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On a ga-gné !

jeudi 11 juin 2009, par Bernard Langlois


Record

Le premier chiffre à prendre en compte est évidemment celui des abstentions : il bat tous les records, en France (60 %) comme, en moyenne, dans l’ensemble de l’Europe (57 %), avec des pointes à plus de 70 %, comme en Slovénie, ou même 80 % (Slovaquie) ! Il est des États qui font remonter la moyenne, comme la Belgique, avec ses 90 % de votants : mais le vote y est obligatoire… Le premier parti de l’Union européenne est donc, de très loin, celui des abstentionnistes. On a ga-gné ! Mais ne croyez pas que je me réjouisse de cette « victoire » ! J’ai expliqué, dans une livraison précédente de ce bloc-notes, pourquoi je comptais m’abstenir, pour la première fois de ma vie (il m’était arrivé de voter blanc, jamais de bouder les urnes). J’ai choisi cette fois le refus de vote, position distincte de l’abstention par désintérêt, on voudra bien m’en croire. Décision non partagée par une majorité de mes collègues de Politis  [1] et, semble-t-il, mal reçue par un certain nombre de lecteurs – si j’en crois les messages laissés en pied de la version électronique dudit bloc-notes  [2]. L’argument tactique invoqué étant que mon abstention contribuerait mécaniquement à faire apparaître un score plus élevé pour le parti présidentiel ; et encore – sur le plan des principes – qu’on n’avait pas le droit de mépriser un droit que tant de gens par le monde nous envient et pour l’obtention duquel « nos anciens » avaient durement bataillé. Je comprends, sans les faire miennes, ces réticences.

Piège à…

Pour répondre au second argument, celui des principes, je le jugerais bien plus fort si, par le passé, et à tant de reprises, les résultats des urnes n’avaient aussi souvent été bafoués par ceux que nos votes avaient désignés. Pour s’en tenir aux affaires européennes, combien de fois nous a-t-on promis-juré, croix de bois croix de fer, si je meurs…, que nous allions enfin aborder aux rivages riants de l’Europe sociale ? Que les « fondations » étant désormais solidement plantées, les « murs » dressés, on allait pouvoir poser le « toit » protecteur (d’autant plus aisément qu’une majorité de gouvernements européens étaient de gauche, à l’époque, et qu’on allait donc voir ce qu’on allait voir) ? Et que dire de ce référendum refusé par le peuple et refourgué aussitôt par des élus sans vergogne ? Alors, le caractère « sacré » du vote, voyez… C’est un argument auquel j’ai longtemps été sensible, que j’ai même dû employer à l’occasion ; désormais, je vous le laisse. Comme dit mon camarade Fontenelle  [3] : « Avoir Fait Admettre Au Peuple, Au Travailleur, Qu’Électeur Il Est Maître De Ses Destinées Est Peut-Être La Plus Grande Victoire Remportée Par La Bourgeoisie Sur La Classe Ouvrière » (oui, il est comme ça, une manie : il fourre des majuscules partout). Dit plus simplement : « Élections, piège à cons ! »

Douce violence

Quant à l’argument tactique – vous faites le jeu de bla-bla-bla –, je le tiens pour dérisoire, du moins pour cette élection qui nous occupe aujourd’hui (en d’autres occasions, faut voir ! Au coup par coup…).

Que le président Vroum-Vroum expédie quelques députés à sa botte de plus ou de moins dans ce Parlement croupion dont les maîtres de l’Europe se soucient comme d’une guigne, et qui – aurait-il de vrais pouvoirs – est de toute façon verrouillé par les libéraux de droite et de gauche copains comme cochons (j’ai toujours en mémoire cette image confondante d’une Élisabeth Guigou faisant estrade commune avec Valéry Giscard d’Estaing pour nous persuader de dire « oui » à Maastricht…) ; qu’on ait, pour siéger à Strasbourg (ou juste pour y pointer !), quelques bayrouistes, quelques solfériniens de plus ou de moins, vains dieux ! quelle importance ? « M’enfin, dites-vous (je vous entends d’ici…), et le Front de gauche, et le NPA ? C’est-y-pas des braves à trois poils ? Des vrais costauds de gauche, comme vous les aimez ? Ne méritaient-ils point votre suffrage ? » J’ai déjà dit – je persiste – que se serait présentée une « gauche de gauche » reconduisant la coalition gagnante de 2005 (le « non » au TCE), je me serais fait une douce violence : les divers boutiquiers n’ayant pas été fichus de s’unir – et la responsabilité est partagée, si j’ai bien compris –, pas question pour moi de donner quitus à l’un plutôt qu’à l’autre. Unis, on jouait d’un coup dans la cour des grands. À cause d’eux, on reste en maternelle.

Fesses rouges

Vous ne désarmez pas, hein ! Vous me dites aussi (on est toujours au niveau tactique) : « À cause de vous, les abstentionnistes, les médias vont clamer partout que l’UMP a remporté une grande victoire, c’est malin ! » Exact, ils clament. Mais ce n’est pas parce qu’ils clament des âneries que je me vois contraint de braire en leur compagnie (et vous n’y êtes pas obligés non plus). Le parti sarkozyen est, faut-il le rappeler, composé de tous les morceaux de droite existants (excepté, pour cette élection, des souverainistes de Dupont-Aignan et autre Villiers, c’est-à-dire pas grand-chose) : ex-RPR + UDF + rad-soc ex-valoisiens + je ne sais encore quoi, et même ex-PS allés à la soupe, tout ça sous la bannière UMP. Et cette droite unie, qui constitue à elle seule la majorité parlementaire, l’a emporté avec 28 % des suffrages exprimés, pas même 30, 28 ! Ce qui lui fait, tout mouillé, environ 11 % des inscrits. Sacrée victoire ! Le parti du Président, qui cumule tous les pouvoirs et rassemble toutes les droites, n’a déplacé en sa faveur guère plus que 10 % du corps électoral ! Ça vaut bien d’en être ébaubis ! Et le calcul vaut pour les autres « vainqueurs », les écolos, qui, en mode « exprimés » et nombre de sièges, font une vraie percée, mais ne « pèsent » guère plus de 6 en pourcentage d’inscrits (les écolos : parlons-en un peu, c’est la seule vraie surprise du vote de dimanche : le mariage réussi de carpes et de lapins – mais de belles carpes et de malins lapins ! Belle campagne aussi, derrière la loco du Rouquin – qui a réussi à faire péter les plombs du Béarnais. Mais ce n’est pas la première fois que les écologistes font un beau score à des élections « secondaires » et se vautrent dans les deux ans qui suivent ; quant à cette coalition-là, celle d’aujourd’hui, par-delà le « non » et le « oui » à l’Europe des marchés, quelle durée de vie ? Et qui peut jurer que demain Sarko ne viendra pas y faire le sien, de marché ?), ce qui n’est tout de même pas Byzance ! Enfin, pour être équitable, les succès relatifs des uns relativisent aussi (et selon les mêmes modes de calcul) les échecs des autres. Ainsi le PS  [4], comme le MoDem, ont-ils été fessés, c’est indéniable ; ça ne veut pas dire qu’ils garderont forcément longtemps les fesses rouges. La politique, ça va ça vient.

Derechef, s’il est une leçon à tirer de ces élections européennes, c’est le mépris profond (ou le désintérêt, ou le rejet) en lequel les peuples (français comme européen) les ont tenues. Personne ne peut crier : « On a ga-gné ! » quand tant de citoyens en âge de voter se tiennent à l’écart des bureaux de vote. Et même nous autres abstentionnistes n’avons aucune raison de nous réjouir : figurez-vous qu’on aimerait mieux vivre dans une vraie démocratie où le vote (avec son droit attenant) aurait vraiment du sens.

Mais il est des élections plus porteuses de sens que d’autres. Par exemple, on peut penser, à l’examen de ses premiers mois d’exercice du pouvoir, qu’on n’a pas trop à regretter que les Américains aient élu Barack Obama. Il en est une prochaine (élection) qui revêt une certaine importance : celle qui, trente ans après la Révolution, va doter l’Iran d’un nouveau président de la République – ou reconduire l’actuel, le peu sympathique Ahmadinejad. Le challenger le plus sérieux du sortant est un ancien ministre, Moussavi, qui a le soutien des réformateurs. Face à un Obama qui tend la main, Moussavi serait peut-être l’homme qui accepte de la saisir – et dans cette région toujours au bord de la tragédie, ce serait une fort bonne nouvelle. Si j’étais iranien, je ne m’abstiendrais pas ! Un livre d’une démographe, chargée de recherches au CNRS, vient de sortir, Iran, un monde de paradoxes  [5], qui permet de mieux connaître et comprendre la société iranienne, et ces trente années du pouvoir des mollahs. Au-delà des caricatures.

Notes

[1] Ce ne serait pas la première fois que j’y suis minoritaire ! J’assume…

[2] J’en reçois aussi d’une autre teneur, hein ! Tiens, celui-ci, je ne résiste pas à l’envie de vous le faire lire : « Une vieille bique salue le vieux bouc. Les semaines où vous n’écrivez pas dans Politis, je râle et vous traite de fainéant. On n’est pas au bout du commencement du chemin… Peuvent-ils comprendre, les ceusses de bien à gauche, qu’il faut changer de méthode pour un rassemblement efficace  ? Que sont 27 % de 40 % de votants, et les autres… Ah ! Ah ! Je me rends compte que certains qui ne voteraient pas vont finir par y aller, comme si Dieu les voyait ! »

[3] Voir son blog, Vive le feu !, désormais sur Politis.fr.

[4] Où l’on a rouvert la boîte à gifles ! Martine Aubry sera-t-elle sacrifiée, comme le fut Rocard en son temps ? Vous le savez sans doute déjà…

[5] Iran, un monde de paradoxes, Marie Ladier-Fouladi, Comme un accordéon-L’Atalante, 347 p., 18 euros.

25 Messages de forum

  • On a ga-gné ! 11 juin 2009 09:56, par Serge

    A bien des égards, vous n’avez sans doute pas tort. Cependant, allez jusqu’au bout de votre raisonnement : que devaient faire les partis politiques ? Appeler à la fin de la mascarade ? Vous les auriez agoni d’injures pour leur incivisme.

    Il me semble que le problème est ailleurs : aucune liste ne proposait purement et simplement de sortir de l’Union européenne, à l’exception notable du FN, qui ne peut attirer à lui les suffrages tant son unilatéralisme et ses accents xénophobes répugnent.

    Mais, je crois, que le sentiment général des couches populaires se situe là : dans ce politiquement incorrect que ne veulent surtout pas entendre les partis, y compris les partis d’opposition. Ces derniers baignent dans un européïsme culturel qui les empêche de rompre avec la pensée dominante.

    Cette pensée dominante consiste à dire que hors de l’Europe (les 27 !) point de salut. Cette pensée ne fait là qu’entériner la stratégie de Mitterrand, qui a délaissé tout dessein national au prétexte de trouver de nouvelles marges de manoeuvre avec la construction européenne. Avec en point cardinal, les nécessités de la pseudo science économique.

    Voilà comment l’Europe est devenu le bâton merdeux de la gauche.

    Pourtant, le socialisme est-ce vraiment le mélange de tous dans le Grand Tout ? Ou la déclinaison de "modèles" propre à chaque peuple ?

    En un mot : la biodiversité est-elle seulement nécessaire aux végétaux, n’est-elle pas nécessaire aussi aux peuples ?

    D’autant qu’on voie mal comment remplacer la démocratie française, déjà très imparfaite, par une démocratie européenne… Comment cette démocratie rêvée, qui nous fait avaler des couleuvres depuis vingt ans, pourrait être plus démocratique que notre parlement pour représenter, cette fois, 500 millions de personnes venant de 27 pays différents aux langues et aux histoires si multiples ?!

    Un véritable casse-tête, que seuls des technocrates aux mains des pouvoirs financiers pouvaient imaginer.

    (Ne parlons pas de la subsidiarité, dont on sait qu’elle n’est qu’un tour de passe-passe pour faire avaler la pillule.)

    Les sociaux-libéraux façon Bayrou ou Cohn-Bendit servent, in fine, de marche-pied à des intérêts capitalistes qui les dépassent.

    Pour moi, les électeurs qui ont porté leur voix sur eux ont ajouté à la situation une confusion supplémentaire.

    Ces électeurs venus du PS expriment le supplément d’âme de la petite-bourgeoisie, dont la situation est pourtant en ce moment en voie de cessation de paiement, mais comme toujours chez elle le rêve, la bonne foi, les bonnes intentions… sont sans limites.

    La crise, si elle perdure, lui rappelera (à cette petite-bourgeoisie) la dureté des temps et l’obligation de se radicaliser pour résoudre les problèmes dans lesquels le capitalisme nous a plongés.

  • On a ga-gné ! 11 juin 2009 09:58, par cultive ton jardin

    Je pense que l’on peut raisonnablement ajouter aux 60% d’abstention ceux qui, comme moi, ont fini par voter, mais sans plus y croire, emportés peut-être par un vieux réflexe (faussement) citoyen.

    J’avais pourtant fait une très bonne analyse en juin 68, quand on nous avait accablés d’une chambre bleu-horizon juste après un formidable mouvement social. Rien compris à cette victoire par KO de la réaction, jusqu’à ce que je m’aperçoive, en regardant les résultats de plus près, qu’un infime bascul des voix avait été transformé en raz de marée par un mode de scrutin adroitement "étudié pour". Aucun journal n’avait attiré notre attention sur ce "détail".

    Aux listes "de gauche" qui essaient de culpabiliser les abstentionnistes, je dirai volontiers ce que nous disions quand les militants du PS essayaient de nous convaincre de voter "utile" : c’est à vous, messieurs-dames, de nous donner ENVIE de voter pour vous. C’est pas à nous de nous FORCER.

  • On a ga-gné ! 11 juin 2009 12:26, par Lionel

    Totalement en accord avec vous. Le droit de vote est indéniablement un bel acquis, mais seulement s’il se double du "respect" du vote. Il y a longtemps que ce n’est plus le cas de la part de ceux qui nous dirigent. Par ailleurs, dans nos belles démocraties, c’est bien à l’aune des sommes investies dans la campagne de tel ou tel candidat que se mesure la validité des résultats. Le résultat qui sort des urnes est-il valable si l’on tient compte de la manipulation qui s’est déroulée en amont ? Surtout dans une société où il y a de plus en plus d’actualité mais de moins en moins d’information (mise en perspective, analyse, réflexion, etx.) ? Voilà où nous en sommes : pour tondre le mouton, on lui demande désormais de venir muni de sa tondeuse en lui vantant les bienfaits du manteau qu’on lui offrira en échange. Mais c’est nu qu’il repart et la plupart du temps le corps marqué de cicatrices... J’ai personnellement cessé de voter mais je n’en tire aucune gloire. Je trouve même que c’est assez triste. Si je retourne aux urnes, je sais en outre que ce sera pour voter "contre" - et, oui, j’assume mon antisarkozysme primaire tant il me semble que ce Monsieur représente un véritable danger - et non "pour" des individus et des programmes qui me désespèrent.

  • On a ga-gné ! 11 juin 2009 12:38, par sergio

    Ne desespérez de rien !

    Les frères siamois, UMPS, sont sur un bateau. L’un plonge et coule. Que risque l’autre ?

    D’autre-part vous oubliez deux détails qui ont leur importance, il s’agit de listes communes UMP-NC (ce dernier a formé un groupe de députés à l’assemblée nationale, sans que l’on connaisse le nombre exact de leurs électeurs), et secondemment il faut ajouter au résultat obtenu par les "abstentionistes", les votes blancs ou nuls. Faites les additions ou les soustractions nécessaires et les résultats sont proportionnels au grand bluff médiatique qui a eu lieu !

  • On a ga-gné ! 11 juin 2009 17:48, par Riri

    Vous me décevez beaucoup Monsieur Langlois.

  • On a ga-gné ! 11 juin 2009 17:51, par Sébastien Fontenelle

    Moi aussi, monsieur Langlois, vous me décevez beaucoup.  :-D

  • On a ga-gné ! 11 juin 2009 20:34, par Croa

    J’ai pour ma part voté pour l’Alliance. Avec ses 3,7% je clame aussi bien fort « On a gagné » !

    J’explique :

    Pendant la campagne pour les médias nous n’existions pas. D’ailleurs nous n’existons toujours pas ! Alors que 3,7% de votants aient pu nous faire confiance dans ces conditions reste une performance !

    Apparemment il est dans ces conditions absurde de vouloir faire de la politique donc c’est toi qui as raison... Pourtant nous en faisons ! Alors même que les dès sont pipés de toutes façons ! Alors que d’évidence cette "démocratie" n’en est pas une !

    Nos raisons sont simples :

    - Ce serait pire de s’avouer vaincu d’avance !
    - Aucune dictature n’est parfaite. Un pouvoir politique parfaitement stable n’existe pas !

    Certes, cette dictature molle qu’est la fausse démocratie ou nous vivons est finalement aussi stable, voire plus, qu’une dictature dure. Elle est théoriquement moins violente car sa force est dans la propagande ce qui lui évite d’utiliser des moyens de coercition. Pour autant elle ne peut être parfaite, donc nous pouvons nous battre comme elle sans violence mais hélas avec les même rapports de forces que dans une dictature dure ! Finalement même si nos chances sont infinitésimales nous finirons par arriver à un résultat. Ce, tout simplement parce que l’oligarchie nous mène dans le mur et qu’il faudra bien que le peuple en prenne conscience un jour et donc arrête de se laisser berner !

    Ce jour là tout le monde sera surpris !

  • On a ga-gné ! 11 juin 2009 22:01, par charles

    d accord à 200% avec vous bernard

    à force de nous prendre pour des cons voila ce qui arrive

    à 51 ans pour moi s etait une premiere de rester à la maison jour d election !!

    pas deçu de mon acte surtout en regardant les commentaires de nos politiques....

    françois

  • On a ga-gné ! 11 juin 2009 22:16, par Laskaert

    J’ai voté uniquement pour soutenir l’existence toute nouvelle du Front de Gauche et au-delà pour manifester l’urgente nécessité d’un Front uni antilibéral face au NPA qui l’a refusée. Sinon, je me serais abstenu pour les mêmes raisons que les vôtres. Cette élection était un piège à cons cautionnant le holdup du non au TCE de 2005.

  • On a ga-gné ! 11 juin 2009 22:53, par Ghislain

    En vous lisant, M. Langlois, je me sens moins seul. Mon raisonnement et mon attitude lors de cette élection européenne se rapprochent étrangement des vôtres.

    Mais il faut entendre et lire ce que disent et écrivent les "mauvais gagnants", comme par exemple et au hazard Philippe Labro, pour comprendre que rien n’est prêt de changer malgré ce score historique d’abstention. Je cite donc ce grand journaliste intègre : "…L’information la plus néfaste demeure le taux d’abstention (59,4%) - triste constatation d’une indifférence, voire d’une hostilité, en tout cas d’une ignorance de l’importance de l’Europe".

    C’est y pas de la belle analyse politique ça Monsieur !

  • On a ga-gné ! 11 juin 2009 22:55, par Grand Fakir Ali

    Très bon article. En complément un reportage au soir des résultats au siège de campagne du parti abstentionniste : http://metequeetmat.blogspot.com/

  • On a ga-gné ! 11 juin 2009 23:56, par uju

    En gros, t’es allé voter juste pour que le foutage de gueule fasse un plus gros score que nulle part ailleurs.

    J’ai pas suivi les résultats, alors, qui c’est qu’a la plus grosse ?


    c’est pas gagné :-(

  • On a ga-gné ! 12 juin 2009 10:39, par Georges

    Quelle volée de bois vert, Bernard Langlois !!!

    Eh bien, pour une fois je ne vous suis pas. D’accord, les différentes fractions de "vraie gauche anti-capitaliste" qui se sont présentées désunies ne méritaient pas qu’on leur apporte des voix ; elles ont encore du chemin à faire... dommage.

    Par contre Europe-écologie avait un vrai programme européen. Et ce sont les seuls. Vous parlez de mariage de carpe et de lapin. Ben oui, la politique c’est cela, arriver à faire travailler ensemble des gens très différents. Les listes europe écologie étaient faites de gens compétents et qui ont fait leurs preuves : Michèle Rivasi hyper compétente dans le domaine du nucléairei, Eva Joly qui doit savoir beaucoup de choses sur les circuits financiers, un dirigeant de Greenpeauc(je ne retrouve pas son nom), Daniel Cohn Bendit bon connaisseur du parlement européen et de la société allemande et bien d’autres. Ce n’était pas intéressant de les envoyer au parlement européen ?

    Maintenant, d’accord, que vont-ils faire de leur élection, dans un milieu franchement hostile ?

    Plutôt que de leur voler dans les plumes, comment les aider ? Sauf exception pas toujours heureuse, le travail en politique c’est celui des petits pas, celui du pied dans une porte qui s’entr’ouvre....

  • On a PAS ga-gné ! 12 juin 2009 12:41, par Auguste

    Pour ma part, je ne suis pas d’accord avec l’abstentionnisme, surtout pour ce scrutin.

    Je ne suis pas d’accord simplement parce que la classe politique n’en a rien a faire . La preuve en est que les médias ont poussé les électeurs à l’abstention. Même si il clamaient haut et fort qu’il fallait voter, il n’ont rien fait pour cela. Ils ont compris, au moins depuis 2005, que ce n’est pas parce qu’ils disent une choses que les électeurs suivent. N’oubliez pas qu’ils sont experts en manipulation, le référendum de 2005 étant à part (difficile de manipuler sur une question aussi simple et un texte aussi abjecte) . Pendant des semaines, d’une part ils n’ont pas expliqué le fonctionnement réel de l’Europe et d’autre part ont seriné sur tous les tons que cela n’intéressait pas les français. Méthode Couet la plus élémentaire.

    Ces gens, comme ils l’ont démontré n’ont que faire de la démocratie, une démocratie "canadadry" leur suffisant amplement alors 50%, 40% ,30%,20%, 10% d’électeurs leur suffisent aussi. Pensez vous qu’avec 10% de votant seulement les choses auraient été différentes ? Croyez-vous qu’ils aurait annulé le scrutin ou infléchit leur politique ?

    Ceux qui n’ont pas voté se sont fait "couillonner"

    Que fallait-il faire alors ? Puisque de toute façon les députés européen ne servent pas à grand chose, A mon avis, c’était le moment de voter pour n’importe quel "Noniste", souveraineté ou liste exotique. FN, NPA, LO, Devillier, FG, ou même Dieudonné ou encore la liste qui je crois en ile de france proposait la légalisation du cannabis, ou autre, le choix était vaste et cela aurait fait autant de pourcentage en moins pour les ouiouiste qui monopolise le débat depuis leur défaite de 2005 : UMP, PS, Modem, Verts,... Sans pour autant donner de grand pouvoir a ceux qui auraient pu être élu. En somme , une bonne occasion de se défouler et de les em..... à moindres frais.

    Autant je peux comprendre qu’on s’abstienne de voter ségo contre Sarko ou inversement, autant je pense que l’abstention pour ce scrutin etait une idiotie.

  • On a pas ga-gné ! 12 juin 2009 13:42, par Djé

    Abstention, piège à cons. Les abstentionnistes sont vite oubliés. Je suis favorable à la "révolution par les urnes".

  • On a ga-gné ! 13 juin 2009 11:48, par Gazelle

    1) Les poids lourds de la classe politique s’accommodent bien d’un fort taux d’abstention, ils ont l’habitude des petits et gros arrangements entre eux.

    2) une majorité de citoyens s’en accommodent aussi.

    Qu’est-ce qui reste ?

  • On a ga-gné ! 13 juin 2009 11:59, par lilidelim

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre analyse comme les autres d’ailleurs et je fais aussi comme la "vieille bique", lorsque point d’écritures Langloises !!!!! Comme la gauche de gauche reste une douce utopie et que les socialos n’ont tjrs rien compris (depuis 2002, ils sont devenus sourds et aveugles, d’ailleurs ils ne sont plus de gauche : circulez y a rien à voir). J’ai voté blanc. J’ai 61 ans et ça doit être la 2eme fois que je vote blanc depuis 41 ans que je vote (eh oui j’ai été "émancipée" par le mariage à 20 ans puisqu’à l’époque en 1968, la mjajorité était à 21 ans !!!). J’ai suivi les conseil de ma fille (35 ans) que j’ai élevée en citoyenne et qui m’a vertement tancée quand je lui ai annoncé mon éventuelle abstention. Quant à nos umpéistes ils n’ont rien compris et auraient bien dû la fermer car ce n’est pas la victoire en chantant (voir les vrais chiffres dans Siné Hebdo du 10 juin, ça leur fait un 10 % poussif. Et ce sont les écolos qui vont faire l’Europe sociale ? C’est quoi au fait ?

  • On a ga-gné ! 13 juin 2009 19:44, par Sébastien Fontenelle

    « Je suis favorable à la "révolution par les urnes". » C’est vrai que ça a l’air chouette. Et sinon, vous auriez quelques exemples précis de révolution par les urnes, dans l’histoire de notre cher et vieux pays ? Voire - n’en demandons pas trop - un exemple d’une gauche qui n’aurait pas systématiquement trahi, après avoir été élue ?

  • On a ga-gné ! 13 juin 2009 21:40, par Sébastien Fontenelle

    Queques exemples précis et récents, voulais-je dire.

  • On a ga-gné ! 13 juin 2009 21:56, par sergio

    Après la victoire écrasante des abstentionnistes

    On peut gloser à l’infini sur telle ou telle méthode, cela ne change rien sur le fond. Le combat politique est avant tout une démarche et une décision personnelle, que l’on adapte à son environnement et qui s’accommode des connaissances dont chaque individu dispose. LE peuple a pris conscience de certaines réalités, pourquoi devrions nous nous en plaindre ? On lui a seriné qu’il n’aurait plus son mot à dire suite à l’abstention massive aux dernières élections, mais qui exactement véhicule ce message ? (1) Avant cela il votait, le peuple souverain, et parfois massivement, cela a-t-il changé quoi que ce soit sur le fond ? Et malgré le rituel de cette "gestuelle citoyenne " son avis comptait pour du beurre, et les élus (soit-disant représentants par procuration de la volonté populaire) n’en faisaient qu’à leur tête ! L’Histoire, celle des peuples du monde, nous enseigne qu’il faut envisager de mener la lutte autrement (s’ouvrir sur le vaste monde est riche d’enseignement) ; cela demande un peu d’imagination, et nous pouvons faire confiance au peuple, il trouvera les ressources nécessaires, et comme il était dit lors de certains évènements : « L’imagination au pouvoir ! » et d’ajouter « résister c’est créer ».

    (1) encore une fois, les profiteurs et tenants de l’idéologie dominante, les siamois UMPS.

    PS : pour le monsieur qui sur ce site parle sans savoir, on peut excuser une saute d’humeur mais pas l’aveuglement. La rage a changé de camps maintenant que nous sommes des dizaines de millions, n’est-ce pas ? Un général, Fievet, déclarait : « nul ne peut échapper à la stratégie, parce que refuser de choisir c’est encore choisir, parce que refuser de décider c’est encore décider », cet axiome aurait très bien pu justifier le refus de dizaines de millions de Françaises et de Français de participer à cette mascarade "démocratique", et bien que cette décision les engageait personnellement ; ce choix est aussi respectable que les autres choix ! Et ils (les abstentionnistes) répondent aussi aux arguments d’une incroyable pauvreté, que développait madame Dati, lorsqu’en réponse à une question du secrétaire national des jeunes militants umpéistes, elle s’exprimait sur le sujet : « Elle (L’Europe) s’occupe de ce qu’on lui donne à s’occuper ! » Cela à l’air assez risible, mais sur le fond tout est dit.

  • On a ga-gné ! 15 juin 2009 11:22

    Et sinon, vous auriez quelques exemples précis de révolution par les urnes, dans l’histoire de notre cher et vieux pays ?"

    Effectivement, pas d’exemples récents dans notre cher beau pays. Mais au Venezuela et/ou en Bolivie, peut-être, Non ?

  • On a ga-gné ! 15 juin 2009 15:03, par jopaselu

    Je partage totalement le point de vue de Bernard Langlois qui a su parfaitement trouver les mots pour dire ce que des millions de Français et d’Européens pensent. Comme lui, le 7 juin, j’estime être dans l’action, dans une action de rejet de cette Europe que je ne veux pas. On nous a volé notre NON de 2005, on veut nous faire croire à je ne sais quoi, nous faire avaler des couleuvres... Bref on nous ressort les vieilles recettes qui font qu’aujourd’hui, et bien, il y a 60 % de citoyens qui ont boudé les urnes. Politiciens de tous les bords, continuez ainsi et le plongeon sera terrible ! Quand à la gauche traditionnelle, elle vient de montrer ses limites. La gauche radicale, traditionnellement désunie, vient de rater le coche en ne s’emparant pas de ce scrutin comme une action de lutte et d’action contre le refus de cette Europe libérale et destructrice. Y-a-t-il tant de bons strapontins à occuper sur les bancs du parlement. Et puis BL a raison, le message "... vous faites le jeu de la droite..." a assez duré ! C’est un message usé qui depuis plusieurs dizaines d’années, musèle la gauche dans son ensemble, une gauche qui ne vit que sur cette vague mais qui est incapable de réfléchir, proposer... Pour conclure, je suis fier d’avoir fait de la désobéissance civique le 7 juin, d’avoir fait de ce dimanche un jour d’action contre l’Europe libérale.

  • Plus de politiciens à vie : 16 juin 2009 22:44, par Politichien

    Le vote devrait être obligatoire et les bulletins blancs ou nuls comptabilisés. Votes blancs et nuls additionnés arrivant en tête, pas d’élu, tous les candidats virés avec interdiction de se présenter pendant au moins cinq ans. Voilà ce que le peuple devrait exiger.

  • On a ga-gné ! 17 juin 2009 17:57, par Hallain

    Si "élections = pièges à cons", la seule solution pour faire évoluer le monde -et accessoirement la condition des plus défavorisés- est donc, pour vous, ce qui reste : la violence ? C’est ça votre idéologie ? Bravo !

  • On a perdu 17 juin 2009 18:47

    Bravo, M. Langlois, grâce aux gens comme vous, les députés européens continueront longtemps à voter les directives de libéralisation et de casse sociale, Sarkozy peut pavoiser "Les Français veulent la poursuite de mes réformes", les journalistes peuvent faire comme si la gauche du non était inexistante, et la gauche est dans le trou. J’aimerais bien comprendre quel est l’effet positif de cette abstention ???

    Le plus drôle, c’est que vous semblez être d’accord avec le programme du NPA et du Front de gauche, vous semblez penser que leur attitude au parlement européen sera celle que vous attendez d’un élu, et que la stratégie de constituer un front de gauche est la bonne. Evidemment nul n’est parfait en ce bas-monde -même pas vous Bernard, j’en ai la conviction depuis que j’ai lu vos 2 dernières notes- et quand on a décidé de chercher à tout prix le point faible des gens ou des choses, c’est sûr, on trouve toujours. Mais à mon avis, y a quand même en la circonstance une drôle de pulsion auto-destructice dans cette posture ...


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