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Par Ingrid Merckx - 18 février 2010

Des femmes répondent à Élisabeth Badinter

Pour la philosophe Élisabeth Badinter, le diktat de l’écologie défend un modèle de mère rétrograde. L’allaitement serait le symbole le plus manifeste de cette régression. Des femmes s’insurgent et dénoncent une posture idéologique et réactionnaire.

Les réactionnaires ne sont pas où l’on croit. Ce sont les « bonnes mères écologiques », d’après la philosophe Élisabeth Badinter, qui part en croisade contre le « diktat de l’écologie ». Dans son dernier livre, le Conflit, la femme et la mère [1], elle dénonce « le retour en force du naturalisme », une « (...)
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Commentaires de forum
  • sylvie debris 18 février 2010 à 17:51

    Je suis de la génération de Mme BADINTER et il y a plusieurs années que j’observe à travers ma fille 34 ans et ses amies ce qu’explique Mme Badinter
    orientation pour l’allaitement , tâches ménagères de moins en moins partégées, inégalité des salaires et "liberté" des hommes pendant que leurs femmes assument enfants travail tâches diverses.
    j’ai commandé le livre puisqu’il était épuisé et je suis très contente car apparemment ce livre se vend très très bien et je pense que c’est parce que beaucoup de femmes y adhèrent.
    Merci Mme BADINTER
    lorsque des personnes commentent son livre et ne sont pas d’accord elles ne parlent pas de la même chose..

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  • Rebecca 19 février 2010 à 11:40

    Je n’ai pas lu le livre de E. Badinter mais j’ai vu certaines de ses interviews. Je ne crois pas que E. Badinter s’insurge contre l’écologie ni contre les tendances au retour au naturel dans notre façon de materner. J’ai quand à moi accouché à la maison et allaité mes 2 enfants jusqu’à 18 mois, tout en continuant à travailler. Je crois plutôt qu’elle s’insurge contre les pouvois politiques actuels qui profiteraient de cette tendance au retour au naturel pour voir avec joie les femmes retourner au foyer, prendre en charge les enfants et la maison et d’une certaine façon, enrayer la crise économique... moins de femmes au travail, plus d’emplois, maris contents car moins de partage des tâches...

    Ne nous trompons pas de débat ! Ce qui est sûr c’est que nous ne sommes ni aidées dans la maternité (prenons le temps de materner, mais avec du soutien, des réseaux sociaux) ni dans notre ambition sociale (oui nous voulons décider au même titre et au même niveau que les hommes). Nous sommes reconnues socialement en tant que femmes mais pas en tant que mères. L’état veut nous reconnaître en tant que mères mais pas en tant que femmes. Nous voulons être reconnues en tant que mères ET femmes ! Là est tout le problème... on nous fait croire qu’on ne peut pas avoir les deux... alors qu’il s’agit de respecter le temps de chaque chose...

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  • polonie colette 19 février 2010 à 16:39

    je suis une grand.mère,j’ai 2 enfants et 4 petits enfants ; je suis tout à fait d’accord avec Mme Badinter,l’instinct maternel est souvent une illusion,je ne l’ai jamais eu..Nourrir ses enfants au sein n’est pas un plaisir systématique,après l’accouchement, on a pas forcémént envie de prendre le nourrisson sur le ventre, mais la mère peut se sentir responsable immédiatement de l’éducation du nouveau-né, de ses besoins de ses désirs,sans pour autant en faire une chose à soi, qu’à soi.Un enfant a besoin d’ouverture,vers les autres,il n’est pas pour soi mais est destiné aux autres.
    Dans le passé les femmes de la bourgeoisie et de l’aristocratie donnaient leurs enfants en nourrice, à cette époque on ne parlait pas de l’instinct maternel.

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  • lisa 21 février 2010 à 22:18

    Pourtant, Mme Badinter pourrait être la preuve scientifique qu’il est possible qu’une femme naisse sans instinct maternel, non ?

    D’un autre point de vue, sans couches jetables, sans petit pots pour bébés, sans lait maternisé en poudre, sans superbes jeunes filles mannequins-objets des marques, sans tout ça, que serait le Groupe Publicis, quatrième groupe pubilcitaire mondial, dont Elisabeth Badinter , 61ème fortune de France, est actionnaire de référence (10.6%) et membre du conseil de surveillance ?
    Par le biais de Publicis Mme Badinter pourrait peut-être influer sur l’image du rôle de la femme et de l’homme sur les clichés éculés et traditionnelles que véhiculent la pub.
    Son discours me fait penser à cette pub "Moulinex libère les femmes"...

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  • Em 23 février 2010 à 16:05

    Quand on condamne la caricature par la caricature...
    Je trouve que votre article est trop caricatural. Je n’ai pas lu le livre de E Badinter mais j’ai écouté une bonne partie de son interview sur France Inter. Je ne l’ai pas entendu dénoncer l’écologie mais le naturalisme. Si elle emploie ce terme, c’est bien pour marquer une différence et montrer qu’elle condamne les discours qui renvoient sans cesse à ce qui est sensé être plus conforme à l’ordre naturel,ce qui serait mieux pour l’homme.
    Je trouve qu’elle a parfaitement raison de dénoncer ce naturalisme qui porte en lui un discours réactionnaire. Je pense que justement cela n’est PAS le projet écologiste.

    Par ailleurs, elle dénoncait le fait que l’on culpabilise les femmes quel que soit leur choix finalement. Il est vrai qu’après des années ou l’allaitement était laissé à la libre appréciation des femmes, on sent aujourd’hui que l’on essaie de convaincre les femmes d’allaiter parce que cela a des vertus pour le bébé, notamment parce que c’est recommandé dans un Programme national de nutrition. (Après des années à subir le discours d’Edwige Antier (pédiatre et aujourd’hui députée UMP) sur France Inter qui justement prônait un rôle de mère très conservateur, ça fait du bien d’entendre d’autres sons de cloches.)

    Je crois que l’intérêt de ce débat sur l’allaitement c’est de montrer qu’encore une fois un certain pouvoir politique conservateur et libéraliste responsabilise les gens sur leur santé, sur leur choix de vie en général. Il ne faut pas fumer, il faut manger 5 fruits et légumes par jour, il ne faut pas boire d’alcool, il faut allaiter son bébé et ce le plus longtemps possible, etc. Autant d’injonctions qui permettront de faire porter la responsabilité de leur maladie aux citoyens, dans un avenir où l’assurance maladie risque d’être réduit au minimum. Or, de ce point de vue, l’interview de C Duflot montre que les écologistes rentrent parfois dans ce cercle vicieux de la responsbilisation des comportements.

    Le débat n’est pas pour ou contre l’allaitement maternel, mais quelle place pour les femmes, et en particulier celles qui sont aussi mères, dans notre société ? Comment permettre à celles qui veulent tout concilier de pouvoir le faire ? Comment faire progresser la vie des femmes ?

    Un beau dossier en perspective pour Politis à l’approche de la journée des femmes... ?

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  • M.P. 24 février 2010 à 10:25

    N’ayant pas (encore) lu le livre d’E. Badinter, je n’en parlerai pas. Mais, sur l’allaitement on ne peut pas dire : "après des années ou l’allaitement était laissé à la libre appréciation des femmes..." C’est complètement faux ! En 1966, l’allaitement n’était pas "à la mode", le discours était plutôt "vous voulez allaiter, eh bien, débrouillez vous !" (et, si des crevasses apparaissaient : "on vous l’avait bien dit, c’est pas facile l’allaitement"). Tout se passe comme si, après une mode "on n’allaite jamais" on était passé aujourd’hui à "on allaite toujours". Or, dans la vraie vie, rien n’est jamais aussi simple. Pour chaque individu, les choix à faire dépendent de son histoire personnelle et du moment dans sa vie.

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  • Myriam 4 mars 2010 à 18:04

    Pour curiosité, je vous invite à vous rendre sur mon blog www.graine-de-sesame.net, pour découvrir une analyse statistique sur les réactions du web, de la blogosphère et des internautes, à l’annonce de la sortie du livre d’Elisabeth Badinter

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  • 6 mars 2010 à 18:43

    Je suis d’accord avec vous, mais alors Mme Badinter est très maladroite, car beaucoup de femmes se sont senties attaquées ! J’ai quand même eu le sentiment qu’à ne pas vouloir culpabliser les femmes qui ne font pas le choix de l’allaitement, elles culpabilisent celles qui le font et qui aliènent l’image de la femme...son discours n’était pas très tendre quand même !

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