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« Home », un mauvais jour pour l’écologie

jeudi 25 juin 2009, par Paul Ariès


Le film Home de Yann Arthus-Bertrand est un très mauvais coup contre l’écologie politique, c’est-à-dire contre une écologie de rupture avec le capitalisme et tout productivisme. Son auteur est le chantre des mascarades vertes : ex-photographe du Paris-Dakar à l’époque où cette course était le symbole du néocolonialisme (la domination des uns sur les autres et de tous sur la planète), il n’est certes pas crédible en tant qu’individu, mais il aurait cependant pu faire (...)

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9 Messages de forum

  • « Home », un mauvais jour pour l’écologie 25 juin 2009 21:23, par marc13

    Je trouve votre article trop caricatural, trop sarcastique, et au final pas très honnête. Certes le financement de Home peut être discuté, la crédibilité de Yann Arthus-Bertrand en fonction de son parcours passé aussi. Cela dit, YAB fait le constat dans son film que la terre est malade est qu’il faut agir aujourd’hui. Le message s’arrête là. Il ne propose effectivement pas de solutions aux maux de la planète dans le film, mais est ce lui le mieux placé, en tant que photographe, pour le faire ? Et puis, entre autres choses, affirmer que le film n’est pas pédagogique ... ... bref, malgré une bonne ouverture, je trouve votre article très très limite.

  • « Home », un mauvais jour pour l’écologie 26 juin 2009 16:44, par aldabra

    Home est un film pédagogique. On y apprend beaucoup de choses sur la biologie (le lien qui existe entre toutes les formes de vie, l’existence de grands cycles comme celui du carbone ou de l’eau...), bref des choses qu’une majorité de gens ne savent pas. Le changement climatique ou la crise de biodiversité sont des notions relativement récentes (début des années 1990) qui doivent être expliquées. C’est l’une des ambitions de Home. Car comment demander à des citoyens de se mobiliser ou de voter en connaissance de cause, s’ils ne comprennent pas ce dont il s’agit.

    Avez-vous vu le film ? On en douterais. On y explique que ce sont les pays riches et les riches des pays pauvres qui en exploitant, de la même manière, la nature et les hommes ont pollué et continue de polluer l’atmosphère de tous. On y affirme que les 20 % qui consomment 80 % des ressources de la planète doivent consommer moins. "Consommer moins" n’est-ce pas une périphrase pour la "décroissance". Home demande aux riches de se serrer la ceinture pour permettre aux pauvres de vivre. Voilà des constats et des diagnostiques sur lequel vous pourriez vous appuyez pour développer vos idées politiques et dénoncer le capitalisme. De ce point de vue, Home n’est pas un mauvais jour pour l’écologie, il est un marche-pied.

    Home parle de l’injustice sociale. Regardez ces images du Nigéria où, au premier plan ,on voit des hommes et des femmes pauvres et, au second plan, des réservoirs de pétrole destinés à étancher la soif pour l’or noir des nantis. Ecoutez la voix-off du commentaire appelant à des changements économiques et sociaux profonds car les inégalités ne font que s’accroître . C’est exactement les thèmes que vous développez dans vos articles ou vos conférences. Il y a une véritable proximité entre Yann Arthus-Bertrand et Gilles Clément, et vous les opposez gratuitement. Vous dites "nous ne devons ni dominer ni être dominer par la nature mais l’accompagner". C’est exactement ce que Yann Arthus-Bertrand dit et répète dans son film.

    Le film Home dénonce le productivisme quand il décrit l’agriculture industrielle qui aliène les paysans du Nord et affament les paysans du Sud. Je croirais vous entendre. Home présente des prémisses qui sont aussi les vôtres.

    Par contre, le film de Yann ne conclut pas mais appelle de manière urgente et collective à conclure. A vous de vous y engouffrer et d’en tirer avantage plutôt que de saper les prémisses de votre propre conclusion.

    Sois vous détestez vos propres idées, sois vous détestez encore plus l’homme Arthus-Bertrand et que cela vous aveugle.

    Merci

  • « Home », un mauvais jour pour l’écologie 27 juin 2009 14:12, par Mike

    Bonjoour,

    Je n’ai besoin de personne pour savoir ce que je dois penser (ni de Arthus Bertrand, ni de Paul Ariès) Cela peut paraître prétencieux, mais la deuxième partie de la phrase est celle-ci : mais j’ai besoin de tous pour construire ma pensée (aussi bien de Paul Ariès que d’Arthus Bertrand )

    Certes, il y a des mascarades vertes, c’est une évidence que nous sommes toujours dans le paradigme de l’économie de marché. Pour moi, Arthus Bertrand ne propose rien , mais donne un regard globale sur les choses, et cela me conforte dans l’idée que la pensée doit être globale et systémique, à nous d’en faire notre quotidien.

  • « Home », un mauvais jour pour l’écologie 27 juin 2009 23:57, par Un-écolo-de-la-loire

    M. Paul Ariès est un vrai "politique". C’est un calcul politique que de fustiger le film Home et son auteur Yann Arthus Bertrand. M. Paul Ariès fait de beaux discours sur la décroissance, la fin de la civilisation de la "bagnole" comme il dit et va de meeting en meeting en bagnole justement, des milliers de km sans se poser la question d’un mode de transport plus approprié et plus politiquement correct dans son cas. M. Ariès il faut d’abord être exemplaire pour s’essayer à donner des leçons !

  • « Home », un mauvais jour pour l’écologie 28 juin 2009 20:19, par rezonor

    Quatre commentaires même pas vraiment stipendiés… (je veux le croire), c’est beaucoup, c’est trop !

    Ariès dit juste ce qu’il convient de dire (à titre conservatoire en somme) mais les hilotes éblouis par la verroterie fourguée par YAB, produite pas LB et financée par P - troublant attelage s’il en est - s’extasient : Oh mais comme c’est pédagogique ! brament-ils en arrondissant leurs lippes d’enfantelets ravis de l’aubaine. "Et puis culotté avec ça ! YAB dénonce - selon la règle des 80/20 qui fleure bon son école de marketing ; que 20 % des "gens" consomme 80% des ressources, Y’a pas… fortiche le mec !" Pas froid aux mirettes le "camé rameur" opinent-ils en battant des menottes.

    Hé Oh ! Réveillez-vous les gars ! Ces poncifs que les instituteurs professent depuis plus de vingt ans en s’appuyant sur les informations de ces brulôts de l’ultra-gauche que sont les publications Wapiti ou Okapi, au choix pour n’oublier personne, appartiennent définitivement aux activités d’éveil…

    Êtes-vous sûr que les citoyens qui envisagent de prendre une part active à leur destin, comme les croyants au paradis, soient encore en demande de ce maternage conceptuel ?

    Sérieux !

    Ariès déonce ce qui apparaît comme un élément de plus à verser à l’étologie de la maladie infantile de l’écologie (de marché) appelée Green Washing.

    À mon sens Ariès a raison de le faire indépendamment que cela contrarie le militant de bonne foi (justement parce que…) qui regrette le temps des messes consensualisantes - catégorie belles émotions qui vous retrempe le moral - et qui, (c’était mon cas) espère que le battage médiatique réanime cette extase de la militance. Miraculeusement .

    J’aurai voulu et aimé en ressentir l’effet dopant (!) : tous conscients donc bientôt tous responsables, mais non on ne peux pas parler d’écologie avec n’importe qui et certainement pas avec l’employé de l’un des responsables de la déforestation en Afrique, sans émettre de sérieuse réserves à titre liminaire - l’écologie politique implique cette conscience là.

    Alors malgré ou peut-être à cause de la beauté de images qui viole cette conscience intime que nous avons de notre propre être-là au moyen de procédés proches de la manipulation subliminale : YAB go Home.

    Mes amitiés à tous.

    Rezonor

  • Pour aider à se faire sa propre idée... 29 juin 2009 12:51, par steph73

    Je vous trouve dur dans vos critiques... Pour ceux qui auraient accès et seraient abonnés à Arrêt sur images

    La gazette d’@rrêt sur images, n° 79

    Peut-on alerter sur les cataclysmes écologiques qui nous menacent, avec de belles images ? Home, de Yann Arthus-Bertrand, est un film paradoxal. Un film antipollution financé par un pollueur, même si ce n’est pas le pire (le groupe Pinault). De magnifiques images, pour montrer l’horreur des saccages. Une initiative totalement désintéressée, mais qui brasse des millions. Qui est Arthus-Bertrand, l’homme qui regarde la terre depuis le ciel ? Docteur Arthus, ou Mister Bertrand ? Une fois n’est pas coutume : c’est lui qui nous a appelés, révolté et blessé d’avoir lu qu’il serait mû par l’argent, ou qu’il vient au travail tous les jours en hélicoptère. L’occasion était trop belle, de le cuisiner sur ses contradictions, et son efficacité. Son côté "tout le monde est gentil" exaspérera autant qu’il séduira. Son film au total, est-il utile ou non ? Vous vous ferez votre idée. Reste que Home est une oeuvre magnifique, que vous pouvez encore voir gratuitement sur YouTube. Mais dépêchez-vous : son ami Luc Besson (le producteur) veut le retirer de la plateforme. Notre émission est ici (1).Ses meilleurs moments sont là (2).

  • « Home », un mauvais jour pour l’écologie 2 juillet 2009 10:34, par SuperNo

    J’avoue que je m’attendais un peu à ce style d’article. Beaucoup de choses sont vraies, et d’ailleurs rien n’est tout à fait faux. Mais partant de ce constat, comment faire avancer les choses ? Avec toute l’estime que j’ai pour Paul Ariès (et j’en ai beaucoup), il n’a aucune notoriété, aucun accès aux grands médias ! Je suis allé au "Contre Grenelle" à Lyon, je m’y suis retrouvé avec quelques centaines de convaincus. Et après ? A quoi bon continuer à tempêter entre nous, dans notre minuscule verre d’eau ?

    Lors de cette manifestation, Paul Ariès a notamment appelé les formations de gauche (NPA, Front de Gauche) à se saisir des idées de l’écologie politique. C’est la bonne solution. Même si ça commence très doucement. Car si les grands discours à ce sujet qui figurent sur les sites internet de ces organisations sont intéressants, sur le terrain on ne parle que de social, pas dếcologie, et encore moins de décoissance.

    Selon le même principe, pourquoi condamner à l’avance quelqu’un qui est manifestement plein de bonne volonté, qui commence à comprendre certaines choses, et devant lequel les micros se tendent spontanément ? Pourquoi ne pas discuter avec lui ? Lui expliquer ce que Paul Ariès écrit dans cet article, la "responsabilité des logiques économiques et politiques dominantes" ?

    Comme je l’ai écrit, video du JT à l’appui, le premier a avoir parlé de décroissance à 20h30 sur une grande chaine, ce n’est pas Paul Ariès, c’est bien YAB !

    http://www.superno.com/blog/2009/06...

  • « Home », un mauvais jour pour l’écologie 2 juillet 2009 20:49, par astrodom

    Entre l’idée de consommer Différemment, chère à Pinault and Co, et celle de consommer Moins, d’Arthus-Bertrand, la meilleure idée n’est-elle pas plutôt la troisième = ne plus consommer du tout. Même un consommateur économe reste un consommateur et c’est là qu’est le problème, non ? C’est ce que me semble défendre Paul Ariès.

  • « Home », un mauvais jour pour l’écologie 8 juillet 2009 09:27, par jocelyn pellegrini

    C’est vrai ça, qu’est ce qu’il est méchant ce paul ariès avec le gentil yab. Y’en a marre enfin de ces extrémistes qui sont contre tout ! C’est vrai, ariès fait plein de conférences et sillonnent la france en voiture ouuuuuuuuuu le vilain. YAB lui voyage en hélico mais au moins il plante des arbres lui et parle d’écologie sur tf1. Monsieur ariès s’il vous plaît, passez à la télé, mettez des logos vert sur votre journal le sarkophage. (d’ailleurs je ne lis plus, trop de texte et pas assez de photos !), et faites vous financer, l’indépendance et la sincérité ne font pas avancer les choses.

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