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Par Erwan Manac’h - Suivre sur twitter - 14 juin 2012

Les associations de quartier, contre « l’endogamie politique »

À quatre jours du second tour des législatives, le « Collectif des 577 » veut impulser un mouvement citoyen pour dépoussiérer la politique. Premier rassemblement, ce jeudi devant l’Assemblée.

À l’heure où le Parti socialiste promet de faire entrer « la diversité » des visages à l’Assemblée nationale, un collectif inter associatif veut impulser une mobilisation citoyenne pour faire émerger celle des idées. Objectif : mettre en mouvement les associations de terrain dans une démarche commune.

Ils se sont donné rendez-vous jeudi 14 juin à 19 h sur la place de la Concorde. Les explications d’Elsa, du Collectif des 577.

Politis.fr : qu’est-ce que le collectif des 577 ?

Nous nous sommes constitués autour de multiples associations des quartiers de la région parisienne, derrière une idée portée par Ousmane Timera, un militant associatif de Clichy-la-Garenne. Il y a 3 ans, il a fait le constat d’un éparpillement des revendications des mouvements des quartiers populaires. On s’est donc regroupés avec des acteurs d’associations ou de collectifs comme Cités en mouvement (Île-de-France), le CQFD (Conseil des quartiers de France pour la diversité) et d’autres.

Il s’agit de fédérer les acteurs de terrain dans une même dynamique. Construire un pot commun d’idées en laissant la place à la diversité des parcours. Une diversité au sens large, pas celle dont on entend beaucoup parler aujourd’hui, qui réduit les gens à leur couleur de peau. Personne ne propose de vision globale de la société qui dépasse les solutions actuelles. La France est victime de son endogamie politique. Il n’y a pas de fraîcheur et de renouvellement. L’Assemblée nationale n’est pas à l’image de la société. Tout n’est pas à jeter dans les partis politiques tels qu’ils existent aujourd’hui, mais nous éprouvons le besoin d’aller au-delà de ce qu’ils proposent, pour faire émerger les propositions du terrain.

Nous faisons aussi le constat que l’extrême-droite est puissante. Nous avons d’autres projets à faire entendre.

Comment voulez-vous renouveler la politique ?

C’est notre grande question : comment faire en sorte que la politique soit moins fermée ? Nos propositions ne sont pas encore arrêtées, c’est justement l’objectif de notre mobilisation. Mais certains proposent par exemple qu’un quota de démocratie directe soit injecté à l’Assemblée nationale, avec un nombre de citoyens directement nommés par tirage au sort, sur le modèle de jurés populaires, ou par d’autres moyens.

Je pense aussi que tout est une question de réseaux. Beaucoup de gens ont des projets et des idées neuves. Il leur faut des réseaux pour les aider à les mettre en œuvre ou à les défendre. Le changement viendra de cette masse d’initiatives. Ce ne sont pas les idées qui manquent, mais une dynamique fédératrice.

Pourquoi créer un nouveau collectif alors que les tentatives de regrouper les citoyens fourmillent ?

L’éternel problème est de réussir à rassembler dans une dynamique commune des acteurs avec des intérêts et des parcours parfois très différents. On veut essayer de dépasser les conflits d’intérêts personnels, associatifs ou militants, dans un mouvement dans lequel chacun peut trouver son compte. Le Collectif des 577 tente justement de fédérer autour de la question de la représentativité de l’Assemblée nationale. 

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