Par Christine Tréguier - 13 septembre 2012

J’ai mal à mon Cloud !

Le « Cloud », une des dernières innovations destinées à renouveler la rente de l’ensemble des acteurs du monde TIC a du plomb dans l’aile.

Rien ne va plus dans le cosmos informatique. Depuis deux mois, le « Cloud », une des dernières innovations destinées à renouveler la rente de l’ensemble des acteurs du monde TIC (technologies de l’information et de la communication) – marchands de serveurs et de disques durs, fournisseurs de bande passante, opérateurs et prestataires de service –, a du plomb dans l’aile. Le Cloud computing, en français « informatique en nuage », c’est la possibilité pour les entreprises et les particuliers de stocker leurs données sur des mégaserveurs à distance et de pouvoir les consulter de n’importe où et sur n’importe quel terminal. Exemple Google Drive, DropBox, iCloud, mais aussi Andromède (Orange-Thalès) ou Numergy (SFR-Bull).

Un truc de « voleur », explique un des pionniers du Net français, Laurent Chemla : « On va enfin pouvoir payer [60 euros pour 100 Go sur Google Drive] pour un service qui nous permettra de stocker nos MP3 rippés à distance, sans avoir aucune garantie, en déléguant au service les droits d’utilisation de nos données, en payant davantage pour avoir le droit de les partager, et en risquant à tout instant une descente du FBI qui saisira les serveurs sur lesquels sont stockés nos fichiers ». Alors qu’aujourd’hui 1 teraoctet d’espace de stockage local ne coûte pas plus de 90 euros !

Steve Wozniak, le second génie de l’Apple garage, a lui aussi lancé sa petite bombe, le 6 août, date symbolique s’il en est. Il prévoit d’« horribles problèmes » dans les cinq ans à venir. « Je crains vraiment que tout parte dans le nuage », a-t-il déclaré lors d’une conférence organisée à Washington, intitulée The Agony and the Ecstasy of Steve Jobs. Titre prémonitoire ? Avant de monter au ciel, Jobs croyait très fort au Cloud. « Avec le Cloud, plus rien ne vous appartient, vous y avez déjà renoncé par contrat », a ajouté Steve Wozniak. Et de conclure : « Je dis que plus on transfère de choses sur le web et dans le Cloud, moins on va les contrôler. » Les faits commencent à lui donner raison. Il y a peu, un journaliste de Wired s’est fait pirater son iCloud et a perdu les contenus de son ordi, de son portable, ses photos de famille, tout.

Nous sommes donc prévenus, nous allons avoir mal au Cloud. Un gros souci pour les entreprises, convaincues par leurs prestataires d’envoyer leurs données dans les nuages, qui redoutent plus que tout qu’on aille fourrer le nez dans leurs secrets industriels. Et le risque n’est pas que dans les effractions possibles. Il y a aussi les pannes géantes, de réseau – comme celle qu’ont expérimenté les abonnés d’Orange en juillet – ou de machines. Vous avez appelé le Cloud, il ne répond plus…

Quant aux particuliers, pour l’instant, ils planent… Selon une étude américaine réalisée par Wakefield Research, pour eux le Cloud, c’est vraiment dans les nuages. 51 % des interrogés croient en effet qu’une tempête peut perturber l’informatique en nuage. À peine débarrassés de la peur que le ciel ne leur tombe sur la tête, voilà qu’ils vont devoir redouter le crash de données sur le toit de la maison.

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