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Par Sébastien Fontenelle - 21 août 2010

Brisons Les Statues Des Odieux

Après avoir, du vif courage où s’identifient dans l’époque les iconoclastes vrai(e)s (dûment salué(e)s comme tel(le)s par l’éditocratie), déboulonné Freud - en montrant notamment que cet affreux salaud planquait sous sa liquette une camicia nera -, l’un de nos plus fameux clercs de médias, Michelonfray (bien sûr), continuant son effort et bravant toujours la censure, met ce matin de gros coups de son gros burin dans Marx.

(Non dans Le Point, cette fois-ci, mais dans Marianne (bien sûr), où l’on aime également valoriser la production michelonfrique, pour la raison, probablement, qu’elle peut donner, vue la nuit d’assez loin (et par temps brumeux), l’impression d’être un peu à gauche - en sorte qu’on s’y donne l’illusion de s’encanailler en pluralismant : on y joint en somme l’utile avec l’agréable.)

Michelonfray, invité donc à donner son avis sur l’« inégalité partout présente » - ma pauvre dame - entre d’une part « les milliardaires » et d’autre part « les hyper-pauvres », déclare, posément - sois prévenu(e) que c’est un peu long - que « Marx a contribué à nous faire penser de manière : les méchants riches contre les bons pauvres, la bonne avant-garde éclairée du prolétariat contre la mauvaise paysannerie petite-bourgeoise, le vice bourgeois contre la vertu prolétarienne, le très vrai socialisme scientifique (marxiste, bien sûr...) contre le très faux socialisme qui n’est pas scientifique et qui se trouve, de ce fait, rangé au magasin des accessoires utopiques (tous les socialismes français, par exemple...) »

Et de livrer ce commentaire : « C’est efficace, commode et militant, ça mobilise facilement, ça n’est pas intellectuellement compliqué et ça facilite grandement le renoncement à une pensée digne de ce nom au profit d’une “pensée” réactive, toujours prompte à surgir : il suffit d’agiter la muleta rouge pour que le taureau militant aille directement là où on souhaite le conduire ».

Et de conclure : « Marx fait de la politique avec » - horreur - « l’idéologie ».

Or : « Faire de la politique avec l’idéologie, c’est souvent la faire sans les hommes avant de la faire contre eux ».

(Tu peux, ici, prendre quelques minutes pour noter cette hyper-stimulante maxime dans ton petit calepin : il se pourrait fort que sa récitation dans un rallye patronal te vaille une ovation.)

Les marxistes, en résumé, sont - pour le dire en quelques mots, plutôt que par une longue et burlesque prédication - d’assez tristes con(ne)s à front de taureau.

Par contraste (bien sûr), Michelonfray [1], lui, pétille d’une sagacité rare : cela se voit (aussi) dans ce qu’il veut, quant à lui, « faire de la politique avec les hommes tels qu’ils sont », avec ce résultat, notamment, qu’il « ne veu(t) pas choisir entre les caprices des puissants” et les caprices de ceux qui n’aiment pas les caprices des puissants - parce qu’il préfèrent les leurs » - et d’ailleurs, mâme Dupont : « Les riches n’ont pas le monopole de la lie, les pauvres non plus d’ailleurs... [2] »

(On retiendra ici qu’un autre philosophe - Paulo Coelho (bien sûr)-, a déjà développé ce point de vue, mais en moins de mots, quand il a déclaré : « La richesse n’est pas la quantité d’argent qu’on a mais la façon dont on l’utilise ».)

D’évidence : Michelonfray, quant à lui, ne donne pas (du tout) dans « l’idéologie » - allons, allons, qu’allais-tu imaginer là -, quand il narre que Marx ne vaut rien, pour ce qui serait de l’« analyse » des rapports entre possédant(e)s et reste du monde.

D’évidence, Michelonfray, stigmatisant les marxistes, gêne très fort « les puissants » - puisque, rappelle-toi : vu de nuit, d’assez loin, et par temps couvert...

Notes

[1] Dont chacun(e) aura deviné que sa pensée ridiculise, par son ampleur, celle, à guillemets, de Marx.

[2] Et inversement.

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