Comment pourrait-on s’étonner du "manque de fermeté" d’Obama face à Israël, et singulièrement par rapport au problème de la colonisation, alors que :
1) c’est l’attitude constante des Etats-Unis depuis 1967 (au moins)
2) le premier soin d’Obama a été de nommer dans le "premier cercle" de ses collaborateurs à la Maison Blanche un certain nombre de supporters inconditionnels d’Israël, à commencer par son chef de cabinet, Rahm Emmanuel (ancien volontaire dans l’armée israélienne dont un des loisirs favoris était la réparation de blindés près de la frontière libanaise...) et acteurs majeur dans les coulisses des Accords d’Oslo, qui sont probablement le tour le plus pendable joué aux Palestiniens depuis le début de leur lutte.
3) sa Secrétaire d’Etat est Hillary Rodham-Clinton, dont on a trop vite oublié qu’elle approuva bruyamment l’agression décidée par Bush contre l’Irak, et qu’elle a été à la Maison Blanche pendant 8 ans avec son époux, période pendant laquelle les Etats-Unis ont imposé aux Palestiniens des concessions irréversibles dans une série de marchés de dupes qui ont conduit à la situation actuelle
4) au Congrès, le soutien d’une très forte majorité de représentants et de sénateurs est toujours assuré à Israël, d’autant plus fermement que chacun pense déjà aux "midterm elections" en vue desquelles il faut réunir des financements considérables, dont les lobbies pro-israéliens sont de très grands pourvoyeurs.
Quant aux Européens, il ne faut pas s’en faire : la cohérence étant le dernier de leurs soucis, ils ne s’embarrasseront pas de subtilités et appuieront Israël, quoi qu’il arrive, sans rechigner, tout en promettant aux Palestiniens des aides qu’ils attendront longtemps.
Javier Solana na-t-il pas déclaré, fin octobre à Jérusalem : "Israël permettez-moi de le dire, est un membre de l’Union européenne sans être membre de ses institutions", ajoutant que "l’Etat juiif est partie prenante à tous les programmes" de l’Europe des 27, "notamment dans les domaines de la recherche et de la technologie. Aucun pays hors du continent n’a le type de relations qu’Israël entretient avec l’Union européenne."
Notons au passage que si l’Autorité Palestinienne n’a pas accepté de reconnaître le "caractère juif" de l’Etat d’Israël, pour le diplomate en chef de l’Union Européenne c’est bel et bien fait ! Et il s’est ensuite, selon la dépêche AFP, permis d’ironiser sur la Croatie, l’état européen qui figure en première place sur la liste des prochaines admissione dans l’U.E., mais selon lui "n’a pas une relation aussi forte avec l’Union qu’Israël".
Faut pas s’inquiéter : c’est toujours "business as usual"..