Bonjour,
Je crains que le combat syndical contre le projet de loi, dangereux au demeurant, ne fasse encore l’économie des vraies problèmes. L’UNEF comme d’ailleurs la FSU se félicitent de la massification réussie de l’université mais regrettent que la démocratisation ne soit pas achevée. Par ailleurs, la France ne compterait pas assez d’étudiants et la sélection serait un non-sens (sic). Enfin, l’UNEF constate que les plus favorisés socialement réussissent le mieux.
Il faudrait peut-être que les dirigeants syndicaux ouvrent les yeux et s’aperçoivent que la massification de l’université ainsi que l’augmentation realtive du nombre de diplômés se sont fait au détriment des exigences universitaires. Il faut sortir de ce mensonge total sur le niveau qui monte. Nous sommes confrontés à l’université à une baisse dramatique des connaissances de base, tout cela ayant été d’ailleurs encouragé par les différentes réformes universitaires et du secondaire et dans un certaine mesure accompagné par les syndicats en particulier étudiant.
Le problème de la sélection se pose donc aujourd’hui de manière dramatique. Il ne s’agit pas bien sûr de restreindre le nombre de places à l’université ou au niveau du master mais de définir quelles sont les exigences en termes de connaissances qu’il faut avoir pour rentrer à l’université ou pour accéder à un master. Le système actuel avec ses multiples compensations et la poids important accordé au contrôle continu (qui ne juge le plus souvent de la capacité à mémoriser "sur le coup" ou de compétences purement techniques) font que l’échec a été diminué. Nous avons par ailleurs des consignes de plus en plus fortes, en interne, pour d’un part alléger les programmes et d’autre part corriger les plus mauvaises notes. La compétition entre les disciplines fait que il faut avoir le plus de monde possible inscrit en master ou en L si on vaut espérer conserver les filières et les postes d’où la tendance à donner les diplômes en espérant récupérer dans la masse (ou dans la nasse) 5 à 10 % de bons éléments pour alimenter les laboratoires de recherche en main d’oeuvre.
s’élever contre la sélection, comme le fait l’UNEF est donc passablement démagogique et surtout inconséquent. Le but des réformes étant de vider la plupart diplômes de leurs connaissances au profit d’un faux savoir purement instrumental, on peut s’interroger sur la logique poursuivie par l’UNEF mais aussi la FSU en ne mettant pas en avant l’indispensable besoin d’exigence sur les contenus des diplômes délivrés.
Pour bien être compris, il ne s’agit pas de ne prendre que les meilleurs, ce que font d’ailleurs avec succès les grandes écoles, mais de ne valider les diplômes que lorsque les étudiants auront atteint le niveau d’excellence requis. Cela demande bien sûr quelques moyens mais surtout une refonte des programmes dans l’Ecole et l’université. Pour les élèves les moins lotis socialement, il est clair qu’il faut qu’ils travaillent plus que les autres pour rattraper leurs retards. Dire l’inverse est démagogique. Nous pourrions là réfléchir à mettre en place de véritables études surveillées et obligatoires et à rétablir un vrai cycle propédeutique à l’université. On criera volontiers à la stigmatisation des pauvres mais lorsque l’on voit le succès des cours privés, on doit se poser la question.
Enfin, nous pourrions sortir du discours de "gôche" où l’on dit aux élèves que l’on peut apprendre en s’amusant. Ce n’est pas faux mais le plaisir vient surtout après que l’on ait réussi à comprendre et cela demande parfois de passer par des périodes très ennuyeuses ou il faut simplement apprendre.
Là aussi la valeur travail doit être remise au gout du jour pour les étudiants et les élèves. Je sais que ce discours paraitra un peu conservateur voire sarkosyste parce que tous les problèmes sont "la faute à la société ultralibérale". Il est vrai que l’on peut continuer à réclamer plus de postes et d’argent (ce qui est nécessaire) sans se poser la question de savoir quoi en faire.
Amicalement