Une Coupe du monde de foot draine avec elle beaucoup d’argent. Air connu. Et de juteuses tractations pour les sponsors, les télévisions. Pour les joueurs aussi. Pubs et transferts sont à la hausse. On appelle ça le foot business. Les chiffres qui circulent (salaires, primes de match…) paraissent encore plus indécents en temps de crise, et dans un pays comme l’Afrique du Sud. Reste que le foot a été et demeure une affaire populaire, avec, plus que tout autre sport, cette capacité à rassembler. À « ré-unir ». Pour la première fois organisée sur la terre africaine, cette Coupe du monde, étirée le long d’un mois, soulèvera plus encore de passion, chez les hôtes comme dans toutes les communautés africaines, en France et ailleurs (outre le pays organisateur, le Nigeria, l’Algérie, le Ghana, le Cameroun et la Côte-d’Ivoire sont qualifiés ; soit six nations, ce qui n’était jamais arrivé dans la compétition).
Elle est aussi, tout naturellement, l’occasion de rappeler les liens étroits entre le foot et la politique. Comme une histoire parallèle, entre le sport, la colonisation et la décolonisation. Dans ce sens, comme le rappelle Didier Braun, longtemps chroniqueur (éclairé) à l’Équipe, « l’équipe de France de football, c’est l’histoire en raccourci d’un siècle d’immigration ».
L’occasion pour nous de mettre en lumière les méthodes de certains recruteurs opérant sur le sol africain au compte de clubs européens, et pour leur plus grand profit personnel. Malgré des tentatives de normalisation, avec des centres de formation de sport-études, les histoires sordides de footballeurs sans papiers ne manquent pas (on parle de plusieurs centaines de joueurs en France). Beaucoup de candidats, peu d’élus. Certes, il existe de belles histoires, de Salif Keita à Samuel Eto’o. Mais combien de désillusions aussi…




