19 mars : quelle suites ?
Axiome de base. "Le centre directeur est devenu maintenant occulte : on n’y place jamais plus un chef connu, ni une idéologie claire." (axiome extrait de « Commentaires sur la société du spectacle »)
D’abord, deux précisons importantes :
a) Les partis politiques traditionnels, ou des structures comme par exemple, les centrales syndicales, fonctionnent sur un modèle de commandement hiérarchisé et pyramidal. Leurs structures ou modems (un chef, un leader, un meneur, un donneur d’ordres, un décideur, etc., cristallise et renforce leur pouvoir...) reposent entièrement sur le modèle cité plus haut. Toutes les décisions partent d’en haut et sont répercutées par leur hiérarchie (plus elle est intégrée à l’idéologie dominante, plus elle est soumise et concernée par le succès des thèses que soutient sa classe), en général une bureaucratie assez pesante, qui transmet aux subalternes (apparemment sans état d’âme, des séminaires sont organisés à cet effet, on y assimile les attitudes et le langage appropriés pour obtenir ce détachement apparent) les ordres venus d’en haut. (1)(2) L’ordre, qui est communiqué aux subalternes, doit être exécuté sans discussion ou contestation possible, (si un subalterne, veut rendre compte d’un disfonctionnement ou proposer une amélioration quelconque, une "boite à idées" (3) sera proposée à cet effet, et aura au moins deux fonctions ; faire croire qu’il est apparemment possible de discuter, ce qui en politique fut traduit par "démocratie participative", et si l’idée est bonne et change qualitativement les choses, le chef ou le responsable pourra s’en attribuer tout le mérite, moyennant une petite prime compensatoire pour le véritable auteur, et tout le monde sera content)
b) Le centre directeur (la cellule de commandement) « est devenu occulte » ? Le mode de fonctionnement, est occulte, oui, de par sa nature même. Il est évident que les décisions (les vraies décisions, pas les ordres) ne sont jamais rendues publique, et sont prisent par un nombre très restreint de personnes, dans le secret des palais de la République ou de la haute bourgeoisie. Toutes leurs entreprises ne peuvent fonctionner qu’à la seule condition du "secret absolu". Ils peuvent pour des raisons de commodité ou de sécurité, faire transparaître une certaine organisation de type périphérique, ou le chef s’entoure de collaborateurs de tout premier plan, donc d’un premier cercle, puis d’un second, plus éloigné du centre, et d’un troisième etc., et le degré d’information et la qualité qu’ils pourront recevoir variera en fonction de l’appartenance à l’un ou l’autre de ces cercles. Il est facile d’en déduire, que plus vous vous trouvez éloigné du centre, moins vous serez informé. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette hiérarchie, n’est qu’apparente, car les vraies clivages seront très différents de ce qu’un observateur très attentif pourrait en partie deviner ou découvrir après observations, ou par hypothèses. Le vrai pouvoir, est parfaitement tenu secret, et nul ne peut en saisir le fonctionnement réel. A cette question qui était posée à un groupe d’intellectuels : « Qui décide réellement aux Etats-Unis ? », aucune personne de ce groupe n’avait été capable d’y répondre clairement. (4)
c) En ce qui concerne la doctrine, c’est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît à prime abord. L’idéologie est assez floue, pour plusieurs raisons, mais les raisons principales sont qu’elles doivent s’adapter à la conjecture, qui par nature est assez fluctuante, ensuite elle doit être facilement transposable et adaptable à toutes situations, donc plus elle sera floue, plus il sera facile de la modifiée à profusion, et pour finir sa nature profonde est la suggestivité. Les "think thanks", sont les mieux adaptés à cet exercice, n’ayant aucune conviction, ils peuvent toutes se les approprier, d’où leur grande adaptation au changement (comme disait Faure : « Ce ne sont pas les girouettes qui changent de direction, mais le vent » C.Q.F.D.)
d) Le mode de fonctionnement de la vraie structure du commandement est occulte, tout comme la doctrine dont les réelles motivations échappe au commun des mortels. Quand Fillon claironne sur tous les médias qu’à présent il a la maîtrise de l’idéologie, on ne peut pas en douter, car personne ne sait de quelle idéologie il s‘agit ! Vous, nous tout le monde a la maîtrise de l’idéologie, puisque l’idéologie n’a pas de définition précise. Nous sommes dans le flou total. Les propriétaires du monde, ont une doctrine réelle mais secrète qui mène à notre perte, à l’effondrement du monde, et nous n’avons aucun moyen de les stopper (5), ou plutôt, le seul moyen que nous ayons à notre disposition, c’est l’appropriation du pouvoir par le peuple, avant qu’il ne soit trop tard.
e) Le fonctionnement et les vrais commanditaires ; car comme dans les structures criminelles, ceux qui tirent les ficelles et qui détiennent réellement le pouvoir, doivent rester dans l’ombre, mais leurs marionnettes politiques et les larbins du pouvoir, ceux que l’on nomme "alter- ego", (6) utilisent les moyens matériels et financiers mis à leur disposition (les constitutions (locales et continentales) interprétées ou pas et souvent ad hoc (7), les lois tournées à leur avantage par l’ajout d’amendements, les institutions : les ministères et les structures privées etc.), que "les propriétaires du monde" mettent à leur disposition.
D’autres chapitres seront disponibles sur le site "La Sociale"…
(1) la hiérarchie reçoit des informations sous certaines conditions (le poste qu’ils occupent dans l’organisation et le degré dans l’échelle hiérarchique) qui concernent les décisions politiques et les orientations idéologiques (elles changent en fonction d’intérêts circonstanciels et d’une certaine actualité), auxquelles elle adhère en général assez bien (sauf lorsqu’il s’agit d’arrivistes cyniques et sans morale, le pourri intégral, c’est assez rare, mais ils existent et peuvent rapidement devenir dangereux car ils n’obéissent que pour leurs intérêts propres et n’ont aucune conviction de classe)
(2) l’"ordre", présenté à la presse, comme une information (réforme innovante, révolutionnaire etc.) sera discuté comme si il s’agissait d’une information, et les journalistes inféodés pourront dire ce qu’ils en pensent de différentes manières, afin d’animer le faux débat. Plus celui-ci sera animé, plus le journalistes seront récompensés pour leurs efforts méritoires de parler pour ne rien dire.
(3) Fausse-bonne idée, proposées par d’avides pédégés qui rentabilise ainsi la force de travail et la matière grise de leurs salariés ; c’est ce qu’on appelle pressé le citron (le citron étant pris pour cerveau).
(4) Cet autre axiome résume, la nature et le caractère de nos vrais décideurs (aussi parfois appelé "les propriétaires du monde"), ou du moins peuvent éclairer les recherches « Qui paie, décide ! »
(5) Si nous croyons au baratin des dirigeants, actuellement au pouvoir, et de leurs larbins.
(6) Alter- ego : un second soi-même, personne de confiance qu’on peut charger de tout faire à sa place.
(7) Le lobbying n’est pas interdit par la lois, aussi les groupes de pression ne s’en privent pas, et tous les moyens légaux ou autres sont bons...
PS : Axiome de base. "Le centre directeur est devenu maintenant occulte : on n’y place jamais plus un chef connu, ni une idéologie claire." Il s’agit d’une antithèse aux démonstrations fumeuses de la "théorie du complot".