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Par Claude-Marie Vadrot - 10 juillet 2009

Augmentation de l’électricité : EDF et le gouvernement prennent vraiment les consommateurs pour des cons

La recette de communication préalable à une augmentation est immuable depuis quelques années. Elle commence généralement par une « demande » de hausse de la part du responsables de l’entreprise publique ou assurant un service public. Ensuite, les associations de défense des consommateurs se laissent piéger par cette dialectique inusable, en protestant, de concert avec la gauche et les syndicats. Il ne reste plus à l’entreprise ou au service public qu’à expliquer sans la moindre preuve chiffrée que l’augmentation est absolument nécessaire.

Les ministres et le gouvernement n’ont plus ensuite qu’à faire savoir, en prenant des mines effarouchées, que c’est beaucoup trop et qu’il n’est pas question de tolérer une telle augmentation. Tandis que les journaux expliquent à longueur de pages « que la polémique enfle ».

Qui va croire que Pierre Gadonneix, PDG d’une société contrôlée à 84 % par l’Etat a pris une initiative sans en référer à son actionnaire. Et les parlementaires comme Bernard Accoyer, aidé par d’autres, mènent le service après-vente en expliquant que, « évidemment, l’électricité n’échappera pas à la hausse du prix de l’énergie ». Le sénateur Ladislas Poniatowsky n’a plus qu’à faire semblant de calmer le jeu en proposant le remède imparable à une polémique de ce genre : organiser un grand débat national sur les prix de l’électricité, débat évidemment destiné à justifier une augmentation.

Et dans quelques semaines ou quelques mois, le gouvernement pourra annoncer aux foules ravies que la dite électricité augmentera mais beaucoup moins que ce que proposait EDF. Les consommateurs-gogos n’auront plus qu’à se louer d’avoir échapper à une grosse hausse à laquelle nul n’avait vraiment songé. Dans les milieux politiques, cela s’appelle une économie virtuelle et électorale.

Le procédé est couramment utilisé pour le gaz, le prix des trains ou des transports locaux et régionaux.

A suivre...

P.-S.

PS Dernier "gag":en fait l’augmentation des tarifs EDF a d’orese et déjà été décidée et la "polémique" bidon est juste une astuce ultime de communication. Elle pourrait se traduire par le limogeage, dans trois mois, du PDG d’EDF à qui on reprochera donc d’avoir voulu "beaucoup augmenter" avant de le nommer ailleurs pour le remercier d’avoir bien joué son rôle.

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Commentaires de forum
  • Le Lot en Action, 11 juillet 2009 par Bluboux
    La libéralisation du marché français de l’électricité est récente. Elle a été amorcée lorsque l’Union européenne (UE) a souhaité mettre en place un marché européen de l’électricité. Les directives européennes de 1996 et de 2003, transposées par les lois du 10 février 2000 (relative à la modernisation et au développement du service public de l’électricité) et du 9 août 2004 (relative au service public de l’électricité et du gaz et aux entreprises électriques et gazières), fixent le cadre de référence.

    Aujourd’hui EDF et AREVA sont des entreprises commerciales qui doivent répondre à la pression de leurs actionnaires. Conquêtes de nouveaux marchés, distribution de dividendes, réduction des coûts...

    Avec l’aide de Super Sarko, qui revêt à merveille le costume de Super Représentant en centrales nucléaires, AREVA prend des commandes d’EPR, le « nouveau » réacteur. Or l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) a avoué le 7 juillet dernier, ne pas avoir encore étudié le système de commande, le « cerveau » du réacteur EPR, pourtant en construction en Finlande et à Flamanville et validé par ses services il y a plusieurs mois. Cet aveu fait suite à la sévère remise en cause de la sûreté de ce type de réacteur par les autorités de sûreté finlandaises puis, plus récemment, par l’organisme de contrôle britannique.

    Au même moment, l’ASN, s’est déclaré en faveur de l’extension de durée de vie des vieilles centrales nucléaires françaises, pourtant d’une conception très largement dépassée.

    « Il faut croire que la conception des normes de sûreté et sécurité nucléaire ne sont pas les mêmes en Finlande, au Royaume–Uni ou en France… Dans la patrie du nucléaire, l’ASN voudrait-elle protéger les intérêts français au détriment de la sûreté ?, s’interroge Yannick Rousselet, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace France.

    Comment Areva et EDF peuvent-ils continuer à vendre et vanter la sûreté de l’EPR, quand les services officiels de pays comme la Finlande et le Royaume–Uni refusent la conception même de son système de réponse en cas d’accident et que l’autorité française avoue ne pas encore avoir étudié cette question. Cette attitude est complètement irresponsable ! »

    EDF veut prolonger la durée de vie de ses centrales de vieille génération, dont la conception date de plus de quarante ans et pour lesquelles les normes de sécurité prévoyaient un arrêt et un démantèlement qui vient à échéance. Bizarrement l’ASN pense qu’il n’y a pas lieu d’appliquer ces normes de sécurité qui peuvent bien être assouplies...

    Et assouplies jusqu’où ? Jusqu’à quel moment ? Un Tchernobyl en France ?

    On peut établir une longue liste de défauts de sûreté de ces centrales, notamment leur capacité à résister aux changements climatiques. La semaine dernière, en raison des fortes chaleurs et du manque de disponibilité de nombreuses centrales françaises, plus d’un tiers, EDF a été obliger d’importer de l’électricité, notamment en provenance du Royaume-Uni.

    A l’été 2003, il avait fallu arroser la centrale de Fessenheim avec des jets d’eau pour éviter une dramatique surchauffe… (Voir le dossier Canicule et Nucléaire du réseau SDN)

    Le 15 mai dernier un incident nucléaire à la centrale de Paluel, le 13 mai à celle de Tricastin qui faisait suite aux fuites de l’an dernier... (voir les articles).

    On voit très bien se dessiner la logique financière et libérale dans tout cela, et c’est bien ce qui doit nous faire peur. EDF vient de lancer un emprunt national, qui soit dit au passage a rencontré un franc succès, pour financer sont développement à l’étranger (Grande-Bretagne, États-Unis, etc.). Maintenant le PDG d’EDF parle ouvertement d’une augmentation de 20% du prix du kilowatt pour les particuliers (voir article), toujours pour financer le besoin de croissance externe de l’entreprise (la fameuse règle d’or des marchés dérégulés : croître toujours plus et plus vite que les autres ou mourir). Mais quid du remplacement des centrales en France ? Quid de la sécurité, surtout lorsque l’état n’assume plus sont rôle d’arbitre en la matière ?

    D’ailleurs l’a t-il assumé un jour ? Souvenons nous du nuage de Tchernobyl qui s’est arrêté à nos frontière et n’oublions pas que nous assumons le rôle de poubelle nucléaire pour les clients d’AREVA... Sarkozy avait promis qu’aucun site nucléaire majeur ne serait ouvert, AREVA vient de lancer une étude pour ouvrir un (ou plusieurs) centre(s) d’enfouissement pour les prochains 40.000 ans...

    Vous trouverez ci-dessous plusieurs dossiers, en pdf, permettant de s’informer sur le nucléaire, donc sur les besoins énergétiques et les enjeux majeurs que nous devons affronter.

    Je vous recommande également de visiter les sites du Réseau Sortir Du Nucléaire, de la CRIIRAD et de Greenpeace.

    Dossiers à consulter, en PdF :

    * Face à la menace climantique, l’illusion du nucléaire
    * ecolo-watt, rapport-complet avec comparatif écolo des fournisseurs d’électricité
    * Comment sauver le climat, ou la révolution énergétique
    * Guide pour économiser de l’énergie
    * Vers un avenir énergétique propre et durable
    *Dossier Nucléaire du Lot en Action

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  • Javi 23 juillet 2009 à 15:26

    D’un autre coté ; la libéralisation va faire augmenter les prix, donc rendre le solaire individuel (et probablement aussi l’éolien) plus rentable. L’expérience britannique (ou suédoise) tendrait à montrer que le nucléaire n’est pas privilégié par les opérateurs privés. ça renforcerait donc la dépendance au gaz russe, mais également permettrait peut-être l’émergence de producteurs renouvelables aujourd’hui sabotés par la concurrence déloyale du nucléaire subventionné.

    Il faudrait pour cela trouver une entreprise et des capitaux verts pour faire ce développement. Cela sera-t-il possible, au vu des convictions anti-capitaliste de nombre de militants écolos ? ET pourtant ce serait aussi une façon de reprendre une autonomie par rapport au fonctionnement actuel, dominé par les décisions de l’Etat via EDF.

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