Je ne suis pas tintinophile, mais je me soigne ;-)
Depuis Bruxelles, je suis attentivement les convulsions d’un régime présidentiel et la déliquescence d’institutions nobles, auxquelles je croyais. Auxquelles je crois encore.
Je fus attirée vers les media du net par ce que je pris d’abord, je l’avoue, pour un potin un peu plus croquignolet que d’autres : un gigolo de l’une des femmes les plus fortunées de France se faisait payer ses pitreries artistiques ( ?) près d’un milliard d’euros. Diable !
Et puis, de Mediapart en Marianne2, de Politis en Rue89, du Monde en Libé et en Bakchich (liste non exhaustive) j’ai suivi le détricotage et je n’ai plus souri.
J’avais compris de longue date (dès la campagne de 2006/2007) que Sarkozy n’était pas un Président des Français.
J’écris « Président des Français », comme on dit « Roi des Belges ».
Peut-être parce que j’ai le sentiment que « Président de la République française », c’est une belle expression, certes, mais peut-être un peu trop haute, un peu trop symbolique, manquant de chair, manquant… de Françaises et de Français.
Aujourd’hui, je suis choquée. Où allez-vous ? Où allons-nous ? Que voulons-nous ? Si tant est que nous ayons encore la capacité de « vouloir ».
Moi aussi, comme Rémi Thivel, j’ai envie de chialer.
Votre « République », la Vème, issue de la guerre, votre président est en train de la violer comme un soldat d’occupation viole les femmes (et les hommes) en territoire envahi. Pire, il la viole avec ses soudards, ses mercenaires. On dirait un viol collectif et ça me donne la nausée. Un viol commandité, un viol utile. Un viol qui a ses raisons. Et ça me fait peur. Pour les Français que j’aime, mais pas seulement. Pour nous aussi, Belges. Et au-delà...
Oups, c’est vertigineux, ça mène tellement profond que je m’en vais boire un Côtes du Lubéron pour neutraliser (momentanément) mes neurones affolés.
Justine de Céreste, Alpes de Haute Provence.