Aurait-on perdu la foi en nos éducateurs ? À Sevran et à Marseille, la détresse a poussé un maire écologiste et une sénatrice socialiste à demander le renfort de l’armée contre les divers trafics et leurs nuisances. Face à la médiatisation de la violence juvénile, de l’affaire Merah au double meurtre d’Échirolles (Isère), les politiques semblent démunis pour proposer autre chose que des mesures répressives. Même à gauche.
Dans son programme de candidat, François Hollande promettait de doubler le nombre de centres éducatifs fermés (CEF) pour les mineurs récidivistes. Il emboîtait ainsi le pas à la droite, qui avait annoncé en novembre 2011 la transformation de 20 foyers « ouverts » en CEF, à la suite du meurtre d’une collégienne par un élève de son établissement.
Créés par la loi Perben I en 2002, les CEF ont d’abord fait bondir les pédagogues. Depuis, ils se sont fait une place comme alternative à la prison. Mais certains connaissent de graves dysfonctionnements.Le recentrage des moyens sur les CEF voulu par François Hollande ravive donc la controverse chez les professionnels, qui dénoncent la « faillite » de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Depuis dix ans, le « tout-répressif » a fragilisé les mesures éducatives et, si les CEF sont politiquement rentables, ils restent néanmoins coûteux.Au diapason des professionnels, la nouvelle garde des Sceaux, Christiane Taubira, a pris ses distances avec la promesse de François Hollande, et temporise en attendant le rapport d’une mission d’évaluation.


