
Dans son édito du jour, Laurent Joffrin, boss du quotidien barbichu Libération, trouvant soudain que l’eau mouille, dénonce : « La choquante proximité de fréquentation, de connivence et d’intérêt entre les milieux d’argent et la droite française ».
Dans cette proposition, les trois mots importants sont bien évidemment : « La droite française ».
Leur fonction est de faire penser au lectorat de Laurent Joffrin que « la droite » serait seule à se vautrer dans cette consanguinité.
Tel n’est bien sûr pas le cas : Laurent Joffrin, que Rotschild émolume, pourrait tout aussi bien s’offusquer de la non moins « choquante proximité de fréquentation, de connivence et d’intérêt entre les milieux d’argent » et la presse barbichue.
Mais cela supposerait que, développant sa méditation, Laurent Joffrin cherche et nomme les artisans de cette endogamie - ces gens, tu sais, qui depuis des années vont bêlant qu’il est temps que les journaux mettent plus d’allant à « moderniser leurs gestion » [1], à grands coups d’« études marketing » [2] et en se libérant, par exemple, des « sureffectifs qui pèsent sur l’équilibre économique et réduisent d’autant la capacité d’investissement » [3].
Laurent Joffrin tomberait alors, assez vite, sur l’un des plus déterminés promoteurs de cette « modernisation » [4], et de l’entrée du capitalisme dans la presse écrite : un certain Joffrin, Laurent, connu pour ses poils de menton et sa propension à faire dans l’Isère de clownesques séminaires saturés de milieux d’argent.
Surtout : Laurent Joffrin pourrait tout aussi valablement condamner « la choquante proximité de fréquentation, de connivence et d’intérêt entre les milieux d’argent » et l’attristant conglomérat de « socialistes » félons que l’éditocratie, occultant que ces pitres sont de longue date au Medef, appelle toujours « la gauche ».
Mais cela supposerait que, poussant loin son investigation (un mot qui fait toujours marrer), Laurent Joffrin - dont nul(le) n’a voulu oublier qu’il fut l’accoucheur de l’audacieuse confession où Bertrand Delanoë (rires) caqueta qu’il était le « manager » de Paris - cherche et nomme les artisans de ses reniements.
Laurent Joffrin tomberait alors, de nouveau, sur un certain Joffrin, Laurent - le même que tout à l’heure -, connu pour ses poils de menton et sa propension à striduler qu’il fut l’un des (contondants) « instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche ».
On entrevoit ce qu’une [5] telle démarche - de méditation et d’enquête - aurait de traumatisant, et ce qui dès lors motive Laurent Joffrin dans sa burlesque fustigation de « la droite » : le gars rêve du grand soir où reviendra le temps béni du « socialisme » de gouvernement, et de sa moderne proximité de fréquentation, de connivence et d’intérêt avec les milieux d’argent.


