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Le Front de gauche, combien de divisions ?

jeudi 5 mars 2009, par Denis Sieffert


Où en est-on à gauche de la gauche ? Comme le lecteur l’apprendra en se reportant un peu plus loin dans ce journal, les jours prochains seront décisifs. Que cela ne nous empêche pas de dire ici nos espérances et nos craintes. La langue française est ainsi faite que les unes et les autres tiennent dans la même interrogation : le Front de gauche, combien de divisions ? Autant dire que, pour une fois, c’est l’acception militaire qui aurait notre préférence… On connaît le champ de bataille : ce sont les élections européennes du mois de juin prochain. On connaît l’enjeu : la présence du « non de gauche » au Parlement européen. La présence de députés hostiles au traité de Lisbonne, et partisans d’une autre Europe démocratique, écologiste et sociale. Mais, au-delà, il en va de toute une dynamique qui pourrait aboutir à une recomposition du paysage politique à gauche. C’est donc un enjeu doublement démocratique. Qui comprendrait que cette partie de l’opinion française qui fut majoritaire lors du référendum européen de 2005 ne soit pas représentée à Strasbourg ? On peut aussi poser le problème différemment. Il s’agit de la représentation politique de l’immense majorité de ceux qui ont manifesté dans les rues de nos villes le 29 janvier, et qui s’apprêtent à recommencer le 19 mars prochain.

Peut-on imaginer un tel divorce entre les parlementaires, fussent-ils en l’occurrence européens, et la rue ? Inutile donc d’insister : les enjeux sont considérables. Pour notre part, au mois de mai dernier, nous nous sommes engagés avec l’Appel de Politis dans la voie de l’unité (Nous tiendrons un bureau d’animation de l’Appel le 28 mars à Politis.). Au long cours, avec un travail de convergence sur les idées ; et à échéance rapprochée, pour des listes unitaires aux européennes. Nous avons pu vérifier depuis dix mois combien cette démarche unitaire correspondait à l’aspiration de nombre de nos concitoyens. Où en sommes-nous aujourd’hui, en tout cas à horizon visible, c’est-à-dire dans la perspective des européennes ? Il apparaît assez clairement, à moins d’être obtus, que le Nouveau Parti anticapitaliste agit en fonction d’un autre agenda qui lui est propre. Ce choix peut se lire de plusieurs façons. Le NPA considère-t-il qu’il dispose du meilleur candidat pour la présidentielle, et qu’en attendant il s’agit de faire grossir les rangs de son mouvement ? Ou qu’il doit créer avec ses futurs partenaires un rapport de forces qui lui sera totalement favorable ? Ou encore que les joutes électorales ne sont pas si importantes, et que l’essentiel se joue ailleurs ? Après tout, ce qui se passe aux Antilles et se prépare peut-être pour le 19 mars peut légitimer ce point de vue. Quoi qu’il en soit, il y a peu de chances de voir à brève échéance le NPA rallier un front de gauche.

Et pourtant ce Front existe, Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon en sont convaincus. Le PCF et le Parti de gauche (PG) sont d’ailleurs engagés dans une série de meetings en commun. Après Frontignan et Marseille, ils font escale ce dimanche au Zénith, à Paris. Le dynamisme et la force de conviction de Mélenchon font à chaque fois merveille. Bien entendu, le leader du PG et les responsables communistes multiplient les déclarations pour nous convaincre que la porte est grande ouverte à un élargissement du Front. À qui ? Au NPA, si celui-ci change d’avis. Aux Alternatifs, qui représentent pour nous une famille importante, moins par leurs effectifs (mais on ne voudrait pas les désobliger) que par leur apport déjà très ancien au débat, à la croisée du social et de l’écologie. Ce point de rencontre qui est le berceau même de Politis. Aux Collectifs antilibéraux, issus de la dernière présidentielle, et qui correspondent aussi à des sensibilités et surtout à des formes d’organisation nouvelles, et à une force réelle. Tous ces courants, et quelques autres, dont la gauche des Verts (Écosolidaires et Alter Ekolo) et l’association des Communistes unitaires, ont constitué au mois de décembre une Fédération. Or, celle-ci, c’est le moins que l’on puisse dire, peine à se faire reconnaître, notamment du PCF. Dans l’entourage de Marie-George Buffet, on n’apprécie guère d’avoir à négocier avec des communistes qui revendiquent une double appartenance. Et pourtant cette complexité reflète assez bien les évolutions et les débats d’aujourd’hui, y compris sur les formes mêmes d’organisation. La direction du PCF décidera-t-elle de passer outre, au nom de la nécessaire unité, et de l’intégration dans le futur processus de femmes et d’hommes de valeur ? Ou bien campera-t-elle sur ses positions ? Notre souhait est connu. Mais nous ne sommes ni des donneurs de leçons ni des conseilleurs. Tout au plus peut-on espérer que chacun prenne la mesure des enjeux évoqués plus haut. Évidemment, on peut toujours s’en tirer en affirmant que la mobilisation ne dépend pas d’alliances « au sommet ». Mais nul n’ignore que la mobilisation n’est jamais indifférente à l’offre, et que l’unité est, selon la formule, un « puissant levier ». La question reste donc entière : le Front de gauche, combien de divisions ?

P.-S. : Politis lance cette semaine une campagne d’abonnements d’un type nouveau. La campagne du « double engagement ». Chaque fois qu’un abonnement nous parviendra, nous reverserons cinq euros à l’association Droit au logement (DAL), qui en a grand besoin pour aider les familles qui campent toujours rue de la Banque. Quant à nous, nous avons toujours l’ambition de diffuser plus largement nos idées. Après le DAL, nous envisageons d’autres partenariats avec des associations qui attendent notre solidarité. Lectrices et lecteurs, montrez-nous que cette campagne du double engagement vous intéresse.

17 Messages de forum

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 5 mars 2009 09:20, par Michel GROS

    Cher Monsieur Sieffert,

    Quand la politique ne sera plus une affaire de boutiquiers la légitimité de vos interrogations trouvera sans doute quelque écho. Pour l’heure, l’alliance sous l’appelation "Front de Gauche" renvoie à une comptabilité qui manque d’une cohérence de la négation et d’une "vision du monde". Celles que le "non" au TCE n’a pas su trouver parce qu’elles n’y étaient pas contenues. Des collections de pourcentages ne font pas la politique. Surtout quand elles additionnent des positions aussi rétrogrades que celles du PC actuel et celles d’un PG qui ne tient que par la gouaille de son leader auto-proclamé. Vous feignez de ne pas comprendre, depuis votre "appel", la démarche du NPA, sans oser dire au fond que vous ne la souhaitez pas tant vous la suspectez d’être une forme réadaptée du trotskisme pour lequel vous avez quelques réserves. Je pense, et c’est peut-être pire, qu’il ne s’agit même plus de différenciations idéologiques qui pourraient être soumises au débat, mais d’un vieillissement des déterminations où le mot de "révolte" doit être évacué, la fatigue aidant, de la boite à outils d’une gauche globalement résignée aux modèles dominants. La démarche constitutive du NPA est exemplaire, hyper démocratique (contrairement au coup de force de Christian Piquet lors du congrès), ouverte. Elle donne à voir une méthode dont un "monde nouveau" pourrait se satisfaire contrairement à tous les centralismes et cultures du chef dont nous gavent les tenants d’un front national de gauche.

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 5 mars 2009 10:30, par Jean-Robert Velveth

    Il n’est peut-être pas inutile que vos lecteurs électroniques connaissent la position REELLE du NPA et ne soit pas l’objet de censure par Politis depuis des mois.

    Élections européennes : le NPA réaffirme ses propositions unitaires

    Conformément à la résolution votée à une très large majorité au congrès national de fondation, le NPA renouvelle sa proposition d’alliance unitaire pour les élections européennes de juin prochain, sur la base d’un programme anticapitaliste, affichant le refus de voir les travailleurs et la population de toute l’Europe payer une crise dont ils ne sont pas responsables et défendant des mesures sociales et écologiques qui leur soient favorables. Dès le lendemain de son congrès, le NPA a notamment demandé à rencontrer LO, le PCF, le Parti de Gauche, les Alternatifs, la Fédération... La discussion se poursuit avec les Alternatifs. LO a annoncé ses candidats sans discussion avec le NPA. Alors que les discussions ne sont pas achevées, le PG et le PCF lancent unilatéralement, sous le sigle "front de gauche", leur campagne au Zénith dimanche en annonçant des têtes de listes dans la majorité des régions et en indiquant que des places seraient réservées à d’autres éventuels partenaires, comme le MRC de Chevènement. Qui veut réellement l’unité sait bien que ce n’est pas une bonne méthode pour y parvenir. Nous avons rencontré lundi 2 mars une délégation du PG et du PCF, rencontre à laquelle nous avons renouvelé cette offre d’alliance unitaire durable pour la séquence électorale à venir, européennes et régionales (et même au-delà), en toute indépendance du PS. Cette proposition ne convient pas aux dirigeants du PCF et du PG. Se rassembler simplement sur la base du rejet des traités européens est en deçà des exigences radicales qu’il faut affirmer dans les luttes comme dans les élections. Le premier conseil politique national du NPA, qui va se dérouler samedi et dimanche, a inscrit la discussion sur les européennes à son ordre du jour. Il fera le point sur la situation. L’exécutif du NPA, Le 4 mars 2009


  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 5 mars 2009 11:34, par Coquelicot

    Front de gauche et front durable : entretien avec Christian Picquet

    Européennes. Christian Picquet, militant du NPA, animateur de l’association Unir, qui défend des listes unitaires aux européennes, met en garde son parti contre une attitude étroite au scrutin du 7 juin prochain. .

    Ancien membre du bureau politique de l’ex-LCR, Christian Picquet a été « éliminé », ainsi que d’autres militants, de la direction du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) d’Olivier Besancenot. Il est l’un des animateurs de l’association Unir, qui a toujours défendu l’idée d’un large rassemblement de la « gauche de la gauche » afin de rompre l’hégémonie de la social-démocratie au sein de la gauche française. En ce sens, le militant du NPA appelle son parti à accepter la proposition d’entrer au Front de gauche en vue des élections européennes du 7 juin prochain. Une main tendue pour l’instant refusée.

    Une majorité des participants au congrès fondateur du NPA, les 6, 7 et 8 février 2009, ont rejeté le texte présenté par la sensibilité se déclarant en faveur des listes unitaires. Mais 16 % des délégués, soit un sur six, l’avaient voté. Dans l’entretien que nous publions, Christian Picquet soutient que rien n’est joué au sein de sa formation Il se dit prêt à prendre ses responsabilités si le NPA persiste à commettre « un faux pas irrémédiable ». Entretien.

    Pourquoi êtes-vous favorable à l’engagement dans le Front de gauche ?

    Christian Picquet. L’unité des forces de la gauche de la gauche est indispensable au moment où le capitalisme connaît une crise historique et où nous subissons une offensive sans précédent de la droite sarkozyenne et du patronat pour détruire un siècle de conquêtes sociales et démocratiques. Parallèlement, nous sommes confrontés à une colère sociale qui met la société française au bord de l’explosion, on en voit les prémices en Guadeloupe et en Martinique. Nous sommes enfin devant une crise majeure de la construction libérale de l’Europe au sein de laquelle plus personne ne peut prétendre que l’autorégulation des marchés, la « concurrence non faussée » ou l’indépendance de la Banque centrale peuvent apporter quoi que ce soit aux peuples. Cette situation appelle une réponse politique audible et crédible, à travers laquelle des millions de citoyens pourront à la fois sanctionner la droite autant que les politiques libérales, et exprimer leur aspiration à une autre politique, anticapitaliste. Je constate qu’il n’existe qu’une seule proposition répondant à cette exigence : le Front de gauche. Lui seul peut rassembler, sans exclusive et à égalité, toutes les forces pouvant se retrouver sur un contenu de rupture. Cet engagement est-il aussi celui d’autres militants du NPA ?

    Christian Picquet. Au-delà de l’association Unir existe une sensibilité de militants du NPA qui se sont prononcés pour l’unité de la gauche de transformation aux élections européennes. Un délégué sur six a opté, lors du congrès fondateur de février, pour l’unité des forces de la gauche de gauche au scrutin européen. Dans cette sensibilité se retrouvent des adhérents appartenant au courant minoritaire Unir de l’ex-LCR comme des militants provenant d’autres traditions qui se sont engagés dans le NPA en prenant au sérieux la promesse d’un renouvellement des pratiques politiques et la volonté d’ouverture. Le NPA étant une formation jeune, au sein de laquelle n’existe pas encore de tendance déclarée, je ne peux parler au nom de tous ceux qui ont voté la proposition favorable à l’unité. Mais, si la majorité de la direction du parti persistait dans une orientation de fermeture, chacun devra en tirer les conséquences et prendre ses responsabilités. Je veux redire ici que le NPA ne doit pas commettre un faux pas irrémédiable consistant à refuser la main tendue par le Parti communiste et le Parti de gauche. L’unité est parfaitement possible aujourd’hui, dans un Front de gauche où chacun, sans renier ses propositions et ses spécificités, pourrait défendre une plate-forme commune de nature à offrir un début de réponse politique à des défis véritablement historiques.

    Pourquoi, selon vous, le NPA est-il tenté de faire cavalier seul ?

    Christian Picquet. La sortie du nucléaire et la durabilité du Front de gauche sont les deux points conditionnant officiellement la participation du NPA. Or, en son temps, la LCR n’a jamais demandé à Lutte ouvrière de revenir sur ses positions concernant le nucléaire pour conclure avec elle des alliances électorales. Cet argument me semble donc de pure circonstance. Le second, plus substantiel, consiste à exiger un front durable pour toutes les échéances jusqu’en 2012. Moi aussi je souhaite un front durable, dans les mobilisations comme dans les élections. Mais pour qu’il devienne possible il vaut mieux ne pas louper la première marche. C’est pourquoi cette exigence me paraît relever d’un mauvais prétexte. Je crains, en réalité, que mes camarades ne s’enferment dans une illusion calamiteuse leur laissant croire que l’écho dont dispose actuellement le NPA comme la popularité d’Olivier Besancenot suffisent à faire une alternative politique.

    Vous estimez que cette stratégie n’infléchira pas le rapport de forces au sein de la gauche ?

    Christian Picquet. Le Nouveau Parti anticapitaliste a certes triplé ses effectifs par rapport à l’ex-LCR. Mais, avec 9 000 adhérents, nous sommes encore loin d’une formation de masse. Et même si, en juin, le NPA devançait les autres listes de la gauche de gauche, pronostic des plus aléatoires, en quoi cela changerait-il la donne en France ? Nous en resterions à une compétition de nains politiques, à la gauche d’un Parti socialiste irréversiblement enfermé dans son orientation sociale-libérale. Si l’on veut redistribuer fondamentalement les cartes au sein de la gauche, permettre à une politique antilibérale et anticapitaliste d’y devenir majoritaire, par conséquent changer en son sein les termes du débat sur la stratégie, on ne peut passer à côté de la question des alliances avec d’autres traditions, d’autres cultures qui refusent de s’accommoder de la domination destructrice du capital et de se contenter de l’accompagner, comme le fait le PS. Vous dites que rien n’est joué au sein du NPA ?

    Christian Picquet. Jusqu’au dernier moment, au dépôt officiel des listes, il ne faudra pas renoncer à la possibilité que tout le monde se retrouve dans le front. Tout va dépendre de la dynamique populaire et militante qui se construira autour de la proposition d’un Front de gauche. Plus elle sera forte et pluraliste, plus l’aspiration à l’unité grandira dans le NPA. Je ne désespère pas que mes camarades réalisent alors qu’ils sont en train de se mettre en travers d’une possibilité, qui ne se rééditera pas de sitôt, de relever les défis de la situation, et que cela les amène à « changer de braquet ».

    Entretien réalisé par Mina Kaci http://www.humanite.fr/Front-de-gau...

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 5 mars 2009 12:50, par PEUPLIER

    Le NPA a suscité des rencontres avec les partis, les organisations de gauche pour envisager d’éventuelles listes communes aux européennes basées sur un réel programme "anticapitaliste" que je souhaiterais révolutionnaire. Cela semble difficile avec un PCF qui s’allie dès que possible avec le PS, à croire que ce parti n’a toujours pas compris que cette alliance contribue à les rayer de la carte politique. Le NPA se positionne sur des bases politiques. Nous avons besoin d’un projet politique qui change réellement les rapports sociaux et permettre à chacun/chacune de vivre dignement et non pas de survivre grâce à quelques miettes lâchées de tant à autre par des gouvernants tout puissants. Ce qui ne peut s’inscrire dans une économie de marché. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une gauche qui se glorifie du RMI, RSA, de la CMUC, des emplois aidés (...) ; les hommes et les femmes ne demandent pas de discrimination positive mais un changement révolutionnaire de la société. Quelle désolation de voir le PCF se réjouir de l’EPR et de faire croire qu’il va créer des emplois !!! Décidemment,ce parti n’a toujours rien compris, c’est de la politique boutiquière à courte vue !!! Pour répondre à Michel GROS, je ne dirai pas que le NPA est démocratique, les modalités de préparation du congrès s’apparentaient à une course à l’échalotte pour être présent aux européennes et n’a pas permis aux militants de s’approprier la construction de leur parti, d’avoir le temps pour échanger. Le centralisme démocratique du NPA n’est pas démocratique, sans parler des tripatouillages en coulisses durant le congrès !!! Alors encore des progrès à faire pour éviter que le NPA devienne une bureaucratie sclérosée.

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 5 mars 2009 14:15, par Chêne

    Le NPA ne serait pas démocratique ? La constitution du NPA est un processus qui a duré 18 mois, qui a vu la mise en place de 400 comités locaux et l’organisation d’intenses débats à tous les niveaux : sur le programme, les statuts et le... nom du parti. A comparer avec Jean-Luc Mélenchon qui, en quelques jours, a quitté le PS, a fondé un nouveau parti et a choisi... seul (ou quasiment) son nom. Ce qui était certes plus simple et plus rapide, mais du point de vue de la démocratie chère à Peuplier, ce qui était pour le moins douteux !

    Le NPA maneuvre pour éviter la constitution de listes unitaires ? Ce n’est pas le NPA qui lance sa campagne dans de grandes réunions publiques, telles celle qui sera organisée au Zénith ; ce n’est pas le NPA qui présente d’ores et déjà ses candidat(e)s pour les européennes, en indiquant qu’il garde charitablement quelques places pour celles et ceux qui voudraient le « rejoindre » !

    Le NPA agit de la sorte parce qu’il est persuadé qu’il dispose du meilleur candidat pour les prochaines élections présidentielles ? Le NPA est en réalité le seul parti qui n’est pas obsédé par 2012, car pour lui la priorité est d’abord de mener le combat contre la politique réactionnaire et anti-sociale de Sarkozy et consorts ! Quant à Olivier Besancenot, il est très loin d’être acquis (doux euphémisme) qu’il se présentera une nouvelle fois à "la présidentielle". Manifestement, certains sont tellement habitués à côtoyer des hommes et des femmes politiques qui nourrissent des ambitions et échafaudent des plans de carrière, qu’ils ne peuvent imaginer un seul militant motivé par d’autres ressorts que la « conquête du pouvoir » !

    Ce qui est remarquable de la part de celles et ceux qui brandissent l’unité comme un fétiche, c’est leur refus d’engager un débat politique sur le fond. Car dans ce cas, il leur faudrait sortir du bois et prendre une position claire sur la question de l’indépendance par rapport à la social-démocratie. Très délicat quand on défend un projet politique qui passe par une rapide participation gouvernementale ! Avec le PS de Martine Aubry et/ou de Ségolène Royal, dans un remake des défuntes "union de la gauche" et "gauche plurielle"…

    Qui dans le passé convenaient d’ailleurs très bien à Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon, tous deux ministres sous Jospin, dans un gouvernement qui avait fait "mieux" que la droite en matière de privatisations !

    Dans ces conditions, il n’est pas difficile de comprendre que les tentatives de dresser un rideau de fumée (en brodant à l’infini sur les thèmes de l’unité et du sectarisme du NPA) visent surtout à éviter de clarifier les orientations politiques et les véritables ambitions des uns et des autres.

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 6 mars 2009 11:00, par Gilbert Gimenez

    Je partage l’avis de D Sieffert.Ce qui me désole dans les commentaires c’est la rengaine pour savoir qui lave le plus propre. Je retrouve les mêmes discours entendus pendant la campagne des présidentielles pour la candidature unique de gauche. On connaît les résultats.

    J’étais à cette époque secrétaire de section au PCF, je ne comprenais ni la position de mon parti qui voulait imposer MGB, ni celle de la LCR dans son cavalier seul, ni l’aller retour de Bové (où est -il arrivé d’ailleurs)ect... j’ai quitté mon parti parce qu’il ne se remettra pas de ce fourvoiment.

    Dans l’éparpillement on connaît déjà le résultat, même si pour certains, un petit score peut-être flatteur dans l’absolu, mais bon qu’en retireront les plus démunis ?

    la seule alternative nous est montrée par les mouvements du 29 et certainement par celui du 19, le rassemblement ! Ce qui est possible au niveau des forces sociales, ne le serait pas au niveau des forces politiques ? Sans rapport de force, pas de solution , les guadelopéens viennent de le montrer, bientôt les martiniquais, et après les réunionnais. Alors si Olivier à la télévision a dit "je suis venu ici pour apprendre", espérons qu’il apprenne vite et qu’il dispense son savoir aux autres partenaires qui se disent ouverts sans apriori.

    Quand même tout ça me désole !

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 6 mars 2009 13:52, par Grenadine

    Un rassemblement "social" et un rassemblement "politique" ne sont pas de même nature !

    Dans le premier cas, une alliance large est possible car elle se noue autour d’un "refus" (d’une décision politique ou d’une situation inacceptable, par exemple) et/ou autour de quelques revendications (un "non" à un projet de constitution ou une demande d’augmentation salariale, par exemple).

    Dans le second cas, il s’agit d’unir des forces pour qu’elles se présentent ensemble devant l’électeur, ce qui passe par la négociation d’un programme politique qui va bien au delà de trois ou quatre formules. C’est une question de cohérence et de crédibilité.

    Il ne suffit donc pas de crier "unité", il faut aussi pouvoir débattre sur le fond, et pouvoir vérifier s’il existe un accord suffisant sur des questions politiques fondamentales, comme par exemple sur le type de relation à entretenir avec la gauche institutionnelle (le PS, principalement).

    C’est la condition sine qua non pour engager un processus de rassemblement DURABLE, qui va bien au delà d’une élection ponctuelle, et qui est bien autre chose qu’un "coup politico-médiatique" éphèmère !

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 6 mars 2009 16:12, par PEUPLIER

    réponse à Chêne,

    La misère intolérable en Haïti n’empêche pas une pauvreté grandissante en Europe. Certes, le NPA fait mieux que le PG. Mais nous n’avons pas préparé le congrès en tant que tel durant dix-huit mois ! Je n’ai pas le souvenir de débats intenses sur le fonds des différentes problématiques, mais d’une foultitude de textes et amendements, envoyés par courriel en tous petits caractères, difficile pour les personnes dépourvues d’internet et cela sur une période très courte pour faire remonter des remarques, rajouts... J’ai le souvenir de personnnes qui ont eu l’ensemble des textes le jour même du congrès local. J’ai le souvenir d’une pratique de vote très curieuse, appel à voter des amendements, mais appel à voter les textes initiaux... Je constate que nous construisons un parti hyper pyramidal, hyper hiérarchisé (du national au local) où le plus grand nombre de militants/tes sont/seront dépossédés/ées des prises de décisions politiques... Je n’ai même pas le souvenir que le congrès local de mon département ait voté pour ses réprésentants au CPN... Je constate un verrouillage progressif de l’expression contradictoire ; ainsi par échange de courrier, l’Etincelle vivement incitée à lire une motion au congrès indiquant leur accord total avec les principes fondateurs du NPA, incluant d’ailleurs la Gauche Révolutionnaire sans l’avoir prévenue. Bien sûr refus de l’Etincelle. Et l’obligation qui leur a été faite de donner des noms pour le CPN, leur demande de délais pour les donner qui leur a été refusée, alors qu’elle a été autorisée pour l’Ardèche. Et du coup l’Etincelle se retrouve comme observateur au CPN (ou à la). Je précise ne pas être dans une tendance. Interrogation aussi sur les règles de financement des délégués aux instances nationales, dont la perte de salaire sera compensée en fonction de son salaire, ce qui introduit une hiérarchie de compensation, plus le salaire est élevé, plus la compensation sera importante... Le NPA souhaite des alliances aux européennes qui se prolongeraient aux autres scrutins et sur un programme réellement "anticapitaliste", mais dans le même temps le NPA signe une déclaration à l’instar du PG, du PCF (et d’autres)purement réformiste et d’une teneur très syndicale. A titre d’exemple trois extraits de cette déclaration : 1- dans cette déclaration il est revendiqué "le droit de véto suspensif des salariés/ées sur les licenciements", ce qui est contraire au programme du NPA "interdiction des licenciements", suspendre n’est pas interdire ! 2- le texte réaffirme "le principe du CDI comme référence du contrat de travail dans le privé et de l’emploi statutaire dans le public". Ce qui revient implicitement à ne pas revendiquer le démantèlement des statuts précaires (CDD, vacataires dans le Public). 3-"une autre politique est possible, en s’attaquant aux profits et à la spéculation financière, en remettant en cause la rémunération du capital." Quel étonnement, cette autre politique ne vise donc pas à exproprier le capital mais à le tenir en laisse, en admettant que ces fariboles keynésiennes soient crédibles de nos jours... Le NPA commencerait-il à pratiquer le sport funambulesque ? Attention à la chute ! Pour revenir à la problématique de la démocratie, je vous invite -cher Chêne- à lire le livre de MICHELS sur les partis politiques. Il écrit "l’organisation est la source d’où naît la domination des élus sur les électeurs, des mandataires sur les mandants, des délégués sur ceux qui les délèguent. Qui dit organisation dit oligarchie. toute organisation engendre des relations de domination. Des processus de différenciation interne et de division du travail se mettent en place et à mesure que l’organisation partisane se développe,émerge une bureaucratie peuplée par des dirigeants professionnels. Ils s’appuient sur la maîtrise des ressources collectives dégagées par l’organisation et développent des savoir-faire qui leur permettent de récolter des mandats et des responsabilités. Ils deviennent des chefs inamovibles. Ainsi, l’organisation crée des dirigeants/tes qui deviennent indépendants/tes des masses et coupés de leur contrôles. Je vous invite aussi, à lire le magnifique texte de Rosa Luxemburg, écrit en 1904 "centralisme et démocratie" (échanges entre Rosa et Lénine). Je ne résiste pas à vous communiquer un extrait de son texte "enfin, on voit apparaître sur la scène un enfant encore plus "légitime" du processus historique : le mouvement ouvrier russe ; pour la première fois, dans l’histoire russe, il jette avec succès les bases de la formation d’une véritable volonté populaire. Mais voici que le moi du révolutionnaire russe se hâte de pirouetter sur la tête et une fois de plus, se proclame dirigeant tout-puissant de l’histoire, cette fois-ci en la personne de son altesse le Comité central du mouvement ouvrier social-démocrate. L’habile acrobate ne s’aperçoit même pas que le seul "sujet" auquel incombe aujourd’hui le rôle du dirigeant, est le "moi" collectif de la classe ouvrière, qui réclame résolument le droit de faire elle-même des fautes et d’apprendre elle-même la dialectique de l’histoire. Et enfin, disons-le sans détours : les erreurs commises par un mouvement ouvrier vraiment révolutionnaire sont historiquement infiniment plus fécondes et plus précieuses que l’infaillibilité du meilleur "Comité central" et très modestement je rajouterais du meilleur CPN. Bien cordialement

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 6 mars 2009 17:30, par Chêne

    Cher Peuplier,

    J’espère (pour vous) que la hargne qui s’exprime dans votre texte n’est pas le reflet de votre personnalité !

    Heureusement, même des diatribes comportent parfois des aspects assez drôles.

    Alors que certains critiquent le NPA parce qu’il serait un parti "gauchiste", défendant un programme totalement "irréaliste" et refusant de "prendre ses responsabilités" (gouverner avec le PS), vous semblez considérer au contraire qu’il s’agit d’un parti réformiste débitant des "fariboles keynésiennes" !

    Finalement, rien d’étonnant : les partis anticapitalistes ont toujours été confrontés à de l’hostilité sur leur droite comme sur leur (ultra-) gauche.

    Pas de quoi perturber celles et ceux qui se sont engagés dans un processus de construction difficile, mais qui n’en est qu’à ses débuts. Car si le NPA a maintenant été créé formellement, la route est évidemment encore longue : les débats ne font que commencer pour enrichir le programme, définir une position pour les prochaines élections européennes, et préciser les principes de fonctionnement (ainsi, les statuts seront rediscutés dans un an !).

    Faut-il préciser, pour le reste, qu’un long texte touffu et confus, multipliant les références "d’autorité" (Roberto Michels, Rosa Luxembourg, ...) ne constitue pas négessairement un argumentaire pertinent.

    Et que dire de cette référence récurrente à une révolution datant du début du siècle dernier, qui s’est déroulée dans des circonstances et une configuration politiques qui ne sont plus les nôtres en 2009 ?

    Décidément, vous ne semblez pas avoir pris la mesure du changement d’époque, qui exige de nouvelles perspectives politiques portées par un NOUVEAU parti anticapitaliste.

    Il ne s’agit donc plus aujourd’hui de s’accrocher -frénétiquement- aux "vieux modèles de l’extrême-gauche", et de continuer à répéter un catéchisme suranné.

    Il s’agit surtout maintenant de faire preuve de créativité dans le difficile combat à mener pour une "alternative socialiste" à la hauteur des défis du XXIème siècle ; il ne s’agit pas de rester englué dans des "modèles" en décalage avec l’époque actuelle.

    Je ne sais pas si vous faites partie d’une "tendance" (sic) comme vous le dites, mais vous n’avez pas encore réussi à vous débarrasser de curieux réflexes "fractionnistes", dignes d’un autre âge.

    Mais je suis persuadé que vous pouvez vous ressaisir et que vous ne tarderez pas à abandonner certaines rancoeurs au profit d’une démarche plus positive. Même "votre" histoire personnelle n’est pas écrite anticipativement, et vous pourrez toujours prendre les bifurcations adéquates le moment venu...

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 6 mars 2009 19:22, par Feilusha

    Comme à Cronstadt ! Toujours aussi "démocrates" les camarades trotkystes. Fort heureusement ce "brave Léon" a eu une fin de martyr. Alors les héritiers se défendent du stalinisme. Imposture historique. Mensonge sur mensonge. Révisionisme historique permanent. Quand les représentants du NPA se gaussent de la "démocratie bourgeoise", il faut comprendre qu’ils n’entendent en rien développer les conquêtes démocratiques. Si le parlementarisme dans lequel les actuels sociaux démocrates s’engluent est trop souvent un leurre, la démocratie, l’expression libre des idées par la presse, le droit de pétition et de manifestation... etc... est la condition sine qua non d’un développement réellement socialiste. Certes, l’exercice du droit de vote n’est pas suffisant. On votait sous le second empire ! C’est l’éducation politique qui est l’indispensable fondement. Or, la véritable éducation politique, ce n’est pas l’art du mensonge, ce n’est pas le travestissement de la vérité historique (pas "La Vérité" du parti unique) mais la recherche ouverte et libre. Comme vieil austro-marxiste, lecteur de cette chère Rosa Luxembourg, de Panekoeke, Dan et Martov, je n’admets pas les leçons de mensonge et même parfois de quasi haine de nostalgiques qui veulent revivre le coup d’état d’octobre 1917. Si Marx et Engels revivaient, ils ne pourraient être qu’attérés de l’indigence de cette forme d’expression. Le véraitable marxiste ne brandit pas une Bible ou un Coran. Il examine la socité, l’analyse dans sa complexité.

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 7 mars 2009 15:29, par Gilbert Gimenez

    La suite des commentaires me confirment la difficulté de la tâche pour faire naître le rassemblement. Oui les rassemblements sociaux ne sont pas les rassemblements politiques, mais ils en sont le terreau , sinon pourquoi tous les partis affichent avec force l’adhésion des syndicalistes et il y a plus à gagner des convergences que des points de bloquage surtout si le point de bloquage restent le PS et le nucléaire. A mon sens pour ce qui concerne le nucléaire seul un débat clair suivi d’un référendum citoyen nous sortira de l’ornière, pour le rapports avec le PS seul le rapports de force le règlera. et pour créer le rapport de force il faudra....... !

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 8 mars 2009 11:45, par PrNIC

    Que le PCF ait du mal à causer avec les communistes unitaires qui sont toujours au PCF : c’est déjà surprenant !

    Qu’il ait en plus du mal à échanger ENFIN au sein de la fédération avec les cocos unitaires qui ne sont plus au PCF est une mise à l’écart encore plus déplorable .

    Heureusement que ces derniers n’ont plus besoin de la bénédiction d’une "boutique" pour oeuvrer à l’unité avec tous les citoyens de bonne volonté .

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 8 mars 2009 23:07, par Guy

    Les mêmes palabres, les mêmes discussions et les mêmes polémiques depuis toutes ces années que je les suis !! Mais quand donc allons nous nous arrêter et nous unir avec nos différences, sur un projet qui fasse consensus pour un temps. Qu’est ce qu’on en a à foutre de savoir si c’est pour les européennes, pour les régionales, ou pour la vie ?? A la fin quel drôle de comportement vis à vis des victimes du Libéralisme !! Et Merde !

  • L’enjeu 10 mars 2009 12:04, par Crapaud froid

    "On connaît l’enjeu : la présence du « non de gauche » au Parlement européen." : n’ayant jamais trempé dans le militantisme politique, je saisis mal cette espèce d’urgence à être représenté, d’autant plus que le parlement en question ne représente lui-même pas grand chose.

    Il me semble plus important d’exister d’abord. Ne pas mettre la charrue avant les bœufs : il ne rime à rien de représenter ce qui n’existe pas, ou trop faiblement.

    Quoiqu’on pense et quoiqu’on fasse, la gauche française va continuer de se déchirer à vouloir s’unir, parce que personne ne peut représenter une gauche unie qui n’existe pas. Aussitôt qu’une chapelle ouvre le bec, c’est elle qu’on entend, pas "la gauche".

    Je constate qu’aucune ne prend acte du fait que la crise bouleverse notre culture en profondeur, qu’elle rend caduc les clivages capitalisme/socialisme/communisme tel qu’ils ont été labourés durant tout le XXième siècle. Avant de présenter leurs grandes et belles idées au suffrage des électeurs, les chapelles devraient d’abord se mettre autour de la table pour discuter de ce qu’elles valent à l’épreuve des faits.

    Et de rappeler que tout système est à la fois capitaliste, socialiste et communiste : capitaliste car rien ne peut se faire sans capital financier, matériel, culturel, environnemental, etc., socialiste parce que produit pas des sociétés humaines réelles, et communiste parce que ces sociétés ne peuvent pas vivre sans une richesse collective qui n’appartient à personne en propre.

    Comme on dit aujourd’hui, c’est tout le logiciel qui est à revoir. Les concepts fondamentaux sont minés, chargés de connotations idéologiques vieilles de plus d’un siècle qui ne peuvent que pourrir tout débat intelligent.

    Comme on ne peut pas être au four et au moulin, c.a.d. refaire le logiciel et le faire tourner sur la machine électorale, je propose cette idée qui pourrait marquer les esprits : que toutes les chapelles, (les « partis » si vous préférez), refusent de se présenter aux élections européennes. Je ne vois pas d’autre moyen pour que « la gauche » française se présente dans l’unité.

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 11 mars 2009 15:34, par Minga

    Denis Sieffert a raison de le souligner : "la mobilisation n’est jamais indifférente à l’offre". Comment se fait-il que dans notre pays la gauche sociologique ( les valeurs de gauche) représente peut-être 80% de la population, alors que la gauche politique reste minoritaire ?

    Les partis de gauche sont devenus des entreprises comme les autres : antidémocratiques. Les projets de "rassemblement" auxquels on assiste en sont symptômatiques : pas de vrai débat sur les programmes, pas de choix démocratique des candidatures, et la main sur le coeur pour jurer de sa bonne foi tout en abusant des vieilles ficelles politiciennes ! C’est ainsi que Krivine se délecte en imposant à MGB le choix entre deux formes de suicide électoral, soit en rompant avec sa politique d’alliance à gauche (donc avec le PS), soit en partant toute seule et "à poil" avec Mélenchon porter ses Dolez rances au parlement européen ! De son côté, le triumvirat Buffet-Mélenchon-Picquet jure ses grands dieux unitaires de la sincérité de sa démarche unitaire, du moins pour raccoler le NPA, et juste pour les européennes, tout en excluant par avance de discuter avec les "communistes unitaires" déjà laminés au 34ième congrès ... Alors ? Volonté d’unité sincère au pays des Bisounours ? Ou urgences politiciennes pour limiter la casse en juin, sans aucune véritable avancée vers l’unité d’action ??? A ce jour, les "partis de gauche" appellent-ils vraiment à l’unité ? Ou à un "dîner de cons" ?

    Hélas pour le peuple de gauche qui attend avec de plus en plus d’impatience une entente contre la "profitation" en métropole, les "partis de gauche" sont partis loin de nous ...

    Il est pourtant une base commune à TOUTE la gauche : l’aspiration à la démocratie DIRECTE :

    "Politiquement, quelques ersatz ont suffit à Royal pour court-circuiter l’éléphanterie du PS, à Obama pour doubler Hillary, ou à Besancenot pour passer en vedette américaine chez Drucker. La démocratie directe partout, au parti comme à l’entreprise, représente donc bien une énorme demande qui reste insatisfaite, reniée, édulcorée, sans cesse instrumentalisée et pourtant toujours masquée au débat public. Voilà l’élément systémique de la crise d’une gauche qui s’étonne de demeurer politiquement minoritaire quand elle est sociologiquement ultra-majoritaire."

    C’est ce qu’affirme le texte "Démocratie, direct !". A ce jour, il a été publié sur des médias papier et web de TOUTE la gauche, des anarchistes à Ségolène Royal, en passant par le NPA et le PCF. Plus de cent-mille personnes l’ont déjà lu. Existe t’il à ce jour un autre texte, un autre projet, qui rassemble aussi largement ?

    Peut-être pourriez-vous à votre tour le publier dans Politis, en contribution au débat ?

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 11 mars 2009 17:53, par Lucien

    Le texte « Démocratie, direct ! » de Minga mérite effectivement d’être publié dans Politis.

    Je l’ai personnellement découvert dans Le Sarkophage de janvier 2009.

    Nous venons de le publier sur politis62.org

    Lucien - Lecteur correspondant de Politis dans le 62

  • Le Front de gauche, combien de divisions ? 27 mars 2009 05:59, par Frédéric Angèle

    Je partage cet avis : c’est un texte à publier !


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