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Par Bernard Langlois - Suivre sur twitter - 23 mai 2011

La jeunesse d’Espagne en mouvement …

… soutenue, c’est pas croyable, par la CGT !

Communiqué du 20 mai.

« La Confédération Générale du Travail (CGT) se réjouit de la mobilisation soutenue des assemblées et campements citoyens surgis du 15 mai. Ceux-ci font la démonstration que l’auto-organisation à partir d’en bas non seulement est possible, mais qu’elle est le meilleur chemin pour réclamer les rues et les places publiques comme lieux de débat et de libre expression, pour réfléchir nombreux à d’autres formes non capitalistes d’organiser la société, pour réveiller les consciences endormies, pour tâcher de faire tomber les murs d’un système corrompu, caduc et extrêmement injuste et inégal. »

A peine croyable, hein ? Ce serait-y que le Thibault espagnol a fumé la moquette ?

Et encore : « À la CGT, nous ne croyons pas que la lutte politique des partis et des élections soit l’outil à utiliser, entre autres choses parce qu’elle se transforme en un but en soi, et au contraire nous croyons à l’organisation sociale, aux connexions entre les réseaux sociaux, à la démocratie directe et participative, à l’organisation horizontale, fédérative et assembléiste de la société. »

« La CGT joint sa voix aux dizaines de milliers de voix indignées qui crient : “Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiciens et des banquiers” ; mais elle dit aussi que l’indignation doit se transformer en rébellion et en organisation contre les vrais coupables de la crise, ces mêmes élites politiques et économiques qui s’enrichissent au prix d’un travail précarisé et sans droits, au prix de la privatisation et du démantèlement des services publics, au prix de la détérioration de l’environnement, au prix de la répression de toute dissidence, au prix de l’abandon de la jeunesse à un avenir d’exploitation dans un travail sans droits sociaux. »

Et elle conclut, la CGT (espagnole) : « C’est pourquoi le syndicat CGT encourage et soutient le fait d’être dans la rue avec les Assemblées Citoyennes. Aucun gouvernement, aucun Conseil Électoral Central, ne pourra interdire ni intimider la juste rage qui s’étend dans notre pays et dans le monde et l’empêcher de s’exprimer librement demain samedi, et les jours suivants, dans un acte authentique de réflexion sociale et collective qui va bien au-delà d’élections politiques municipales ou régionales autonomes. »

Ben mon porteur de pancarte !

Vous avez donc compris que derrière l’identité de marques (Confédération Générale du Travail) se dévoile une sérieuse différence d’approche, d’analyse et d’action entre les centrales française et espagnole : vérité en deçà des Pyrénées …

Entre les deux CGT, vous préférez laquelle  ?

PS — La photo de la place Sol à Madrid est extraite de ce site, où vous trouverez plus amples informations sur la "révolution espagnole".

Commenter (14)

Commentaires de forum
  • Jean Klépal 23 mai 2011 à 11:32

    En quelques mois, ça commence à faire beaucoup :
    Les révoltes arabes, le tsunami et la catastrophe nucléaire au Japon, les protestations violentes en Grèce, le refus de l’Islande de cautionner ses banquiers, le mouvement d’indignation bousculant l’Espagne, l’anéantissement spectaculaire de Strauss-Kahn…
    Qu’en est-il de la tranquille certitude des institutions et des appareils face aux sempiternelles répétitions de catastrophes et de scandales (marée noire dans le Golfe du Mexique, berlusconnades en tous genres) ?
    Des indices de craquements sérieux se feraient-ils jour ?
    Une relève inconnue est peut-être en train de se révéler.
    Le vent du sud serait-il l’bon vent, l’joli vent qu’on attend... ?

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  • Gracchus 23 mai 2011 à 11:33

    Ce qui se passe en Espagne est très important et suscite de l’espoir chez ceux qui se désolent de ne pas être capables d’en faire autant, c’est-à-dire de ne pas être à la hauteur de la situation.

    On ne peut que se réjouir de la "claque" prise par une pseudo-gauche, puisqu’il doit être tendu que Zapatero ne vaut pas mieux, politiquement parlant, qu’un DSK , qu’un Valls ou qu’un Moscovici.

    Mais face à cette fausse gauche il y a une vraie droite, dans laquelle pullulent encore les franquistes à peine repentis, et dans l’immédiat c’est elle qui en profite, je crois.

    Cela veut dire qu’une véritable alternative - type "Izquierda Unida" - ne s’est pas encore imposée, et qu’on en reste à la morne alternance "fausse gauche" - vraie droite qu’on s’obstine, au nord des Pyrénées, a appeler "démocratie".

    Après quelques années de règne de la vraie droite, les électeurs, comme un troupeau affolé par les chiens de berger du capitalisme, se précipiteront à nouveau vers la gauche en toc, jusqu’à la prochaine fois... etc... etc...

    Ca peut continuer combien de temps, ce jeu de cons ?
    Vous avez vraiment envie d’y jouer, en 2012 ? Ou de trouver autre chose ?

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  • Bernard Langlois 23 mai 2011 à 12:12

    @tous : je rappelle (je viens encore de supprimer un message …) que je demande aux contributeurs de ce blog de signer (même si c’est d’un pseudo), histoire de savoir qui parle à qui.

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  • Gracchus 23 mai 2011 à 13:24

    C’est pas possible, tout simplement, de rendre les champs "Votre nom" et "Votre adresse email" obligatoires dans le formulaire ? C’est pourtant assez basique comme programmation.

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  • Reprendrelamain 23 mai 2011 à 16:42

    On l’espère très fortement

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  • Gracchus 23 mai 2011 à 19:00

    La jeunesse espagnole a l’excuse... de la jeunesse justement.
    Mais quand même, quand on les entend reprocher à Zapatero d’avoir trahi... Franchement, il faut leur répondre comme dans la pub de Schweppes : "What did you expect ?".

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  • carole 25 mai 2011 à 13:47

    a priori ça commence à bouger un peu en france ;o))))

    http://reelledemocratie.com/

    et toujours aussi peu d’infos sur les "grands" médias , ce matin sur France info , les faits divers en premier et rien sur l’espagne ..... ;; ;; ; j’ai encore changé de radio du coup ! vive radio campus !!

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  • cp 25 mai 2011 à 18:30

    ...Voir la gauche « mouvementiste » sauter comme un cabri à chaque soubresaut, ici ou là (« Révolution arabe » ou jamboree fesse-bouquesque espagnol), d’une jeunesse en quête d’un embourgeoisement qu’elle lui estime comme étant dû, (A l’aune de peaux d’âne généreusement distribuées) laisse quelque peu songeur...

    D’aucuns veulent y voir une sorte de lueur annonçant la révolution générale, mais comme disait Jouhandeau, de sa fenêtre, aux dinamiteros de 68 : « Dans vingt ans, vous serez tous notaires !... »

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  • Bernard Langlois 25 mai 2011 à 19:01

    Ben tu vois, cp, j’suis pas devenu notaire ; et je ne suis pas de ceux qui jugent la "génération 68" avec ta morgue. Et ce ne sont pas quelques chefs à plumes de l’époque, passés, en effet, de l’autre côté du cheval, qui me feront renier ces quelques semaines où tout a semblé possible à ceux qui les ont vécues …

    Et tant mieux si les mômes d’aujourd’hui s’offrent un peu partout, à leur tour, cette belle expérience initiatique, à côté de laquelle tu es passé sans, manifestement, y comprendre grand chose !

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  • Jean Klépal 25 mai 2011 à 20:13

    Mai 68 fut un temps d’une intensité rare, un temps de découverte, une véritable renaissance. J’avais alors largement passé l’âge d’être étudiant, le poids du pouvoir gaullien entretenait toutefois chez moi une opposition latente aux manœuvres de la politique. J’enrageais de n’être pas à Paris et de vivre les événements surtout par procuration. Un vent de liberté, de création et d’intelligence soufflait tout à coup. La parole s’est mise à circuler, les slogans picoraient les esprits réveillés, les gens se parlaient, s’interpellaient, osaient des propos joyeux et un peu fous, les statuts établis s’effritaient, devenus soudain défroques ridicules, un ordre social différent s’amorçait par le biais de relations dénuées de préjugés, une surprenante intelligence politique largement partagée émergeait, un irrespect créateur s’installait.
    Tout pouvait être remis en question, une page semblait se tourner pour aborder une société libérée, inventive et grosse d’espoir. Quelque chose me rappelait la Libération ; il s’agissait d’une libération personnelle, les voies immuables, figées devenaient franchissables, la transgression possible, les culs de sac de la conformité révélaient une issue dérobée, ce mouvement collectif mais nullement massificateur, refusant toute compromission avec les institutions établies, m’a conforté dans la conviction que chacun doit d’abord être responsable de soi-même sans attendre l’apport de tiers décideurs. Ce fut avant tout une expérience partagée qui permit à un grand nombre de connaître une concordance entre le dire et le faire.
    A coup sûr une chape a sauté, même si la désillusion de la perpétuation du pouvoir gaulliste fut considérable.
    Cela étant, rien ni personne ne pourront faire que le souffle vivifiant de Mai 68 n’ait jamais existé. Si l’événement est passé, s’il appartient à l’histoire, ses traces demeurent inarrachables. Elles brillent comme un soleil noir.
    Merci Bernard Langlois de m’avoir donné l’occasion, par vos remarques, d’envoyer ce texte en réponse à celui de CP.

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  • carole 25 mai 2011 à 21:39

    c’est trop bien dit Bernard ;o))) j’avais dix ans en 68 et je me souviens juste que je n’allais pas en classe mais aujourd’hui ils essayent avec les moyens actuels et c’est beaucoup mieux que ceux qui croient qu’il n’y a pas d’alternative. et ça commence à prendre dans les médias alors rêvons un peu ......... tous ces mouvements d’un pays à l’autre font bouger les choses au niveau mondial et c’est très bien .
    un reportage sur LCI sur ce sujet qui les prend pour de doux utopistes mais il y a plein de gens qui en ont assez de ce système oligarchique et ça a donné le succès du petit livre de Stephan Hessel alors ça vient tout doux dans les esprits .......... mais ça vient...........

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  • Bouillet 26 mai 2011 à 11:12

    En 68 j’avais 21 ans et j’étais étudiant à Lille . je ne vais pas en rajouter car ce qu’ecrit Jean me va tres bien. Je ne suis pas non plus devenu notaire et suis maintenant paysan retraité .
    Mai 68 est resté enraciné dans mes tripes et ne serait mon âge et l’état de mes articulations , j’irai bien planter ma tente, disons sur la Place Bonnyaud à Gueret hein ?

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  • cp 26 mai 2011 à 17:33

    ...Ca se trouve, ils n’ont même pas de Rolex, la retraite venue... Quand ça veut pas rigoler.

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  • Mme Z 26 mai 2011 à 22:44

    VIVA LOS INDIGNADOS !!
    SI La cgt espagnole a encore du piment , c’est aussi relatif à son passé....celui que Thibault et ses sbires ne connaissent ni en reve....
    ILS VEULENT BRISER NOS REVES : NOUS NE LES LAISSERONS PAS DORMIR !
    ILS NOUS ONT TOUT PRIS ? NOUS REPRENDRONS TOUT !

    Dignes de 68 ?!!
    MAI 2011 !!

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