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Peut-on être libertaire et soutenir la candidature de José Bové ?

jeudi 1er février 2007, par Michel Onfray, Yannis Youlountas


Michel Onfray et Yannis Youlountas sont philosophes et publient ici la version longue de leur tribune parue dans Politis n° 937. Ils ont soutenu ensemble la pétition « Unis avec Bové ».

À chaque échéance électorale, il est d’usage que la plupart des libertaires mènent une contre-campagne qui se désigne ouvertement anti-électoraliste. Les urnes sont la cible d’un appel au boycot pour cause d’impuissance à changer radicalement la vie, promesses rarement tenues, surenchère démagogique, confiscation du débat par sa mise en scène et détournement de l’énergie des luttes. Elections : piège à cons ? Le vote n’est pas tant le problème que ce qui lui manque, (...)

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19 Messages de forum

  • L’hebdomadaire Politis du jeudi 1er février 2007 consacre sa "une" et un dossier important à la candidature de José Bové. Il faut dire que ce même jour, l’ex-porte parole de la Confédération Paysanne, annonçait dans un meeting qu’il serait candidat à la présidentielle 2007.

    C’est à l’occasion de ce lancement de campagne qu’un appel intitulé "Peut-on être libertaire et soutenir la candidature de José Bové ?" (1) paraissait sur le site internet du journal Politis. Cet appel est cosigné par le philosophe et essayiste bien connu Michel Onfray, et par Yannis Youlountas, écololibertaire, poète, philosophe et écrivain.

    Ouvrant l’appel en s’adressant directement aux abstentionnistes, "et notamment les libertaires", la candidature de Bové est valorisée comme un acte en dehors des partis politiques et de leurs stéréotypes, et inspirée par les mouvements sociaux où libertaires et non-libertaires sont coude à coude. Ce sont ensuite ses talents de tribun associés à ses actes courageux, désobéissants et non violents, ses inspirateurs (Bakounine, J. Ellul), et son humanisme qui le fait mondialiser les questions nationales qui convaincraient "les libertaires" en faveur de son élection. Enfin, pour résumer, la présence de nombreux libertaires dans les réseaux favorables à la candidature de José Bové, et les "circonstances exceptionnelles" de notre histoire sont des éléments qui font se poser la question : "L’heure est-elle à résister jusque dans les urnes avec nos compagnons de lutte ?".

    Que l’on permette donc à un simple abstentionniste libertaire de faire part de ses ressentis à la lecture de ce texte. Si la question du courage et de la sincérité des engagements de José Bové ne se posent évidemment pas, c’est sur la pertinence de son geste, en rapport avec l’objectif que nous poursuivons, qu’il faut nous interroger.

    Les références communes aux libertaires découlent d’un tronc commun. Si les lectures et les interprétations en varient inéluctablement, il y a des constances -malgré des adaptations- dans les stratégies et les finalités anarchistes que l’on ne peut passer sous silence. Parmi ces stratégies, la prise du pouvoir : que José Bové relise Bakounine, cette lecture de jeunesse. Il y relira l’antinomie avec une démarche de pédagogies et d’autonomies des luttes qui permet les prises de conscience de la force collective que nous représentons, et du clivage entre ceux qui possèdent l’argent, les moyens de production et d’échanges, les moyens de coercition, de répression. Cette recherche pour arriver en haut de l’affiche, au nom de l’efficacité -toujours-, n’est pas des plus originales, mais continuera à fracasser les espoirs de changer le monde, même par touches, contre l’écueil de la real-politik composée dans la sphère politique par l’Etat -gardien du temple- et dans la sphère économique par le capitalisme qui s’est payé le temple et tout ce qu’il y avait autour. Car cette "gauche qui a démissionné", est une gauche de gestion : de Mitterrand à Tony Blair, de Lula à Kirchner... Et tous sont montés à l’assaut du rocher de Sisyphe avec les meilleures intentions du monde. Alors quelle raison nous ferait aujourd’hui rompre avec cette conviction profonde que la société ne prend vraiment conscience d’elle même que lorsqu’elle décide de se donner les moyens de lutter et d’inventer ses lendemains ?

    Les libertaires n’étant pas des hommes et des femmes de main, s’engagent pour un projet politique. C’est pourquoi ils se reconnaissent sous des vocables, des cultures, des histoires... "libertaires". Il n’a pas échappé aux cosignataires de l’appel que les libertaires luttaient au coude à coude avec les non-libertaires. Cette démarche va logiquement avec la compréhension que l’on peut -et que l’on doit- s’engager dans des luttes qui trouvent un ou des points communs convergeant avec la finalité des adeptes du socialisme libertaire. Or le projet libertaire, et là aussi, malgré des différences d’approche, reste une finalité de socialisation des moyens de production et de distribution, d’autogestion généralisée, de fédéralisme libertaire..., ceci dans le but d’abolir les dominations, à commencer par les inégalités sociales, le capitalisme. Et de ce point de vue, les propositions de José Bové ne m’inspirent ni plus ni moins d’intérêts que celles de ses concurrents de LO, de la LCR, du PCF ou des Verts. Je ne m’y retrouve pas : nous sommes encore sur la route d’une harmonisation du capitalisme.

    Vieillotes conceptions auxquelles on s’arcbouterait ? Moins discutables pourtant que votre chimère de la prise de pouvoir pour changer radicalement l’ordre des choses. Mieux : c’est cette illusion dramatique -le bonheur passe par l’Etat- qui a hypothéqué durablement dans l’esprit de nos compagnes et compagnons d’injustice tout projet de transformation sociale. Aujourd’hui, les zapatistes ne disent pas autre chose en réorganisant la vie de manière horizontale. L’essayiste irlandais John Holloway (qui n’est pas anarchiste) ne dit rien de plus lorsqu’il explique que l’on doit "changer le monde sans prendre le pouvoir", parce que le modèle révolutionnaire qui passe par la prise du pouvoir est en crise.

    Nous sommes, nous aussi, libertaires, malgré notre ténacité, nos efforts quotidiens, notre impatience... de plus en plus acculés par un capitalisme qui resserre les mailles du filet marchand, par des Etats qui font très bien le jeu des financiers, par un environnement dégradé à un niveau jamais vu à ce jour. Nos efforts ne vont pas se relâcher. Avant, pendant, ou après les urnes. Dans cette lutte là, chaque acte a du sens. Pour moi, l’appel politique à l’abstention libertaire, est déjà un acte politique fort, de transgression, de désobéissance, d’encouragement à chercher les voies du changement radical de civilisation autrement que par la personnalisation médiatique, et la structuration verticale de l’organisation politique (ce qu’est l’Etat) et du changement espéré, qui ne viendra pas.

    Pour finir, je voudrais dire que je ne comprend pas l’idée selon laquelle il y a urgence aujourd’hui -plus qu’hier- à prendre position pour Bové, vu l’état de la situation. C’est ce que l’on nous a dit en 2002, pour le deuxième tour des présidentielles. Faut-il faire remarquer ici que la multiplication des listes ne va certainement pas inquiéter droite et extreme droite ? Si pour l’instant votre liste ne roule pas pour le PS, que déciderez vous au 2ème tour ? Et si l’état d’urgence est d’ordre écologique, Nicolas Hulot faisait aussi partie des gens pour qui il fallait voter "vu l’urgence"...

    En conclusion, le dialogue est toujours salutaire, la lutte continue mais rien, aujourd’hui, ne me permet de penser que la candidature que vous soutenez est plus porteuse de ruptures qu’une autre. Je ferais donc campagne pour l’abstention libertaire, l’autogestion, la transformation sociale.

    Salutations libertaires, Daniel

    Notes 1 - voir la rubrique "les tribunes" du site www.politis.fr

    • Le mot d’ordre est solidarité. Je m’engage sur ce mot avec le risque de me tromper. Vous préférez garder votre pureté doctrinale dans l’inaction. Chacun ses choix. Croyez vous que les victimes du libéralisme ont le temps d’attendre la solution parfaite qui répondra à tous vos critères anticapitalistes.

      Curieusement, vous rejoignez Olivier Besancenot. Ce n’est pas un compliment.

      Voir en ligne : Révolution citoyenne

      • La seule action possible est-elle de mettre un papier dans une urne ?

        Taxer des militants qui agissent au quotidien d’inaction ?

        Les anarchistes n’ont pas attendue un "messie" pour agir ; agir ici et maintenant.

      • Peut-on être libertaire et voter ? 4 février 2007 22:09, par Romain Constant

        Il ne s’agit pas de pureté doctrinale mais de cohérence. On ne peut prétendre se réapproprier la politique en la déléguant à d’autres. En tant que libertaire, je ne pense pas que les victimes du libéralisme ont le temps d’attendre la solution parfaite, et c’est la raison pour laquelle je milite pour qu’ils gèrent leur vie eux-même, ici et maintenant. Attendre que le salut vienne du Messie qui sortira - peut-être - un jour des urnes ou bénéficiera - peut-être - d’un strapontin dans une nouvelle gauche plurielle ne me semble pas plus conséquent que l’inaction. Au lieu d’élire, il faut agir. On ne luttera pas contre le libéralisme et surtout pas contre le capitalisme en nous dégageant de notre responsabilité sur des leaders aussi bien intentionnés soient-ils. Parce que nous n’avons plus le temps d’attendre, justement, récupérons collectivement, aussi rapidement que possible, les moyens de production pour enfin gérer la société et l’économie dans un sens conforme aux intérêts de tous.

        • Peut-on être libertaire et voter ? 7 février 2007 17:00, par Ebag

          “Au lieu d’élire, il faut agir”

          Pour moi l’opposition agir vs elire est un faux débat. L’un n’empeche pas l’autre.

          Dans le combat qui est le vôtre qu’avez vous à perdre à user de toutes les armes ?

          Ebag

          • Tout à fait d’accord : il n’y a pas à choisir entre les deux : voter c’est aussi agir.

            Certes on peu douter de la portée du vote ! : hé bien si il n’a pas de portée : pourquoi ne pas voter ? et si il a une portée pourquoi ne pas voter ?

    • dommage que monsieur jose bove n ai pas en temps voulu accepter le verdict du vote des militants des divers mouvements qui formaient le mouvement anti liberal quand on est d accord sur le principe de faire voter le plus democratiquement les gens bien souvent le vote rendu est tout autre que celui que l on souhaitait pour moi c est clair que cette candidature de plus si elle recoit les 500signatures rien est fait pour l instant la gauche ne sortira pas grandis heureusement pour monsieur bove qui je le concois a represente un homme de lutte les enfants de 3ans a leur majorite ne vote pas car mc pour eux c est fort

    • EXTRAIT DU BLOG SOSHEDONISTE

      " J’aimerai que ONFRAY interpelle les plus grands propriétaires de l’industrie, de l’agro-alimentaire et des médias. J’aimerai, à la place du pseudo divertissement d’Esprits libres sur France2, un VERITABLE DEBAT avec : Bill Gates, François Pinault, Liliane Bettencourt, Serge Dassault, la Reine d’Angleterre, Rupert Murdoch, le prince des Emirats, j’en passe et des meilleurs ... Est que ces gens multi-milliardaires en dollars votent ils encore ? Sont ils hédonistes et fréquentables par ONFRAY ? Quel futur souhaitent les plus grosses fortunes mondiales pour une majorité largement soumise et exploité ? Où sont ces grands décideurs pour répondre de leurs actes, faire part de leurs existences ? Où sont les journalistes, les historiens, les sociologues, les élus pour les solliciter, les convoquer. Pourquoi ne les voit on jamais lors des campagnes électorales ? Les candidats à l’élection ne sont que des communicants d’une économie omnipotente et décisive sur l’existence des populations. Actuellement, ONFRAY aurait pu être la meilleure personne pour mettre en pratique ce qu’il dénonce. Au lieu de ça, il préfère raconter sur son blog ces petites disputes de voisinage pour dire à quel point il prend des risques en tant qu’intellectuel. M est comme Dieu : impuissant devant la misère du monde. Qui est le maître de Dieu, qui est le maître de M ? Certains grands noms doivent rigoler dans leurs tombes, en attendant je dois vivre avec mon époque et me dire tous les jours que j’ai de la chance de vivre

      Voir en ligne : http://soshedoniste.over-blog.com

  • Enfin des libertaires avec les pieds sur terre et... la tête (toujours) dans les étoiles !

    Enfin des libertaires qui parlent politique et non dogmatisme !

    Encore un effort, camarades libertaires, et vous arriverez enfin au XXIème siècle !

    • Ah, l’accusation de "dogmatisme", quelle scie ! Du même niveau que les libéraux qui accusent les salarié-e-s grévistes qui défendent leurs droits de "conservateurs", "d’archaïques"...

      Il ne s’agit pas de délivrer des brevets d’anarchisme, la pluralité des opinions étant le seul moyen d’avancer, mais quand des libertaires soutiennent une candidature, cela me fait penser à ces "végétarien-ne-s" qui continuent à manger du poisson... Les pesco-végétarien-ne-s sont des pseudo végétarien-ne-s.

      À provocation, provocation et demie...

      Kriz Kardiak

      • Bien d’accord : le "sans dogmatisme" fait penser au "sans tabou" de Nicolas Sazrkozy.

        Toutes les idées sont possibles, mais elle ne sont pas toutes positives, elle ne sont pas toutes des avancées.

        Par contre les idées pures sont toutes dangereuses !

        Un écolo qui a mangé un big mac Un altermondialiste qui a voté OUI au dernier référendum Un socialiste qui dit Bayrou partage des idées avec nous Un UMP qui penses que Ségo la meilleure des socialiste Un facho qui hésite à voter Marie George

        Ce sont les gens "impures" qui porte le débat !

  • oui 5 février 2007 19:35

    on peut. parce que ce ne sont pas des militants qui se rassemblent, mais des gens décidés à ce que ça change, sans attendre les partis, et en se méfiant de leurs logiques de pouvoir. José Bové n’est pas le messie, c’est un drapeau. Ce n’est pas lui qui gagnera la bataille, mais ceux qui le portent. Il l’a dit lui-même : rien ne se fera si chacun d’entre nous ne bouge pas son cul pendant et après les élections. Alors, on bouge ensemble, maintenant, et ne vous inquiétez pas, camarades, il va y avoir du boulot pour préserver l’autonomie politique du mouvement qui émerge. Et on aura besoin de tous les libertaires, car ils sont les seuls à avoir construit une critique du pouvoir en tant que tel. Voyons maintenant si on est capable de travailler ensemble, sans prêchi-prêcha...

  • Communiqué FA CGA GDALE : Il n’est pas de sauveur suprême ! 10 février 2007 10:01, par Fédératiopn anarchiste

    Il n’est pas de sauveur suprême !

    L’hebdomadaire Politis daté du 1er février 2007 publie une tribune intitulée "Peut-on être libertaire et soutenir la candidature de José Bové ?" Cet appel aux libertaires cosigné par Michel Onfray et Yannis Youlountas entend nous convaincre d’accorder nos faveurs électorales au dernier candidat en date à la Présidence de la République, en l’occurrence le syndicaliste et médiatique José Bové.

    La lecture de cet appel nous laisse perplexe et nous interroge, non pas que nous n’ayons jamais été conscient du potentiel déterminant de l’électorat libertaire, d’ailleurs ce n’est pas la première fois que l’on vient solliciter les suffrages libertaires mais plutôt sur la pertinence de la candidature de José Bové et surtout sur les stratégies et les finalités politiques qui en découlent.

    En effet les libertaires n’ont pas l’habitude de voter. Ils ne défendent pas l’abstentionnisme en vertu d’une tradition ou d’un dogme quelconque, mais parce qu’ils militent pour une société où les décisions sont prises par tous plutôt que confiées à quelques spécialistes par une délégation de pouvoir. En tant qu’anarchistes nous privilégions la recherche du consensus, mais nous ne rejetons pas a priori le vote comme un moyen parmi d’autres de gérer la vie collective. Aussi, si nous exprimons avec une certaine constance notre refus d’élire et notre boycott des urnes, c’est d’abord que nous ne souhaitons ni encourager, ni légitimer l’escroquerie électorale et démocratique. Ensuite nous sommes convaincus que quelque soit le candidat élu et son programme, aussi courageux et sincère soit-il, il ne pourra s’attaquer concrètement et efficacement aux fondements mêmes de la société d’injustice et d’oppression.

    A chaque échéance électorale, on nous promet le candidat du changement, de l’alternative, de la rupture et de la révolution... Alors que le battage médiatique et la surenchère démagogique atteignent des sommets, est-il vraiment nécessaire d’ajouter à la confusion et au bourrage de crâne au nom d’une hypothétique et incertaine urgence politique la candidature autoproclamée des luttes et des mouvements sociaux (d’autant plus que nous aurons une fois de plus droit aux candidatures de rassemblement des concurrents Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, et du lambertiste Gérard Schivardi).

    Encore une fois nous constatons que la vieille chimère du prolongement politique et électoral des luttes sociales et de la transformation de la société par la prise du pouvoir étatique reste malheureusement bien vivace. Cette logique illusoire et dangereuse a le goût amer du déjà-vu : de la conception totalitaire marxiste-léniniste des Lénine et Mao, à la conception gestionnaire de la social-démocratie des Mitterrand et Blair en passant par des versions bâtardes des Lula et Chavez, toutes démontrent implacablement que toute volonté de transformer la société par la prise du pouvoir aboutit au mieux à la gestion tranquille du capitalisme, au pire à des dictatures tragiques.

    Les anarchistes développent et luttent pour une conception toute différente de la transformation de la société actuelle qui s’oppose à la conquête du pouvoir tout autant par la violence que par les urnes et propose des perspectives concrètes d’organisation que sont l’autogestion, le fédéralisme et le communisme libertaire.

    Les libertaires participent de toutes leurs forces aux mouvements de résistance et de transformation de la société, et ceci dans toute la diversité de leurs sensibilités et de leurs tendances qui les caractérisent et nous savons aussi dans les combats que nous menons nous associer et lutter en commun avec des non-libertaires. Pour autant, nous restons lucides et ne voulons pas nous retrouver instrumentalisés par des causes que nous ne cautionnons pas. Parmi celles-ci, aucune bonne raison ne nous convaincra de donner notre blanc-seing et notre soutien à une quelconque candidature à la magistrature suprême de l’appareil d’Etat d’autant plus que conformément aux déclarations de José Bové et Michel Onfray, ceux-ci appelleront de toute façon à voter pour la candidate du Parti socialiste au second tour des présidentielles.

    Nous ne pouvons accepter de soutenir cette initiative trompeuse en contradiction avec notre conviction fondamentale que les moyens doivent être compatibles avec les fins et que la fin ne justifie pas les moyens. Aussi, nous nous impliquerons à notre manière dans cette campagne, en popularisant les concepts d’abstention active, révolutionnaire et libertaire, c’est à dire la promotion de l’action directe menée par les individus eux-mêmes dans une perspective de rupture avec cette société qui n’est pas réformable.

    Le 9 février 2007,

    Fédération anarchiste

    http://www.federation-anarchiste.org/

    relations-exterieures(a)federation-anarchiste.org

    Coordination des groupes anarchistes

    http://www.c-g-a.org/

    relationsexterieures(a)c-g-a.org

    Groupe des anarchistes de Lille et environs

    http://lille.cybertaria.org/

    1groupeanarlille(a)no-log.org

  • Les déclarations se suivent … mais ne rassemblent pas ! (Bis repetita et nouvelle réponse à Michel Onfray)

    Dans Libération du 4 décembre, vous appeliez de tous vos vœux et de leurs six prénoms « Marie-George, Clémentine, José, Olivier, Patrick, Yves », tou-te-s les candidat-e-s potentielles de l’anti-libéralisme, à réaliser l’unité salvatrice et porteuse d’espoir ( ?)… Faisant fi des difficultés rencontrées dès cette époque, quand il s’agissait d’entrevoir une candidature et commune, et souhaitée, vous vous entêtiez alors à la présenter comme l’Alpha et l’Omega de notre vie future et la solution à tous nos maux ! Dans cet article, vous nous asséniez que « la gauche qui gêne la droite, c’est celle que nous ( représentons ), je dis nous autrement dit : nous, qui à gauche, avons voté non à cette constitution… » : Marie-George, Clémentine, José, Olivier, Patrick, Yves et quelques autres, probablement, faisaient partie de la kyrielle des représentant-e-s de ce NON et, partant, de cette gauche… Dans cet article, à propos d’Olivier, vous écriviez « J’aime son talent, son intelligence politique, sa vivacité, sa connaissance des dossiers, sons sens de la répartie. J’aime qu’il célèbre Louise Michel dans les colonnes de Libération … » tout en vous empressant de lui reprocher « son actuel refus de vouloir participer, coûte que coûte, à un rapprochement avec la social-démocratie ? » Quant à Marie-George, « femme d’appareil », sous votre plume elle n’échappait pas plus aux critiques et griefs lancés à l’encontre d’Olivier. Je vous avais fait parvenir, en réponse, un texte dans lequel je vous précisais, entre autres choses, que « les élections, (…,) ne permettent pas, (…), de régler les questions d’iniquités sociales et/ou économiques, puisqu’elles se donnent un cadre à la fois institutionnel, politique et moral et qu’elles s’y inscrivent totalement. Dans le champ de l’électoralisme aucune transgression n’est permise ! » et, je vous avais proposé « de lancer un appel non pas aux « six » mais à toutes celles et tous ceux qui ne se reconnaissent plus dans cette société et qui s’apprêtent à la combattre ailleurs que dans les urnes. » Inutile d’insister sur le fait que ma demande n’a pas été entendue. Mais je dois avouer que je ne me faisais aucune illusion ! En revanche, depuis ce « poulet » du 4 décembre, vous avez été fort prolixe, au point de déclarer tout et son contraire, tellement vous consentez à vous répandre dans tous les medias… Dans votre Chronique mensuelle (N°20 du début janvier 2007), vous avez stigmatisé la « gauche de la gauche » et les état- majors de la LCR et du PCF. José Bové n’a pas plus échappé à votre critique. Vous l’avez habillé pour le printemps des « habits (trop grands pour lui ?) du général De Gaulle ». Pire vous lui avez reproché d’abandonner « le terrain pendant la bataille »… Et comble du mépris, vous vous êtes permis de réduire « l’appel du 18 juin » de Bové « au démontage d’un préfabriqué américain de boîtes à mauvais casse-croûtes » La LCR, sous votre plume, se voit en gauche antilibérale « grosse comme un bœuf » quand, avec cette façon de faire, elle se limite à faire de cette gauche « une grenouille naine » Le PCF, reste à déstaliniser, dîtes-vous, car il aurait bourrer les urnes des comités et aurait noyauter le mouvement… Vous laisser entendre qu’il s’est agi d’un « Coup d’Etat » de « l’ancienne habituée du cabinet de Geoges Marchais » ! Pour ne pas nous laisser en reste, vous avez ajouté dans votre jeu de quilles, l’anarchisme en le taxant, au même titre que le gauchisme, d’être à la fois une sorte de kantisme saupoudré d’infantilisme ! Probablement que vous faites allusion à cette affirmation kantienne qui énonce que « …Tout homme est responsable de tout devant tous… » , affirmation reprise par Sartre , quand il écrit « …Tout ce que je fais est probablement voué à l’échec, mais je le fais quand même parce qu’il faut le faire. » Ce que vous faites, Monsieur Onfray, est aujourd’hui voué à l’échec cuisant des résultats au soir du premier tour. Ça vous le savez, vous qui écriviez sans sourciller, en décembre dans Libération : « comment peser au maximum pour infléchir à gauche une formation, le Parti socialiste, tentée par le centre, sinon la droite, car elle sait ces contrées plus propices à asseoir sa majorité dans les urnes ? Non pas comment avoir un président issu de la gauche antilibérale, ne rêvons pas… » ! Vos remarques et reproches, en conviendrez-vous, sont à la fois fort discutables, trop peu étayées selon mon point de vue, et le plus souvent marqués du sceau du mépris. Le mépris de ceux qui ont du « pouvoir », de l’entre gens et toutes les facilités quand il s’agit de recourir aux medias. Mépris que vous distiller, dans le confort de celui qui sait que toutes les critiques qui pourraient vous être portées ne pourront jamais emprunter les boulevard médiatiques qui vous sont offerts ! Dans le Nouvel Obs (N°2203 - 25 au 31/01/2007) vous nous avez servi une autre soupe sous le titre « A quoi sert l’extrême gauche ? » Vous y déclarez, une fois de plus, faire partie d’une « sensibilité hors cadres, hors partis, une gauche libertaire ou libre (…), qui, hors appareil, se soucie du peuple, du prolétariat, de la justice sociale ». Un peu plus loin vous ajoutez « On peut donc être, ce qui est mon cas, antilibéral et défenseur du capitalisme ». Ben voyons ! Et pour ne rien laisser dans l’ombre d’un Curriculum Vitae digne du dernier des bonimenteurs politiciens, vous ajoutez « Je défends la constitution de 1958. Je suis gaullien, "gaullo-gauchiste "… ». N’en jetez plus, la coupe est pleine. Et pourtant vous la faites déborder la coupe, quand vous ajoutez , à propos de la " Présidentielle " « …c’est, de fait, la rencontre d’un homme et d’un peuple » et, vous semblez regretter qu’elle soit devenue « …une affaire de partis politiques et d’état-majors. ». Et vous le « libertaire autoproclamé » vous stigmatisez cette « espèce de pudeur libertaire du " je voudrais bien le pouvoir mais j’aimerais qu’on me le donne sans faire ce qu’il faut pour l’avoir" ». Mais comment se fait-il que vous puissiez à ce point mépriser notre courant d’idée, l’anarchisme, au point de le travestir, de le couvrir d’opprobre et de le disqualifier. Comment pouvez-vous Monsieur Onfray, vous réclamer d’un champ idéologique et vous appuyer au besoin sur certains de ses penseurs (Bakounine, Proudhon, L. Michel…) en prenant grand soin de les trahir et les idées pour lesquelles elles et ils luttaient. Des idées pour lesquelles, Monsieur Onfray, nous continuons à nous battre quand nous investissons le champs des luttes sociales, loin des mascarades de l’électoralisme ! Pour finir, dans une tribune parue dans Politis ( N°937 - 1er au 7/02/2007), avec Y. Youlountas, vous posez la question « Peut-on être libertaire et soutenir la candidature de José Bové ? » Poser la question, revient pour vous à y répondre OUI, bien évidemment. Et pourtant, une fois encore, une fois de plus, serais-je enclin à penser, vous ne vous privez pas de brouiller les pistes. José Bové, voué par vous, dans le courant janvier, aux gémonies se voit maintenant paré des plumes du paon. « Il n’a rien d’un tribun volubile depuis sa tour d’ivoire » et vous ajoutez « ses actes vont de pair avec ses paroles, et son courage politique a fait sa réputation ». Vous faites probablement allusion à « l’appel du 18 juin » de Bové qui se limitait au « démontage d’un préfabriqué américain de boîtes à mauvais casse-croûtes » . Décidément, vous ne reculez devant aucune contradiction. Et, suivant le prétexte qu’il n’y a que ceux qui ne disent rien qui ne se trompent jamais, vous continuez inlassablement à dire, à vous répandre et à la fin vous fatiguez tout le monde. Ce qui, un temps, pouvait passer pour du courage, représente aujourd’hui, chez vous, la marque d’un opportunisme et d’un « à peu près » idéologique de la pire des espèces. Que Bové ait été élevé au lait de Bakounine, cela ne lui confère pas pour autant une légitimité. Quant à « aller défier jusque dans les urnes les pouvoirs politico financiers » c’est, Monsieur Onfray, une de vos lubies actuelles, mais ce n’est aucunement la triste vérité historique. L’histoire des Hommes et des idées politiques nous a enseigné que les isoloirs, les urnes et les politiciens - toutes tendances confondues - ont été (toujours) les meilleurs remparts contre la transformation de la société en profondeur. Des digues dressées devant les peuples asservis afin de permettre aux nantis (étatistes et capitalistes confondus) de pérenniser leur Pouvoir et de faire fructifier leur capitaux. Dès lors que vous consentez à considérer qu’ « il (soit) assez étonnant, au premier abord, de songer que des libertaires puissent désirer agir en ce sens … », j’ai, je suppose, le loisir de rectifier « puisse désirer élire » ! Et, dans le même sens, j’ajoute que la "campagne unitaire anti-électoraliste des libertaires" a fait sien le slogan « AGIR AU LIEU D’ELIRE ». Votre tribune, en forme d’appel, est un mauvais succédané de "l’appel aux anarchistes" lancé jadis par Pelloutier et Pouget qui invitait les camarades à investir la CGT syndicaliste révolutionnaire, antipolitique et anti-étatiste, non pas pour aller aux urnes mais bien pour faire la Révolution ! Non Monsieur Onfray, les anarchistes ne feront pas les concessions électoralistes auxquelles vous conviez tous les citoyens. Non Monsieur Onfray, les circonstances ne sont certainement pas plus exceptionnelles qu’entre les deux tours de 2002, quand nous fûmes conviés au spectacle affligeant du « Tous avec le voleur » ! Circonstances exceptionnelles disaient-ils alors. 82% pour Chirac, un plébiscité à la clef et la légitimation pour les cinq années qui suivirent de la pire des politiques anti-sociales… Je me permets de retranscrire ici des éléments d’un texte qu’un « camarade » prénommé Daniel a déposé sur le site de l’En Dehors en réponse à la tribune que vous avez fait paraître dans Politis. « …Vieillottes conceptions auxquelles on s’arc-bouterait ? Moins discutables pourtant que votre chimère de la prise de pouvoir pour changer radicalement l’ordre des choses. Mieux : c’est cette illusion dramatique -le bonheur passe par l’Etat- qui a hypothéqué durablement dans l’esprit de nos compagnes et compagnons d’injustice tout projet de transformation sociale. Aujourd’hui, les zapatistes ne disent pas autre chose en réorganisant la vie de manière horizontale. L’essayiste irlandais John Holloway (qui n’est pas anarchiste) ne dit rien de plus lorsqu’il explique que l’on doit "changer le monde sans prendre le pouvoir", parce que le modèle révolutionnaire qui passe par la prise du pouvoir est en crise. Nous sommes, nous aussi, libertaires, malgré notre ténacité, nos efforts quotidiens, notre impatience... de plus en plus acculés par un capitalisme qui resserre les mailles du filet marchand, par des Etats qui font très bien le jeu des financiers, par un environnement dégradé à un niveau jamais vu à ce jour. Nos efforts ne vont pas se relâcher. Avant, pendant, ou après les urnes. Dans cette lutte là, chaque acte a du sens. Pour moi, l’appel politique à l’abstention libertaire, est déjà un acte politique fort, de transgression, de désobéissance, d’encouragement à chercher les voies du changement radical de civilisation autrement que par la personnalisation médiatique, et la structuration verticale de l’organisation politique (ce qu’est l’Etat) et du changement espéré, qui ne viendra pas. »

    Un simple rappel des positions anarchistes qui tend en quelque sorte à démontrer que les luttes et les micro résistances auxquelles vous faites allusion ne sont pas étrangères à nos préoccupations et, mieux, elles en sont le noyau, la pierre angulaire. Nous n’abandonnons jamais le terrain des luttes comme certains le font en périodes électorales. En effet, même quand les candidat-e-s ne sont pas « converti-e-s à l’ambition suprême », ils-elles sacrifient tout à la sacro sainte loi de la « responsabilité » , ils-elles communient dans la même dynamique de la « démocratie représentative » (et ou participative), et ils-elles abandonnent le terrain de l’affrontement de classes pour participer à la grande messe du « choix démocratique » sous les sunlights accueillants de la société du spectacle.

    Edi Nobras 3 février 2007

  • Ce n’est pas de l’antilibéralisme qu’il faut, c’est de l’anticapitalisme !

  • "Depuis un mois, à travers vous, un vent nouveau souffle sur la politique française. Une brise salutaire parmi les débats convenus et les logiques d’appareils. Un air frais et vivifiant dans une société en proie au désarroi et à la lassitude. Ce vent, c’est votre parole." José Bové.

    Il peut être le trait d’union entre tous ceux qui veulent que ça change vraiment, le trait d’union entre les exigences sociales, écologiques, solidaires et démocratiques qui convergent. Il ne se veut pas comme un "homme providentiel" mais est déterminé à rendre la parole aux citoyens, à l’être humain. Connu de tous pour ses combats de militant syndical, il est l’un des plus à même de faire entendre et partager au plus grand nombre les aspirations et contributions de chacun pour en finir avec l’exploitation, la misère, le pillage et la destruction de la planète et mettre en oeuvre une société de coopération, de justice, de solidarité, de liberté et d’humanité.

    Ce n’est pas le candidat d’un parti dont on doit suivre servilement la politique, mais un meneur de jeu dans un mouvement de coordination d’individus et de collectifs anti-capitalistes, écologistes, syndicalistes, communistes, socialistes, altermondialistes, alternatifs, libertaires, coordination banlieue, électrons libres et autres motivés divers et variés.

    Contrairement aux apparences, il n’est pas question d’élire un président ni de participer à cette compétition publicitaire. Le prétexte n’est pas important lorsqu’on est décalé dans une perspective de changement qui n’est plus spectaculaire. Il serait stupide de croire que tout le monde puissent se convertir à nos convictions. Il est temps de sortir de sa petite famille politique engluée dans ses habitudes compétitives et ses croyances réductrices, et de se remettre en question en se recomposant avec les différences des autres dans une co-dérive structurelle d’où émergera des changement inévitables.

    Il s’agit aujourd’hui d’investir et de s’approprier ce nouvel espace social libéré des contraintes partisanes et politiciennes, dans une mouvance collective variée et incertaine où tout est à faire. Il devient possible d’utiliser ce rassemblement coopératif afin d’y développer des pratiques libertaires et d’y expérimenter au cours du vécu de ces relations imprévisibles, la démocratie direct à échelle humaine.

    Quand on est plus obligé de choisir de s’agripper à ses certitudes, il devient possible de coopérer avec les autres, sans programme prédéterminé et sans savoir où l’on va, dans une recherche de synchronie où de multiples dérives libertaires deviennent réalisables.

    Plutôt que de s’affronter sans espoir aux forces de destruction, il s’agit ici d’initier un processus de solution constructive. Notre tactique consiste à inventer des libertés en s’appropriant les problèmes sans se faire influencer par les théories déterministes et autoritaires, afin d’altérer la difficulté ou la façon inefficace de la surmonter, dans une perspective imprévue qui rende possible d’expérimenter différemment la situation en mouvement. Le monde sera la conséquence de nos expérimentations.« Soyons réalistes, inventons les possibles ».

    Lukas Stella inventin.lautre.net

    • franchement bové à t-il une chance de faire plus 4 pourcents ?combat inutile,perte de temps.Effectivement que me couterait il de mettre un bout de papier dans l’urne...J’ai mieu à faire dans la rue,véritable terrain de combat,je n’ai pas besoin qu’un porte parole vante mes actions au monde. oh mais non,pour une fois qu’on à une chance de faire passer nos idéés,sortir du dogmatisme anarchiste,d’être réaliste enfin.va voter !! mon probleme n’est pas le vote,ni l’urne,je ne cherche pas un concensus.Je suis au contraire réaliste,un tel vote dans une telle société n’aboutirait à rien à part un coup de pub auquel semble s’attacher les différents partits troskistes.Si le vote dans nos sociétés démocratiques faisait changer les choses celà fairait longtemps qu’il serait interdit...

  • Extraits de l’ouvrage de Paul Ariès José Bové : le candidat condamné, la décroissance dans la campagne (Editions Golias, mars 2007) Ce texte peut être librement reproduit avec indication de la source.

    Sept ans après le fameux démontage du McDo de Millau, José Bové sera-t-il à même de démonter le système politique français entre une droite porteuse d’un véritable projet d’importation de la révolution conservatrice mondiale et une gauche exsangue incapable de concilier les contraintes écologiques et la justice sociale par un retour au politique ? (…) Comment ces citoyens qui se reconnaissent dans l’objection de croissance, ces casseurs de pub et autres déboulonneurs en guerre contre la société de consommation, ces militants devenus hostiles non seulement au capitalisme mais à toute forme de productivisme de droite comme de gauche et d’extrême gauche pourront-ils se reconnaître dans cette campagne issue du seul antilibéralisme ? (…) Rien n’est acquis lorsqu’on constate de quelle façon ce segment de l’antilibéralisme le plus proche des idéaux des objecteurs de croissance s’allie avec certains symboles de la gauche scientiste comme Michel Onfray ou use des recettes du marketing politique avec Yannis Youlountas.

    Bové : une candidature de la décroissance qui ne dirait pas son nom ? José aurait pu être le candidat de la décroissance aux présidentielles. Bové ne l’est pas. Il a gentiment décliné notre offre préférant croire en sa chance avec les seulement antilibéraux. Que l’on s’entende bien : nous sommes tout autant anti-libéraux et même anti-capitalistes que les antilibéraux d’ATTAC (contrairement par exemple à Michel Onfray qui rêve de capitalisme-libertaire) mais nous ne sommes pas seulement que cela puisque nous refusons, avec la même fougue, le productivisme qu’il soit de droite, de gauche ou même d’extrême gauche. On ne reviendra pas sur les turpitudes des collectifs antilibéraux à la recherche d’une vaine alliance sur la base d’un double compromis incluant un parti toujours productiviste comme le PCF... Les communistes ont d’autres talents et certains objecteurs de croissance en viennent (comme moi) ou même y sont toujours, convaincus que son bagage est autrement riche... Je veux bien le croire d’ailleurs lorsqu’on parle ensemble de défendre la sphère de la gratuité.

    Bové ne sera pas le candidat de la décroissance car son programme ne l’est pas. José n’est pas encore le candidat de tous les Objecteurs de croissance car sa méthode irrite. Bové, le « candidat condamné » n’a pas voulu assumer l’héritage de « Dumont, le visionnaire ».

    (…)

    Le bovétisme est-il soluble dans le marketing politique ?

    La campagne Bové ne risque pas de passer inaperçue. Le bonhomme crève l’écran et aime cela. Fallai-il cependant jouer avec cette sur-médiatisation ou au contraire s’en garder ? Les élections présidentielles ne sont-elles pas les plus mauvaises pour l’éthique de la décroissance ? Quel type de campagne électorale un objecteur de croissance peut-il mener ? Comme disait le vieux Hegel le fonds n’est-il pas le simple développement de la forme ? Quel sera donc le programme de Bové au-delà de la soumission aux 125 propositions antilibérales ? De quoi souffre la gauche française ? Suffit-il qu’elle soit simplement plus à gauche pour réussir ?

    Le secret de la campagne Bové tient dans les thèses de ses plus chauds partisans. Yannis Youlountas, né en 1970, « philosophe libertaire », animateur culturel et auteur d’un ouvrage de synthèse sur les cafés-philos préfacé par Edgar Morin, est l’un des intimes de José. C’est lui qui pensa et organisa le rappel du candidat via le lancement de la pétition virtuelle. L’homme est aussi connu dans les milieux militants pour ses écrits sur la démocratie : « L’heure est à la manipulation de masse, mère de tous les totalitarismes. La pseudo démocratie étant représentative, vive l’image ! Celle-ci prime sur l’idée, la vedette sur le projet. Alors on zappe les bustes politiques comme les chaînes. La qualité est sans grand changement mais distrait l’oeil et l’oreille, et surtout l’espace d’une campagne électorale, on se prend à croire à son pouvoir d’intervenir sur le cours des choses par son seul bulletin de vote. Vive la démocratie digitale ! Celle du doigt sur la télécommande et du thermomètre de l’audimat nous sondant au creux de nos fauteuils cliniques. La démoscopie est une coloscopie » ; « La démocratie du XXIe siècle s’est transformée en démoscopie. Chaque citoyen-spectateur entre en hypnose dans la danse des ombres, pétrifié dans le chant des sirènes, le gosier ouvert sur l’entonnoir céleste (...) La démoscopie infantilise l’homme et le citoyen dans un triangle oedipien propre à ses repères immédiats et allégoriques ? Placé ici entre un père politique et une mère expert, le citoyen est maintenu dans une délégation croissante de ses responsabilités réflexives et décisionnelles. »

    Yannis Youlountas le dit : la seule échappatoire à la démoscopie-coloscopie serait la démosophie. L’objecteur de croissance et le politologue que je suis approuvent totalement le philosophe-poète. La démocratie ne se juge qu’à l’aune de la qualité de la délibération (du débat citoyen). Sans débat c’est à dire sans dissensus, le vote devient un acte privé de toute sa signification. Un bon candidat José serait un candidat qui donnerait à penser en faisant dissensus. On ne nous interdira pas de penser que, pour cela, il faut des idées fortes et que celles proposées par la décroissance sont suffisamment des mots obus pulvérisant l’idéologie dominante pour être efficaces...Un mauvais candidat Bové empêcherait de délibérer en faisant trop consensus. Le risque n’est pas que José finisse par penser en rond mais qu’il bégaie une vieille rengaine. Les 125 propositions ne sont pas à la hauteur des enjeux et les gauchir ne sert fondamentalement à rien. Parmi les moyens données en exemple par Yannis Youlountas pour amener à penser : « D’autres structures plus informelles sinon anonymes emploient depuis longtemps ces méthodes dans une vue cependant plus révolutionnaire que réformiste, à commencer par les multiples mouvances libertaires et/ou écologistes, comme les groupes de la fédération anarchiste, de No Pasaran ou, plus récemment de casseurs de pub et du réseau décroissance. » Yannis Youlountas, l’éminence grise de Bové n’aime pas la démoscopie. Nous non plus. Mais face à cette démoscopie-coloscopie deux solutions : soit la contourner soit en jouer...

    La contribution de Yannis au Collectif national du 7 novembre 2006 est instructive et inquiétante. Ce texte intitulé Arguments concrets pour la désignation de José Bové est un petit bijou de démoscopie appliquée sous couvert de chercher quelle candidature serait la plus efficace. Le « philosophe poète » métamorphosé en stratège politico-commercial s’y livre en effet à une véritable étude de marketing politique sur la meilleure façon de vendre du « José Bové. » Comme tout expert en communication, il commence par segmenter son marché électoral. Pour les jeunes : « Il n’y a que José qui puisse faire l’événement et produire un effet « Coluche » chez ces abstentionnistes purs et durs. La candidature atypique de Bové, son côté rebelle à leurs yeux, du genre « Che Guevara » présente un fort potentiel de séduction chez les jeunes (qu’ils soient bobos ou exclus du système) » Pour les vieux : « Nos aînés semblent voir d’un meilleur oeil le côté béret-baguette-roquefort-moustache de Bové que les apparences plus lisses ou académiques des autres candidats potentiels de l’Union antilibérale. Bref les petits vieux préfèrent Bové. Et on sait que cet électorat pèse lourd. » Pour les intellectuels : « Les intellos (...) ont une excellente image de la résistance évoquée par José Bové (...) Ils le connaissent comme un homme anglophone qui voyage beaucoup de par le monde, dont la lutte est universelle, et cela les rassure par rapport au fantasme de certains « nonistes » : celui d’un repli sur soi et d’une raison d’Etat qui justifieraient de privilégier nos intérêts nationaux à n’importe quel prix, ce qui est à l’opposé du discours de José. »

    Le stratège de José enchaîne, tel un Séguéla vendant son produit à des électeurs flottants : « Bové représente un crédit d’image nécessaire pour gagner puis sortir de ce système ». L’homme est trop intègre pour ne pas sentir la démoscopie lui bouffer sa chère démosophie. C’est pourquoi, il ajoute que « pour qu’un autre monde soit possible, il nous faut passer (une dernière fois ?) par une figure charismatique capable d’être le nom rassembleur d’un mouvement sans chef mais avec un symbole en porte-étendard. Soyons sincères et lucides : seul José Bové peut être le symbole. Lui seul peut apporter la cerise sur le gâteau d’une dynamique qui s’inscrit malheureusement encore dans le cadre des institutions de la cinquième République, ce qui signifie que la puissance de l’image passera autant sinon plus que celle du discours. Pourquoi donc nous priver de ce formidable atout qui est l’entrée sur la scène politique de José Bové. »

    Il faudrait donc accepter une dernière fois… la personnification du candidat et la démoscopie. Les Objecteurs de croissance ne sont pas plus des enfants de chœur que ceux de Bové mais on ne nous fera pas le coup de « la fin qui justifie les moyens » ni celui du « sauveur suprême »… même à la sauce roquefort. Les dérives électorales sont inévitables. Nous ne nous leurrons pas. Mais faut-il en rajouter ? Quelle sera l’opinion des collectifs locaux et des militants enragés ?

    Rien ne serait pire que de croire retourner contre le système sa propre logique médiatique... Qui croit jouer avec les lois de la démoscopie finit nécessairement par se brûler les ailes et par couper celles des autres volailles (pauvres humains) non pourvues par la nature pour voler aussi haut. Pour l’efficacité de la campagne de Bové, évitons au maximum sa mamie-novatisation. L’homme réduit à sa moustache et à sa pipe est peut-être un excellent cliché marketing mais nullement un emblème politique dont nous aurions besoin pour notre combat. Les dessinateurs qui nourrissent le site officiel de la campagne doivent remballer leurs crayons. Cette caricature de Bové ne peut être le symbole des millions de sans-voix ni droits. Les slogans qui fleurissent sur le site officiel de campagne (se) la jouent aussi trop « perso ». L’aspect collectif a disparu « Unis avec Bové », « J’ose Bové », « Avec Bové pour gagner », « Avec Bové, demain nous appartient », « ensemble avec Bové un autre monde est possible, construisons-le », etc.

    Ces glissements n’ont rien d’accidentels. C’est volontairement que la bande à Bové a choisi de miser sur sa bonne bouille (et sa moustache gauloise) pour faire le plein d’électeurs flottants. Mais en quoi cette figure du gaulois désormais totalement assumée fonctionnerait-elle ?

    Le bovétisme serait-il un nouveau populisme ? Méfions-nous de ne pas sombrer dans un populisme maquillé en personnalisme gascon. Il s’agit de sortir de l’impasse stratégique de la gauche et non pas de faire le plein des voix. (…) Bové serait-il la « divine surprise » permettant de tondre la brebis Le Pen ? Certains de ses proches veulent y croire et le clament même ouvertement : « L’élan possible de l’Union antilibérale à gauche (avec sa méthode populaire et la moustache « terroir » de José Bové) pourrait faire revenir une partie de cet électorat populaire désabusé sur sa terre d’origine... » ; « José est le seul candidat à pouvoir reprendre à le Pen une partie de l’électorat populaire désabusé par la politique politicienne ; non seulement parce qu’il est le seul à ne pas être membre ou proche d’un parti, mais aussi, tout simplement, par son élocution qui n’est pas dépourvu de quelques imperfections ici ou là (loin du registre des énarques), ce qui ne fait qu’ajouter à sa verve, à sa parole populaire » (in site « Appel pour le retour et la désignation de José Bové ») Ce positionnement est dangereux politiquement et stupide intellectuellement : que Bové puisse récupérer une partie du vote frontiste est une chose mais qu’il faille faire de cette éventualité un enjeu en est une autre, surtout si on devait agir en conséquence par le style de la campagne... (….) José ne récupérera pas l’électorat d’extrême droite car ce dernier est beaucoup plus sérieux et politisé qu’on ne veut bien le dire ou qu’on préfère le croire... On n’a jamais fait reculer le vote Le Pen en expliquant que son parti est xénophobe, puisque c’est bien parce que tant de gens voient en lui un parti raciste qu’ils votent pour lui. Bové ne gagnera pas sur ce terrain car il symbolise tout ce que ces gens détestent. Il ne les convaincra pas car il représente la légalisation des sans-papiers, pas leur exclusion. Il n’évangélisera pas le petit peuple égaré car il symbolise l’égalité, nullement l’identité. Tout cela ne serait pas si grave si cette erreur d’analyse ne conduisait le clan Bové à multiplier les signes (uniquement physiques, à ce jour) pour reconquérir l’électorat Lepeniste. On ne combattra pas les fachos de tout acabit avec la moustache gauloise de Bové mais avec des valeurs. On ne combattra pas les racistes avec le parler populaire de José mais avec des idées. (…) Le bovétisme est-il soluble dans le refus des partis politiques ? Les combats sur le choix du candidat cachent en fait un différend beaucoup plus fondamental. S’agit-il de faire des élections présidentielles et législatives un tremplin pour une recomposition à gauche ou à « gauche de la gauche » pouvant déboucher sur la création d’une force politique ? Quelle serait sinon le projet du moins la nature de ce nouveau mouvement politique ? Bové fait mine de croire que l’échec de la gauche serait du à la trahison de ses chefs. L’empêchement ne s’expliquerait pas par la faiblesse théorique mais par le « patriotisme d’appareil », bref la faute serait celle des partis « A partir du moment où nous ne pouvions plus agir de façon collective parce que le PCF et la LCR jouaient individuellement, je n’avais plus qu’à me retirer, ce que j’ai fait » (Sud Ouest du 26 décembre 2006). La cause en serait « l’émiettement (cette) maladie infantile de la gauche française apparemment incurable ».

    Nous pensons, au contraire, que l’impasse de la gauche est davantage stratégique. C’est à une rupture avec son logiciel qu’il faut travailler et pas seulement à son changement de locataire. Les expériences de gauche furent tout aussi écologiquement dévastatrices que celles de droite. On ne s’en sortira pas tant qu’on refusera de prendre en compte les contraintes environnementales par peur de désespérer Billancourt et qu’on fera de la défense du pouvoir d’achat notre seule ligne Maginot (…) Que pourrait être l’enfant cloné de Michel Onfray et de Yannis Youlountas adopté par José ? Lorsque l’argument suprême en faveur de Bové semble être son absence de lien à un parti. Lorsque sa force principale semble être sa gouaille imparfaite et sa moustache gauloise. Lorsque la vérité en politique commence à se mesurer au nombre de mois passés en prison. Le risque ne serait-il pas d’entraîner le « peuple de gauche » vers une politique dépolitisée ? (…) José Bové rejette avec raison la pédagogie des catastrophes et veut faire de la politique. Il croit donc possible de changer le monde avant que le réel ne nous y contraigne. Nous sommes totalement d’accord sur ce point : rien de bon ne peut jamais sortir d’une catastrophe. Une catastrophe environnementale ferait plus certainement des Sarkozy que des José Bové. Est-ce à dire pour autant qu’il faille taire qu’il y a urgence pour ne pas désespérer les milieux populaires ? Le « catastrophisme éclairé » auquel nous invite Jean-Pierre Dupuy et « l’impossibilité d’une autre croissance » auraient du être au centre de la campagne pour en finir avec les marchands d’illusion. Pour ne pas laisser croire aux « électeurs flottants », si chers à certains stratèges électoraux de José Bové que l’avenir soit à la voiture climatisée pour tous. Etre de gauche ce n’est pas seulement revendiquer le SMIC à 1500 euros tout de suite face à un PS qui le promet pour un peu plus tard, ce n’est pas seulement une question de niveau de vie et de partage du gâteau, sans en changer la recette. Etre de « gauche » ce devrait être de défendre les cultures populaires et le droit de vivre une vie qui ne soit pas régentée totalement par l’argent et les valeurs économiques. (....) La campagne serait vouée à l’échec si le site « Unis pour Bové » continue à accumuler les superlatifs pour en faire un sauveur suprême allant jusqu’à titrer « José, un grand espoir pour les peuples du monde » car par-delà cette posture quasi-messianique qui le campe en « parfait » et en « cathare », en martyr de la cause, en pourfendeur de la malbouffe, en incarnation de l’esprit de révolte, ce qui est grave c’est cette insistance à penser cette autre façon de faire de la politique... Nous ne serons pas de ceux qui vendront du « Bové » comme une figure de l’anti-politique traditionnel. Bové a tout à perdre à se positionner comme l’anti-Buffet ou l’anti-Besancenot. La campagne serait vouée à l’échec si Bové devait continuer à se positionner seulement comme candidat antilibéral, car sa campagne ne pourrait être alors qu’une candidature de témoignage. Espérons que les objecteurs de croissance saurons en tirer les conséquences lors des prochaines échéances électorales. Espérons que, d’ici ces prochaines échéances électorales, nous aurons suffisamment grandi pour être à même de faire vivre la décroissance « hors les murs ».

    Extraits de « José Bové, le candidat condamné » (Editions Golias, 9 euros, BP 3045, 69605 Villeurbanne cedex)

  • NOUS LES EXPLOITES, DEMANDONS A MICHEL ONFRAY D’ARRETER DE VOULOIR ETRE LE PAROLE DES PAUVRES. IL N’EST PAS PAUVRE, IL EST RIDICULE.

    - Les pauvres de l’histoire, exploités de tous et doublement cocus par l’enfant de l’humilité qui ne propose ni le telechargement gratuit de ces cd, et qui, le comble, propose des cours payants de grande cuisine avec des grands chefs.

    Ce philosophe a de l’haine au fond de lui. Il ne s’émerveille de plus grand chose, ce qui l’interresse c’est de vendre des best sellers pour s’assurer un train de vie en pretextant nous faire la leçon.

    - " Au sujet de ton frère" , dites vous bien qu’il n’est plus dans la carrière mais qu’il balaie les rues de votre beau duplex à Paris.

    Ou bien qu’ il noie son Rmi au bistrot du coin avec ses anciens collegues devenus alcooliques, ou bien qu’ il se suicide à coup de credit sur 50 ans pour s’acheter le dernier ecran plasma pour sa maison préfabriquée. J’en passe et des meilleurs .

    - Ces pauvres dont tu parles n’ont plus les moyens d’acheter tes livres ni tes cd à 80 euros le coffret ( budget des courses à Lidl pour le mois ) , il ne reste que des gens convenables qui roulent en 4X4, viennent à tes cours pour consommer vos leçons de professeur.

    - C’est avec des manipulations comme ça qui prèchent des théories MAIS qui dans la réalité font exactement le contraire, qu’on continuera à se faire exploiter.

    PARCEQUE QU’ELLE QUE SOIT LE RESULTAT, CELA NE CHANGERA RIEN A VOTRE COMPTE EN BANQUE NI A VOTRE VIE D’HEDONISTE ULTRALIBERAL QUI PART EN VACANCE AVEC NICOLAS PENDANT QUE LES COUILLES DE SEGOLENE MARINENT DANS VOS ECRITS.

    En toute amitié, Blind black et sa dignité

    Voir en ligne : peut on être pauvre et hédoniste ? Questions pour Mr Onfray

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Denis Sieffert présente son prochain éditorial, à lire sur ce site et dans Politis à partir du jeudi 4 février.
Denis Sieffert présente son prochain éditorial, à lire sur ce site et dans Politis à partir du jeudi 28 janvier.
Le procès des dix étrangers en situation irrégulière accusés d’avoir mis le feu au centre de rétention de Vincennes débutait ce lundi au tribunal (...)
Denis Sieffert présente son prochain éditorial, à lire sur ce site et dans Politis à partir du jeudi 21 janvier.
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Du 19/02/2010 au 28/02/2010 , à Paris (75001)
Le 16/02/2010 à 21:00, Lieu-Dit, 6 rue Sorbier , à Paris (75020)
Le 16/02/2010 à 18:30, Institut Néerlandais, 121 rue de Lille , à Paris (75007)
Du 15/02/2010 à 18:30 au 15/02/2010 à 20:00, Comptoir Général, 80, quai de Jemmapes , à Paris (75010)
Le 13/02/2010 à 14:00, Centre culturel La Clef, 21, rue de la Clef , à Paris (75005)

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