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Appel de Politis : la déclaration de principes

jeudi 16 octobre 2008, par Politis.fr


Retrouvez la version finale de la déclaration de principes rédigée à la suite de la réunion nationale des signataires de l’Appel lancé par Politis, « L’Alternative à gauche, organisons-la ! », organisée le 11 octobre à Gennevilliers. Un document à lire en ligne et à télécharger au format PDF.

(Ce texte annule et remplace le document incomplet mis en ligne quelques heures le 13 octobre.)

Gennevilliers, 11 octobre 2008

PDF - 53.2 ko
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La réunion nationale des signataires de l’Appel lancé par Politis, « L’Alternative à gauche, organisons-la ! », réunie le 11 octobre à Gennevilliers, souligne l’impérieuse nécessité de rassembler toutes les forces politiques, syndicales, associatives et citoyennes par-delà les nuances pour faire face aux conséquences dévastatrices des orientations néolibérales dont la planète fait les frais depuis trop longtemps.

Comme le soulignait notre Appel dès mai dernier : « Le capitalisme se fait toujours plus prédateur. Les émeutes de la faim sont le corollaire de l’enrichissement indécent d’une minorité de privilégiés. Les crises financières s’enchaînent et une catastrophe écologique se dessine. Bousculée par un nouveau totalitarisme de marché, la démocratie s’étiole. » En quelques mois, la tourmente financière s’est transformée en nouvelle crise capitaliste historique, des millions d’hommes et de femmes se voient menacés dans leurs conditions d’existence élémentaires, les foyers de guerre se multiplient sur le globe, la souveraineté des citoyens est toujours davantage bafouée, l’extrême droite se fait de nouveau menaçante en Europe, comme les élections autrichiennes viennent de le démontrer.

Il n’est plus temps, à gauche, de gérer précautionneusement les quelques marges que laisse le système en respectant ses règles fondamentales, mais de reprendre les choses à la racine.

• L’urgence est économique. Face à l’actuelle crise financière, il n’est pas tolérable que l’on en revienne à mobiliser les moyens de l’intervention étatique dans le seul but de faire payer au plus grand nombre une crise dont il n’est nullement responsable. Il faut rompre avec la logique dévastatrice qui cède le pouvoir au marché, replacer le secteur bancaire et le crédit sous l’autorité de la collectivité afin de les mettre au service du développement économique et social, retrouver le chemin de politiques publiques planifiées et définies au terme d’un vaste débat citoyen. Il faut en finir avec les privatisations, à commencer par celle de La Poste, et revenir sur celles qui ont affecté les services publics, interdire les licenciements boursiers. Et il faut immédiatement contrôler les mouvements de capitaux et les circuits financiers, taxer les activités spéculatives, ainsi que le demande depuis des années le mouvement altermondialiste.

• L’urgence est sociale. De toute la société, montent les mêmes exigences : refus de la casse des conquêtes sociales et républicaines ; hausse massive des salaires, des pensions et des minima sociaux ; plein-emploi, refus de la précarité et réduction de la durée du travail ; Sécurité sociale et accès aux soins garantis ; droit à la retraite à taux plein à 60 ans ; services publics élargis et renforcés… Pour y répondre, il convient de promouvoir une redistribution radicale des richesses, en recouvrant les dix points de PIB transférés en vingt ans du travail vers le capital, ce qui représente annuellement autour de 170 milliards d’euros. Ce sera possible grâce à l’augmentation des salaires comme des pensions, et à une fiscalité récupérant les innombrables aides indues consenties sur des années aux détenteurs de capitaux pour réhabiliter l’impôt direct, progressif, fortement redistributif. Il faut en outre assurer une égalité réelle, dans l’emploi et le revenu, aux femmes et aux hommes.

• L’urgence est écologique. Émissions de gaz à effet de serre, dérèglements climatiques, question énergétique, crises agricole et alimentaire : chacun le sent bien désormais, la catastrophe s’approche à grands pas. Sur ce plan également, laisser libre cours aux mécanismes du marché mène inexorablement à la destruction des conditions mêmes de la vie humaine. Un développement soutenable n’est possible que si l’on consent à rompre avec la domination de l’économie par des intérêts privés et leur logique du profit à court terme. Réintroduire la logique de l’intérêt général dans ces secteurs essentiels de la vie collective que sont la santé, les équipements, les transports, les activités industrielles ou agricoles, cela exige une planification écologique restituant aux politiques publiques les moyens d’agir, et rompant avec le tout-productivisme.

• L’urgence est démocratique. En France, depuis mai 2007, le pouvoir de Nicolas Sarkozy a poussé à l’extrême la dérive présidentialiste, quasi monarchique, induite par les institutions de la Ve République. La concentration des pouvoirs au plus haut niveau de l’État a été consacrée par la révision constitutionnelle de juillet 2008. Elle se conjugue avec une entreprise de normalisation sans précédent des médias, la confusion permanente entre l’action publique et les intérêts privés, le développement du fichage de la population et des pratiques sécuritaires, la stigmatisation des populations issues de l’immigration. Il convient de rompre avec ces institutions, et notamment avec l’élection du Président au suffrage universel, qui conditionne et avilit toute la vie politique, pour ouvrir un processus constituant permettant au peuple de récupérer toute sa souveraineté. Il convient aussi d’étendre la citoyenneté aux résidents étrangers.

• L’urgence est européenne. L’Union européenne se retrouve au cœur de la tempête financière et économique, mais elle est incapable d’y faire prévaloir les intérêts du plus grand nombre, emprisonnée qu’elle est dans les carcans du Pacte de stabilité, d’une Banque centrale indépendante, d’un grand marché déréglementé et de la destruction programmée de ce qu’il reste de services publics sur le continent. Le traité de Lisbonne a recyclé les orientations essentielles du traité constitutionnel européen, rejeté en 2005 par le vote des citoyens français et néerlandais. Aucune politique de gauche ne pourra jamais être conduite dans le cadre d’un tel traité. Il faut en sortir, comme nous y a invités le peuple irlandais, seul à avoir pu se prononcer démocratiquement et souverainement sur la question, et redonner la parole aux peuples européens. Sur ce plan, à huit mois des élections européennes, l’assemblée des signataires considère qu’il serait incompréhensible que les forces antilibérales, celles-là mêmes qui ont mené en commun la bataille victorieuse du référendum du 29 mai 2005, ne s’expriment pas en commun à l’occasion de cette échéance.

• L’urgence est à une politique de paix. Au fil des années, à mesure que les Nations unies se voyaient tenues en lisière, l’Otan est devenue le bras armé de la volonté impériale des États-Unis. Son action belliqueuse se déploie sous l’égide de la « guerre sans limites » et du « choc des civilisations » chers à l’administration Bush. On perçoit aujourd’hui dans le Caucase à quels dangers elle peut conduire pour la paix mondiale. C’est pourtant cette alliance guerrière que le gouvernement français a choisi de réintégrer complètement, participant en Afghanistan à un conflit aussi inutile que sanglant, allant à l’encontre des aspirations démocratiques des Afghanes et des Afghans. Le retrait de l’Otan se révèle donc comme la condition même d’une nouvelle politique internationale de la France, ouverte aux coopérations entre les peuples, et plus particulièrement soucieuse d’un codéveloppement avec le Sud. La réunion nationale des signataires de l’Appel de Politis tient dans ce cadre à affirmer son exigence de retrait des troupes françaises d’Afghanistan.

Ces six urgences sont les pistes de travail, les grands chantiers de réflexion et d’action, que l’assemblée du 11 octobre soumet à la plus large discussion. C’est une mobilisation exceptionnelle, impliquant des millions de salariés, de jeunes, de citoyens, qui permettra de les mettre en œuvre.

Dans les jours et les semaines qui viennent, aux plans national et local, les signataires de l’Appel de Politis solliciteront ainsi toutes les compétences au sein du mouvement syndical et associatif, comme dans le monde de la recherche et de la culture. L’objectif est de parvenir à de véritables propositions alternatives qui stimulent les résistances sociales et les mobilisations populaires, et que pourrait porter une gauche de transformation sociale et écologique dans toutes les échéances politiques à venir.

C’est dans cette perspective que, tout en s’engageant à agir pour favoriser l’unité d’action face aux attaques du gouvernement, ils proposent la tenue, au début de 2009, d’assises pour un vrai changement. À l’occasion de ce grand rendez-vous, ils souhaitent pouvoir préciser les pistes de travail ici suggérées en conduisant un travail d’élaboration associant, en toute indépendance, l’ensemble des forces intéressées à l’existence d’une alternative authentique à gauche : partis, courants et militants de partis acquis à la nécessité d’une alternative de rupture ; acteurs et actrices du mouvement social ; associations agissant pour les droits sociaux et les libertés ; structures issues des quartiers populaires ; mouvements féministes et organisations de jeunesse.

Dans notre Appel de mai dernier, nous constations la nécessité d’une nouvelle force de gauche dans ce pays, et nous affirmions notre conviction qu’il « existe ici un espace comparable à celui révélé par Die Linke en Allemagne ». D’autres expériences existent en Europe, telles que la coalition Synaspismos-Syriza en Grèce. Nous voulions souligner que, « faute de convergence entre des traditions et des cultures jusqu’ici séparées, faute de prendre en compte l’apport des mouvements sociaux et citoyens ayant émergé depuis plusieurs années, le champ des possibles demeurera inévitablement limité : aucune force constituée ne peut rassembler autour d’elle seule ». Nous en appelions à ce qu’une gauche de gauche devienne enfin « une véritable force ».

Au-delà des nuances et des différences qui peuvent nous partager, c’est plus que jamais cette volonté qui nous anime. Nous entendons poursuivre l’action commune pour une gauche digne de ce nom. Nous ne nous résignons pas à la division des forces de la gauche de transformation, sociale et écologiste. Nous leur proposons donc de s’associer dans un cadre permanent, dans le respect des différences et des projets de chacun. Nous souhaitons que se noue entre elles un PACTE assurant la pérennité de ce cadre et la poursuite du travail sur les propositions alternatives qui viennent d’être ébauchées, quelles que soient par ailleurs les divergences qui pourront surgir.

Nous le disons avec solennité : c’est la conscience de la nécessité et le souci d’unité qui doivent l’emporter.

11 Messages de forum

  • Appel de Politis : la déclaration de principes 13 octobre 2008 19:19, par gib

    Deux remarques pour ma part, après avoir dit mon accord sur l’ensemble du texte adopté :
    - Il est judicieux d’insister sur l’appel aux syndicalistes car la gauche ne s’est jamais mieux portée qu’au temps où elle hissait des syndicalistes de terrain à la tête de ses organisations. Même la Résistance s’est appuyée sur ces syndicalistes qu’étaient Rol-Tanguy, Saillant ou Tollet.
    - J’aurai préféré que la réunion débouche plus concrétement sur la mise en place d’une structure fédérative (et fédérante) permanente. La prochaine échéance, début 2009, aurait grand tort d’esquiver cette décision : Le pire dans la situation présente de la gauche de gauche, c’est qu’à trop attendre nous finissons par nous décourager, exténués par notre éparpillement.

    gib

  • Appel de Politis : la déclaration de principes 13 octobre 2008 20:41, par Casimir

    Certes, l’échéance des élections européennes peut être un moment unique de mettre en pratique les idées que nous avons émises lors de cette journée. Mais il reste, pour être audible et crédible, pour ne pas désespérer Renault Sandouville (excusez mon patriotisme local), pour redonner de la confiance au monde du travail, pour accompagner et soutenir leurs luttes, à toujours débattre, à se saisir de cet appel pour encore faire connaître celui-ci, pour ne pas se couper de ceux qui suivent avec intérêt notre démarche en restant militants de leurs organisations. La confiance ne doit pas être réservée aux marchés financiers (que diable) : ayons nous aussi confiance sur nos capacités à étonner encore et à obliger les médias à reconnaître, là aussi, une rupture avec le passé. Casimir, conseiller à l’emploi (service public jusqu’au 31/12/08).

  • Le 11/10/08, j’ai assisté à Gennevilliers à la réunion nationale de l’appel « l’Alternative à gauche, organisons là » préparée par Politis. Un nombre important de personnes, issu des Collectifs Unitaires (CU), était présent et s’est largement exprimé. Il m’a semblé qu’une majorité des intervenants, et en particulier beaucoup d’animateurs nationaux des CU, souhaite la création très rapide d’une force politique dans le cadre du processus de l’Appel dit de Politis.

    Si je me retrouve dans cet objectif, je désapprouve totalement toute précipitation dans sa réalisation et réprouve catégoriquement tout alignement sur un agenda électoral présentant des échéances rapprochées, nommément les élections européennes, voire peut-être même l’élection d’après. J’ai suivi avec intérêt, au moins au début, le développement du projet de candidature unitaire à l’élection présidentielle de 2007. J’ai été déçu et affligé par son naufrage et je considère que les animateurs principaux des CU qui pilotaient cette initiative à l’époque, en sont tous à des degrés divers, solidairement responsables. Aussi, les leçons de leur échec doivent être tirées, y compris celles sur la méthode utilisée et sur le tempo choisi, afin de ne pas renouveler ce triste résultat.

    Je conçois que la déception, consécutive à ce revers, alimente l’impatience des membres des CU et incite à presser le pas sur les questions de la construction d’une force politique et de la compétition électorale. Je juge cependant cet empressement dangereux et potentiellement nuisible au processus de rassemblement que l’Appel de Politis essaye de favoriser et dont nous avons mesuré l’extrême fragilité à Gennevilliers.

    Les CU l’ont déjà durement expérimenté, une nouvelle force politique à gauche ne se décrète pas, encore moins du jour au lendemain, surtout si elle veut transcender les clivages entre les structures et les individus qui veulent en être, surtout si elle veut devenir une alternative crédible qui rassemble au-delà des groupuscules actuels, surtout si elle a pour ambition de représenter un jour prochain l’unité réelle d’une gauche de transformation économique, sociale et politique lors d’élections locales et nationales.

    Si l’Appel de Politis a besoin de la force, du poids et de l’expérience des CU, les CU ont besoin d’une initiative comme l’Appel pour contribuer à mettre en place ce qui devient un impératif : une force politique large, solide et permanente, capable d’aboutir à des résultats électoraux suffisants pour permettre une action publique significative. En ignorant cette donnée, et en tentant d’imposer leur choix de la création immédiate de cette force politique, un choix peut-être majoritaire en leur sein, les CU prennent le risque d’agir comme un repoussoir pour des structures et des personnes signataires de l’Appel qui jugent leur stratégie suicidaire parce-que prématurée. Ils se rendraient ainsi responsables de l’échec de la tentative de processus d’union initié par l’Appel de Politis, ce qui, malgré un contexte favorable, pourrait être durablement fatal à l’émergence de la vraie force politique alternative à gauche dont beaucoup d’entre-nous sont convaincus de l’indispensable nécessité et qui se désespèrent de ne rien voir venir.

    cm Signataire de l’Appel de Politis 75014 Paris

  • Appel de Politis : la déclaration de principes 14 octobre 2008 11:22, par gib

    J’ai écouté avec attention l’enregistrement audio de la fin de la réunion du 11 octobre (dite conclusion des débats). J’en tiens compte. Notamment du fait des interventions de Pierre Zarka et de Christian Picquet.

    En même temps, il faut dire plus clairement que "produire du politique", ce n’est pas seulement présenter des candidats aux élections. C’est mettre en cohérence des axes de transformation qui peuvent permettre de sortir de la crise globale que nous traversons (économique, sociale, écologique...). C’est poser des questions politiques fortes ; et celle de l’unité en est une. C’est mobiliser autour de ces axes. L’enjeu électoral fait partie de cette mobilisation mais il ne la résume pas.

    gib

  • Avant toutes les réelles urgences évoquées, il y en a une à la racine : l’urgence de la communication (on pourrait l’appeler de multiples manières) = celle qui fait qu’entre "gens de gauche" et aussi entre gens tout court sur nos lieux de vie et ailleurs en France et à l’international on ne se traite pas d’emblée comme des ennemis perpétuellement sur la défensive - ni à l’inverse qu’on n’adhère aux premières idées de masse venues et que l’on ne cède pas aux pièges. Ni éparpillement, ni affrontement, ni englobement, pour exister entre nous à tous les niveaux ! = urgence qui peut nous sortir de cet individualisme et de cet état de guerre permanent ===> condition à l’implication dans l’action ==> condition d’une mobilisation.... ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui, à tous les niveaux je le répète !

    Ceci étant dit, et précisément pour cette raison, cet appel et ces principes, s’ils sont nécessaires et urgents, sont également insupportables ! Je crois qu’ils restent inaudibles pour les "autres composantes de la gauche", associatives, militantes, populaires des quartiers, etc...

    parce qu’au lieu d’entrer dans la communication dans le langage de chacun, il invite à se rassembler..... autour de soi-même !!!!!

    Ce genre d’appel fleurit dans tous les milieux !

    Ici on reconnaît le milieu de la bonne vieille gauche classique, électoraliste, productiviste et étatiste même si elle s’en défend. C’est son seul discours qui transparaît trop du texte...... Alors comment prétendre rassembler tous les autres ?

    C’est dommage parce que la revue Politis reflète plutôt cette diversité d’habitude !!!!

    Autres symptômes évidents pour moi : l’emploi des termes "forces", "gauche", "public", et l’absence du langage des autres : "gens", "personnes", "égalité", "coopérative", "autogestionnaire", "conviviale", "décroissante", "solidaire", "local", etc, etc...... comme si nous étions sensés d’emblée re rentrer dans un moule...... alors que le moule est depuis longtemps délaissé et que c’est cela qu’il faut acter d’abord !!!!!

    Alors si vous voulez rassembler, commencez par demander à chacun de s’exprimer y compris dans une déclaration commune qui gagnerait à refléter la diversité de départ !!!

    Et surtout que ça ne reste pas des mots : Attachez vous à vous appuyer sur les pratiques alternatives qui ont déjà cours partout !!!!!!!

    Alors vous vous attaquerez à résoudre salutairement les contradictions de vos propres urgences : par exemple on ne peut pas être _ seulement _ productiviste et employiste pour un bon niveau de vie et un bon pouvoir d’achat... et favoriser l’émancipation et sortir de l’exploitation et du néo-colonialisme de l’autre ! Ou on ne peut pas défendre simplement les services publics sans leur rendre leur caractère nécessairement coopératif, autogestionnaire, mutualiste, etc....

    Remarque thématique : La paix est présente dans la déclaration et je l’approuve. Elle vient en dernier.... soit... mais je ne suis pas sûr que ce soit sa place parce que
    - la paix à l’échelle internationale est ce que la communication est à l’échelle nationale, locale et sociale = un mode général de relations non belliqueuses, coopératives et solidaires
    - c’est une condition à toute émancipation dans le sens où toute émancipation populaire, socio-économique, butte toujours un jour ou l’autre dans l’histoire (après préalables populistes puis législatifs) sur la force de la troupe en face, et sur les déstabilisations militaires et sécuritaires. La paix, le désarmement et le renforcement des libertés m’apparaissent donc comme un préalable à toute volonté d’émancipation. A l’heure où les pouvoirs militaires et sécuritaires deviennent absolument démesurés et incontrôlables. La non Fondement de sociétés se libérant des ordres établis.

  • Appel de Politis : la déclaration de principes 16 octobre 2008 13:33, par Michel GROS

    Cette déclaration de principes est une compulsion de répétition. Les vieilles antiennes, où se perdent les organisations de gauche depuis trop longtemps, mériteraient une réelle contestation. Malheureusement, elles sont éternellement réaffirmées comme des slogans devenus sans impact. Cela n’est pas étonnant puisqu’elles émanent d’éternels militants qui ne remettent jamais en cause leurs pratiques échouantes. En appeler aux organisations existantes est le symptôme de cet aveuglement sur les pratiques de la fausse contestation, tout autant qu’une méprise sur la réalité du monde à contester. Au fond, tous ces gens se font bêtement plaisir en exposant du haut de leurs certitudes leurs plates raisons. Pitoyable !

  • Appel de Politis : la déclaration de principes 16 octobre 2008 23:04, par Colin F Saint-Denis

    Le débat sur le rythme de construction d’une nouvelle force est légitime, me semble-t-il, mais cela ne devrait pas servir de prétexte pour l’immobilisme.

    Oui, il nous faut un nouveau parti de la gauche radicale, et le plus tôt possible. Mais nous devons essayer de faire en sorte qu’il rassemble le plus grand nombre, ce qui exclut toute auto-proclamation (ce qu’on a souvent reproché à la majorité de la LCR pressée de former un nouveau parti anticapitaliste sur la base des seuls ’anonymes’ en excluant d’autres forces organisées).

    Il nous faut également éviter tout sectarisme qui empêcherait la convergence qui s’impose de ces deux initiatives - Appel de Politis et NPA.

    Voir en ligne : Le Poireau Rouge

  • Appel de Politis : Sens interdits ou passages protégés ? 17 octobre 2008 10:11, par Pierre Granet

    « Ce bureau [d’animation de l’Appel de Politis] a également reçu mandat pour s’adresser à toutes les forces antilibérales, “celles-là mêmes qui avaient mené la bataille victorieuse du référendum du 29 mai 2005”, afin qu’elles s’expriment “en commun” à l’occasion des prochaines élections européennes de juin 2009. Un vœu exprimé par de nombreux intervenants, conscients qu’en cas de dispersion le mode de scrutin — en 2004, il fallait 7 à 9 %, suivant les circonscriptions, pour avoir un élu — risque d’aboutir à ce que le « non » de gauche de 2005 n’ait plus aucun représentant au Parlement européen en juin 2009. “La bataille pour l’unité aux élections européennes est un enjeu central”, a ainsi affirmé Jean-Jacques Boislaroussie, des Alternatifs, tout en admettant que l’Appel de Politis, compte tenu de l’hétérogénéité de ses composantes, n’est peut-être pas le lieu le plus approprié pour cette bataille. Conscients des divergences qui pourraient naître entre les différentes composantes parties prenantes de l’Appel, notamment à l’occasion de cette échéance, les participants souhaitent que “se noue entre elles un pacte assurant […] la poursuite du travail sur les propositions alternatives”. Un engagement à rester unis par-delà les antagonismes électoraux de circonstance, en quelque sorte » (Michel Soudais, site Internet de Politis, 16 octobre 2008).

    Michel Soudais s’aveugle jusqu’à se contredire. « Rester unis par-delà les antagonismes électoraux de circonstance », nous dit-il. Comment « rester unis » quand on est « antagoniques » ? A moins qu’il considère les prochaines élections européennes comme une péripétie de « circonstance » ? Ainsi verrait-il à l’issue de l’affrontement électoral de juin 2009 — qui opposera les partis et courants « antilibéraux » de la « gauche de transformation sociale » sur les grands choix politiques européens : les mesures sociales d’urgence, les services publics, la guerre, les institutions, et sur les alliances électorales nouées à cette occasion — que ces mêmes partis et courants reviendraient au bercail de l’Appel de Politis, comme si de rien n’était. Voilà bien une manière idéaliste de faire de la politique autrement.

    Car, dès lors que la gauche des Verts a décidé, au CNIR du 13 septembre, de postuler au Parlement européen sous la houlette du libéral belliciste Cohn-Bendit, on ne voit pas bien quel « pacte assurant […] la poursuite du travail sur les propositions alternatives » lui propose Michel Soudais.

    De même qu’on ne voit pas non plus exactement quel « pacte… » pourrait sceller un PCF qui aurait décidé de faire liste commune avec le PS aux européennes de peur de ne pas avoir d’élus s’il se présente seul, confirmant son compagnonage privilégié avec le social-libéralisme mis en musique à la fête de L’Humanité début septembre, au détriment de l’alliance des anticapitalistes proposée par la LCR. Au moins, Marie-George Buffet, comme à son habitude, a été claire dans son message adressé à la rencontre de l’Appel de Politis du 11 octobre : le PCF n’en est pas partie prenante, ou plutôt n’en est plus, passant pour pertes et profits les signatures initiales de ses dirigeantes Marie-Pierre Vieu et Dominique Grador, absentes de Genevilliers.

    Clair aussi, Jean-Luc Mélenchon, dont le regard amouraché pour l’émergence sur sa gauche d’un regroupement des antilibéraux en rivalité avec la LCR, regard déjà appuyé en 2007 en soutien à la candidature de José Bové à l’élection présidentielle, ne vaut pas rupture avec ses frères ennemis sociaux-libéraux du PS. Redevable à son parti des postes d’élus qu’il réserve à ses amis de PRS, il fera sa campagne des européennes en juin 2009, comme il a voté et appelé à voter Ségolène Royal l’an dernier.

    Ainsi en est-il de deux des forces principales du « non » de gauche de 2005, PCF et PRS. Antilibérales, elles restent certes dans les intentions, mais pieds et poings liés au social-libéralisme en pratique. Ni l’une ni l’autre n’ont l’intention de suivre l’exemple d’Oskar Lafontaine et du PDS d’outre-Rhin. Sans eux, pas de « Die Linke à la française », l’objectif affiché de l’Appel de Politis. Voilà le constat de Genevilliers : un échec, au regard de ce que prétendait l’Appel en mai (« Les municipales et les cantonales viennent pourtant de prouver [sic !] qu’il existe ici un espace comparable à celui révélé par Die Linke en Allemagne ou d’autres expériences similaires en Europe »).

    Masquer un tel échec par des phrases contournées prônant un pacte entre forces antagonistes relève de la méthode Coué : s’illusionner par les mots sur les sens interdits du giratoire évoqués par Clémentine Autain magiquement promus en passages protégés.

  • Appel de Politis : urgence culturelle 18 octobre 2008 07:28, par helbo

    Il me semble que la politique a besoin d’une véritable révolution culturelle. En effet comme toutes les réunions publiques, celle du 11 octobre a permis aux orateurs talentueux de se mettre en valeur. Ce n’est pas nouveau, souvenez-vous Danton ou Robespierre.

    Pour ma part, j’ai davantage apprécié ces prises de paroles improvisées, maladroites ou débutantes. Par contre quand le "maître de séance" annonce :" On écoutera ensuite : Jeanne, Jean-Luc Mélanchon puis Bertrand", quelque chose me gène. Qu’est-ce que Jean- Luc Mélanchon sait de plus que Jeanne ou Bertrand de l’appel Politis pour mériter qu’on ajoute son nom à la suite de son prénom ? C’est un élu me dira-t-on. Certes mais ce ne sont pas les prises de paroles de quasi-professionnels qui me donneront, à moi, envie de parler.

    Je choisis donc d’écrire. La politique a besoin d’une révolution culturelle (mot absent des débats)car elle devrait être dépouillée de toute soif de pouvoir. Nous devrions, par exemple,pour écarter les ambitions personnelles, exiger la transparence sur le patrimoine de nos délégués(!) Nous devrions également et d’emblée mettre en place, par mesure de sécurité, des contrepouvoirs autour de chaque d’eux.Ce qui a fait cruellement défaut pendant les 70 années qu’a duré l’expérience communiste du XXe siècle.

    Alors,en effet, prenons notre temps, néanmoins nous savons qu’il nous est compté. Les équilibres naturels sont menacés et nos adversaires politiques font tout pour instaurer ce dipartisme si meurtrier pour la démocratie.

    Vite donc, mais sans précipitation. M.H

  • Extrait du blog de Clémentine Autain Appel de Politis : pour une convergence ! ........................................."Pour ma part, j’ai commencé par évoquer le sketch de Raymond Devos, “le sens giratoire”. A un carrefour, les voitures tournent en rond parce qu’il n’y a que des sens interdits. Impossible d’en sortir. A tel point qu’un malade dans l’ambulance finit dans le corbillard. Comment trouver une issue, en arrivant à casser l’un des sens interdit ? Les composantes politiques structurées de cet espace ont la clé de la réponse". -Clémentine Autain

    Commentaire de André Depouille

    Date : 20 octobre 2008, 7:32 Très bien la parabole sur le rond point où on tourne en rond parce que toutes les sorties sont bouchées. Mais pourquoi sont elle bouchée ? Parce chaque fois qu’on parle d’avancer dans une direction, une partie de la salle dit “dans ce cas , je me barre !”. Alors que reste-t-il comme objectif à cette unité ?

    Une unité pour ne rien faire ?

    Une unité uniquement pour dire du mal de ceux qui n’y sont pas ? (mais où chaque proposition positive menace d’augmenter le nombres des absents)

    Ou un éventuel lieu de débat qui concurrencerait Attac ou Copernic mais alors , il faut le dire clairement . Mais à ce moment tous ceux qui rêvent d’un nouvelle force politique anti-PCF et anti-NPA seraient décus et s’en iraient. Il reste donc pour cacher une certaine impuissance à remettre toute prosition d’avancement à une date ultérieure (et ensuite répéter ultérieurement l’opération) .

    Ou bien alors , le train décidera un jour d’avancer au prix de la perte d’un certain nombre de wagons (comme l’ont fait un jour les Collectifs Unitaires antilibéraux). Mais dans ce cas, à chaque avancée, ils perdont d’autres wagons, jusqu’à se retrouver comme la “Coordination des Collectifs Unitaires”, un petit train qui a perdu la majorité de ses wagons en cours de route et dont la prétention à être le centre de l’unité devient progressivement ridicule.

    En quarante ans de militantisme je n’ai jamais vu une unité réussie en évitant toutes les questions qui font désaccord. Ce qu’on refoule par la porte revient toujours par une fenêtre (la question du nucléaire par exemple : on peut rêver de la supprimer mais on ne rassemblera jamais durablement en l’escamotant).

    Beaucoup de Parti Communiste d’Europe sont devenus antinucléaires depuis plus de 20 ans. Si le PCF évoluait sur cette question, l’unité entre lui et les “écologistes de gauche” deviendrait crédible. Sinon ces rassemblements ne seront que du bluff

    André Depouille

  • Appel de Politis : la déclaration de principes 23 octobre 2008 17:30, par Pouysegur Christophe

    Tout d’ abord, je soutient l’ appel de politis . Je suis ravis de voir que malgré l’ échec qui a conduit à l’ éclatement des collectifs unitaires autour de la candidature pour la présidentielle il existe toujours la volonté de recommencer le travail en commun. Je suis membre du P.C.F. au moment des débats interne sur le maintient ou non de la candidature de Marie George Buffet, je m’ étais prononcer pour son retrait dans le soucis de maintenir l’ unité de C.U. et je pensais aussi qu’ une candidature communiste ne ferais pas de beaucoup de voix. Aujourd’hui j’ ai pris la décision de soutenir les communistes unitaire et soutient l’ appel qu’ ils ont lancé dans << L’ humanité >> dans le cadre de la préparation du congrès. Je regrette que Marie George Buffet n’ ait pas répondu favorablement à l’ invitation de << Politis>> . D’ autant que beaucoup de communistes étaient favorables à cette démarche . Je s’ ai que maintenant je soutiendrai toute démarche allant dans ce sans.

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Le procès des dix étrangers en situation irrégulière accusés d’avoir mis le feu au centre de rétention de Vincennes débutait ce lundi au tribunal (...)
Denis Sieffert présente son prochain éditorial, à lire sur ce site et dans Politis à partir du jeudi 21 janvier.

Du 19/02/2010 au 28/02/2010 , à Paris (75001)
Le 16/02/2010 à 21:00, Lieu-Dit, 6 rue Sorbier , à Paris (75020)
Le 16/02/2010 à 18:30, Institut Néerlandais, 121 rue de Lille , à Paris (75007)
Du 15/02/2010 à 18:30 au 15/02/2010 à 20:00, Comptoir Général, 80, quai de Jemmapes , à Paris (75010)
Le 13/02/2010 à 14:00, Centre culturel La Clef, 21, rue de la Clef , à Paris (75005)

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