Allez donc ! Accusons les victimes des ravages du capitalisme !
Haro sur les cheminots, maintenant. Evidemment, que certains d’entre eux profitent du système. Pourquoi seraient-ils les seuls à rester purs ?
La retraite à cinquante ans ? C’était un acquis à l’issue de luttes solidaires, pas un don spontané du patronat ou de l’Etat. Les pilotes d’Air France, par exemple, en ont-ils fait autant ? Avec combien de retraite partent-ils, les uns et les autres ?
Il est de mise aujourd’hui d’opposer les uns aux autres, avec un seul élément en main, sans rien mettre en perspective et c’est comme cela qu’on s’allie aux rapaces pour faire tomber un à un les acquis sociaux. Ils peuvent ainsi jouer sur du velours : ils ont le reste de la population avec eux pour enfoncer le clou !
Eh, oui, les cheminots sont, eux aussi, tentés de gagner un peu plus de pognon. Mais ce ne sont pas les seuls et ils ne sont en rien comparables avec ceux qui vident les caisses de l’Etat en se servant de nos divisions.
Et puis, les motivations sont sans doute un peu plus complexes que cela.
Pas envie de raccrocher pour l’amour du métier, peur d’être mis au rancart de la société (les retraités, ces parasites, désormais, comme s’ils volaient la population), peur de vieillir, sentiment d’être encore en forme, besoin d’argent pour compléter des retraites insuffisantes, pour finir de payer des crédits, etc.
Je ne dis pas que c’est bien : les retraités doivent partir pour céder la place aux jeunes, je dis qu’ils sont dans un système qui le permet et qui exploite cette situation.
Tout le démantèlement des services publics et de la protection sociale dans la société française est concentré en ce seul exemple.
Mais, ne nous trompons pas de cible.
Total respect pour les cheminots qui se sont battus jusqu’au bout contre la privatisation des Chemins de fer, le fleuron des services publics français, devenu aujourd’hui une pétaudière et une pompe à fric.
La faute à qui ? Aux cheminots, ou à tous ceux qui ont laissé faire et qui, au lieu de les soutenir, parce que c’était eux qui étaient les premiers lésés, les accusaient de « prendre la France en otage » et de se battre pour leurs « privilèges » ?
Les travailleurs des services publics se sont toujours battus contre la dégradation de ceux-ci, pour leurs conditions de travail et leurs salaires, certes, mais SURTOUT pour la préservation des services publics.
Au bénéfice de qui ? De ceux qui roulent carrosse et dont les revenus ont augmenté de 40% ces dernières années ou de ceux à qui on est en train de tout prendre, y compris leur dignité ?
Et si on parlait, maintenant, de tous ces faux malades qui fraudent la sécu, des RSAstes qui se pavanent aux frais de la princesse, de ces fainéants de jeunes qui ne vont pas chercher du boulot parce qu’ils sont trop occupés avec les jeux vidéos ou à écrire sur FB, de tous les parasites de cette société, quoi ?