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Par Claude-Marie Vadrot - 30 décembre 2009

De la stupidité écologique : de Sarkozy à Jean-Marc Ayrault en passant par le boom des ventes de voitures et le Paris-Dakar en Argentine

Oublié le Grenelle de l’environnement déjà si piteux dans ses résultats, oubliées les vertueuses déclarations de Copenhague qui n’engageaient d’ailleurs que ceux qui les écoutaient : pendant deux jours le gouvernement et la plupart des médias ont célébré les ventes records de voitures. Ventes dont l’augmentation tend à prouver que la « prise de conscience écologique » des Français n’est pas encore vraiment au point. Célébration, donc, de la vente de 2 250 000 bagnoles sans le moindre recul, sans la moindre réflexion, sans l’amorce d’un calcul écologique, social ou économique.

Ce « record » signifie qu’ont été délibérément sacrifiés un peu plus de 2 millions de voitures qui auraient encore pu rouler. Les pollutions qu’elles émettaient peut-être en raison de leur vétusté auraient été largement inférieures au gaspillage que représente la fabrication des véhicules neufs qui les ont remplacés.

De plus, 80 % de ces véhicules ont été construites à l’étranger. Il a donc fallu gaspiller de l’énergie pour transporter ces voitures en France sans que l’emploi en France n’en soit amélioré.

Ce n’est évidemment pas en stimulant ou en entretenant artificiellement la fabrication des voitures, en France, en Roumanie ou en Slovaquie que les pouvoirs publics résoudront la question du chômage. Illusion pourtant partagée entre la majorité, l’opposition et la plupart des syndicats. Il ne s’agit pas de se réjouir de la perte de milliers d’emplois mais de s’interroger sur l’urgence de transformer les « emplois voitures » promis à une disparition progressive inéluctable en « emplois transports collectifs ». Mais encore faudrait-il que les partis politiques et le gouvernement n’entretiennent pas la mythologie de la voiture. Par exemple, s’agissant du gouvernement, en finançant discrètement en partie l’organisation du Paris-Dakar en Argentine qui ne comporte, c’est encourageant, qu’un peu plus de 300 concurrents contre 500 l’année dernière. Une somme évidemment inférieure à ce qu’a coûté le financement étatique de l’encouragement de l’achat de bagnoles : 575 millions d’euros. Je laisse à l’imagination du lecteur tout ce que l’on aurait pu faire avec une telle somme. L’écologie selon Sarkozy ressemble à une escroquerie permanente, entre communication et fausses bonnes idées.

C’est exactement ce qu’a pensé le Conseil Constitutionnel qui a balayé la taxe carbone du président en expliquant qu’elle contrevenait au principe d’égalité devant le loi puisque qu’un peu plus d’un millier de sites industriels, les gros agriculteurs et tout le transport routier avait été gentiment exonéré par les parlementaires de la majorité. Sans oublier le gaz et l’électricité. Le fameux « chèque vert » n’a pas fait illusion puisqu’à ce geste démagogique il aurait suffit d’instaurer des exonérations liées aux revenus les plus modestes, ce qu’avait discrètement fait savoir des membres du Conseil constitutionnel avant de se fâcher.

Après le bide sarkozien de Copenhague, l’image écolo du président est définitivement en berne. Sauf auprès de la France des amateurs de voitures et de gaspillages qui restent persuadés que la taxe carbone ne sert rien, qu’elle n’est qu’un impôt de plus. Comme si il était possible de sauver la planète avec des mots, des discours et des bonnes intentions alors qu’il s’agit bien de réduire nos gaspillages d’énergie, réduction qui ne peut passer que par une incitation financière concernant d’abord les grands pollueurs et appliquée à la production sans droit de la répercuter sur les consommateurs, comme déjà expliqué sur ce site.

Il n’est pas sur, d’ailleurs, que la gauche ait compris cela puisque ses représentants sont finalement surpris d’une décision du Conseil Constitutionnel qu’ils n’avaient pas demandé puisque les députés socialistes n’avaient présenté leur recours que « pour la forme ». Comme quoi la stupidité écologique de la droite est égalée par celle de la gauche. Il est vrai que le chef des parlementaires socialistes n’est autre que Jean-Marc Ayrault, l’homme qui s’obstine à vouloir faire virer des dizaines d’agriculteurs prés de Nantes pour y installer son énorme aéroport.

D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si le décision du Conseil constitutionnel n’a été commenté que par des journalistes politiques décrivant une lutte ancestrale entre son président Jean-Louis Debré, ami de Chirac et Nicolas Sarkozy. Alors qu’évidemment le sujet est avant tout social et écologique.

A tous il faut rappeler le slogan des manifestants de Copenhague : il n’y a pas de planète B !

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Commentaires de forum
  • Alors, M. le défenseur de la taxe carbone, vous êtes triste ? Depuis le temps qu’on vous disait que c’était un impôt sur les pauvres ! On s’aperçoit aujourd’hui que les plus gros pollueurs auraient échappé à cette taxe. Reconnaissez votre erreur, M. Vadrot, vous qui vous dites homme de gauche. On ne vous demande pas de vous mettre à genoux.

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  • Starfox 6 janvier 2010 à 03:09

    M.Vadrot, vous dissertez en oubliant le sujet originel : est-on certain que le réchauffement climatique procède de la variation du taux de CO2 dans l’atmosphère ?

    La réponse est, vous l’aurez compris, non.

    Mon propos est donc de dire qu’au lieu de s’acharner sur les pauvres cons qui achètent des voitures (est-il bien nécessaire de rappeler le poids de l’industrie automobile en France ?), il faudrait avant tout se questionner sur le bien-fondé de cette fameuse taxe, pardon, contribution climat-énergie.

    Car, et Al Gore le montre lui-même dans son désormais célèbre film, les variations de température précèdent les variations du taux de CO2 dans l’atmosphère, et non l’inverse ! Ensuite, il faut bien avoir conscience que le "climat" s’envisage sur de longues périodes, très longues périodes. Sans quoi, en regardant par la lorgnette de l’année 2008, je pourrais sans peine vous dire que la planète ne se réchauffe plus, voire se refroidit !

    En revanche, je suis en partie en accord avec vous concernant la prime à la casse, à la fois parce que, effectivement, elle a contribué à l’envoi à la casse de véhicules, soit de valeur, soit faiblement polluants ; ensuite parce qu’elle a favorisé l’achat de voitures à faible marge et produites à l’étranger, et finalement, parce qu’en faisant abstraction des effets d’annonce, on constate qu’elle a uniquement permis de vendre par avance.

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  • Claude-Marie Vadrot 6 janvier 2010 à 09:30

    Si vous aviez lu attentivement, sans oeillère, sans parti-pris mon article, vous vous souviendriez que c’est exactement ce que j’écrivais en étant pour une taxe carbone et surtout pour une taxe carbone appliquée aux industriels gaspilleurs sans droit de la répercuter sur les consommateurs. Et, oui ; je reste partisan d’une taxe carbone appliquée à tous et modulable selon les revenus. Nul n’est innocent du réchauffement climatique.

    Ce qui me satisfait dans la décision du Conseil constitutionnel c’est de constater que c’est la "bombe" laissée par Chirac dans la constitution (principe de précaution) qui a été utilisée par le Conseil constitutionnel demander un autre texte.

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  • Gilbert 8 janvier 2010 à 01:27

    Pour vous avoir bien lu, et surtout sur les forums, je me souviens surtout, M. Vadrot, que tout le monde, y compris chez vos amis de la rédaction de Politis, vous prévenait qu’une taxe carbone version Sarkozy ne pouvait avoir que l’aspect qu’on lui reproche aujourd’hui : taper les pauvres et exonérer ceux qu’il faudrait taxer. Mais vous n’en aviez cure, montrant par votre obstination que :

    1) soit vous êtes un gros naïf en politique (à votre âge, M. Vadrot, vous n’avez donc rien appris ?)

    2) soit que vous étiez d’accord avec la politique anti-sociale de Sarkozy et donc de droite, comme je vous le reprochais (moi et d’autres) à l’époque.

    Aujourd’hui, vous faites semblant de découvrir la lune. C’est si difficile d’admettre que vous vous êtes trompé ?

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  • 8 janvier 2010 à 23:40

    Il est vrai que le chef des parlementaires socialistes n’est autre que Jean-Marc Ayrault, l’homme qui s’obstine à vouloir faire virer des dizaines d’agriculteurs prés de Nantes pour y installer son énorme aéroport.

    oui, mais il veut aussi en détruire un autre depuis plus de 30 ans pour y mettre des logements ou des champs à la place qui pourrait créer de l’emploi pour une centaine de personnes pendant plusieurs années.

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  • Claude-Marie Vadrot 9 janvier 2010 à 00:16

    Question à 1 million d’euros : Nantes a-t-elle besoin d’un aéroport ou d’agriculteurs de proximité ?

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