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Par Sébastien Fontenelle - 26 mars 2011

Joffrin Qui S’En Dédit

Le Joffrin nouveau est arrivé : il est patron du Nouvel observateur, et je préfère t’annoncer tout de suite qu’il est pas du tout content.

D’une : il en a plus qu’assez, le Joffrin nouveau, de « cette classe politique malade de l’islam » qui nourrit un permanent « débat-procès de l’islam ».

De deux : ça lui fout carrément les winnies, au Joffrin nouveau, que l’UMP, « dans une opération d’une parfaite mauvaise foi », ait reproché au Parti « socialiste » d’avoir signé avec Tariq Ramadan [9] la pétition du Nouvel observateur contre le permanent « débat-procès de l’islam » [10].

Et voilà qui, d’une et de deux, nous change considérablement de l’ancien Joffrin, directeur de Libération, dont les vues, sur de telles matières, n’étaient - certes - pas complètement les mêmes (que celles, donc, du Joffrin nouveau).

Ainsi, l’ancien Joffrin, manifestement moins conscient (que le nouveau) de la nocivité du permanent « débat-procès de l’islam », le nourrissait volontiers de productions journalistiques [11] d’où ressortait assez (comme d’un flyer de l’UMP circa Guéant) que nous n’avions pas complètement tort de nous défier de l’islam, vu que ses fil(le)s, décidément déterminé(e)s à nous saper jusque dans ses plus terreux fondements la République, avaient même - même, mâme Dupont - circonvenu la Justice [12], en obtenant, par exemple, que soit « renvoyé pour cause de ramadan » le procès d’un braquage, au prétexte qu’un des prévenus était affaibli par son jeûne.

Libération, rappelons-nous, avait alors (courageusement) dédié sa une à cette démission républicaine - où le taulier, Joffrin l’ancien, avait (courageusement) dénoncé « une concession, ou une maladresse », puis réclamé que ça ne se reproduise pas, ou sinon, attention, je fais un édito barbichu.

Sauf qu’en vrai : non.

En vrai : le tribunal n’avait pas du tout « fait le ramadan », comme prétendait l’une de Libération.

En vrai, le procès n’avait pas du tout été renvoyé pour ménager la musulmanie d’un prévenu : « Ce n’est en aucun cas le motif du ramadan qui a été retenu », avait tranché le procureur général.

« Libération ment, Libération ment, Libération est affligeant », chanta-t-on alors aux cours de récréation des maternelles (où le respect se perd, comme l’a relevé plus d’un penseur d’époque).

Mais Joffrin l’ancien, nonobstant qu’il avait fait sa une d’un bobard « d’une parfaite mauvaise foi », omit de tancer « cette classe » médiatique « malade de l’islam » [13].

Itou, quand le Joffrin nouveau, du Nouvel obs, pétitionne pour demander au chef de l’État français de mettre fin au permanent « débat-procès de l’islam » [14], s’il te plaît, Nico [15], « la présence de Tariq Ramadan parmi les signataires » ne lui pose aucun « immense problème » - et là encore : ça nous change carrément de l’ancien Joffrin, de Libé, sous qui se publia que « Ramadan » était « incontestablement un fondamentaliste », et qu’il était même, tenez-vous, bien, mâme Dupont, « le “chaînon manquant” entre le musulman modéré et le terroriste islamique ».

Le Joffrin nouveau n’est donc pas du tout sur les mêmes positions que Joffrin l’ancien - mais devons-nous tirer de cette (r)évolution que Joffrin l’ancien s’est trompé ?

Qu’il a divagué ?

Qu’il a raconté n’importe quoi, le pauvre gars ?

Nenni, mâme Dupont : vous savez bien que Joffrin jamais n’erre.

C’est Tariq Ramadan, qui a changé.

À l’époque où Joffrin l’ancien le tenait pour « incontestablement un fondamentaliste », explique en effet le Joffrin nouveau : Tariq Ramadan « défend(ait) indirectement la lapidation » [16] - de sorte que Joffrin l’ancien avait bien raison de narrer que nous tenions là « le “chaînon manquant” entre le musulman modéré et le terroriste islamique ».

Mais depuis : Ramadan s’est amendé, jusqu’à désormais « signe(r) des textes conformes à la philosophie des droits de l’Homme et qui sont pour lui une sorte de rétractation publique », poursuit le Joffrin nouveau, qui, manifestement, trouve assez formidable qu’un musulman fanatique ait finalement trouvé son chemin vers Damas.

Et, dite comme ça, bien sûr : l’histoire est jolie - en même temps qu’assez commode, puisqu’elle permet au Joffrin nouveau de faire l’impasse sur les élucubrations de Joffrin l’ancien.

Mais, dites, mâme Dupont ?

Il a vraiment défendu (indirectement) la lapidation, Tariq Ramadan, dans la vraie vie ?

Ah, non, tiens, pas du tout : « clairement opposé » au truc, il a plutôt appelé à « faire cesser immédiatement ces pratiques au nom même de l’exigence de justice de l’islam ».

(Convenez que c’est un peu mou, comme défense ?)

Mais d’où vient alors que Joffrin l’ancien ne l’entendit pas - et que le Joffrin nouveau continue de faire la sourde oreille, quand il se raconte que Tariq Ramadan s’est rétracté d’une position qu’il n’a jamais tenue ?

Cela vient de ce que Joffrin l’ancien trouvait son avantage d’éditocrate orthodoxe dans l’alimentation du permanent « débat-procès de l’islam » dont le Joffrin nouveau fait mine ( pour en mieux déplorer soudain l’effet) de considérer qu’il serait tout à fait nouveau dans le paysage politico-médiatique français.

Cela vient, pour le dire autrement, de ce que décidément l’éditocratie a ces temps-ci de la difficulté à reconnaître qu’elle fut, là comme ailleurs, l’assidue forgeronne des saloperies qu’elle prétend désormais combattre : Joffrin qui s’en dédit.

Notes

[1] Dont chacun(e) sait pourtant, depuis la publication des travaux de la renommée tariqramadanologue Caroline Fourest, qu’il est fourbe et menteur (comme souvent sont les musulman(e)s), et que s’il prétend par exemple qu’il est 15 heures, alors tu peux être certain(e) qu’il est sans doute minuit, ou sept heures du matin, mais sûrement pas 15 heures.

[2] Naturellement : les « socialistes » ont, dans l’instant, « retiré leur signature » du bas de ladite pétition, jugeant, comme l’UMP, que le paraphe de Tariq Ramadan la souillait - car les « socialistes » ont là, comme en moult endroit, les mêmes vues que Jean-François Copé.

[3] Façon de parler...

[4] Avec un grand « J », comme dans : « Je crois que nous avons un problème avec nos mahométan(e)s, Houston ».

[5] Il est vrai qu’il était alors méchamment surbooké : il finissait la rédaction d’un (burlesque) éditorial exigeant qu’on brise quelques tabous - sans bien sûr deviner qu’il serait, quelques années plus tard, publiquement désavoué par le Joffrin nouveau.

[6] On relèvera, pour la simple beauté de la chose, que la pétition du Nouvel obs contre le (permanent) « débat-procès de l’islam » est (notamment) soutenue par un certain « Cabu, dessinateur ». Attends : s’agit-ce bien du même Cabu, dessinateur, qui passa d’interminables années pendu au revers de Philippe Val - lequel fut dans ce (permanent) débat-procès l’appliqué procureur dont le souvenir émeut ? Oui, da : c’est bien le même.

[7] Laurent Joffrin tutoie le chef de l’État français.

[8] Un peu comme Joffrin - l’ancien tout comme le nouveau - défend des fois la soumission de la plèbe aux dures mais justes lois du marché.

[9] Dont chacun(e) sait pourtant, depuis la publication des travaux de la renommée tariqramadanologue Caroline Fourest, qu’il est fourbe et menteur (comme souvent sont les musulman(e)s), et que s’il prétend par exemple qu’il est 15 heures, alors tu peux être certain(e) qu’il est sans doute minuit, ou sept heures du matin, mais sûrement pas 15 heures.

[10] Naturellement : les « socialistes » ont, dans l’instant, « retiré leur signature » du bas de ladite pétition, jugeant, comme l’UMP, que le paraphe de Tariq Ramadan la souillait - car les « socialistes » ont là, comme en moult endroit, les mêmes vues que Jean-François Copé.

[11] Façon de parler...

[12] Avec un grand « J », comme dans : « Je crois que nous avons un problème avec nos mahométan(e)s, Houston ».

[13] Il est vrai qu’il était alors méchamment surbooké : il finissait la rédaction d’un (burlesque) éditorial exigeant qu’on brise quelques tabous - sans bien sûr deviner qu’il serait, quelques années plus tard, publiquement désavoué par le Joffrin nouveau.

[14] On relèvera, pour la simple beauté de la chose, que la pétition du Nouvel obs contre le (permanent) « débat-procès de l’islam » est (notamment) soutenue par un certain « Cabu, dessinateur ». Attends : s’agit-ce bien du même Cabu, dessinateur, qui passa d’interminables années pendu au revers de Philippe Val - lequel fut dans ce (permanent) débat-procès l’appliqué procureur dont le souvenir émeut ? Oui, da : c’est bien le même.

[15] Laurent Joffrin tutoie le chef de l’État français.

[16] Un peu comme Joffrin - l’ancien tout comme le nouveau - défend des fois la soumission de la plèbe aux dures mais justes lois du marché.

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