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Par Sébastien Fontenelle - 2 octobre 2009

Défense De L’Occident - Et Lancement D’Un Appel D’Offres Pour « La Production D’Un Individu Post-Islamique »

1. Émouvante cérémonie, l’autre jour, à Merlieux (Aisne), où des anarchistes ont remis le « Grand Prix « Ni Dieu Ni Maître » » 2009 à un certain Hamid Zanaz, « citoyen du monde né arabe en Algérie » et auteur d’un livre dont le propos, formidablement novateur, est de dénoncer, comme dit son titre : « L’Impasse islamique » [9].

(Pour ce qui me concerne, je ne te le cache pas : je suis d’avis que la publication et la distinction d’un tel ouvrage, dans une époque où le chef de l’État français - Nicolas Sarkozy - ne craint pas, de son côté, d’affirmer qu’il y a « trop (...) de musulmans (...) en Europe », témoignent - aussi - d’un exceptionnel courage et d’un admirable bon sens politique, qui me font (plus que jamais) penser que l’anarchie vaincra - mais pas tout de suite [10].)

Son éditeur, qui a dû passer la dernière décennie complètement coupé du monde (sans quoi il saurait - le moyen de l’ignorer - que la critique de l’islam est devenue en France, depuis des années, « un sport national »), soutient, sans rire, qu’« en France (...), dès que l’on touche à l’islam (...), les accusations pleuvent (...), drues ».

Accusations d’« islamophobie », ou de « racisme », tu l’auras deviné.

Or, de son point de vue : « Critiquer l’islam, aujourd’hui, en France, relève du devoir pour tous les esprits libres et tous les révolutionnaires » [11].

(Puis, n’est-ce pas : c’est quand même reposant, pour un libertaire conséquent, de se trouver de loin en loin des combats communs avec les intellectuels (quasi-)organiques de l’UMP.)

C’est donc au nom de la RRRRRévolution, avec un grand « RRRRR » (comme dans RRRRRéactionnaiRRRRRe), que cet éditeur ose, quant à lui, n’en déplaise « aux bonnes âmes « munichoises » qui tentent depuis toujours de passer entre le mur de la collaboration et l’affichette de la résistance de la 25ème heure », publier le bouquin d’Hamid Zanaz - et cette extraordinaire audace est d’autant plus méritoire que, « disons-le tout net : ce livre assassine l’idéologie islamique comme jamais encore » [12].

2. Dans la réalité, bien sûr, la démonstration d’Hamid Zanaz est (beaucoup) moins totalement inédite que ne le prétend son éditeur : elle s’étire, certes, sur 165 pages, mais se résume, en fait, à l’idée que toute « tentative d’adapter le dogme islamique aux exigences des temps modernes est vouée d’avance à l’échec », et que « ce procédé agité comme une lampe-torche, et tant revendiqué par les élites musulmanes, n’est en réalité qu’un rééchelonnement de l’islamisme ».

En clair : l’islam, c’est pas bien.

Et, bon, je ne voudrais pas (non plus) gâcher la fête, mais il me semble que Michel Houellebecq, pour ne citer que lui, a dit exactement la même chose - mais en (beaucoup) moins de mots - quand il a déclaré, en novembre 2001 : « L’intégrisme islamique n’est pas spécialement une dérive par rapport à l’islam du Coran ».

(De même, Claude Imbert [13] s’est montré beaucoup plus concis quand il a fait cette courageuse confession : « J’ai le droit de penser que l’islam, je dis bien l’islam, je ne parle même pas des l’islamistes, apporte une certaine débilité qui, en effet, me rend islamophobe... »)

Ce qui est vrai, en revanche, c’est que Zanaz recycle, avec beaucoup d’application, tous les clichetons que nous avons déjà lus mille et mille fois sous les plumes de nos plus raffinés penseurs d’époque (et de médias) - les Finkie, Taguieff, etc.

Rien ne manque à sa dissertation : ni l’affirmation (orianafallacique) que « les mosquées ne font que réchauffer la foi armée et légitimer les voix appelant à l’application de la charia » ; ni la dénonciation de « l’islamomanie » (et de l’« intégrisentsia ») ; ni bien sûr, et dans le même registre, la stigmatisation, chère aussi à Modeste-Henri Lévy, d’imaginaires« idiots utiles (...) qui rêvent que l’islamisme est révolutionnaire ».

On y trouve même [14] un amusant hommage à feu « le président Bourguiba », héros laïque de la dure lutte contre l’arriérisme musulman et démocrate fameux : c’est bien le moins, n’est-ce pas, qu’on puisse attendre d’un récipiendaire du « Grand Prix Ni Dieu Ni Maître »...

(Je trouve, pour tout dire, assez émouvant que des libertaires plébiscitent la promotion du despotisme éclairé.)

En somme : nous avons-là un livre qui devrait beaucoup plaire au Point, à L’Express, au Figaro, et caetera.

(Je serais à leur place ?

Je tiendrais un auteur qui a sur l’islam les mêmes vues qu’Imbert et Sarkozy, mais qui a l’imprimatur des anars ?

Je le couverais.)

3. Il y a cependant quelque chose, dans ce bouquin, de vraiment neuf : c’est sa préface, aussi poignante qu’une saillie du chef de l’État français - Nicolas Sarkozy - décrivant « de façon apocalyptique le « choc de civilisation » qui oppose les musulmans à l’occident ».

Son auteur soutient d’abord que : « Le politiquement correct de notre temps transforme en islamophobe quiconque a l’audace de tenir pour juste la pensée des philosophes des Lumières sur les sujets de la religion, de la laïcité, de la démocratie, de la raison et de la philosophie ».

Aussitôt après, il ajoute : « Ce mot, « islamophobe », a été forgé de toute pièce par les mollahs pour déconsidérer définitivement quiconque n’est pas musulman comme l’orthodoxie l’y invite ».

(Ces mollahs sont vraiment très forts.)

Résultat : « L’emploi de ce terme installe celui qui le choisit du côté des religieux intégristes ».

(Puissance du raisonnement, limpidité de la démonstration : le gars ne s’est pas déplacé pour rien.)

En résumé : si tu observes dans l’époque des manifestations d’islamophobie [15], t’es un suppôt de Ben Laden.

L’iconoclaste préfacier (IP, en abrégé) précise d’ailleurs, pour bien montrer qu’il t’a percé(e) à jour, que ce benladisme ne l’étonne pas (du tout), pour la (simple et) bonne raison qu’il a (de son point de vue) de lourds précédents.

En effet : à son avis, les gens - comme toi - qui parlent aujourd’hui d’islamophobie sont les mêmes qui ont naguère été « fascistes, nazis, communistes, staliniens, maoïstes, trotskystes dans le XXè siècle riche en potences et en charniers ».

Donc (j’espère que tu as bien suivi), si tu estimes qu’on devrait foutre un peu la paix aux musulmans, tu n’es pas seulement un fervent supporteur de Mahmoud Ahmadinejad : tu es aussi un peu nazi, et un peu trotskiste.

(Tu auras compris : dans l’esprit de l’IP, comme dans celui de l’illustrissime Alexandre Adler - et dans ceux, jadis, de quelques sommités moscovites -, aucune figure n’est au fond plus terrifiante que celle de l’hitléro-trotskiste.)

Mais surtout, d’après l’IP : « Toute intelligence bien faite » - comme la sienne, donc - « devrait affirmer haut et clair : l’islam est intrinsèquement incompatible avec les valeurs de l’Occident (...) ».

Et ça, personnellement : j’aime, quand c’est dit aussi nettement.

Je trouve que ça nous rajeunit.

Je veux dire que ça nous replonge dans le début des années 1980 - quand le Front national déclarait (bien avant que cela ne devienne un lieu commun dans la pensée dominante) : « L’islam menace notre civilisation occidentale ».

Cependant je te rassure : le préfacier du livre d’Hamid Zanaz n’est pas Bruno Mégret.

Il ne s’agit pas non plus de Modeste-Henri Lévy, même s’il l’imite à la perfection lorsqu’il dénonce, comme lui, les « idiots utiles » qui vont « partout clamant que l’islam est une religion de paix, d’amour et de tolérance » comme ils « défendaient coûte que coûte l’indéfendable marxisme-léninisme pendant la guerre froide ».

Mais alors ?

Demanderas-tu.

Qui est ce courageux penseur, qui en appelle aussi (et pour faire bonne mesure) à « la production d’un individu post-islamique, car, en terre non occidentale  [16], l’individu n’existe pas, seule comptent la tribu, la communauté, le groupe » - l’Asiate et l’Oriental ne vivent qu’en meute, c’est bien connu ?

Ce valeureux gardien de la terre occidentale (qui ose dire tout haut qu’il est temps que nous produisions des Arabes (mais pas que) enfin libéré(e)s du joug mahométan) s’appelle Michel Onfray : je suggère que nous le proposions pour un prochain « Grand Prix « Ni Dieu, Ni Maître, Ni Honte » ».

Notes

[1] Sous-titre : « La religion contre la vie ». Tout juste paru aux Éditions Libertaires.

[2] J’espère que t’es pas pressé(e) ?

[3] De sorte qu’il est maintenant permis d’énoncer que le chef de l’État français - Nicolas Sarkozy - n’est pas seulement un homme libre (quand il déclare en 2007 qu’il ne veut « plus de moutons égorgés dans les baignoires » par de hideux mahométans), mais qu’il est de surcroît un révolutionnaire à jour dans ses devoirs (quand il déplore qu’il y ait tous ces musulmans autour de nous).

[4] Ça, coco, c’est de la promo, ou je ne m’y connais pas : rien ne vaut, pour attirer le chaland, la promesse qu’on va lui montrer un crime de sang - un vrai. Un assassinat, nom de Dieu : ça pourrait même faire le 20 heures !

[5] Du Point.

[6] Et cela évoque irrésistiblement Pierre-André Taguieff entonnant, dans un récent bouquin, le sidérant éloge de l’aimable président Ben Ali, qui a si bien su « faire preuve de responsabilité en considérant que l’islamo-terrorisme est une menace sérieuse et en prenant des mesures efficaces pour la conjurer »...

[7] Laquelle consiste, d’après le Petit Robert, qui est comme on sait entièrement rédigé par des mollahs, en une : « Forme particulière de racisme dirigé contre l’islam et les musulmans, qui se manifeste en France par des actes de malveillance et une discrimination ethnique contre les immigrés maghrébins ».

[8] C’est moi qui souligne.

[9] Sous-titre : « La religion contre la vie ». Tout juste paru aux Éditions Libertaires.

[10] J’espère que t’es pas pressé(e) ?

[11] De sorte qu’il est maintenant permis d’énoncer que le chef de l’État français - Nicolas Sarkozy - n’est pas seulement un homme libre (quand il déclare en 2007 qu’il ne veut « plus de moutons égorgés dans les baignoires » par de hideux mahométans), mais qu’il est de surcroît un révolutionnaire à jour dans ses devoirs (quand il déplore qu’il y ait tous ces musulmans autour de nous).

[12] Ça, coco, c’est de la promo, ou je ne m’y connais pas : rien ne vaut, pour attirer le chaland, la promesse qu’on va lui montrer un crime de sang - un vrai. Un assassinat, nom de Dieu : ça pourrait même faire le 20 heures !

[13] Du Point.

[14] Et cela évoque irrésistiblement Pierre-André Taguieff entonnant, dans un récent bouquin, le sidérant éloge de l’aimable président Ben Ali, qui a si bien su « faire preuve de responsabilité en considérant que l’islamo-terrorisme est une menace sérieuse et en prenant des mesures efficaces pour la conjurer »...

[15] Laquelle consiste, d’après le Petit Robert, qui est comme on sait entièrement rédigé par des mollahs, en une : « Forme particulière de racisme dirigé contre l’islam et les musulmans, qui se manifeste en France par des actes de malveillance et une discrimination ethnique contre les immigrés maghrébins ».

[16] C’est moi qui souligne.

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