Le quotidien [1] Libération publie ce matin, dans ses pages dédiées aux débats, une contribution de « Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT », also known as BerThi (dont le coiffeur, soit dit pour l’anecdote, serait de source moustachue le même qui peigne itou Mireille Mathieu), et qui nous dit enfin « ce que veut la CGT » dans le débat sur la réforme des retraites, et nous fait voir que la CGT veut précisément débattre, sans trop s’énerver du tout : en soi, n’est-ce pas, c’est une information, point complètement surprenante, convenons-en, mais une information tout de même, et la confirmation, de nouveau, que, désormais, quand un gars se pointe en criant qu’il va, si tu veux bien, et même d’ailleurs si tu veux moins, te bousiller ta retraite (et plus globalement la somme de tes acquis d’antan), la CGT, plutôt que de lui décocher vite fait une rapide série de grèves générales, lui avance un fauteuil et lui communique l’heureuse nouvelle qu’elle est tout à fait disposée à discuter avec lui de son projet, histoire de voir s’il ne pourrait pas du moins faire semblant d’être un tout petit peu gentil dans sa méchanceté sociale, non parce que tu sais comment c’est, Nico, si on dit rien la CFDT nous pique des parts de marché.
Et, bon, c’est triste à dire, mais un large pan de cette contribution de BerThi a sauté au montage : celle, d’importance, où BerThi, après avoir narré « ce que veut la CGT », racontait ce que la CGT ne veut pas.
Ainsi, la dissertation de BerThi se termine, dans la version publiée ce matin par Libération, par ces mots - si beaux qu’ils seront maintenant lus chaque année aux écoles : « La réforme des retraites exige tout autre chose qu’un débat à la sauvette, coupé par la trêve et conclu par un débat en urgence au Parlement en septembre ».
Mais la version intégrale était fort différente, et (toujours d’après la même source moustachue) se finissait ainsi : « La CGT, pour autant, sait fort bien que le burlesque vrai-faux débat (coupé par la trêve estivale) où elle aura tenu crânement son rang, et dans lequel son coiffu secrétaire général aura même donné d’atterrantes rédactions aux pages dévolues aux débats d’un quotidien barbichu, se conclura en septembre par un débat en urgence au Parlement, où s’entérinera, sous les applaudissements nourris du maire "socialiste" d’Évry dans l’Essonne, l’abolition, enfin, des privilèges des retraité(e)s ; la CGT, conformément à l’esprit de responsabilité qui désormais l’anime, et qui fait dire au chef de l’État français que "BerThi est bath, et vazi, BerThi, reprends une coupe", entend marquer, fût-ce fermement, qu’elle trouve ça un peu abusif, mais n’envisage cependant aucun retour, n’en déplaise aux factieux façon Mathieu (qui n’a même pas l’excuse d’un lien de parenté avec Mireille), aux pratiques gréviennes d’un autre âge, c’est fini, l’Union soviétique ; la CGT, comme d’hab, sera ce tout petit point sur l’horizon : l’amicale des fuyards "sociaux", lancés dans la course au maintien de leurs invitations à l’Élysée, vazi, BerThi, encore une coupe, durant que l’Élysée plombe la fin de vie de la populace - et n’oublie pas, Raymond, de payer ta cotise, avant qu’on t’ampute la pension ».
Encore une coupe ?