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Par Sébastien Fontenelle - 31 août 2010

Departamentul Securităţii

Les « socialistes » et leurs ami(e)s de l’éditocratie vont ces temps-ci caquetant, probablement l’as-tu noté, qu’ils ne sont pas tombés dans le « piège » tendu par Kozy, et qu’il n’est pas question pour eux d’entrer dans un « débat » sur « la sécurité » : ce n’est pas que la thématique les indisposerait - nous parlons ici de ces gens dont le candidat fit naguère l’émouvant aveu qu’il s’était sur un tel sujet montré par trop « naïf » -, mais ils n’entendent pas se laisser dicter leur agenda, foutre non, mâme Dupont, c’est nous qu’on décide, « socialiste » est maître chez soi.

Mais dans la vraie vie, tu l’auras également notu : les « socialistes » et leurs ami(e)s de l’éditocratie viennent de passer de longues semaines à protester qu’il ne fallait pas non plus qu’on les prenne pour des coiffeuses, et qu’ils n’étaient, sur le sujet de « la sécurité », ni des anges, ni des anges - ni de surcroît des anges -, et qu’il ferait ainsi beau voir qu’on les taxât d’être - misère - des bien-pensants.

(De Saint-Germain-des-Prés.)

Dans la réalité, donc : plus un jour ne s’écoule sans qu’un(e) « socialiste » vienne jurer qu’il n’est absolument pas question d’entrer dans un « débat » sur « la sécurité », merde alors, mais qu’en matière, toutefois, de « sécurité » ?

Le P« S » va tout déchirer.

Pour ce faire, les « socialistes » posent d’abord (et comme si justement leur candidat précité n’avait jamais promis déjà - c’était il y a huit ans, c’est fou comme le temps passe - qu’on ne les prendrait plus à trop de « naïveté », puis comme si leur championne d’après n’avait pas fait du thème de « la sécurité » l’un des fondements, cinq ans plus tard, de sa triste campagne) qu’ils ont manqué jusqu’à présent d’assez de lucidité - manqué de conviction dans l’énoncé que la petite mémé qui prend sa pension au guichet a quand même bien le droit, ou quoi, de réintégrer son palais sans que des voyous ne lui chourent ces deux cents euros : c’est toujours ça, n’est-ce pas, de pris sur le moment fatidique où les « socialistes » vont devoir, tout de même, nous raconter ce qu’ils prévoient, pour la revalorisation de ladite pension.

Manuel Valls, député-maire d’Évry : « Nous n’avons pas été capables d’apporter une réponse efficace à la montée de la délinquance ».

(Applaudissements nourris de Christian Estrosi.)

Laurent Joffrin, directeur (barbichu) de Libération : « Une certaine opinion progressiste a longtemps sous-estimé la revendication de sécurité présente dans les classes les plus défavorisées ».

(Standing ovation de Brice Hortefeux.)

Et caetera.

Une fois convenu - par eux-mêmes et leurs ami(e)s de l’éditocratie- que les « socialistes » ont jusqu’à présent fait preuve, sur « la sécurité », d’une angélique bien-pensance (et que par conséquent les Sarkopyles ont bien raison d’assurer que les socialistes ont jusqu’à présent fait preuve, sur « la sécurité », d’une angélique bien-pensance), les « socialistes » (éventuellement aiguillonné(e)s par leurs ami(e)s de l’éditocratie, et par exemple du quotidien (barbichu) Libération, où l’on n’hésite guère à leur demander si « la question de la sécurité » serait pas finalement « la faille majeure du PS ? ») peuvent annoncer qu’on ne les y reprendra plus, que « sur la sécurité la gauche doit refuser le manichéisme » (Pierre Moscovici), et qu’elle ne doit plus se laisser « enfermer dans (ses) habits idéologiques » (Manuel Valls), et qu’elle doit porter « un discours décomplexé, débarrassé de tout angélisme, sur la délinquance et la sécurité » (Manuel Valls again), puis que d’ailleurs « le PS n’a plus aucun complexe en matière de sécurité » (Gérard Collomb), puis que les « socialistes » vont assumer enfin une « politique répressive » - et donc une « ligne non laxiste » - et faire si besoin donner l’armée, plus nettement, évidemment, que les Sarkopyles n’ont encore osé le faire : « Ségolène Royal avait été en avance en proposant un encadrement militaire pour ces jeunes. C’est un peu ce qu’essaye de faire actuellement le gouvernement avec les établissements publics d’insertion de la Défense, sauf que c’est sur la base du volontariat. Je suis pour le faire sur la base de la sanction, de la peine judiciaire » (François Rebsamen).

Et caetera.

Les « socialistes », en même temps qu’ils s’autolouent de l’avoir si bien déjoué, sautent à pieds joints dans le piège tendu par Kozy : les tartuffes rient, comme d’habitude, les yeux rivés sur les sondages où la presse barbichue leur promet un rose avenir - évidemment ravis de s’engouffrer dans un « débat » qui a ceci de fort plaisant qu’il occulte - pour l’instant - leur empressement à certifier, aussi, que « la retraite à 60 ans » n’est bien sûr pas un « dogme », et qu’ils allongeront la « durée de cotisation », et que si la vieille mémé veut bénéficier d’une pension, faudra quand même la mériter, parce que bon, faudrait pas non plus trop les prendre pour des naïfs, les « socialistes ».

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