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Par Politis.fr - 26 juillet 2012

Europe : tout à refaire ?

Le 20 septembre, cela fera tout juste vingt ans que la France a ratifié le traité de Maastricht. Depuis, la construction politique de l’Union est arrimée à la doctrine néolibérale. Dossier.

Voilà un anniversaire qu’on se gardera de célébrer trop bruyamment. Du moins, il faut l’espérer. Le 20 septembre, cela fera tout juste vingt ans que la France a ratifié le fameux traité de Maastricht. Acte refondateur de l’Union européenne qui arrime cette construction politique à la doctrine néolibérale. C’est le traité de Maastricht, approuvé par référendum à une courte majorité, qui impose les fameux critères de stabilité budgétaire. C’est ce document, élaboré dans la capitale du Limbourg néerlandais, qui donne naissance à une Banque centrale européenne, indépendante de tout pouvoir politique, c’est-à-dire aussi de toute volonté populaire. Des impératifs exclusivement économiques et monétaires qui oublient le social et qui échappent à la sphère politique.

Vingt ans plus tard, les décisions de Maastricht sont au cœur de tous les débats européens. Elles divisent les gauches européennes. Mais ce qui était à l’époque une controverse idéologique est aujourd’hui descendu dans la rue, à Athènes, à Madrid ou à Rome. L’opposition à cette conception de l’Europe est devenue la marque d’une gauche radicale qui est apparue dans plusieurs pays européens. En France, un autre référendum, en mai 2005, a abouti au rejet de la constitutionnalisation des « critères de Maastricht ». Mais, trois ans plus tard, l’adoption par voie parlementaire du traité de Lisbonne a permis aux partisans du texte de 2005 de contourner le refus majoritaire des Français.

La crise que nous connaissons réactualise dramatiquement ces débats. La gauche néolibérale défend sans états d’âme les « critères de Maastricht » et le statut d’une banque européenne qui échappe à tout contrôle démocratique. Mais la ligne de partage est parfois mouvante. Les opposants ne se rencontrent pas seulement au Front de gauche, ils sont aussi chez les Verts, et même dans les rangs du Parti socialiste, en dissidence par rapport aux directions. Beaucoup d’écologistes, très critiques à l’égard de cette Union européenne, lui trouvent cependant quelques vertus. Pour eux, la bataille pour une Europe plus sociale, plus écologique et plus démocratique doit se mener à l’intérieur du cadre actuel. D’autres, c’est le cas des responsables du Front de gauche, jugent que tout est à refaire. Nous avons voulu rouvrir ce dossier d’une brûlante actualité. Il nous intéresse doublement. C’est autant un débat sur la définition de la gauche en ce début de XXIe siècle que sur la nature de l’Europe.

Dette publique des États membres en pourcentage du PIB


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(source Commission européenne, juillet 2012).

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Commentaires de forum
  • repbypop 27 juillet 2012 à 12:04

    pourquoi vouloir refaire à tout prix ? pourquoi ne pas commencer à demander à tous ceux (eurocrates imprégnés d’idéologie néolibérale) qui ont plongés l’UE dans cette impasse, de rendre des comptes ? Il est complètement anormal que ces "messieurs" continuent à parader alors que les peuples de l’UE sont contraints de payer leurs erreurs provoquées par leur aveuglement idéologique.

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  • sdz 6 août 2012 à 16:58

    Nous n’avons guère le choix puisqu’il y a eu escroquerie intellectuelle monétaire et financière dès le départ, mais Hollande en tant qu’héritier de Mitterrand et Delors n’est pas le mieux placé pour agir en ce sens. Je considère même que le traité de Maastricht est illégal puisque sur une orientation touchant à la souveraineté de notre pays, la décision ne pouvait l’emporter à une majorité aussi faible : il y a une seule barre au vaisseau France. De plus, la paix civile dépend de l’unité nationale...

    http://www.la-France-contre-la-cris...

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  • thomas 10 août 2012 à 11:48

    C’est trop tard. On est trop engagé dans la mauvaise voie. Jamais les néo-libéraux ne renonceront à leur pouvoir et à leurs ambitions. Seule possibilité maintenant de sortir de l’impasse : la fin de l’euro. C’est dommage, mais c’est ainsi.

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