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Par Michel Soudais - Suivre sur twitter - 18 mars 2012

L’écologie n’est pas une chasse gardée

En déclarant que Jean-Luc Mélenchon n’a « aucune légitimité pour parler des questions écologiques », Eva Joly s’est engagée dans une bien mauvaise polémique.

Quelle mouche a piqué Eva Joly ? Invitée vendredi à s’exprimer au Forum alternatif mondial de l’eau à Marseille, comme Jean-Luc Mélenchon la veille, la candidate d’Europe écologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle a estimé que son rival du Front de Gauche était « encore dans le schéma productiviste » et n’avait « aucune légitimité pour parler des questions écologiques, n’étant pas non plus clairement anti-nucléaire ». Pas moins.

Mélenchon et la planification écologique

Intitulée Réinventer la gauche, la contribution présentée par Jean-Luc Mélenchon au congrès de Reims, fin juin 2008, mérite d’être relue. Elle contenait déjà bien des thèmes portées dans la campagne du Front de gauche. Malheureusement, le PS ne prenant pas grand soin pour rendre accessibles les textes de ses congrès, elle semble avoir été effacée du net. Je vous offre donc la version qui dormait dans mon disque dur. Le chapitre sur la planification écologique est en page 8.

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Réinventer la gauche
Encore dans le schéma productiviste Mélenchon ? Ce n’est pas l’avis de Paul Ariès qui appelle à voter pour lui, jugeant que sa candidature est « une étape dans la construction d’une gauche antiproductiviste, un premier pas possible vers le socialisme gourmand ». Dans un communiqué du 9 mars, le rédacteur en chef du Sarkophage et directeur de la rédaction de la revue Les Z’indignées estime que « les thèses en faveur de la planification écologique, de la relocalisation, de la transition énergétique, du ralentissement, d’un revenu maximal autorisé, de la réduction du temps de travail et même de la remise en cause du culte de la croissance (productivisme et consumérisme) sont présentes dans sa campagne ». Depuis, Paul Ariès a initié avec Jacques Testard un Appel des gauches antiproductivistes et objectrices de croissance à voter pour Jean-Luc Mélenchon. Et ce n’est pas un cas isolé puisque d’autres écologistes patentés (je veux dire estampillés EELV jusque-là) ont fait ce choix : Martine Billard et ses camarades en juillet 2009, et plus récemment Stéphane Lavignotte, ou la conseillère régionale d’Ile-de-France Safia Lebdi. Pour ne rien dire de la comédienne Anémone.

Jean-Luc Mélenchon n’aurait « aucune légitimité pour parler des questions écologiques » ? Allons donc, faut-il détenir un brevet ? La carte d’un parti qui a pris pour emblème le tournesol ? Un rappel de faits devrait suffire, Eva Joly ayant elle-même déclaré à plusieurs reprises qu’elle n’était « pas née écologiste ». En juin 2008, quand l’ancienne juge exprimait sa volonté de s’engager dans le débat européen aux côtés de… François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon défendait la nécessité d’une « planification écologique » dans la contribution générale qu’il versait aux débats du congrès de Reims (Voir encadré). Après sa démission du PS, quelques mois plus tard, il n’a cessé de développer cette idée, de l’enrichir, de la faire inscrire dans le programme du Front de gauche dont elle constitue un chapitre, et de la défendre. Jusque dans cette campagne présidentielle où, c’est vrai, je n’ai pas entendu beaucoup de candidats argumenter en faveur de l’écologie dans leurs meetings. Comme ici, à Besançon, devant un auditoire populaire.


J.-L. Mélenchon sur l’écologie à Besançon par lepartidegauche

Je fais bref, ceux d’entre vous qui désirent en savoir plus pourront regarder la vidéo du meeting de Clermont-Ferrand au cours duquel Jean-Luc Mélenchon a déclaré vouloir « introduire dans la constitution à la place de la règle d’or, celle qui propose d’éteindre la dette écologique, la règle verte ». Et bien d’autres prises de position que Corinne Morel Darleux recense très bien sur son blog.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon ne serait pas clairement anti-nucléaire. Eva Joly et quelques responsables d’EELV reprochent violemment au Front de gauche et à son candidat de faire campagne pour un référendum sur le nucléaire. A leurs yeux, promettre un référendum, comme Nicolas Hulot, José Bové, Daniel Cohn-Bendit et... Eva Joly le réclamaient dans une tribune du Monde le 14 mai 2011, ce serait une manière d’éviter de prendre position. Sauf peut-être quand ce sont eux qui le demandent. Comprenne qui pourra. Notons toutefois que Daniel Cohn-Bendit, pas plus tard que mercredi dernier, dans un meeting avec Eva Joly, à Strasbourg, a redit sa conviction qu’un référendum sur le nucléaire était la bonne solution.
Eva Joly ne peut néanmoins ignorer que depuis plus d’un an Jean-Luc Mélenchon, à titre personnel, a maintes fois dit son opposition au nucléaire. Il a d’ailleurs participé à plusieurs manifestations anti-nucléaires, notamment les 20 mars et 30 avril 2011 à Paris. C’était certes avant d’être désigné candidat commun du Front de gauche, rassemblement qui inclut un parti, le Parti communiste, qui reste attaché à cette énergie, même si en son sein les esprits évoluent. Mais l’accord sur un programme partagé (de compromis) qui a permis cette désignation n’a fait disparaître ni sa conviction personnelle (qu’il rappelle de temps en temps) ni la position de son parti. Accuse-t-on EELV d’avoir changé d’opinion sur le nucléaire en signant avec le PS un accord qui aboutira à la fermeture d’une seule centrale dans les 5 ans à venir ? Evidemment non.

Eva Joly serait mieux inspirée d’utiliser son temps de parole à convaincre les électeurs de l’importance des questions écologiques et de la nécessité de les prendre en considération dans tous nos choix politiques, plutôt que d’engager de vaines polémiques.

Mélenchon et la planification écologique

Intitulée Réinventer la gauche, la contribution présentée par Jean-Luc Mélenchon au congrès de Reims, fin juin 2008, mérite d’être relue. Elle contenait déjà bien des thèmes portées dans la campagne du Front de gauche. Malheureusement, le PS ne prenant pas grand soin pour rendre accessibles les textes de ses congrès, elle semble avoir été effacée du net. Je vous offre donc la version qui dormait dans mon disque dur. Le chapitre sur la planification écologique est en page 8.

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Commentaires de forum
  • toto cgt 06 18 mars 2012 à 07:05

    M. Sarkozy et mèlanchon tous deux on tenu un discours d’une rare agressivité contre la gauche et les socialistes ou la droite . Un discours emprunt de méchanceté, à la limite de l’ignominie. En faisant porter des turpitudes et des échecs, au rival et sa campagne sous le sceau du cynisme.
    Il est temps que cette posture de clan s’arrête. Non seulement les Français veulent une politique tournée vers la justice et le volontarisme de progrès mais ils souhaitent aussi un président apaisé et digne du débat démocratique"ce qui explique l’avance de mr Hollande de 10 points d’écart au second tour sur tous les autres candidats !

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  • Janick 18 mars 2012 à 09:03

    Pour parler de légitimité il me semble qu’Eva Joly perd peu à peu son capital de femme politique.
    Elle n’est plus vraiment crédible.

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  • cwicket 18 mars 2012 à 10:16

    Réduire l’écologie et en donner l’exclusivité à un seul parti comme le fait Eva joly déjà, ca s’apparente à s’attitrer un brevet d’exclusivité (si je ne m’abuse, c’est l’un des combats d’EELV , la lutte contre les brevets)
    Et je rappelle, au passage, qu’il n’y a pas qu’un , mais deux partis écologistes dans la course (l’un des deux attend le verdict du conseil constitutionnel pour pouvoir être présent).
    .

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    •  
      Gilbert Duroux 19 mars 2012 à 18:27

      Qu’en pense Claude-Marie Vadrot, l’écologiste de droite de Politis ? Lui qui ne jure que par Nicolas Hulot, le green-washer en chef ?

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  • Vert Chez Moi 18 mars 2012 à 10:35

    Pas touche à Mélenchon (qui se gène pas pour régulièrement frapper sur PS EELV comme ses partisans)
    Ou comment certains essayent de s’autopersuader que leur chouchou est écolo depuis longtemps
    mais avec de bien mauvais arguments

    Ecolo depuis longtemps ? Sur la base de quoi ? De paroles et d’écrits ?
    Comme un Chirac ou comme un Fabius ? ;)

    Côté mauvais arguments
    - les belles paroles à mettre en contradiction avec les actes sur le terrain, je ne jugerai pas ceux de Mélenchon mais ceux du FdG et de la majorité de ses élus pcf , pas + pas - écolos que le PS...

    - Des écolos auraient rejoint le FdG ? Mais que de maigres exemples...
    Martine Billard a tjs été favorable à une alliance "gauche de la gauche" (comme d’autres écolos qui ont préféré rejoindre une telle alliance plutôt que de travailler au renforcement de l’écologie...)
    Lavignotte a quitté les Verts depuis un bon moment me semble t’il et pour ma part je n’ai jamais beaucoup entendu Anémone réellement soutenir les Verts avant (on aimerait voir + svt ces "soutiens" quand on a besoin d’eux ;) )

    - concernant le nucléaire on n’aimerait bien voir ces anti nucléaires plus souvent et pas seulement quand il y a des caméras
    sur le terrain on voit bien + svt des NPA EELV Alternatifs... que des PG ;)
    mais cela est aussi valable pour d’autres combats écologistes (aéroport, lgv, autoroutes, ...) où là encore le FDG est svt bien flou et adopte des positions "de compromis" ? moratoire ou référendum...
    que de compromis avec le PCF (mais pas seulement)

    Alors Mélenchon ou ses partisans serait bien inspiré d’appliquer ce principe que Michel met en conclusion "utiliser son temps de parole à convaincre les électeurs" plutôt que "plutôt que d’engager de vaines polémiques"
    mais en même temps Mélenchon est obligé de pratiquer (en partie) cette stratégie car elle est payante électoralement...
    permettant de séduire à la fois la gauche très radicale (qui voterait plutôt LO NPA)
    que la gauche "moins radicale" (PCF proches du PS)
    Le problème c que tout ça n’est pas durable car à un moment des choix seront à faire...

    un bon coup électoral pour une élection mais bien difficile à renouveler (grand écart entre 2 stratégies différentes) dès qu’il s’agira de se prononcer sur des 2nd tour et de continuer "plus loin"

    et aux échos que j’ai ça et là...
    On voit surtout que les écolos et autres "trublions" (libertaires, décroissantes, ...)
    sont encore une fois les "trop bon trop con de services" dans les guerres et négociations entre PCF et PG ;)

    c curieux ça me rappele toute la phase qui a suivi 2005 ;)
    sauf que maintenant le pole "Mélenchon PG" est constitué et essaye de se renforcer pour ne pas laisse le PCF seul aux commandes...
    les écolos et autres ne servant que de chairs à canon dans tout ça...

    et si je reste favorable à des collaborations (voir alliances) entre EELV et FdG (dans le respect ! et pas dans les tentatives foireuses politiciennes !)

    Je suis un peu lasse de voir toujours les mêmes débats faire du très gros surplace (comme l’impression que rien n’a vraiment bougé depuis le PSU puis l’AREV / Juquin puis Bové ... )

    Très gros surplace qui continue parce que les écolos restent visiblement très très naifs face aux PS PCF (ou ex PS ex PCF ;) ) qui constituent le gros des forces sur l’ensemble de la gauche (PG compris !)
    certainement trop paralysé par les peurs de faire "perdre la gauche" et préférant alors les "unions de gauches" (divers et variés) plutôt que les "unions des écologistes"

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    •  
      Gérard 26 18 mars 2012 à 15:41

      Petit rappel historique : le Front de Gauche et sa politique écologique durent depuis 3 ans déjà. Ce qui gêne surtout les EE et les Verts c’ est la dynamique lancée par le Front de Gauche qui dépasse largement les composantes de ce Front de Gauche. C’ est bien de vouloir donner des leçons et des rappels historiques, sauf que, concernant les actes (vote de EELesVerts au parlement européen, présence des drapeaux de EELes Verts à la chaîne humaine de dimanche dernier contre le nucléaire alors que c’ était interdit par l’ accord national, les multiples tentatives de récupération des collectifs contre le gaz de schistes dans la Drôme et l’ Ardèche), j’ en viens à me demander à quoi sert l’ agitation de EELesVerts, surtout su on la relie à l’ accord électoral PS-EELesVerts sur un certain nombre de circonscriptions qui leur a été attribué royalement pat le PS. Salutations militantes et écologiques.l

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      •  
        Vert Chez Moi 19 mars 2012 à 17:02

        si je devais faire des rappels sur les pratiques du Front de Gauche (tantot tentatives de récupérations tantot absence totale à des actions/manifs...) je pourrai y passer des lignes sur les votes de la majorité des élus FdG (surtout coté PCF certes)

        que je sache contrairement au FdG , les écolos n’usent pas leurs salives pour dénoncer ces votes... qui ne sont pas toujours de gauches (un communiste qui veut pas d’une régie publique ça me dépasse...)
        et pas très souvent écolos (votes en faveur de LGV, autoroutes, incinérateurs, ... et j’en passe et des meilleurs)

        Bref je vais pas user mes doigts sur le clavier
        il y a un décalage énorme entre les votes de bcp d’élus FdG (souvent très proches du PS et bien + que les écolos !) et un projet FdG (inspiré très fortement du projet PG)

        les paroles et les actes...
        ça explique peut etre aussi que des écolos finissent par se mettre en colère (non pas par jalousie ou inquiétude... on en a vu d’autres...)
        mais parce que les "écolos de services" et les "petites étiquettes vertes" sur les projets rouges, roses, bleus, oranges... ça va un moment !
        surtout quand dans le meme temps la majorité de ces élus rouges roses bleus oranges votent contre l’écologie contrairement à leurs beaux discours !

        et ça m’empeche pas de continuer à souhaiter de travailler aussi bien avec le PS que le FdG... mais faut arreter le cinéma 5 min !

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  • Bernard 18 mars 2012 à 11:26

    Il faut vraiment qu’Eva Joly soit "à la ramasse" pour utiliser ce type d’argument ... Les dernières prises de position de Paul Ariès et de Jacques Testard et leur appel (voir ici http://www.lesarkophage.com/f/index... ) ridiculiseent un peu plus s’il le fallait les déclarations de Joly. Oui, le candidat rouge et vert est bien Jean-Luc Mélenchon !

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  • Calvinero 18 mars 2012 à 13:30

    L’écologie n’est pas un parti politique, tous les candidats peuvent mettre de l’écologie dans leur programme !
    On constate quand même que EELV font une très mauvaise campagne alors qu’ils étaient très connue ! Le front de gauche existe depuis 3 ans (environ), ils ont réussi à s’imposer, à être différent du PS ! Les sondages (même si il ne faut pas les prendre au pied de la lettre ...) sont une estimation. Il est clair qu’aujourd’hui les sondages disent que EELV sont un très petit parti. En faite je me demande si EELV veulent gouverner la France, c’est peut-être là le problème, je pense qu’ils sont uniquement dans une optique ou ils veulent seulement imposer des idées aux autres candidat. Ils feraient donc mieux de faire une Fondation ou une Association ...

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  • ecureuil 18 mars 2012 à 18:31

    Il faut vraiment prendre les ecologistes pour des debiles pour sortir des arguments pareils,ecolo du green washing et de circonstance,Melenchouille ,30 ans au PS,faut le faire,et qui a voté toutes les lois les plus iniques et liberales a Bruxelles,voir les votes de Melechon et qui finalement sert la soupe a Sarko qui donne des ordres aux médias de droite et a ses troupes de le galvaniser et comme cela Sarko passe au 2éme tour,quand a votre mepris pour Madame Joly ,et la betise de vos arguments a Politis,on est ecoeuré,Joly a raison et votre mepris fait que les ecolos n’acheteront plus un journal aussi propagandiste des vieilles rengaines des rouges fascisants,alors l’Ecologie Soudais il s’en tape,il deteste l’ecologie,alors on connait les ficelles du programme de Melenchon,du vent.
    Ce programme est nul,pas un ecolo convaincu de longue date ne gobe votre discours,minable de taper sur cette femme,qui elle n’est pas ideologue,mais juste au service des autres,et de tout le Vivant.

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  • Loic_PG 19 mars 2012 à 02:34

    Et voila... Le jour ou EELV comprends que l’écologie politique, ce n’est pas parce qu’on le met dans son titre qu’on en a le monopole !!!
    Oui, l’écologie politiques est de gauche, oui, elle est anti-capitaliste par essence, oui, il faut sortir de cette logique de consommation et donc de rémunération de court terme de l’actionnaire, qui a besoin de consommation chaque mois plus forte pour faire prospérer ses économies.
    Alors plutôt que de tirer la couverture à soi en voulant garder son pré-carré, ouvrons nous et partageons nos expériences : la gauche a besoin d’un grand pôle Rouge et Vert :parler de lutte des classes ou de prise en compte des externalités sociales et environnementales, c’est au fonds la même chose : se dresser contre le profit de court terme et la rémunération aveugle d’un capital qui pressure l’homme et la planète pour obtenir ses 5% de rendement.
    Melenchon fait ce lien, personne ne dit qu’il doit être le seul ! mais construisons ensemble plutôt que de se tirer dans les pattes !

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  • LeMedjnoun 19 mars 2012 à 21:33

    Bonsoir,

    Certes Politis est un journal d’opinion mais là franchement je trouve la couverture de la présidentielle très décevante et partisane. Si je veux lire la presse du Front de Gauche, j’achète l’Huma. Si je m’abonne à Politis c’est pour un peu (beaucoup !!!) de la pluralité qui manque aux médias dominants. Entre les articles comme celui-ci et ceux où l’on déplore qu’il est "trop tard" pour renoncer à la candidature d’Eva Joly, je trouve qu’il y a deux poids deux mesures avec le traitement de la campagne du Front de Gauche. Je dis cela car je vais à priori voter pour Eva Joly (comme quoi il y en a...) mais je me dis que l’on dois penser un peu la même chose du côtés des électeurs de Lutte Ouvrière ou du NPA. Et que dire de ceux qui ne vont pas y aller (anarchistes, radicaux...).

    Qu’il y ai un peu d’esprit partisan, tant mieux, mais une telle mauvaise fois et un tel traitement des autres candidats, je trouve cela vraiment dommage de la part de Politis.

    Quant aux commentaires des soutiens de JL Mélenchon, dont je respecte la campagne et l’élan qu’elle semble susciter, je trouve qu’il y a trop souvent de leur part un ton de vérité absolue, une absence de dialogue argumentée qui franchement me dérange. Mr Mélenchon passe sa campagne de petites phrases en petites phrases, à s’en prendre au moins autant aux partis de gauche qu’à ce de droite, faisant son spectacle très 5ème république... et une phrase d’Eva Joly et tout le monde crie au scandale. Là ça me fais rire... Au moins autant que les "insurrections citoyennes" qui se finissent gentiment à 17h30... Pour moi Mr Mélenchon continue à faire de la politique à la papa, grand tribun, mâle viril, médiatique... Mais qu’on ne me dise pas qu’il est ce qu’il n’est pas et n’a jamais été.

    Dans ce cirque médiatique que sont les élections présidentielles, Eva Joly a au moins pour moi le mérite (comme Mr Poutou et Mme Arthaud) de ne pas être dans ce moule médiatique, de ne pas sortir du même sérail que tout ces mâle politique et surtout d’avoir des idées et de défendre des valeurs dans lesquelles je me reconnait.

    Allez vivement que ces élections soient passées que je retrouve le Politis que j’aime ;)

    Bonne soirée.

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    •  
      Gilbert Duroux 20 mars 2012 à 02:10

      "Si je m’abonne à Politis c’est pour un peu (beaucoup !!!) de la pluralité qui manque aux médias dominants".

      Allons, allons, faut être raisonnable. On ne s’abonne pas à un journal pour y trouver 100 % de ce que l’on pense. Avec Politis, le pluralisme est assuré. Vous avez Michel Soudais, qui est de gauche. Et Vadrot, l’écolo de droite, qui regrette l’absence du greenwasher Hulot.

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  • Gaston2Foix 20 mars 2012 à 03:14

    Ah si seulement les quelques irréductibles sympathisants d’EELV échoués dans les commentaires pouvaient manifester semblable motivation pour aller au devant de leurs concitoyens, investissement que la plupart semble hélas incapable de trouver pour élargir le minuscule espace politique qui est le leur.
    Il faut dire que tout avait bien commencé. Les Européennes, avec EELV profitant à la fois d’une abstention record et des imposants et artificiels relais médiatiques dont elle dispose, propulsent ce parti prodige à cheval entre la gauche du salariat et la droite des possédants vers le score inespéré de 16 points. Bien évidemment, aucun commentateur ne prendra le soin d’en révéler la supercherie, à savoir un éclatant "succès" n’ayant mobilisé en réalité que 6.5% des inscrits et une structure sociologique ciblée sur les catégories supérieures. A partir de cette grande flambée dont seuls les médias de masse ont le secret, sur fond de diffusion du spot publicitaire "Home" réalisé par ce bienheureux chiraquien héritier de la joaillerie de luxe parisienne et financé par d’avides philanthropes du capitalisme vert, ce parti rassemblant tout ce qui se fait de mieux en opportunistes patentés et autres historiens zélés, semblant situer le début de l’Histoire de France à la chute du mur de Berlin, ira de gamelles électorales en pelles électives pour le meilleur et pour le rire. Il aura fallu attendre l’épisode Hulot, qui plongeât une France dans un suspense insoutenable, celui de trouver un animateur télé digne de figurer à la tête d’une liste vert blême. Ne souriez pas, la question était majeure : Est-ce qu’un homme sandwich à l’idéologie douchée trainant régulièrement ses guêtres au 1 quai du Point du Jour allait pouvoir nous sortir du marasme ambiant entre deux pages publicitaires ? Là encore, l’exercice si particulier de la démocratie interne d’EELV nous permit de savourer à quel point ce parti génétiquement modifié était en phase avec les grands principes qui l’animent, avec à la clé un ostracisme de bon aloi et amicalement réservé à une aile gauche se demandant ce qu’elle faisait là.
    Vente du nucléaire à Hollande au prix d’une lutte des places qui fera date, logique parfois réactionnaire préférant faire perdre localement la gauche de gauche au profit de petites ambitions personnelles, puis lente procession d’une poignée de barons télégéniques hurlant à l’erreur de casting, fuite de militants importante vers le Front de Gauche, illisibilité politique récurrente, le cirque EELV allait bientôt pouvoir faire son tour de France des corbeilles d’isoloir. Salut les artistes.

    Ah oui, la planification écologique du Front de Gauche est plus écologiquement ambitieuse de Nicolas Hulot lui-même, ce qui n’est pas peu dire. J’invite tout un chacun ici à aller écouter l’intervention de JLM au forum de l’eau à Marseille, intervention d’un peu plus d’une heure et qui démontrera combien l’écologie n’est pas un simple chapitre de l’Humain d’abord mais qu’elle en innerve toute conduite.
    Quant à la sortie du nucléaire, elle se fera également par voie référendaire. La différence entre Joly et Mélenchon, c’est que le second est capable d’aller au second tour et ainsi faire voter utile les écologistes de gauche qui le sont restés.

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  • Lamoise 20 mars 2012 à 08:48

    C’est oublier Martine Billard, coprésidente, qui vient des Verts et qui, par sa lettre de démission, a très bien argumenté le choix d’aller au Parti de Gauche.

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  • jean.luigné 20 mars 2012 à 09:03

    EELV est un mouvement écologiste, à sa façon - et qui se gouverne d’une drôle de façon. Soit. Mais c’est quoi cet histoire de brevet d’authenticité ? j’aimerai bien qu’on m’explique d’où vient ce pouvoir de dire qui est écologiste et qui ne l’est pas. Et puis, l’écologie est plus vaste qu’une couleur, plus complexe que la ligne compliqué et ambiguë d’EELV.
    Avec le Front de gauche, c’est une vision politique de l’ensemble des problèmes français eux même inscrits dans une perspective internationale ; c’est une articulation des problèmes et des réponses qui leur sont apportées.
    Une vision politique permet de définir une ligne politique capable de rassembler un peuple, de le mettre en marche afin qu’il redevienne maitre de son propre avenir. Une ligne politique permet, aujourd’hui, une stratégie d’affrontement avec nos adversaires et d’entamer leur assurance ; demain il leur faudra compter avec nous, tenir compte de notre force, de nos capacités à les faire reculer ; après demain, le plus tôt possible, nous les obligerns à céder du terrain jusqu’à la défaite.
    Où est la vision politique d’EELV ? il suffit de voir leurs votes au Parlement européen, leur accord lamentable avec le PS ; il suffit d’écouter leur responsable qui parlent dans tous les sens pour donner l’envie d’aller ailleurs à ceux qui veulent un autre avenir pour les humains.
    Où est la vision politique de Eva Joly quand elle réclame un renforcement de la commission européenne alors que celle-ci, sous nos yeux, éreinte les peuples. l’Europe est à refonder et pour la refonder il faut une force politique, un peuple politique qui sait où il va, qui sait avec qui il va et comment il y va (joli !)...
    Le problème aujourd’hui n’est pas de savoir qui est écologiste mais comment on modifie les rapports de force afin de prendre les mesures qui s’imposent pour changer le cours des choses. l’humain d’abord !

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