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Accueil du site > Exclu_Web > Elie Domota : « Le combat se poursuit »

Par Pierrick Tillet, Politis.fr - 5 mars 2009

Elie Domota : « Le combat se poursuit »

Elie Domota est porte-parole du collectif syndical guadeloupéen LKP. Cet entretien exclusif de Politis.fr a été réalisé hier 4 mars par Pierrick Tillet, quelques heures avant la signature du « protocole de suspension du conflit ».

Politis.fr / Quels motifs de satisfaction tirez-vous aujourd’hui de votre mouvement ?
Elie Domota : Le protocole d’accord est en cours de finalisation. Mais le combat se poursuit. Nous travaillons sur l’extension de l’accord à l’ensemble des entreprises de Guadeloupe. Et nous continuons à travailler sur la baisse des prix dans différents secteurs, ainsi que sur la résorption de la précarité, notamment dans le secteur public. Nous avons pris différents rendez-vous tout au long du mois de mars et courant avril pour continuer à travailler sous forme de commissions à ces différents thèmes. Je rappelle que notre plateforme se décomposait en trois parties : les revendications immédiates concernant le pouvoir d’achat et les salaires, mais aussi des revendications à moyen terme et à plus long terme. Concernant les résultats, nous avons initié un combat contre la vie chère, un combat pour la formation, un combat pour l’insertion. Il est clair que nous n’allons pas l’arrêter maintenant. Nous allons poursuivre nos efforts dans la même direction.

Sur les 146 points de revendications de votre plateforme, lesquels n’ont pas encore été satisfaits ? Et comment le LKP entend-il faire en sorte qu’ils le soient ?
Certains points ont fait l’objet de satisfaction partielle. Comme ceux sur la baisse des prix du carburant, sur la baisse des prix du transport. L’objectif pour nous est de nous attaquer à l’ensemble de ce que nous appelons la pwofitasyon. Nous allons regarder l’évolution des prix dans le domaine des assurances, dans le domaine des fournitures scolaires, dans le domaine des matières premières, des produits de construction, etc. etc. C’est un travail de longue haleine qui a commencé et qui doit continuer dans le temps.

Pointe-à-Pitre, 4 mars : Elie Domota (à g.), signe la fin de 44 jours de grève en Guadeloupe / AFP Photo Julien Tack

Le LKP est un collectif qui regroupe 48 organisations syndicales, associatives, politiques et culturelles. Que va-t-il devenir après la grève ?
Le LKP a évidemment vocation a poursuivre son existence. Comme je le disais précédemment, il y a beaucoup, beaucoup de chantiers sur lesquels nous travaillons. Et il y a encore beaucoup, beaucoup de problèmes à résoudre en Guadeloupe.

Pendant les six premières semaines de votre mouvement, vous n’avez semblé subir aucun signe d’épuisement, ni aucune plainte des grévistes. Comment expliquez-vous cette résistance de la part d’une population dont vous dites vous-même qu’elle est maintenue au bas de l’échelle sociale ?
Ça fait 400 ans que le peuple guadeloupéen résiste. Donc la résistance, je crois que nous y sommes formés depuis tantôt. Les repas sur les piquets de grève ont tous été préparés à partir de dons spontanés des particuliers. Et même d’entreprises solidaires de ce combat-là. Les grévistes savent tous ce qu’ils vont perdre en matière de salaire. Mais ils savent tous aussi que le combat est juste, et que pour obtenir quelque chose dans ce bas monde, eh bien il faut se mobiliser ! Toute structure qui doit mener un combat doit être organisée. Le LKP n’a rien inventé. Tenir pendant plus de six semaines, parvenir à mettre plus de 100 000 personnes dans les rues, et limiter au minimum le nombre des incidents graves comme nous avons su je pense le faire, nécessite une très bonne organisation. Chacune des 48 associations composant le LKP a su apporter son savoir-faire et l’addition de tout cela explique le succès et la force du mouvement. Nous sommes organisés. Et résolus à continuer le travail.

Lire aussi : La Martinique crie son rejet du modèle dominant

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Commentaires de forum
  • Crapaud froid 5 mars 2009 à 20:23

    Le LKP veut "regarder l’évolution des prix dans le domaine des assurances, dans le domaine des fournitures scolaires, dans le domaine des matières premières, des produits de construction, etc.", pour, - ce n’est pas dit, mais ça semble logique -, faire pression à la baisse si l’évolution constatée n’est pas justifiée. Quand on y pense, c’est révolutionnaire ! C’est un contrôle populaire, on peut dire marxiste pour faire plaisir à certains, qui s’exercera sur des entreprises capitalistes ! C’est le mariage du siècle, c’est moi qui vous le dit ! Mais c’est aussi du marchandage, tout bêtement, la plus vieille méthode que l’on connaisse pour "fixer les prix". (Qui ne sont jamais fixes, soit dit en passant, mais c’est une autre histoire.)

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  • BeurDeBanlieue 6 mars 2009 à 07:53

    Malgré toutes les tentatives de déstabilisation comme le retour sur les engagements pris dans la négociation par M.Jego, la tentative de culpabilisation sur les conséquences néfastes de leur mouvement sur l’économie du pays, ils ont continué leur combat. Chapeau.
    On se rend compte d’une chose, c’est que face à une détermination sans faiblesse, une veritable négociation a fini par s’installer avec ce gouvernement. Sinon c’était manipulation permanente orchestrée depuis les salons de la capitale.
    Un exemple : quand vous entendez un Président de la République ou un 1er ministre dire que la France est ruinée, que les caisses sont vides et que quelques mois plus tard ils vous sortent des dizaines de milliards à destination des banques, au mieux il y a un abus de langage de leur part, au pire ils ont voulu manipuler l’opinion pour passer leurs réformes selon leur calendrier.
    A chacun de juger, mais comme ce sont de grands communicants, je ne crois guère à l’abus de langage.

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  • Le Yéti 6 mars 2009 à 08:28

    Les milliards sortis du chapeau par le gouvernement français, par tous les gouvernements de l’Empire pour leur prétendues relances, N’EXISTENT PAS. C’est du vent. Comme les billets du Monopoly. Comme si sur votre relevé de compte bancaire lourdement débiteur, un père Noël improbable venait inscrire au crayon une somme miraculeuse dans votre colonne des crédits.

    Ces milliards n’existent pas et ils ne servent à rien. Juste un tour de perlimpinpin des puissants affolés. Mais il n’y aura pas de miracle. Dans les mois, les semaines, peut-être les jours qui viennent, malgré tous ces milliards de milliards, il va se passer l’impensable : la faillite d’une de ces grosses multinationales arrogantes (General Motors ? Citigroup ?...) ou d’un État en cessation de paiement (la Californie ? Les pays dits de l’Est ?)

    Alors, ce sera la débandade du système. Probablement avant la fin 2009.

    Resteront alors les hommes et les femmes debout, comme ce Élie Domota..

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  • happyface 6 mars 2009 à 12:42

    On peut dire tout et n’importe quoi, mais je tiens a remercier M. Domota car sans lui, jamais les médias de l’hexagone ne se seraient penchés sur la situations réelles des DOM. Ce qui se passait là-bas n’intéressait pas la France.
    La situation a été présenté (dans l’ensemble) avec du recul et une grande impartialité.

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  • Aodren 6 mars 2009 à 15:31

    "Quand on y pense, c’est révolutionnaire ! C’est un contrôle populaire, on peut dire marxiste pour faire plaisir à certains, qui s’exercera sur des entreprises capitalistes !"

    Cher camarade Crapaud, la révolution est un changement de système économique et donc conséquemment des structures politiques, morales qui sont propres à l’ancien régime.

    Ici aucune base du système productif n’est changée donc c’est tout au plus réformiste comme approche. Cela va néanmoins améliorer le sort des travailleurs à court terme ce qui est déjà ça. Cependant les guadeloupéens se rendront vite compte que le patronat local conservant tout son pouvoir de gestion de l’économie, celui-ci reprendra d’une main ce qu’il a du céder sous la contrainte populaire.

    Une véritable changement implique l’appropriation par les travailleurs des moyens de production et d’échanges placés sous leur contrôle démocratique. Cela est marxiste et révolutionnaire et est à mon avis la seule solution pour mettre fin à l’exploitation et à la misère.

    fraternellement,

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  • Maximilien alias Démocrite 6 mars 2009 à 16:34

    De révoltes d’esclaves en révolution française, d’une abolition de l’esclavage au rétablissement des droits des békés sous Napoléon 1er, les Antilles n’ont cessé de se débattre dans les affres de la colonisation forcée, de la traite des noirs pour remplacer les indiens assassinés par l’irruption des espagnols de Colomb, Christophe de prénom. Les esclaves qui réussissaient à s’enfuir, à recouvrir une liberté parfois au prix du sang, gagnaient le surnom de nègres marrons. Leurs descendants peuvent être fiers de cette âpre conquête des droits de l’homme qui en font aujourd’hui des dignes représentants de notre devise républicaine.
    Vous me direz, en quoi cela nous concerne t-il ? La Guadeloupe et la Martinique sont terres de vacances et de farnientes pour métropolitains en mal de soleil, de mers bleues et cela est bien ainsi ! Pourtant à y regarder de plus près, ce qui se joue dans les îles enchanteresses est plus proche de nous que nous ne pourrions le penser. En effet, et le rappel est brutal, derrière la carte postale, des hommes et des femmes tentent de vivre dans les meilleures conditions possibles et le paradis exotique ne l’est que pour une poignée d’entre eux , les békés, qui possèdent la majeure partie des terres et des richesses de ces départements d’outre mer. Ah, j’oubliais, il convient de rajouter à ce tableau de la répartition inégale ces fameux profiteurs que sont les investisseurs financiers qui trouvent là des exonérations fiscales à la hauteur de leurs appétits.
    Bref, dans ce monde libéral, chacun est à sa place et les îles pourraient indéfiniment continuer à jouer leur rôle de laboratoire social dans la douce quiétude des soirées au folklore zouk… Cela pourrait continuer ainsi… Sauf que les autochtones ne l’entendent plus ainsi ! Celles et ceux, trop caricaturés pour n’être que des assistés vivant au crochet de la métropole, aux frais de la République « une et indivisible », ont décidé de rompre le silence. Ils veulent vivre de manière décente avec des salaires corrects, avec le droit d’accéder aux produits de première nécessité non sur-taxé car importés* et pour cela, malgré les appels lancés depuis des mois, ils ont décidés de tout bloquer, de se mettre en mouvement avec une détermination à nulle autre pareille, pacifiquement, résolument…. C’est ainsi que la farce du pouvoir n’a su, n’a pu briser cet élan et qu’en filigrane, des millions de citoyens ont découverts l’envers du décor, la surexploitation qui est faite à ces peuples si loin et pourtant si semblables à nous mêmes. C’est ainsi qu’à l’égal d’un miroir, les revendications portées par les Antillais ont fait échos dans notre propre vie, dans notre quotidien et demander une augmentation de salaire n’a plus été tabou, demander le respect du droit du travail n’est plus insultant, demander à vivre mieux est une exigence redevenue tendance. Ce monde que l’on nous a vendu hier, immuable et enchanteur, ne serait alors plus la panacée et les exigences de nos frères de Guadeloupe ne seraient elles pas universelles ? Le gouvernement ne s’y trompent pas et des mots tabous comme « discriminations raciales à l’embauche », « prix scandaleux », « explosion du foncier », « domination d’une caste sur la majorité » sont revenus en force dans la bouche des représentants des uns et des autres car dans le fond c’est bien d’une exploitation de l’homme par l’homme, c’est bien de profits dont il est question.
    Cela ne vous rappelle rien ? Gageons que la leçon sera porteuse et qu’impunément, certains ne pourront pas jouir d’autant de privilèges au détriment du plus grand nombre. Voilà l’occasion de veiller au grain citoyen, saisissons là car après tout… Nous sommes tous des Nèg’ Ma’ons !…

    Moissac le 28 février 2009
    Démocrite
    http://democrite.over-blog.org/

    * lire le manifeste des écrivains Antillais « Le manifeste des produits de haute nécessité » sur tous les blogs et journaux

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  • toto de bahia 6 mars 2009 à 19:12

    "travailler plus pour gagner plus" 53% de français y ont cru et aujourd’hui chacun peut constater le caractere flatulatoire d’un tel slogan...Le Lkp c’est pareil ,"la guadeloupe cé tan nou etc etc" , je n’y crois que dalle ces gens du lkp travaillent a l’avénement d’une nouvelle société ? oh que non, leur démarche syndicale est purement strategique(lire le compte rendu du congres de l’ugyg du 3 et 4 mars 2008), il cherche le pouvoir par l’éviction de la republique "fwancé" "blanc dehors" ecrivait hier encore une des tetes pensantes de lkp... point trait !...je suis trop attaché a mon independance d’esprit pour me laisser enfermer dans une pensée ethnocentrée
    Du reste sur le plan économique , le fait de reclamer une augmentation des salaires et une baisse des prix est un non sens : c’est comme si on accelerait et freinait un vehicule en esperant se faire plaisir ; inevitablement,l’énergie deployée pour avancer est annuler par la force contraire du freinage ...et comme a chaque fois soit le moteur cale soit les freins lachent ; dans les deux cas les conséquences s’averent catastrophiques...je donne rendez vous a ces messieurs du lkp dans 6 mois pour un etat des lieux

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  • eurokid 8 mars 2009 à 08:46

    Ce n’est rien de dire que le combat continue. Les accords ne seront probablement jamais signés par le MEDEF, qui semble avoir organisé une manifestation pour la reprise du travail. Les poursuites judiciaires contre M. Domota feront le reste ... voyez ce qui vous attend si vous tentez de lutter contre l’ordre établi.

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  • Le Yéti 8 mars 2009 à 09:41

    Conneries défaitistes, Eurokid ! Personnellement, je préfère "perdre" avec un Domota que de rester au chaud à ressasser mes rancœurs avec un Eurokid.

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  • Crapaud froid 8 mars 2009 à 13:27

    "Cela est marxiste et révolutionnaire et est à mon avis la seule solution pour mettre fin à l’exploitation et à la misère."

    Cher camarade Aodren,

    Nul doute que les marxistes ont été révolutionnaires en leur temps. Puis-je cependant te faire remarquer :

    Petit un : que les temps changent ;

    Petit deux : qu’il n’y a peut-être pas qu’une manière de faire la révolution ;

    Petit trois : qu’il faut envisager le cas d’une révolution qui ne prendrait pas le chemin des armes, façon 1789 ou Octobre 1917.

    Petit quatre : sur le blog de Yéti, (http://www.yetiblog.org), je cite le cas de la révolution chrétienne du premier siècle dont les effets se font encore sentir et qui n’était, au départ, que le fait d’un petit groupe de farfelus. Certes, les chrétiens ont pris les armes pour s’imposer, mais après que beaucoup de gens se furent convertis, à commencer par l’empereur Constantin.

    Il y a des révolutions lentes.

    A+

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  • reno 10 mars 2009 à 10:53

    Ils ont osé ! Ils osent tout vous me direz…

    La bande de vautours qui tient la France et sent que la foudre populaire n’est pas très loin de se déchaîner dans le ciel orageux de la crise vient de lâcher les chiens sur l’homme qui incarne la puissance populaire depuis trois mois en France : Elie Domota.

    lire la suite :

    http://oppressoir.net/Comme-Domota-...

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