Je suis client et j’ai un vrai problème de choix : quand j’achète des vêtements, j’ai déjà un souci pour m’assurer que ce derner n’a pas été fabriqué par des enfants dans une cave.
Lorsque je fréquente une prostituée, je cherche aussi un commerce charnel équitable.
Malheureusement, il n’exite pas de label sur cette activité.
j’en suis réduit à annuller un quart de mes rendez-vous lorsque je suppose (sans en être sûr) que la prostituée est dans un réseau contraignant.
J’essaye donc de privilégier les occasionnelles, les françaises (non par racisme, mais parce qu’il est plus facile lors d’une conversation préliminaire de déceler des indices de contrainte ou pas), celles qui sont propriétaires de leur apartement, ou, si elles sont locataires, qu’elles ont meublé avec gout et prix (une fille exploitée par un proxo ne s’amusera pas à décorer son apart avec des bénéfices, puisqu’elle n’en aura pas).
Bref, j’ai eu la chance de rencontrer, je pense une écrasante majorité de femmes libres, intelligentes, volontaires et j’ai passé des moments merveilleux et complices avec elles. Certaines sont devenues des amies, que je fréquente en dehos de tout cadre vénal.
Suis-je à 100% sûr qu’aucune n’est exploitée ?
Non.
Mais la légalisation et un vrai statut de travailleuse du sexe (avec l’état pour seul proxénète) serait peut-être une garantie !
Actuellement, l’état est déjà proxénète avec ses amendes et ses PV, mais ne protège pas les prostituées.
Vous trouvez celà dégradant ?
Commencez par interdire la masse colossale de publicité sexualisantes et incitatives, pour une eau minérale, une voiture, un yaourt, un parfum, un cosmétique : "parce que je le vaux bien" n’est-il pas un slogan de pute ? Ce raccolage passif est une incitation permanente à l’orgasme mercantile, pour vendre des produits le plus souvent sans aucun rapport. Mais notre portefeuille est plus facile à atteindre en dessous de la ceinture…
On parle beaucoup de l’opression des prostituées, mais le conditionnement de la société vers la surconsomation et le luxe opresse les deux sexes.
Les hommes parce qu’ils sont en permanence stimulés par des images sexuelles (ça n’a rien d’innocent de montrer un ventre, des seins, une bouche entrouverte et suggestive, les publiciatires l’ont compris depuis quelques décennies)
Les femmes parce qu’elles deviennent des Dior addict qui remplacent leur valorisation personnelle par l’esthétique de la bimbo et du porno chic imposées par les grandes marques. La croissance économique est à ce prix !
Et partout sur les murs, les pages, les écrans, la même image de la femme radieuse, épanouie, offerte, faite pour le plaisir… Elle pose le standard de la femme trophée dont il faut changer tous les 15 ans pour quelle reste aussi jeune que son modèle, de la femme qui doit surtout être désirable avant d’être compétente ou intelligente. Autrefois, les petites filles voulaient être magistrat, vétérinaire ou chirurgien. Maintenant, elles veulent juste être Loanna…
Elle est là, la vraie prostitution. Plutôt que de la réprimer, interdisez l’image de la femme objet : la demande va décroitre de manière surprenante, je vous le garantis !
Bien sur, le commerce va en prendre un coup : tous ces vêtements sexys fabriqués en millions d’exemplaires dans le Sud-Est Asiatique, en Inde, en Chine, au Maroc, en Turquie trouveront-ils acheteurs si on ne les survend pas à coup de pubs et de photos ? Vous n’allez pas laissez mourrir de faim ces pauvres enfants qui s’échinent pour votre beauté sur des machines à coudre ?