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Accueil du site > L’hebdo > Culture > « Frankenweenie » de Tim Burton : Pour l’amour d’un chien

Par Christophe Kantcheff - Suivre sur twitter - 1er novembre 2012

« Frankenweenie » de Tim Burton : Pour l’amour d’un chien

Avec Frankenweenie, Tim Burton retrouve sa veine morbide et jubilatoire.

Trop noir. C’était le jugement des studios Disney quand, en 1984, ils ont découvert le court métrage intitulé Frankenweenie réalisé par Tim Burton, alors sous contrat avec eux. Le film est resté dans les tiroirs. Vingt-huit ans plus tard, toujours avec Disney et au terme d’une longue brouille, le créateur de l’Étrange Noël de Monsieur Jack a pu aller au bout de ses désirs : reprendre l’histoire de Frankenweenie dans un long métrage en stop motion, c’est-à-dire tourné image par image avec des poupées animées.

Résultat : Tim Burton retrouve l’alacrité narquoise et la fantaisie morbide qui l’avaient abandonné ces derniers temps, en particulier avec Alice au pays des merveilles (2010), gros succès au box-office qui lui a permis de réaliser ce nouveau Frankenweenie tel qu’il le voulait. En particulier dans un noir et blanc charbonneux, parfait pour retrouver la tonalité des années 1950, quand Burton était lui-même enfant. Le noir et blanc, c’est aussi l’esthétique des œuvres cinématographiques qui l’ont alors impressionné à jamais : les films d’horreur, de vampires ou de savants fous. Frankenweenie est truffé de clins d’œil à ces films, où l’on croise les sosies d’acteurs habitués à ce genre, Peter Lorre ou Vincent Price, ou des citations explicites (de King Kong, par exemple). Quant à Frankenstein, c’est le patronyme que le cinéaste a attribué à ses personnages principaux, une famille pourtant bien sage. Le seul souci des parents étant la propension de leur jeune fils, Victor, à s’enfermer dans sa chambre avec son unique ami : son chien Sparky. Si les Frankenstein résident dans une banlieue tranquille, Tim Burton montre celle-ci habitée par des individus inquiétants ou déplaisants. Au premier rang d’entre eux, le maire, qui oblige sa nièce à chanter à sa gloire lors de la prochaine fête de la ville. Mais aussi des parents d’élèves égoïstes, dont les enfants sont envieux et stupides : tels sont certains « camarades » de classe de Victor. C’est d’eux que le danger viendra une fois le miracle survenu.

Alors que Sparkyest tué accidentellement, Victor, supportant mal sa peine, met en pratique ses connaissances et surtout ses intuitions géniales en matière scientifique, et fait revenir son chien à la vie – la séquence est magnifique de tension et finalement d’humour. Mais on ne franchit pas la frontière qui sépare la vie et la mort sans conséquence. C’est l’enseignement que vont recevoir le gentil apprenti sorcier et son surnaturellement fidèle Sparky. Trop noir, Frankenweenie ? Certainement pas. On pourrait d’ailleurs lui reprocher sa fin heureuse. C’est pourtant la même que celle du court métrage de 1984. Si Disney a finalement changé d’avis sur Frankenweenie, Tim Burton, lui, est redevenu lui-même.

Nota Bene :

Frankenweenie, Tim Burton, 1 h 27.

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