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Par Bernard Langlois - 6 septembre 2010

Eloge …

… d’Eric Woerth. (Parce qu’il le vaut bien.)

[A la veille de la grande manif’ contre le réforme des retraites, que le ministre du travail est toujours, à ce jour, nonobstant la quincaillerie accrochée à ses basques, chargé de défendre devant la représentation nationale, voici un court texte de Laurent Lévy [1], en circulation sur les listes de la gauche-alternative, dont je vous laisse apprécier l’ironie.]

(Reuters)

Que n’a-t-on dit sur cet homme ? Que de calomnies et de rumeurs, que d’acharnement politique et médiatique !

Et pourtant, que lui reproche-t-on ?

Une certaine conception de la fidélité à ses engagements, ni plus, ni moins. Car enfin, que le trésorier du parti du capital s’attache à entretenir des relations mutuellement avantageuses avec ceux-là mêmes qui ont intérêt au maintien du pouvoir en place, quoi de plus normal ? Nul n’est obligé d’avoir Robin des Bois pour modèle, et s’il veut prendre l’argent des riches pour le donner aux riches, on ne saurait lui en faire grief. Il faut bien, d’ailleurs, que les riches aient des laquais, qui les libèrent de certaines contingences.

Que le même homme soit précisément chargé d’apporter sa pièce au démantèlement de la retraite est tout aussi naturel : aurait-on oublié la crise ? Les riches que quelques irresponsables voudraient saigner à blanc ne peuvent simplement plus payer pour les retraites des pauvres. À quoi servirait-il, d’ailleurs, d’accumuler du capital, si c’était pour en dépenser les fruits bien mérités à assurer une retraite oisive à ceux qui n’ont pas eu la glorieuse idée d’en faire autant ?

Il peut sembler regrettable que les fins de mois étriquées qui commencent souvent le 10, que la misère, les difficultés d’accès aux soins, le mauvais logement, les vacances devant la télé, soient le prix à payer pour que les amis d’Eric Woerth et de Nicolas Sarkozy puissent s’enrichir, mais c’est ainsi que va le monde. Il n’y a pas d’alternative : c’est ça ou le communisme. À vous de choisir.

Woerth, lui a choisi. Et dès lors, lui reprocher de chercher, dans la cohérence de ses choix, le meilleur moyen de financer, non d’inutiles retraites, mais le parti de ses maîtres, c’est comme reprocher à un footballeur de ne pas marquer contre son camp.

Même les supporters de l’équipe adverse ne le lui en demandent pas tant !

Notes

[1] Avocat, militant antiraciste, auteur notamment de "la gauche", les noirs et les arabes, éd. La Fabrique .

Commenter (8)

Commentaires de forum
  • Mary Vaut 6 septembre 2010 à 14:12

    Le plus terrifiant dans cette histoire se sont les réflexions de nombre de personnes de mon entourrage : "C’est pas nouveau tout ça, on sait très bien qu’ils fonctionnent comme cela depuis toujours rien de nouveau sous le soleil !"
    Quel boulot que de convaicre qu’il n’y a pas de fatalité.

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  • baloo 6 septembre 2010 à 17:40

    Effectivement l’équipe adverse ne lui en demande pas tant..elle sait trop bien comment ça se passe....et ,de plus, quelle équipe adverse ?

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  • 6 septembre 2010 à 18:14

    Si ça se trouve, "l’équipe adverse" est très heureuse que le"sale boulot" de la réforme des retraites soit mené par kosy and c°. Ca m’étonnerait grandement que le Prétendu Socialiste, s’il revient aux affaires, revienne sur ce recul social. Mais peut-être suis-je trop pessimiste ?

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  • karolin 6 septembre 2010 à 19:22

    A quoi ils s’attendaient les pauvs types qui ont votés pour ce gouvernement ? Qu’il enlève aux immensément riches, aux madames Bettancourt et consort, pour donner un peu de bonheur aux oubliés du partage ?
    53 %
    On ne me fera pas croire qu’il y a dans ce pays, une telle proportion de riches heritiers de Banckster, de gens très très riches quoi.
    Quant à ceux qui ont préfères jouer la carte des" nouveaux révolutionnaires" en n’allant pas voter ce jour là, ils feraient bien d’être présent dans toutes les Manifs où des citoyens s’efforcent de défendre : la retraites , la liberté d’expression, les services publics, le respect de la différence, l’arrêt des expulsions, le droit à la justice, aux soins etc.. afin d’assumer les conséquences d’un tel choix pour le plus grand nombre. (on peut au moins aller voter au premier tour ! ).
    Comme beaucoup je suis en colère évidement, mais pas étonnée. Ils ont été mis en place pour ça et c’est donc tout naturel qu’ils soient bien rétribués en retour par leur maitre, pour les bons services rendus !

    j’ai bien aimé votre article.

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  • JPB 6 septembre 2010 à 19:37

    M’aperçoit à l’instant que mon pseudo a sauté !!
    Donc le pessimiste plus haut, c’est moi, JPB

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  • Janick 6 septembre 2010 à 20:16

    C’est trop triste, je n’ai même pas pu finir l’article tellement je pleurais.
    Le pauvre homme, mon pov Monsieur Eric, les gens ne vous méritent pas.

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  • érato 10 septembre 2010 à 06:42

    BONJOUR à tous
    Concernant Eric Woerth,il est égal à lui même.Tout pour ses amis.Mais si on se projette en 2012 ,le P S,et surtout le Président du F M I,qui fait figure de possible vainqueur ,de l’élection
    Présidentiel ;comment peut-on croire que cet ultra-libérale,reviendra ou annulera le recule
    programmer sur les retraites ?N’oublier pas cette phrase""L’état ne peut pas tout""c’était un
    membre du P S Premier ministre,(parce qu’il ne voulait pas)l’état n’est pas là pour le peuple,mais
    pour leurs amis,aujourd’hui plus qu’hier.Toutes les promesses que l’on entant, n’engagerons
    que ceux qui les écouterons et qui y croirons.

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  • erato 12 septembre 2010 à 12:03

    Démocratie:C’est la forme politique du capitalisme ;c’est la règle qu’ils ont inventés pour
    mépriser les mouvements des citoyens.Gilles Erato
    De Paul Valéry
    En démocratie,la politique,c’est d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.
    De Louis Latzarus (à voir à lire)
    En démocratie,la politique est l’art de faire croire au peuple qu’il gouverne.
    De Jean Rostand
    En politique,juste erreur,les politiciens font de sorte que ce soient les,sages,les justes,qui
    aient tort.

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