Le cinquième long-métrage de Safy Nebbou, Comme un homme, est tiré d’un roman de Boileau et Narcejac (l’Âge bête). Le cinéaste a su en garder toute la tension dramatique, en particulier l’engrenage infernal dans lequel se laisse prendre le jeune Louis (Émile Berling), complice passif de l’enlèvement d’une prof d’anglais (Sarah Stern) de son lycée. Celui-ci ne devait durer qu’une journée, pour faire peur à l’enseignante, mais les circonstances en décident autrement. En contrepoint, la relation entre Louis et son père (Charles Berling, son père aussi dans la vie), le proviseur du lycée, est faite de lourds non-dits et de vraie tendresse. Comme un homme est un bon film noir, où les nuits inquiétantes se déroulent non pas dans des impasses louches mais dans des marais déserts qu’on traverse en barque, sous la pluie drue, silencieusement. Et où le « bourreau malgré lui », que la victime a toutes les raisons de craindre, se retrouve dans une situation peu enviable.


