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Par Alexis Duval - 11 juin 2012

« Entrée de secours », une réponse au mal-logement

Commandé par la Fondation Abbé Pierre, le webdocumentaire « Entrée de secours » dresse le portrait touchant de quatre personnes résidant en pension de famille. Et met en lumière des structures méconnues.

Couzeix, près de Limoges. Nordine prépare le thé et se raconte. Rupture amoureuse, difficulté à trouver du travail dans sa région natale... Originaire du Nord, l’homme de 41 ans explique les raisons de son arrivée dans la pension de famille. Pendant près de huit minutes, on découvre le personnage à travers son quotidien dans la collectivité. Car une pension de famille, c’est avant tout un groupe.

Les trajectoires personnelles de chacun des résidents ont beau être toutes différentes, elles ont néanmoins un point commun : tous ont traversé des épreuves personnelles qui les empêchent d’occuper un logement de manière autonome. Et tous ont besoin du groupe pour se reconstruire. L’accompagnement offert par des hôtes à l’écoute est un soutien précieux qui permet de mieux rebondir.

Jean-Claude résident d'une pension de famille
Jean-Claude résident d’une pension de famille

©Fondation Abbé Pierre & Collectif SanProdiction

Des portraits comme celui de Nordine, le webdocumentaire « Entrée de secours » en propose quatre. Guillaume, Isabelle, Jean-Claude occupent eux aussi un logement au sein de pensions de famille gérées par la Fondation Abbé Pierre. L’institution, qui lutte contre le mal-logement en France, est d’ailleurs commanditaire du projet réalisé par Sam Albaric et Amaury Gransart.

Pour les deux documentaristes, l’objectif est de « faire un état des lieux des structures que sont les pensions de famille afin de mieux faire connaître ce type de logement », comme le formule Sam Albaric. Mais aussi de montrer « quelles initiatives permettent à des personnes défavorisées de retrouver une place dans la société »

Chercher l’émotion sans le pathos

Le défi formel était de taille. « Le support nouveau que représente le webdocumentaire ouvre le champ des possibles », précise Sam Albaric. « Mais pour moi qui ai déjà réalisé des documentaires, je remarque qu’Internet change le type de public, qui consulte plus qu’il n’est spectateur ».

Deux modes de navigation sont proposés au webspectateur. On peut choisir de suivre chacun des quatre protagonistes dans leur pension respective ou opter pour une narration autour de thèmes comme « Vivre chez soi » ou « Partager avec d’autres ». Une boîte à outils claire et fournie ainsi que des interviews vidéos viennent compléter judicieusement le parcours des quatre pensionnaires. Une construction simple et efficace à la fois qui fait se côtoyer les petits moments du quotidien et les séquences émouvantes, à l’image de celle où Isabelle retrouve sa sœur et lui témoigne toute son affection. La jeune femme, qui dispose d’un logement au sein de la pension de famille de Woippy, à côté de Metz, s’épanouit dans ce qu’elle appelle son « petit paradis » et y voit une chance de se restructurer après un itinéraire familial difficile. La preuve que le dispositif fonctionne.

Lors du tournage, qui s’est déroulé entre juillet et septembre 2011, Sam Albaric cherchait l’émotion sans le pathos. « Je voulais trouver une certaine vérité chez les personnes que je filmais, notamment dans la captation des mouvements de corps », explique le réalisateur. Le résultat se révèle touchant, mais reste sobre, le but étant avant tout de montrer les personnages dans le cadre de la pension de famille.

Chaque année, la Fondation Abbé Pierre envoie un signal fort aux pouvoirs publics en publiant un rapport, devenu une référence, sur la question du mal-logement. Entre 2005 et 2010, l’institution reconnue d’utilité publique a investi près de six millions d’euros dans son réseau, ce qui a permis la création de 1700 logements. Et ainsi permis à autant de personnes de trouver un toit de manière durable et envisager une réinsertion.

Nota Bene :

« Entrée de secours » : http://www.entree-de-secours.fr/

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Commentaires de forum
  • Le Monolecte 11 juin 2012 à 18:29

    Quand j’étais gosse, mon père qui était VRP logeait souvent dans des pensions de familles pendant ses déplacements. Il m’est arrivé d’y aller en vacances avec lui. Ce n’était pas spécialement social ou permanent, c’était un autre moyen d’hébergement, moins cher et bien plus convivial que les hôtels.
    Une fois adulte, j’ai été déçue de voir que les pensions où nous allions avaient disparu sans aucune autre relève que la chambre d’hôte, quelque part sa déclinaison opposée, puisque essentiellement à destination des bourgeois argentés à la recherche de l’excellence d’une personnalisation que l’hôtellerie industrielle ne permet plus.
    Quand je vois les difficultés économiques liées aux impératifs de mobilités professionnelles, je ne comprends pas que ce mode d’hébergement ne se soit pas de nouveau développé. À moins que ce côté populaire, collectif et convivial n’ait plus sa place dans le monde du chacun pour sa gueule !

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