécary (avocate) Mireille Mendes-France (juriste) Willy Pelletier (sociologue) Patrick Viveret (philosophe)

Photo : Jean-Sébastien Evrard

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Commentaires de forum
  • Archie 28 avril 2011 à 10:23

    François Bayrou n’est pas signataire ?
    Ou Borloo.
    Ils le pourraient tant ce texte est vide de sens.
    Cet énième appel (Politis s’en faisant une spécialité) laisse pantois.

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  • Louis 28 avril 2011 à 11:14

    Le titre de l’appel est bien trompeur vis à vis d’un contenu qui tend à vouloir "ranger" toute la gauche sous la bannière d’un candidat PSqui une fois "investi" et peut-être élu au final, oubliera très vite le programme ainsi concocté !
    Et puis il manque l’engagement ferme d’un passage à une 6e République pour justement développer le civisme et renforcer vraiment la démocratie.

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  • Omar 28 avril 2011 à 11:24

    Attristant.

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  • RAZIBUZOUZOU le vrai 29 avril 2011 à 08:39

    Une chose est sûre, lorsque l’ALIBORON , l’intrus , n’ achèvera pas dans un an son mandat, il laissera la France dans un état de délabrement comme jamais , rempaxée comme la lepin batteleuse . la Honte Universelle . Les français décérébrés /ées élisent des bourreaux .

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  • louis Rossel 29 avril 2011 à 09:32

    Politis est un journal dont on doit saluer la fréquente qualité des analyses, et doté, habituellement d’une "vue" politique incontestable, tout du moins enrichissante.
    Or on ne peut pas, et ce au fil des relectures, ne pas être saisi par le vide de cet appel ...à l’insurrection..."pacifique". Cet oxymore engage à considérer que les signataires de cet article, visent plus à se faire connaître, à se faire entendre, à faire du "bruit", que de participer activement au renversement des rapports de force.
    Je m’étonne que M. Filoche a pu embarquer dans cette Galère.
    La faiblesse du contenu et la "cuistrerie" qui le baigne, m’engage à m’interroger sur le statut de l’une des signataires, ingénieur chez EDF : En A- t -elle acheté des actions.
    Après tout, à la vacuité on peut répondre par le mauvais goût.

    Répondre à ce commentaire

  • 29 avril 2011 à 09:33

    Politis est un journal dont on doit saluer la fréquente qualité des analyses, et doté, habituellement d’une "vue" politique incontestable, tout du moins enrichissante.
    Or on ne peut pas, et ce au fil des relectures, ne pas être saisi par le vide de cet appel ...à l’insurrection..."pacifique". Cet oxymore engage à considérer que les signataires de cet article, visent plus à se faire connaître, à se faire entendre, à faire du "bruit", que de participer activement au renversement des rapports de force.
    Je m’étonne que M. Filoche a pu embarquer dans cette Galère.
    La faiblesse du contenu et la "cuistrerie" qui le baigne, m’engage à m’interroger sur le statut de l’une des signataires, ingénieur chez EDF : En a- t -elle acheté des actions ?
    Après tout, à la vacuité on peut répondre par le mauvais goût.

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  • chantine 1er mai 2011 à 10:39

    ben moi, je suis plutôt d’accord avec cet appel

    un peu généraliste, certes, mais ça va mieux en le disant

    peut-être aussi :s’ "Il devient urgent d’instaurer une politique radicalement nouvelle qui redonne espoir", ce peut être pour contrer le FN,

    mais peut-être aussi pour mettre en place des solutions qui améliorent la vie, qui permettent à tous de manger, de se loger, de penser, ...

    pour redonner espoir, simplement justement

    l’anti FN, comme l’anti Sarko, c’est pas une politique en soi

    plutôt plus de respect, plus de moyens pour les besoins élémentaires, plus de possibilités de choisir sa vie, plus de bonheur (aïe, aïe ..)

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  • R. Zaharia 1er mai 2011 à 20:29

    "Il faut refuser le « concours de beauté » pour le choix du candidat qui dépolitise la société française et discuter des politiques à mener. Il faut que le « peuple de gauche » puisse débattre et décider de ces politiques avec pour objectif d’établir les priorités à satisfaire pour les mois et années à venir."

    Contrairement aux "pisse vinaigre" qui trouvent ce texte vide... (mais peut etre, transportent-ils la vacuité avec eux ?), je lis avec soulagement cette dénonciation du "concours de beauté" permanent que nous vaut "l’élection présidentielle avec inversion du calendrier" !

    La possibilité de confisquer pour 5ans tous les pouvoirs de l’Etat, même si 75 % des électeurs inscrits ne votent pas pour vous au premier tour... se combine avec d’autres menaces pour la démocratie comme :

    - les instituts de sondage soucieux de plaire a leurs clients, donc devenus experts pour nous mitonner des "questions fermées" (ne laissant le choix qu’entre la peste et le choléra),
    - les "editocrates" et autres "faiseurs d’opinion"... (dont souvent l’arrogance n’est surpassée que... par l’ignorance !), toujours pleins de dédain pour les "petits partis"... et surtout soucieux de... ne pas mordre la main qui les nourrit !

    Dernier exemple en date : le soir des cantonales, il n’y avait de résultats que pour le PS, l’UMP, et le FN ! De la sorte, personne ne sait que ...si le Font de Gauche et Europe Ecologie Les Verts trouvaient le moyen de s’entendre, (ce qui suppose entre autres de rejeter le texte scélérat nomme "Pacte pour l’Euro"), ils seraient le second parti de France !

    Alors OUI à une insurrection civique et démocratique ! OUI à une délivrance de cet harassant "problème de casting", qui empêche tout débat politique ; L’essentiel, c’est le programme !
    Ensuite... en guise de "primaires a gauche"... pour gagner du temps... je verrai bien qu’un soir a la teloche... on mette 10 noms dans un chapeau, qu’un petit môme, sorte tous les papiers... un par un, et que... le candidat commun de la gauche soit celui dont le nom est sorti en dernier !
    Comme cela, personne ne pourrait craindre que ce tirage au sort ait pu etre truqué ! On économiserait ainsi beaucoup de salive, de temps et de papier... Ensuite les 10 candidats, y compris celui choisi par la main innocente du petit enfant... feraient campagne ensemble, non pas pour "faire entendre leur difference"... mais juste pour défendre le programme... rien que le programme, celui qu’ils se seraient tous engagés auparavant a appliquer, en cas de succès de leur candidature !

    Au lieu d’une campagne fratricide et sans intérêt, on aurait peut être enfin un élan populaire et une cohésion capables de renverser ces terribles obstacles que sont devenus la résignation, la docilité, et le "chacun pour soi" ! Mais... faut pas rêver, hélas ! ?

    http://www.france-alter.info

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  • LAPEYRE 1er mai 2011 à 21:38

    Je suis pour qu’il n’y ait pas pléthore de candidatures à gauche.
    Vu d’aujourd’hui, le PS aura sa candidature (H ou F). Il ne faudrait qu’une autre candidature à Gauche issue du rassemblement de toutes les gauches de la Gauche.
    Si toutes les forces de Gauche sont rassemblées (FdG, FASE, NPA, LO, POI, des Ecologistes et tous ceux qui se reconnaissent dans cet objectif d’une réelle alternative par la sortie du capitalisme) cela fera ressusciter l’Espoir dans l’électorat de gauche, y compris dans celui du PS car il n’est pas tout acquis au choix de la direction du PS.
    Si le NPA voulait bien adopter une stratégie positive pour lui comme pour le Peuple de Gauche, il deviendrait membre du FdG. Ce faisant, il mettrait le PS en grande difficulté au regard de son refus de discuter avec le NPA sous prétexte qu’il n’est pas un parti de gouvernement. Or, le PS veut bien discuter avec le FdG. Ou le PS continue à discuter avec le FdG comprenant le NPA , ou il cesse les relations avec le FdG et il indique clairement qu’il est à la droite de la gauche avec tout ce que cela implique comme retombée sur la crédibilité de son programme politique.
    Mais, à un an des élections présidentielle et législatives, beaucoup de choses peuvent se passer. Les événements qui secouent les pays arabes, les positions "guerrières" prises par notre Président, l’approfondissement de la crise globale que connait notre France peut obliger les partis, mouvements, associations et Citoyen(ne)s à se rassembler dans le cadre d’un Front Populaire, Patriotique.
    S’il ne faut rien brusquer, il ne faut non plus, rien s’interdire, même à changer de position, non pas sur le projet politique mais sur la candidature et sur les "coopérations" entre toutes les forces de gauche.
    N’oublions pas que le programme du CNR a été fait avec toutes les forces politiques depuis la droite jusqu’à la gauche communiste, il est vrai dans un rapport de forces favorables aux travailleurs. Si nous voulons bien accorder un certain sens aux sondages, les revendications portées par les syndicats (avec une certaine confusion sur ce que chaque syndicat proposait) recueillaient l’approbation de la majorité des français ......... Ne serait ce pas la signification d’un rapport de forces favorable aux salariés et à la gauche tout entière ??
    Mobilisons notre énergie dans cette mission de conscientisation des salarié(e)s pour qu’à partir de 2012, le Peuple de France s’engage dans la transformation de la Société avec l’ambition de porter cette orientation au niveau Européen et mondial ...... comme certains pays ont déjà commencé à le faire, en Amérique latine et au proche et moyen Orient.

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  • Jeanne Parreau 2 mai 2011 à 12:45

    2 mai 2011
    Je ne trouve pas cet "Appel" extraordinaire mais je le préfère à celui dit du 21 avril réclamant de la gauche "la désignation d’un candidat unitaire dès le 1er tour grâce à des primaires ouvertes". Cette dernière attitude participe de celle qui conduisait en 1981 à danser en rond comme des amateurs de football sur l’air de "On a gagné, on a gagné ! " tout en remettant les clefs de la maison à François Mitterand.
    Je retiens donc le dernier paragraphe de l’appel publié par Politis . Il répond un peu à la question posée par Politis dans son bandeau, (question d’ailleurs biaisée car pourquoi un éventuel candidat de gauche de second tour est-il forcément du PS ?) :" comment éviter de signer un chèque en blanc au candidat du PS ?"
    Voici ma réponse à cette question :
    En préparant dès maintenant l’élection, qui suivra celle du Président de la République, d’une chambre des députés avec laquelle le pouvoir exécutif devra compter. Et si nous savons préparer cette élection, nous serons armés pour la suite, pour aider ces députés à prendre des mesures politiques telles que nous les souhaitons. Rien ne peut réussir sans que la vie politique ne devienne, sinon l’affaire de tous, celle d’un assez grand nombre pour qu’elle mérite le qualificatif de démocratique. Nous savons bien que la démocratie n’est pas réductible au droit de vote, qu’elle se construit en permanence dans la confrontation des idées, dans les luttes diverses pour la mise en œuvre des principes que nous avons en commun quand nous nous reconnaissons comme "de gauche".

    Je complète par un état d’âme :
    j’avais espéré pas mal de Lionel Jospin ; je l’ai par deux fois crédité de pensées non exprimées qui étaient plutôt celles du Jospin imaginaire que je m’étais créé. Une première fois, lorsqu’il avait dit aux ouvriers de Michelin quelque chose comme "l’Etat ne peut pas tout", cela sous entendait pour moi en complément "prenez-vous par la main, entamez des luttes, fournissez-moi un rapport de forces et nous pourrons agir" ; la seconde fois, lorsqu’il a commencé sa campagne pour la présidentielle, sans que je me souvienne des termes exacts, il avait délimité ce qu’il s’autorisait à dire en tant que candidat, conscient que la majorité de la population ne pouvait pas l’élire sur la base d’un programme vraiment socialiste ; je le pensais tout de même capable de dire dans quel sens il souhaitait aller et qu’il le ferait dès lors qu’il sentirait le soutien de ses électeurs. Cela n’est pas venu pendant la campagne … qui fut effectivement mauvaise. Edulcorer ses idées est toujours un mauvais calcul.

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  • Linumbrs 3 mai 2011 à 20:16

    Ils ne parlent pas de 6ème république.
    Ils ne parlent même pas de "république", tout court. Le mot n’est pas cité une seule fois ! (excepté dans le nom composé "président de la République ) C’est grave !

    Cela disqualifie définitivement les auteurs de l’appel, mais pas Politis. (L’éditorial de Denis Sieffert dans le même numéro abondait largement dans l’autre sens que cet appel).

    Et le fait que cet appel se prétend pour la démocratie, alors qu’il appelle à supprimer toute pluralité de candidatures à gauche est une impsoture intellectuelle.

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