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Par Thierry Brun - Suivre sur twitter - 7 juillet 2011

Démondialisation, un faux débat ?

Le mot fait fureur depuis quelques temps dans les sphères politiques et médiatiques. La démondialisation serait-elle le remède miracle aux effets désastreux de l’ultralibéralisme ? La question divise et suscite un débat aux multiples enjeux.

En quelques mois, le nouveau concept de démondialisation est entré en force dans le débat politique et les grands médias. Il a rallié un large spectre politique et intellectuel autour de la critique de la mondialisation libérale et de ses effets ressentis par les peuples. On y instruit le procès du libre-échange, du dumping social et fiscal, des dérégulations menées dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de l’Union européenne, des plans d’austérité. Arnaud Montebourg, candidat aux primaires du Parti socialiste et auteur du petit livre Votez pour la démondialisation !, en est devenu le porte-parole avec le démographe Emmanuel Todd, qui a préfacé son livre. Aux antipodes de la gauche, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen ont récupéré ce concept pour en faire un nouveau cheval de bataille identitaire.

Les détracteurs de la démondialisation ont aussi apporté leur contribution au débat politique. Dans une tribune, plusieurs membres du conseil scientifique d’Attac y voient un « concept à la fois superficiel et simpliste ». Mais l’inévitable et bien commode invocation du Front national autorise d’autres détracteurs à tous les amalgames. Le socialiste Pascal Lamy, directeur général de l’OMC, balaie d’un revers de main « un concept réactionnaire ».

Serait-ce pour autant un faux débat ? Au-delà des critiques communes du capitalisme néolibéral, les fondements des projets économiques et politiques proposés à gauche ne sont pas convergents. La démondialisation répond-elle politiquement aux problèmes sociaux que pose l’intensification de la mondialisation ? D’un côté, il faut évidemment réduire les flux de marchandises et de capitaux, et relocaliser les systèmes productifs pour des motifs sociaux et écologiques, admettent détracteurs et partisans de la démondialisation. Mais, de l’autre, le retour à des régulations essentiellement nationales avec une sortie de l’euro et la mise en place de barrières douanières ne résoudrait pas tous les problèmes qui se posent aujourd’hui.

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Commentaires de forum
  • 7 juillet 2011 à 10:56

    C’est un faux débat dans le sens où, depuis sa mise en place, on n’a jamais payé le VRAI prix de l’énergie, basé sur un pétrole facile à extraire qu’on volait plus qu’on achetait aux pays du golfe et du tiers monde. De plus les transports maritimes et aériens ne paient pas de Tipp et nos exportations (agricoles surtout) sont archi subventionnées.
    Ce système se termine car on a passé le pic de Hubert pour le pétrole et la crise financière oblige à serrer les boulons, la mondialisation va donc se dégonfler toute seule, par obligation. Le seul problème est de penser à l’après, ce que refusent de voir trop d’économistes.

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  • sylvanou 7 juillet 2011 à 16:35

    Bonjour,

    Cet article ne pousse pas l’analyse sur les enjeux de la démondialisation portée par Arnaud Montebourg, qui est basé (et que cela plaise ou non) sur un internationalisme à contrario de ceux de droite qui tentent d’enfermer le débat aux frontières de notre nation avec des visées réactionnaires et racistes.

    Arnaud Montebourg porte selon moi une vision cohérente de la démondialisation :
    - Protectionnisme européen
    - Réindustrialisation
    - Reconversion écologique

    Bref, j’invite l’auteur de cet article à creuser le sujet... qui passionne les lecteurs de Politis.

    http://www.desideesetdesreves.fr/li...

    Et débats sur le livre "Votez pour la démondialisation""
    http://www.demondialisation.eu/

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  • David Nakache 7 juillet 2011 à 22:32

    La démondialisation d’Arnaud Montebourg fait peur à la droite et à l’UMP. Il suffit de regarder les réactions de Fillon, Besson, Lellouche et maintenant Longuet, car on touche ici à ce que la droite à de plus cher : le marché - roi et le libre échange dérégulé. Nous avons subi dans les médias les thèmes imposés par l’UMP pendant de long mois : identité nationale, burqa, double nationalité, assistanat. Avec la démondialisation, Arnaud Montebourg remet le projet politique au coeur du débat médiatique.

    A lire : "Démondialisation : trois fois merci Monsieur Fillon !"

    http://didr06.blogspot.com/2011/07/...

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  • kingubu 9 juillet 2011 à 15:04

    Rêve ou cauchemar ? Quelles seraient donc les effets d’une démondialisation ? Le fait que mme "aMène Le Pire" puisse s’en réclamer ne peut que poser question.

    Répondre à ce commentaire

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