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Par Pauline Graulle - 30 octobre 2008

Dégâts en cascade

Les finances des collectivités locales sont asséchées par la baisse des dotations gouvernementales et la débâcle financière. Pourront-elles faire face à la crise sociale qui va déferler sur le pays ?

C’est la débâcle sur les marchés financiers mondiaux. Mais aussi, comme dans un jeu de dominos, tout près de nous. Dans les régions, les départements et les com­munes. À l’heure où elles préparent leur budget pour l’année 2009, les collectivités locales découvrent avec stupeur l’ampleur du bourbier financier (...)
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Commentaires de forum
  • Peretz 5 novembre 2008 à 21:26

    MORALISER LA FINANCE : NAÏVETÉ OU POUDRE AUX YEUX ?

    Comment s’arranger » avec certains articles du traité de Maastricht pour solutionner les problèmes spécifiques d’un pays comme le nôtre qui n’est pas près de respecter les critères de convergence de 3% de déficit, et des 60% de dette du PIB du traité ? D’autres articles de ce traité sont aussi destinés à être négligés ou même à disparaître étant donné la façon dont pour résoudre la crise financière, on semble en faire peu de cas.

    Il est bien indiqué dans l’article 87 que les Etats ne peuvent aider un pays à passer un cap difficile, ce qu’ils font pourtant actuellement, en sauvant les banques européennes menacées de dépôts de bilan (DEXIA etc.), alors que ce sont des établissements commerciaux susceptibles comme tels de liquidations judiciaires dans un marché libre et non faussé :
    Le texte est on ne peut plus clair :

    « Sont incompatibles avec le marché intérieur (…) les aides accordées par les États (…) Qui menacent de fausser la concurrence ».

    On va « moraliser » le système capitaliste nous disent nos officiels. Comme si c’était possible ! On va supprimer les parachutes dorés ? Soit. Mais la morale ne s’arrête pas seulement à l’indécence visible. Faire une loi qui s’immiscerait dans les décisions internes de l’entreprise sera peu efficace tant que l’entreprise aura le droit de s’autogérer librement. Changer ces règles va faire hurler les patrons ! Un conseil d’administration qui engage un PDG, et lui attribue des émoluments énormes sous une forme ou une autre, devra-t-il demander des autorisations aux pouvoirs publics ou au Médef ? Certes l’Etat peut nationaliser partiellement des banques de façon à entrer dans leurs conseils d’administration, mais il lui faut au moins 30% des parts pour imposer son pôoint de vue. Il faudra aussi qu’il le fasse pour toutes les banques, avec ce que cela suppose de recommencer les mêmes erreurs que le Crédit Lyonnais, quand cette banque était nationalisée.

    Par ailleurs, comment éviter toute spéculation ? Comment par exemple, supprimer les placements à risques quand le système des bourses autorisent les ventes à découvert ? l’Etat Français pourra-t-il seul taxer les stocks-options en entrant dans un système de régulation qui remette en cause la libre entreprise, et freiner les mouvements de capitaux par une taxe de type Tobin ? Si la taxe est faible, elle sera inefficace. Si elle est forte, elle fera monter les exigences de ceux qui placent leur argent dans le système boursier. Les financiers prendront encore plus de risques, et la spirale infernale spéculative repartira de plus belle. De toute façon le bouclier fiscal sera là pour en limiter l’impact de la taxation.

    Peut-on taxer ces transactions financières quand l’article 56 du traité de Maastricht dit :
    « Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres, et entre les États membres et les pays tiers sont interdites

    Il faut être clair et nous dire alors que ce traité en laissant libre choix aux capitaux de se placer où ils veulent et quand ils veulent, était une erreur. Donc, par la force des choses, comme très souvent dans l’histoire, il est devenu caduc, ainsi que le traité de Lisbonne qui en reprend les termes.

    Comment sauver la morale dans des sociétés où les inégalités ne cessent de s’accentuer ? Les écarts entre les revenus du salaire et ceux de la rente vont encore s’accentuer. La suite est évidente : les mouvements sociaux vont prendre de l’envergure. Resteront la charité et l’Etat providence comme alibi final pour essayer de compenser la misère qui s’annonce. Choisir entre la politique de l’offre qui vient de démontrer sa dangerosité et la politique de la demande, qui suppose, comme en 1968 lors du vrai Grenelle, d’obliger les grandes entreprises à augmenter de 15% les salaires en moyenne, n’est certes pas évident. Le Capital s’opposera de toute façon à un véritable changement de politique économique.

    L’Etat sera-t-il assez fort pour passer outre ? Osera-t-il augmenter les impôts de ceux qui peuvent payer, quitte à se déjuger vis-à-vis des classes sociales dont il est issu. Osera-t-il faire de nouveau marcher la planche à billets malgré les traités européens et la BCE, en sortant par exemple de la zone Euro pour battre de nouveau monnaie ?

    Ne soyons pas naïfs : comment imaginer que ceux qui ont profité de ce système, vont édicter des règles morales suffisamment efficaces pour supprimer l’appât du gain ? Nos gouvernements sont sur le fil du rasoir : les lobbys de l’entreprise libérale qui ont engrangé le néolibéralisme responsable de la crise, accepteront-ils d’être bridés ? Pour les y obliger, il faudrait un Etat fort, issu des classes défavorisées, et d’une partie des classes moyennes touchées par la crise, dans une démocratie différente. Notre démocratie représentative a démontré sa faiblesse notamment en cherchant à satisfaire les catégories qui sont les plus proches des classes supérieures, ignorant les masses défavorisées.. Les oligarchies au pouvoir ont cédé à la facilité : il leur est impossible de changer réellement les choses. (www.citoyenreferent.fr)

    Voir en ligne : Réguler or not réguler ?

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