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Par Guillaume Moricourt - 27 juin 2007

Les avantages du bio reconnus par la FAO

Guillaume Moricourt est l’auteur de Agriculture et Santé, aux éditions Dangles.

Le bio ? Vous n’y pensez pas sérieusement mon pauvre monsieur… le bio, c’est bon pour les bobos ! Comment peut-on envisager de nourrir la planète avec une faible productivité ? Cette vision, tenace, avec un brin de mépris pour les nantis de gauche, vient d’être battue en brèche par la FAO, l’Organisation de l’ONU pour l’Agriculture.

Que constate cette noble institution, qui est sans doute la seule à avoir gardé sa raison face à la grippe aviaire en n’acceptant pas le recours au tout vaccin contre les menaces de pandémie, et en préconisant au contraire de traiter le manque d’hygiène des élevages (avec un budget bien plus réduit) pour circonscrire le virus dans l’œuf ?

La FAO constate que l’agriculture bio n’est plus cantonnée aux pays riches. Et qu’elle est capable de nourrir la planète. De part le monde, le nombre de reconversions va bon train : l’agriculture bio est présente dans 120 pays, elle recouvre 31 millions d’hectares, pour un marché de plus de 40 milliards de dollars.

Et notre propre agriculture bio est en quelque sorte la garante, l’héritière, de l’agriculture traditionnelle des paysans d’autrefois, nos grands-parents, qui étaient acquis alors au bon sens, qui avaient compris qu’on devait préserver la ressource, ne pas maltraiter les animaux.

Pour se passer de pesticides qui causent d’innombrables décès dans le Tiers Monde, souvent par mauvaise utilisation, la FAO avait déjà préconisé il y a quelques années la lutte biologique pour se débarrasser des insectes ravageurs. Cette pratique consiste à utiliser des insectes utiles contre les insectes nuisibles. Chez nous, les braves coccinelles exterminent proprement les pucerons...

Aujourd’hui, la FAO saute le pas et encourage les pays du monde entier à développer le bio. Les avantages qu’elle met en avant sont connus au niveau agronomique : entretien des sols (appauvrissement pour l’agriculture intensive avec la perspective de la stérilisation des sols), recours à des produits naturels contre des produits chimiques, moindre pollution, meilleur gout…

Mais l’étude produite le 3 mai à Rome reconnait encore en faveur du bio une meilleure efficience par rapport aux coûts, une résistance accrue des écosystèmes face au stress climatique, une réduction de l’utilisation des carburants fossiles… Le bio est à même de maintenir les structures rurales, d’empêcher le gonflement des bidonvilles urbains, car il nécessite plus de bras.

D’un point de vue holistique, le bio est préférable. La FAO conclue son rapport ainsi : « L’agriculture biologique est un mode de gestion globale de la production qui exclut l’utilisation d’engrais et de pesticides de synthèse et d’organismes génétiquement modifiés, réduit au maximum la pollution de l’air, du sol et de l’eau, et optimise la santé et la productivité des communautés interdépendantes de végétaux, d’animaux, et d’êtres humains. »

Que rajouter ? Que l’agriculture intensive vit aujourd’hui sur les bas prix du pétrole, que demain, les bras seront plus économiques que les machines… L’avenir de l’agriculture est dans le bio, ne saccageons pas la planète.

A nous de le défendre contre les disharmonies des poisons épandus, la perte de sens de l’agriculture industrielle, et contre la position du conseil européen du 12 juin 2007, qui vient d’imposer aux consommateurs de l’UE l’acceptation d’une contamination des produits bio à hauteur de 0.9 % (comme les produits non-bio), pour rendre impossible toute revendication d’absence d’OGM, et ne pas gêner l’industrie des biotechnologies.

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Commentaires de forum
  • Di Girolamo 1er juillet 2007 à 23:40

    Comment ?

    Il apparait aujourd’hui évident que l’agriculture bio apporte une réponse au défi climatique et à la raréfaction des ressources.
    Qu’un organisme de la dimension de la FAO l’affirme est bien sûr très positif.

    Reste la question du Comment ? : Comment passer d’une société à une autre ? Parce que derrière cette expertise plaçant le bio comme un moyen de durer , il y a structurellement et culturellement des sociétés organisées à l’opposé du bio : la gigantesque migration des campagnes vers les villes n’a jamais atteint une telle dimension et témoigne d’un système centralisé et dont les valeurs sont très très éloignées de la simplicité de la vie rurale et du travail manuel.
    L’agriculture telle qu’elle s’est (et est encore) structurée est le stricte reflet de l’ensemble de l’organisation et des valeurs de notre société.
    Comment mener une politique agricole dans le sens de la durabilité sans mener une politique générale allant dans le même sens ? Comment modifier un élément sans modifier l’ensemble ? Et comment s’y prendre ? Quelle stratégie politique adopter ?
    En sachant aussi qu’au niveau politique on en est même pas au Comment ? ... qu’on reste dans la complexité sectorielle et les faux débats : bio /pas bio, nucléaire /pas nucléaire.....
    Et qu’on parle du développement durable comme s’il s’agissait d’une entité spécifique à atteindre, un plus à rajouter ;qu’on cultive ce paradoxe de viser "l’excellence environnementale" dans une société qui n’est pas du tout organisée pour durer.

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