Le 4 avril dernier, Yves Cochet prend la parole devant 150 personnes dans un amphithéâtre de l’université Paris-Descartes. Entropia, la revue d’étude sur la décroissance [1], organise un colloque consacré à la crise. Que proposent les politiques ? « Devant la gravité des menaces, n’être que réformiste, c’est être défaitiste. Aussi, je ferai trois propositions scandaleuses… » La première est une mesure sociale : la création d’un revenu d’existence universel avec instauration de la semaine des 28 heures (quatre jours de travail), soit la redistribution du gâteau – richesses et emploi – en parts plus petites mais plus égalitaires ; la deuxième est économique : la mise en hibernation de l’économie, « car le problème n’est pas le capitalisme, mais le productivisme prométhéen – la décroissance est inéluctable ». Un propos radical, mais assez classique dans ce milieu, par les temps qui courent. La troisième proposition est sociétale : la « grève du 3e ventre ». Yves Cochet suggère que l’on agisse en France sur les allocations familiales de manière à dissuader les couples de procréer au-delà des deux enfants qui assurent le renouvellement minimal des générations : « Dans un pays occidental, un humain supplémentaire génère le même impact écologique que 12 Burkinabés ou 620 allers-retours Paris-New York… » Sur le fond ainsi que sur la forme, cette proposition a valu à Yves Cochet de vives réactions et des noms d’oiseaux. Mais elle a également suscité quelques échanges argumentés [2]. Dans les années 1970, Paul Ehrlich provoquait un beau tollé en prédisant l’explosion – démographique – de la « bombe P ». L’agitation autour du spectre d’une surpopulation planétaire s’était pourtant apaisée, depuis une vingtaine d’années, avec le ralentissement plus précoce que prévu de la natalité mondiale. Et voici à nouveau brandie la menace, en raison de l’aggravation de la crise écologique. Depuis le 4 avril, Yves Cochet refusait de préciser publiquement sa position, car cela aurait pu gêner la campagne électorale de ses amis d’Europe Écologie. Il le fait aujourd’hui pour Politis.




