Cher Monsieur,
Je peux écrire autre chose qu’un tract : tout votre propos consiste à expliquer que les têtes de listes du Front de gauche sont des hommes politiques déjà institutionnalisés, que dès lors ils ne représentent pas le peuple. Ceci même s’ils ont voté "non" au TCE, soutenus les luttes dans la rue et dans leur assemblée, etc. Etre maire ou député signifierait aussitôt qu’on est un has been, un combinard, voire plus : un pourri.
Bref, que proposez-vous ? Qu’on supprime les maires, les conseillers municipaux, les députés, etc. ? Une politique de terre brûlée au prétexte que vous désirez des hommes politiques proches du peuple ?
Prendre des responsabilités, est-ce si suspect ?
Participer à des corps intermédiaires de la démocratie, est-ce négligeable ?
En un mot : vous jetez le bébé de la démocratie avec l’eau du bain. Cette appréciation, en politique, s’appelle du gauchisme, ni plus ni moins.
C’est ce gauchisme, qui prétend toujours laver plus blanc que blanc et n’hésite pas à se payer de mots, qui fut à l’oeuvre au moment des élections présidentielles, conjugué aux craintes sectaires du PCF, qui empêchât que le camp du "non" présente un candidat unitaire des antilibéraux (ou anticapitalistes).
Le jeune Besancenot a prolongé ce sectarisme pour cette élection européenne, je le regrette.
Quant au procès d’intention que vous faites à l’égard du PCF sur les futures élections régionales, son éventuelle alliance avec le PS, elle ne rentre pas, à mes yeux, dans l’objectif de ce Front de gauche. En effet, il s’agit déjà d’une "première" : une unité avec le PCF, le parti de gauche, la gauche unitaire (venue du NPA), mais aussi le MPEP, des républicains venus du MRC, et même des gaullistes de gauche, tout cela dans des comités locaux unitaires, de sorte qu’on échappe aux simples cartels et qu’on élargisse la problématique d’une vraie gauche à tous les non-encartés.
Sincèrement, il y a quelque malhonnêteté à rejeter cette coalition d’une revers de manche. Il faut même pas mal de morgue et de prétention de votre part.
Allez, encore un effort pour faire avancer les luttes !
L’unité reste un combat. C’est ce que le Front de gauche ne cesse de dire.
Après les élections, il ne cessera pas de proposer de nous réunir et de "plancher" ensemble sur un programme de gouvernement : un vrai programme de gauche.