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La loi qui va mettre à mal votre santé

jeudi 12 février 2009, par Pauline Graulle, Thierry Brun


En discussion à l’Assemblée nationale, le projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires » ne répond pas à la situation dégradée du système de soins. Cinq professionnels expliquent pourquoi.

Appauvrissement de l’hôpital public orchestré par les politiques actuelles, déficits, réductions drastiques des postes, soins à flux tendu à l’origine d’une mauvaise prise en charge… Les acteurs de la santé témoignent de la situation catastrophique de l’ensemble de la Sécurité sociale. Une situation qui sera renforcée par le projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires » (HPST), disent-ils. Présenté par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, comme la plus importante réforme administrative depuis ces vingt dernières années, le projet de loi est en débat à l’Assemblée nationale depuis le 10 février, avec pour objectif de « mieux soigner », tout en restaurant « l’équilibre financier du système de santé ». Le projet porté par Roselyne Bachelot met en fait une touche finale à la « destruction de la Sécurité sociale, des hôpitaux et du système de santé », estiment syndicats et personnels hospitaliers. Pire encore, il touche aussi le secteur médico-social et les caisses régionales d’assurance-maladie.

« Soigner les gens dans un couloir, ça coûte moins cher ! »
Loïc Pen, 40 ans, médecin urgentiste à l’hôpital de Creil, dans l’Oise (444 lits).
L’hôpital de Creil est en déficit très grave et se trouve donc condamné à faire des économies tous azimuts. On utilise du matériel de récup. Quant aux médicaments, c’est la course au moins cher, donc ils changent très fréquemment. C’est l’enfer pour les infirmières, qui prennent un temps fou pour s’y repérer dans les boîtes de médicaments et risquent des erreurs…

Aux urgences, nous sommes 15 médecins alors que nous devrions être 23. Nous sommes épuisés à force d’enchaîner les heures supplémentaires. Des dizaines de patients attendent dans les couloirs pendant des heures, et certains, intubés, dans la salle de réanimation des urgences. Finalement, nous avons été contraints d’organiser un service d’hospitalisation sauvage dans les urgences, ce qui, si l’on suit la logique cynique de la tarification à l’activité (T2A), est financièrement avantageux : hospitaliser les gens dans un couloir est plus rentable !

En juillet 2008, l’agence régionale de l’hospitalisation (ARH) a décidé de fusionner l’hôpital de Creil et celui de Senlis. Cette fusion aurait dû être effective au 31 décembre, mais c’était sans compter la levée de boucliers générale ! Du coup, le projet a été annulé… ou plutôt reporté, en attendant le vote de la loi Bachelot pour que la fusion devienne obligatoire.

« La Sécu n’aura plus son autonomie »
Philippe de Gaudusson, chargé des questions hospitalières à la caisse régionale d’assurance-maladie Midi-Pyrénées, Toulouse.
Avec les Agences régionales de santé (ARS), on franchit une étape supplémentaire de la fusion des organismes chargés de la politique de santé dans les régions et les départements. Nous sommes très hostiles au fait de perdre notre identité pour aller nous fondre dans une structure d’État. On est certains qu’on perdra notre liberté d’appréciation sur la mise en place des politiques régionales. L’opposition est très majoritaire parmi les personnels de la Cram. Notre crainte est que la Sécu n’aura plus son autonomie ni son mot à dire, car la gestion de la santé sera totalement étatisée. La nouveauté pour nous consiste à proposer des non-remplacements de postes aux hôpitaux qui contractualisent des plans de retour à l’équilibre. La politique des ARS, c’est de continuer cette tendance, de toujours restructurer l’offre de soins. Il est aussi acté que les coopérations seront renforcées entre le privé et le public, notamment pour les urgences. En ce qui concerne la chirurgie, qui est assurée majoritairement par le privé, les services d’hôpitaux publics sont menacés de fermeture parce que le système est organisé de telle manière que les praticiens ont la tentation de partir dans le privé.

« La devise de la direction, c’est “l’équilibre budgétaire” »
Catherine Pierrard, 47 ans, sage-femme à l’hôpital de Lourdes dans les Hautes-Pyrénées (357 lits).
En 2007, on a commencé à nous dire que l’hôpital de Lourdes devait faire des économies. «  Le but de l’hôpital est l’équilibre budgétaire », est devenu la devise de la direction. Depuis, les projets pour réaliser des économies se sont enchaînés. Les plus invraisemblables – par exemple, l’idée de faire conduire les camions des services d’urgence (Smur) par les aides-soignants – ont déclenché des tollés et ont été abandonnés. Reste que 14 lits ont été fermés l’an dernier : la capacité d’hospitalisation en chirurgie a été réduite de moitié, les explorations fonctionnelles de cardiologie sont parties à l’hôpital de Tarbes…

Selon les vœux de l’ARH, le service de réanimation est menacé de disparaître, ce qui condamnerait la maternité – que nous avions déjà sauvée de la fermeture il y a deux ans –, puisque nous n’aurions plus de réanimateur de garde la nuit. Ce serait une catastrophe : des femmes font déjà trois quarts d’heures de route, et certaines accouchent 20 minutes après leur arrivée. La fusion avec l’hôpital de Tarbes, lui aussi en déficit et qui se trouve à une dizaine de kilomètres, va être accélérée par la loi HPST.

« Une prise de contrôle programmée du médico-social »
André Giral, 54 ans, éducateur dans un institut médico-éducatif à Montpellier.
L’institut est géré par une association de parents pour l’enfance inadaptée (Apei) du grand Montpellier, et il chapeaute plusieurs établissements. Il est relativement récent parce qu’il est le produit de la fusion de plusieurs associations, une pratique qui s’accentuera avec les agences régionales de santé (ARS), puisque le secteur médico-social va passer sous la coupe de ces agences. Il y a pourtant un manque de places absolument catastrophique dans certains départements, dans l’Hérault particulièrement. Les services ne suivent pas. On a aussi une déqualification des personnels, un manque de services, des besoins de prise en charge médico-sociale qui ne sont pas couverts. La prise de contrôle programmée par les ARS est destinée à mettre en œuvre des politiques de marchandisation. Les responsables patronaux associatifs me l’ont dit : ils se préparent au choc de la confrontation avec le secteur privé lucratif. On rompt avec une logique d’offre de services médico-sociaux et de santé au profit d’une logique de résultats.

« Les généralistes ne veulent pas s’installer dans des déserts médicaux »
Patrick Dubreil, 43 ans, président du Syndicat de la médecine générale et médecin généraliste à Moisdon-la-Rivière (Loire-Atlantique).
Dans le cas de la médecine de ville, les dépassements d’honoraires seront généralisés, avec l’instauration d’un secteur optionnel. Le gouvernement a également décidé de ne rembourser qu’à hauteur de 30 % les personnes n’ayant pas choisi de médecin traitant. Quant au problème de la liberté d’installation, il n’est en rien réglé par la loi Bachelot. Les jeunes médecins n’ont que faire des incitations financières et des taxations. Ce qu’ils veulent, c’est s’installer dans des zones où les services publics sont toujours présents, où ils peuvent travailler avec un hôpital de proximité qui a des lits d’hospitalisation pour accueillir les malades qu’ils voient en consultation. Pas dans les déserts médicaux qui vont s’étendre à cause de la réorganisation territoriale voulue par Roselyne Bachelot ! Quant à la santé publique, c’est la grande absente de cette loi.

26 Messages de forum

  • J’ai honte d’être français.

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 10:52, par HI

    Les taxes augmentent, les services publics essentiels diminuent. Que va t’il se passer quand on ne pourra plus payer les taxes et plus faire soigner nos enfants correctement ? Est ce que nous ferons bientôt parti du tier monde ?

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 11:12, par ionsplus

    comme d’habitude , l’état se baffre tout azimut pour assurer son train de vie de voyage a l’étranger, faire des chéques partout ailleurs, c bon pour eux, les pauvres d’ici en france ki vive avec 500 euros par mois aprés avoir travaillé toute leur vie et non méme pas la possibilité de se faire soigner correctement,c une honte !

    les réformes, tu parles de réformes ! nous sommes gouverné par une bande d’incapable !

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 11:17, par anto

    on est en train de calquer les states qui n’ont pas de couverture sociale et où les malades meurent dans les couloirs sans que personne ne s’en rende compte ... et dire que le système français était envié par tout le monde avant ... on va droit dans le mur ...

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 11:45, par mauvais Français

    moi aussi j’ai honte d’être Français en 2009 ;mais,je n’ai pas toujours eu honte,bien au contraire. Mais il est impossible de dire certaines vérités,sans passer pour un,raciste un simple d’esprit,un homme qui ne connaît rien à rien,comme des millionsd’autres ....

    pourtant je ne ne suis ni l’un ,ni l’autre et l’on ne m’empêchera pas d’écrire qu’il y à 2 Types de citoyens,ceux qui respectent la FRANCE et les Français DE TOUTES ORIGINES et les autres,qui ne profitent que du système et font des doigts d’honneur à la première catégorie.

    mais il ne faut surtout pas avoir de telles idées. LES Français auraient pourtant tout à gagner à faire un peu de ménage !!!

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 11:55, par Chirugien

    Il y a plus : le fonctionnement de l’hopital public etait assure par des medecins recrutes sur concours : externat ( disparu en 1968) , internat , assistanat-clinicat ( cooptation selective meme si elle etait parfois faussee par nepotisme ),concours de "P.H." . Cela visait à orienter les "meilleurs" vers le service public . Le droit d’afficher sur ses ordonnances , cartes de visite ou meme faire-part le titre de "medecin des Hopitaux " temoignait de la reussite d’une "carriere" . Bien sur , ce systeme avait des defauts ... quel est parfait ? Il est mort . Que nous propose t on ? Le recrutement des medecins par les directeurs !!! Leur competence etant exclusivement financieres , leur choix sera exclusivement comptable . J’ai trop vu de brillants charlatans , trop de gens aux pratiques douteuses , aux titres plutot minces se remplir les poches au detriment de malades abuses par une "pub " habile et de "bons" resultats immediats ... apres on finit par en revenir ... tard , parfois trop tard . Nos directeurs ,courant ves leur sacrosaint "equilibre budgetaire " et depouvus de competence medicale vont à tout coup se precipiter sur ces gens et leur faire des ponts d’or pour "sauver l’hopital " en y entrainant leurs "enormes" clienteles ; car il n’y a plus de "malades" mais des "clients" ; le vocabulaire est revelateur . Exit le Service Public , vive l’Entreprise

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 12:08, par Shekan

    Mélanger santé et argent... on sait très bien ce que ça donne...

    Mais la France bougera t-elle assez pour se défendre ?

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 12:35, par Jeff

    Pas d’argent en France ? On va construire un nouvel hôpital à Gaza, Palestine. Sarkozy a signé un chèque de 400 millions d’euros à fond perdu au Sénégal. 1 milliard par an à la Martinique. 1 milliard par an à la Guadeloupe. 1 milliard par an à la Réunion. 1 milliard par an à la Polynésie. Et je suis sûr, sûr, qu’on nous prend pour des cons et j’en suis certain... tu connais la chanson ?

  • N’imp 12 février 2009 12:40

    Honte d’être français ? Oui, mais pas à cause du gouvernement élu qui tente ce qu’il peut pour rafistoler la barque percée par tant de temps de non gérance et de laisser aller. On ne peut pas réparer ce qui doit l’être sans morfler un peu, et c’est inévitable. Je suis làs de ces zozos qui ne savent que se plaindre alors que réforme ou pas, la France continuera d’être l’exception mondiale, l’excellence santé incontestable.

    Au lieu de braire comme des ânes devant les premiers de couverture de Marianne, allez donc faire un tour à l’étranger savourer le plaisir d’être en France.

    Les français sont des veaux.... gavés au petit lait et ils ne s’en rendent même pas compte, c’est affligeant.

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 12:49, par heny

    Bonjour

    Et actuellement je rois que notre (?) président a totalement pété les plombs, mais c’est nous qui allons payer pour ses incohérences de tout genre.

  • casse toi pauv con

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 13:39, par olivier83

    Attention ne vous méprenez pas !Bien sur bien des services d’urgences pour ne pas dire tous sont surchargés de patients et en déficit de personnel.Mais il en va de même pour différents services de médecine chirugie psychiatrie,etc.Mais il faut avoir l’honnéteté de ne pas occulter le fait que dans tout les hopitaux de France il y pléthore de personnels non-soignant (administratifs,ouvriers).Celà est 1 charge considérable de fonctionnement au détriment du personnel soignant faisant défaut...

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 13:58, par MPFM

    cessons de faire croire qu’un Hôpital ne fonctionne qu’avec le corps médical et le Directeur ! Un jour prochain ils vont se retrouver seuls car toutes les autres catégories de personnel (oubliées) mais essentielles au bon fonctionnement de ces établissements vont définitivement saturer..... aide soignant : 1295 euros par mois secrétaire médicale : 1600 (expérimentée ++) et les brancardiers, les IDE, les femmes de ménage,etc... On sait bien que les métiers de la Santé ne sont pas très rémunérateurs, mais trop c’est trop

  • Mais ou sommes nous ? Je croyais que notre histoire avez fait de nous ce que nous sommes....Ais-je raté un wagon ? On peut s’élever dans une discutions, et faire connaître son mécontentement face à un discourt, mais de la à dire :"J’ai honte d’être Français"pardonnez-moi mais, je ne comprends pas !

    Alors, en résumé, sitôt qu’une décision est prise (bonne ou mauvaise) on est "content" ou on est "honteux"...d’être français ? Bien pour ma part sachez que moi aussi j’ai honte que vous soyez Français ! Il ne faut pas simplifier, entre une réaction face à un projet et un état d’esprit ! De plus, vous ne répondez pas à la question :"Que pensez-vous de ce projet de loi ?" et avez confondu avec la question "Comment jugez-vous ce projet de loi ?".

    Je pense que pour que les choses avancent, ils faut émettre des opinions argumentées, plutôt que de se limiter à dire "j’ai honte...."ou autre choses... Personnellement, je pense qu’il ne faut pas mélanger Santé et Argent. Nous sommes les leader mondiaux en terme de santé et de recherche. Problème : QUI FINANCE ? Bien , nous devons tous continuer à le faire... Je suis rarement malade, et je n’empêche personne de ce soigner au contraire (je l’y encourage). Une personne en bonne santé est une personne rentable (puisqu’elle est active, travaille et cotise et ne coûte rien à la sécu). Je pense pour conclure, que si au lieu de chercher sans cesse le mal, on réfléchissait, de façon posé, à un moyen objectif et optimiste de trouver une solution...alors nous progresserons. Signé : monsieur tout le monde

  • Quand des gens se battent depuis des lustres pour de bonnes choses avec pas grand chose et que des incompetents pleins les fouilles cassent tout pour assouvir quelques petites personnes, ca me fout en rogne. C’est pire ailleurs, certes mais ca peut toujours etre mieux surtout quand on parle de la sante des gens.

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 14:34, par moselle

    voici un bel exercice d’instruction totalement à charge contre un projet qui tente de remédier à certains problèmes de notre système de soins.L’auteur de cet article semble être, à priori," contre tout ce qui est pour"S’il est aussi efficace que péremptoire,qu’attend-il pour proposer ses idées au ministère de la santé pour le plus grand profit de tous ?

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 14:46, par Charlubert

    Pour avoir travaillé 40 ans dans un hôpital, ce n’est pas d’aujourd’hui que le service santé se dégrade : les gouvernements précédents de droite comme de gauche ont tous eu leur part de responsabilité. Notre ministre de la santé actuelle ne fait que donner le coup de grâce. Quelqu’un a dit : "J’ai honte d’être français", moi je dirais : "j’ai peur de tomber malade".

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 14:49, par Janine Thombrau

    Pour en savoir un peu plus...

    CE SOIR "Dans le secret de l’accès aux soins en danger" Un film de Jacques COTTA et Pascal MARTIN : Sur France 2 Le jeudi 12 Février A 22 h.40 Durée : 56 minutes

    Les réalisateurs de "L’accès aux soins en danger", Jacques Cotta et Pascal Martin confrontent les propos des décideurs politiques en matière de santé à ceux des malades, du corps médical et d’économistes spécialistes des services de santé. Le principal intérêt du documentaire est sans doute de donner la parole à des patients anonymes qui confient leur détresse, leurs choix dramatiques entre se loger, se nourrir ou se soigner. Or, à choisir, beaucoup préfèrent renoncer aux traitements, faute de moyens. Dans ce paysage, l’avenir des hôpitaux, les risques liés à autonomie de gestion sont abordés. Le côté explosif du documentaire est de tenter de démontrer que les réformes en cours visent à assurer le transfert complet, vers le secteur marchand, des soins « rentables » ou « achetables » et à maintenir un service minimum pour les soins « invendables » ou « non rentables ». La loi « Hôpital patients santé territoires » encourage en effet les hôpitaux à se regrouper dans des « communautés hospitalières de territoire ». Chaque hôpital devra passer un contrat d’objectifs et de moyens pluriannuel avec l’agence régionale de santé, le directeur de l’ARS assignant des objectifs précis au directeur d’établissement. Les pouvoirs du directeur d’hôpital seront renforcés : il présidera un directoire « resserré », le conseil d’administration étant remplacé par un conseil de surveillance. Le texte prévoit un nouveau statut contractuel (avec une part variable) pour attirer les médecins vers l’hôpital, et des mesures d’intéressement pour les salariés. Dans un contexte de montée en puissance d’une crise économique majeure, le documentaire a pour principal mérite de poser un débat qui n’a rien de théorique. Une enquête du Secours populaire fait apparaître un recul important de l’accès aux soins pour près de 40% des Français au cours du dernier semestre 2008.

    Attention ce film retiendra votre attention ... A ne pas manquer, si vous ne voulez pas perdre la santé !!!

    Voir en ligne : Ce soir : "L’accès aux soins en danger" sur France 2

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 14:55, par Ty

    5 experts ? C’est plutôt un micro trottoir. Par ailleurs, ce serait bien de préciser la tendance politique du syndicat de médecins interviewé.

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 15:00, par La Papesse

    Le monde change, il est inutile de rester sur le quai en ressassant sur ce qui était. Force est de s’adapter à cet univers de plus en plus marqué par l’argent et le profit. L’hôpital est dans l’obligation de muter pour survivre (et pour que l’on continue à bénéficier des soins de qualité) Est-ce utile ? Oui et surtout dans les cas ou la gestion est négligée ou pas adaptée ; d’où la nécessité d’un directeur habile avec les chiffres. Un vrai « patron » qui établira un vrai budget et évitera les « flous » comptable, et les pertes d’argent. Les perspectives de fermetures de lits, de services seront parfois nécessaires…pour la réorganisation du plan hospitalier de certaines région et permettre d’implanter d’autres spécialités… Tout cela est difficile pour celles et ceux qui doivent parfois faire des kilomètres, mais qui dit que cela ne sera pas un plus ?

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 15:24, par moselle

    Remarque à chirurgien. On peut partager,globalement , votre analyse. Pourquoi pas ? On ne peut partager votre avis sur le caractère révélateur du terme client. On a le choix entre plusieurs termes : patient : c’est celui qui endure ( un soin ou une torture) malade : toute personne qui a recours à un médecin n’est pas malade. client:personne protégée (autrefois par un seigneur ; plus tard par un médecin.) Il s’agit donc d’un terme tout à fait honorable et ce serait un contre sens de vouloir le faire dériver de clientèle (sur un plan commercial) Il me semble que le Conseil de ’Ordre des Médecins a toujours défendu l’utilisation de ce terme

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 15:35, par sauréaide

    bienvenue dans le vrai monde de la santé : cela fait trois ans que mon Hôpital perd des lits de réa par manque de personnel IDE qualifié. nous avons fermé 14 lits de réa tout ça parce que nos conditions de travail sont déplorables et que nous ne restons pas. on est pas des bonnes soeurs : marre des conditions de travail de merde pour un salaire de merde pour se faire prendre pour des cons. on veut s’occuper correctement de nos patients, pas faire de l’abattage !

    aujourd’hui du fait de ces fermetures de lits de réa (qui ne sont qu’un symptôme de la désaffection du personnel soignant pour l’institution qui se fout de sa gueule !) DES GENS MEURENT DANS LES SERVICES D’ACCUEIL DES URGENCES, on intube et on ventile dans les box des urgences. non mais on va où ?

    notre ministre de la santé bien aimée, malgré ses magnifiques croc’s rose, ignore (sciemment ?) l’ampleur du problème. remarquez elle s’en fiche : elle doit être soignée au val-de-grâce.

    si vous voulez un service public de qualité il faut du personnel qualifié et payé en conséquence. il faut arrêter la gabegie de surcoûts engendrées par les restructurations que nous subissons depuis des années sans rien dire. je n’évoque même les aberrations et gaspillages quotidiens fait parce que "il ya un budget"

    dans mon hôpital, quand il y a un problème on ajoute un cadre !!! pas un médecin, pas une infirmière, pas une aide-soignante : un cadre.

    l’hôpital sera géré par des grattes-papiers qui font des stats, le public subira de plein fouet le no man’s land sanitaire qui pointe son nez et pas seulement dans les campagnes : mon hôpital est dans une très grande agglomération. il n’y a pas avoir honte d’être français ou de quoi que ce soit : le pulic a besoin d’être soigné, il doit se lever et dire non ! tous dans la rue contre cette réforme de merde.

  • Je pense qu’il est très utile d’évoquer cette réforme demander par Mr EVAIN en son temps .La communautée de territoire permetra d’éviter comme en Mayenne une redondance des fronts de garde X 3 en general pour une activité qui devrait etre centralisée sur LAVAL .Ce qui eviterait d’avoir 19 noms différent de remplaçant pour effectuer le mois de Janvier pour un de ses hopitaux à 630 euros net par jour plus 1/2 x630euros si garde de nuit.L’Hopital public n’est pas une vache à lait et devrait profiter aux personnels para et médicaux pour améliorer leurs conditions d’exercice quotidien et le meilleur soins aux patients.J’ai entendu que cette loi était entreprise pour diminuer le nombre des administratifs ;je le souhaite ;mais pour redonner des moyens aux soignants.

  • La loi qui va mettre à mal votre santé 12 février 2009 16:30, par zen 123

    Il n’y a pas si longtemps, les médecins généralistes assuraient des GARDES de NUIT, les centres hospitaliers offraient un Service d’Urgence pour les cas graves ou jugés comme tels. Puis la facilité s’est installée. Moins de gardes au vu d’une "rentabilité" discutable. Nous voilà déjà dans cette notion-là. Conséquence : des services d’urgence dépassés, à la recherche obligatoire de moyens supplémentaires. Il n’y a pas si longtemps, un "M.G." savait recoudre, plâtrer, panser, parfois radiographier ou radioscoper. Aujourd’hui, c’est l’hôpital et les urgences. La profession n’a pas su se réformer elle-même, adossée à une formidable vache à lait. "Pourvu que ça dure" a longtemps été le leitmotiv. La profession n’a pas su gérer non plus et pour cause l’installation des M.G. saturant les villes et désertant les campagnes. J’ai connu de jeunes généralistes smicards. On comprend plus facilement les A.T. sans fin, les ordonnances à rallonge, etc...On apprenait l’art du diagnostic empirique, aujourd’hui on ne pratique que la technicité et l’interprétation des analyses. On ne peut pas sans cesse réclamer toujours plus à l’Etat (nous) sans que l’Etat ne se manisfeste. On peut contester la qualité des intervenants étatiques ou politiques mais il faut alors avoir ses propres experts, reconnaître ses errances quand il y en a, et rétablir un rapport plus juste, plus vrai, plus réaliste entre dépense et santé.

  • Je suis infirmiere et je vous assure que les conditions de travail se dégradent de jours en jours.Moins de personnel , parfois on se retrouve une inf pour 28 patients dans un service de pneumologie !La qualité des soins s en ressent nous sommes partout et nulle part a la fois, les gens se plaignent car nous ne sommes pas assez presentes mais comment faire ?J adore mon metier mais je n ai vraiment plus l impression de l exercer correctement. La prise en charge des patients se dégrade et qu on ne me parle pas d organisation ! il faudrait se cloner a chaque poste, c est lamentable et honteux !!!!!!

  • La seule question qui vaille actuellement :

    A QUI PROFITE CE CRIME D’ETAT ,

    Ouvrez l’oeil, braves gens, et le bon...

    Ne vous découragez pas, soyez lucides et

    Demandons à POLITIS d’appliquer, si possible, les thèses de Claude Julien, ce grand journaliste qui selon sa réflexion sur le "Devoir d’irrespect" savait éclairer les français...

    Voir en ligne : devoir d’irrespect des journalistes


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