À son congrès du Mans, le Parti socialiste a entériné, dans la synthèse de ses motions, un rassemblement autour d’une ligne politique dans laquelle l’idée de la VIème République fût réduite, sous des pointes d’ironie, à la dimension de l’arlésienne.
Cette absence de courage collectif exacerbé par la résignation du courant NPS a permis, dans une rupture critique initiée par Arnaud Montebourg, la naissance de « Rénover, maintenant ». Quelques militants, certes peu nombreux, ont ainsi maintenu le souffle ténu de la démocratie au coeur de l’asphyxie produite par les institutions en place.
Le silence constant de Ségolène Royal sur cette question institutionnelle, pris dans le silence général de son investissement dans la construction des bases programmatiques du Parti, fait peser un doute sur le retour spectaculaire de cette question. L’élection présidentielle est l’occasion de toutes sortes de promesses offertes dans la démagogie la plus absolue. L’annonce d’une 6ème République "imminente" oblige à préciser la nature du bouleversement des institutions contenu dans le projet « La Constitution de la 6ème République » élaboré par Arnaud Montebourg et Bastien François.
L’idée principale, plutôt que de « réconcilier les Français avec la démocratie » en l’état, consiste à en refonder radicalement les bases autour des « figures institutionnelles » déjà existantes. Le Président de la République devient le garant de la Constitution par laquelle s’exercent démocratiquement les fonctions politiques et gouvernementales. Il n’en est plus l’initiateur. L’élection au suffrage universel qui est maintenue sans véritable nécessité est le seul lien direct qui unit le Président de la République avec le Peuple.
Les deux pôles principaux de la révolution institutionnelle, où se trouve revisitée notre tradition démocratique, sont la fonction de Premier Ministre et le rôle du Parlement. Ces deux pôles sont désormais les seuls lieux de l’initiative politique. Sans en décliner les prérogatives, il convient de comprendre que la 6ème République proposée dans le « Pacte présidentiel » est un numéro d’illusionniste : Les modifications institutionnelles proposées ne peuvent pas se prévaloir de cette nouvelle numérotation car elles maintiennent, malgré la responsabilité pénale, les pouvoirs monarchiques du Président de la 5ème République.
Le souffle maintenu dans les rangs de « Rénover, maintenant » vient de s’éteindre avec l’acceptation de ce tour de passe-passe.
Seul, le mouvement Rénova(c)tion Socialiste maintiendrait-il le cap d’une véritable révolution de nos institutions, en attendant le réveil du sommeil sans rêve des socialistes ?