Prétendant que la "modernité" est de son côté, une partie importante de la direction du PC, lourdement appuyée par le quotidien l’Humanité, s’apprête à créer un "parti de la transformation sociale" en tentant au passage un holdup sur le patrimoine du PCF qui serait dissout dans cette "nouvelle force".
En fait de modernité, cette direction veut surtout s’inscrire dans la continuité. Celle d’une stratégie électoraliste à court terme, fondée sur une alliance avec le PS... stratégie qui nous a menés là où nous sommes.
Et pour les municipales 2008, on remet le couvert : liste communes avec le PS, et dès le premier tour s’il vous plaît ! On continue comme si de rien n’était. A l’heure où la survie du parti est en jeu, la base militante a-t-elle été démocratiquement consultée sur cette option stratégique fondamentale, mortelle même ? Vous rigolez !
Le PS est devenu un parti capitaliste, résolument converti aux thèses dominantes du néolibéralisme, mâtinées de bons sentiments caritatifs. Depuis 30 ans, le PCF crève de n’avoir pas marqué sa différence, en portant un projet radicalement anticapitaliste, d’avoir cherché avant toutes choses à gagner ou conserver quelques élus en acceptant le rôle de pseudo-aiguillon, ou plutôt d’alibi gauchiste du PS.
Ce n’est pas le vote utile qui nous a tués, c’est plutôt que le vote communiste est devenu un vote inutile !
Effectivement, la continuité de cette stratégie va nous achever, ouvrant la voie à la création d’un PS "de gauche" dans lequel certains de nos élus et dirigeants pourront se réfugier et retrouver des places.
Par avance et structurellement prêt à toutes les compromissions, ce nouveau parti de la transformation sociale rejoindra la cohorte des partis socio-démocrates européens : le capitalisme peut dormir tranquille, le peuple peut souffrir et se résigner, avec eux notre idéal restera pour l’instant encore un godemichet intellectuel pour penseurs engagés.
Effectivement, comme l’explique mon camarade David, il existe une voie étroite entre une recomposition politicarde à courte vue et un repli identitaire passéiste. Une voie qui passe d’abord et avant tout par un renforcement idéologique, par l’affirmation d’un projet politique clair, par une redéfinition des pratiques d’exercice du pouvoir, par la mise en cohérence du rôle des élus dans ce projet politique, et par une stratégie tournée vers l’action et la transformation tout de suite des rapports sociaux (comme nous avons commencé à l’esquisser dans ce premier document)... Une voie qui peut nous mener à terme à une recomposition et une remobilisation du camp anticapitaliste.
Mais je commence à douter sérieusement que le PC tel qu’il est aujourd’hui puisse emprunter cette voie. Je suis attaché à un idéal, à un projet politique, pas à une structure qui n’est pas une fin en soi. Alors si cette structure traverse ce congrès 2007 et ces municipales 2008 comme on peut le craindre, il faudra bien prendre acte de la fin d’une séquence, de la fin du PCF, et emprunter cette voie étroite de la construction d’une alternative au capitalisme sur des bases nouvelles.
Voir en ligne : Alter-Politique