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L’imbécile « valeur travail »

jeudi 27 août 2009, par Baptiste Mylondo


Pour la droite décomplexée, le « droit au travail » se transforme en devoir de travailler toujours plus, toujours trop.

Frédéric Lefebvre persiste et signe. Après une sortie remarquée en mai, voilà que le porte-parole de l’UMP récidive fin juin, affirmant que les salariés en arrêt maladie devraient avoir le droit de travailler chez eux. « C’est le sens de la modernité », nous dit-il [1]. Et il a raison ! C’est bien le sens du droit au travail né de la modernité. Ce droit au travail, « victoire » du mouvement ouvrier, dont la gauche s’entête à réclamer l’héritage au nom des luttes (...)

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7 Messages de forum

  • L’imbécile « valeur travail » 28 août 2009 10:47, par Zorg

    Il faut bien comprendre Sarko : c’est moins "travailler plus pour gagner plus" que "travailler plus pour consommer plus". Voilà ce qui se dissimule dans le métatexte : accumuler des biens, en grande majorité inutiles (écrans plasma, portables de plus en plus performants, gadgets, marques, etc.), c’est basculer dans le camps de ceux qui ont "peur" de tout perdre. C’est la propriété et son lot d’angoisses. Partant, celui qui possède réclame une société de plus en plus sécuritaire. Laquelle sert toujours ceux qui détiennent le pouvoir. Sauf exception, le travail est une belle aliénation. La force du discours de ses laudateurs, c’est d’affirmer en filigrane qu’il donne "sens" à la vie. Qu’il est inhérent à la dignité humaine (j’ai perdu mon emploi DONC j’ai perdu ma dignité). Il serait peut être profitable de retourner la formule. D’aller voir si l’abolition du travail, au bénéfice d’une existence qui ne soit plus uniquement "productive", n’affirmerait pas la dignité réelle de l’homme ? Aux richesse matérielles, préférer celles de l’esprit. Du moins pour ceux qui font ce choix, puisqu’il ne s’agit pas d’imposer. Certes, je mesure la part d’utopie dans ce propos, mais se plier aux seules vérités des financiers et des commerçants c’est se résigner à la médiocrité.

  • L’imbécile « valeur travail » 28 août 2009 14:31, par pingouin

    D’accord avec Zorg, pour Sarko, c’était tous proprio, des crédits rechargeables, endettées jusqu’au cou. Que les gens soient bien à la merci des créanciers, corvéables à merci car dépendants du salaire et donc du travail pour leurs emprunts.

  • L’imbécile « valeur travail » 28 août 2009 16:04, par lolo57

    Enfin, un article intelligent sur cette putain de valeur travail. Je revendique le droit de vivre, de pourvoir me soigner, de me cultiver, me loger me chauffer de respirer mais certes pas celui de travailler. J’accepte comme une nécessité le devoir de travailler, de devoir me louer 8 heures par jour (Je travaille au Luxembourg) afin de vivre et de faire vivre ma famille. Mais je ne revendique pas le droit de travailler que je subis ni plus ni moins que comme de la prostitution.

  • Parfaitement ! Entièrement d’accord avec vous : qu’ils y aillent eux, les donneurs de morale, balayer les trottoirs, ramasser les poubelles à 6 heures du matin, vendre de la merde en barre dans les hypermarchés à des consommateurs hypnotisés par la marchandise fêtiche, frustrés par leur vie aliénée, qu’ils y aillent dans les bureaux se faire humilier à longueur d’année par des petits chefs fachos, pathologiquement sadiques et cruels, etc... REVOLUTION !!!

  • Pour ceux que cela interesse, lire Krisis "Manifeste contre le travail" http://infokiosques.net/IMG/rtf/man...

  • L’imbécile « valeur travail » 1er septembre 2009 20:27, par Tombéblàparhasard

    quelle stupidité ! c incroyable d’être aussi con !!! pour pouvoir voler les autres légalement (avec l’état pourri, sa "solidarité" et ses impôts) encore faut-il qu’il reste des victimes pour produire des richesses... cela s’appelle travailler !

  • L’imbécile « valeur travail » 2 septembre 2009 14:02, par Bader

    Un article et des réponses extrêmement décevantes pour Politis. Mais un travers commun à toute la gauche et au delà. L’idée qu’il y auraient des vrais besoins : se nourrir, se loger et que tout le reste serait superflu !

    D’une part le prolétariat n’a pas de leçon à recevoir de moralisateur du droit à la paresse... Si le droit au travail est problématique c’est moins dans la servitude et l’aliénation au travail, que l’impossibilité d’exercer ce droit. Revenons à des notions basiques. Les droits individuels sont fait pour des individus ayant un pouvoir en tant qu’individus. Parler de droit au travail pour un individu c’est nier totalement le fait qu’en tant qu’individu le travailleur justement est complètement démuni, il n’a aucun droit. Ce n’est que collectivement que ses droits peuvent s’exercer. La question du droit au travail est une question de compréhension des droits dans une société bourgeoise qui ne conçoit que l’individu et nie les appartenances. En niant les appartenances elle institue l’hégémonie de l’appartenance bourgeoise.

    Pour revenir sur la servitude et l’aliénation au travail, personne ne la nie, mais les souffrances des travailleurs au travail et des travailleurs au chomage est moins celle de l’aliénation au travail parce que le travail par essence aliène que l’aliénation au travail parce qu’ils sont incapable d’exercer la moindre pression sur les exploiteurs... Penser en terme de rapports de force semble-t-il aujourd’hui si dépassée ?

    Cette haine de la consommation de certains alors même qu’ils ne concentrent leur critique que vers la consommation qu’ils jugent immoral : pour eux souvent la culture n’est pas de la consommation bête par exemple... Or aujourd’hui il n’y a pas plus mortifère que la culture instituée en norme : suffit de voir la honte dans certains milieux de n’être jamais allé au théâtre, de n’avoir pas lu le dernier bouquin à la mode ou le chef d’oeuvre de machin chose... Cette haine de la consommation transpire le snobisme, le mépris de classe. Il relève de ce que Bourdieu qualifiat de "distinction". Ce qui est reproché c’est moins de consommer que de consommer des produits qui manquent cruellement de distinction... Et par extension, on reproche au prolétaire de manque de distinction...

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