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Par Bernard Langlois - Suivre sur twitter - 28 janvier 2010

Révérence

Pages courrier.

Comme un lecteur ordinaire (je sais, l’adjectif ne saurait s’appliquer aux fidèles de Politis, mais vous voyez ce que je veux dire…), j’ai découvert la lettre de Fernand Lamdraud, de Saint-Alban-Auriolles, publiée dans les pages courrier du dernier numéro, à sa parution. Titrée : « Où va Bernard Langlois ? », elle ne pouvait que me tirer l’œil ! C’est vrai, quoi ! Qui suis-je, où vais-je et dans quel état j’erre ?

Nous avons toujours eu pour principe, vous en êtes témoins, de publier les lettres critiques à notre égard, même sévères, et – sauf à corriger une faute ponctuelle ou apporter une précision – à laisser le dernier mot au lecteur. Je ne me formalise donc pas d’être mis en cause, ce n’est pas la première fois. Sauf que cette lettre-ci pose clairement la question de la poursuite même de ce bloc-notes et de la collaboration de son signataire à l’hebdo dont il est (avec d’autres) le fondateur. Celui-ci (ma pomme), accusé de désertion, est invité à passer la main. « Qu’il cultive son jardin, écrit Fernand, qu’il lise, qu’il rigole, mais qu’il ne décourage pas les autres en le disant dans un journal comme Politis. » Or, cette invite ne me choque pas, c’est précisément ce que j’exprimais dans une précédente chronique (« Au gui l’an dix ! ») , celle qui a provoqué la réaction de ce lecteur (octogénaire, comme il le précise, mais toujours combatif, à ce qu’il affirme – et prouve !), où je vous présentais ces vœux désenchantés : « Alors, quoi donc qui nous reste, hein ? Cultiver son jardin. Tenter d’être utile autour de soi. Lire de bons livres. Voir de belles choses. Profiter de la nature et des plaisirs gratuits qu’elle offre encore. Passé la soixantaine, c’est bien assez. Les jeunes, à vous de jouer ! Ah, j’oubliais : rire encore et le plus souvent possible au spectacle que nous offrent ces pitres. » Cher Fernand, je t’en veux d’autant moins que ta lettre est parfaitement courtoise et amicale, et sans doute même trop élogieuse.

Billancourt.

Mais tu dis aussi souhaiter « que [je] me reprenne ». Or, cela, vois-tu, est tout simplement impossible. J’ai pas mal de défauts, mais je ne suis pas un tricheur. J’exprime ce que je ressens. Notamment (ce qui te heurte le plus apparemment) à l’égard, non pas des syndicats – bien sûr indispensables, nous sommes d’accord –, mais de leurs directions faillies, dont le comportement « responsable » sied tant à Sarkozy, ça t’aurait-il échappé ? Ou vis-à-vis de ces hiérarques du PS, que je me refuse à appeler « socialistes » tant je trouve cet adjectif usurpé, et dont on ne sait plus ce qui les motive le plus de leur carrière, de la gloriole ou de l’argent – bien secondairement en tout cas le sort du pauvre peuple. Et même hélas cette « gauche de la gauche » qui, malgré l’apparence de quelques progrès (au détriment des composantes les moins structurées, qui ne sont pourtant pas les moins novatrices), ne parvient pas à dépasser ses querelles boutiquières (je ne parle même pas des écologistes, qui ont, paraît-il, le vent en poupe, mais dont l’opportunisme congénital me laisse songeur…). Tout cela, que je pense vraiment, et bien d’autres choses encore, pas plus réjouissantes, sur l’état de la planète (en voie de déliquescence angoissante) comme sur ce qu’on appelle la « démocratie » (un paravent masquant au peuple la réalité des ploutocraties), sur la corruption omniprésente (et pas seulement dans le tiers monde ou en Russie, où on la montre volontiers du doigt pour mieux faire silence sur la nôtre), sur la médiocrité de la presse en général et la servilité de l’audiovisuel en particulier (sur le fond, sinon la méthode, Peillon n’a pas tort), sur l’hypocrisie des rapports sociaux (ah, Séguin, quelle grande perte !), sur l’impuissance des associations empêtrées dans des débats abscons (la sodomisation des drosophiles comme un des beaux-arts), sur l’omniprésence d’un « politiquement correct » qui gomme la gauloise de Sartre ou la pipe de M. Hulot sur les affiches et remplace la clope de Lucky Luke par un brin d’herbe (qui de façon générale passe la verdeur de la langue et le franc-parler populaires au rabot de la bien-pensance), sur l’hébétude de masses droguées (à la potion télévisuelle pour les aînés, aux jeux vidéo et autres systèmes de messagerie moderne pour les plus jeunes, au foot pour tous…), je m’arrête. Je pense cela, et je devrais ne pas le dire. Pour ne pas désespérer Billancourt, peut-être ?

Panouille.

Vous êtes plusieurs à m’avoir écrit dans le même sens, toujours avec mesure et amitié, je le reconnais. Comme André, qui lui aussi constate : « Depuis un certain temps, tu sembles témoigner d’une lassitude et d’un pessimisme dangereux, surtout pour les jeunes. » Le pessimisme n’est pas nouveau, que j’ai longtemps tenté d’équilibrer par « l’optimisme de la volonté », comme disait Gramsci. La lassitude, oui, s’est imposée peu à peu. C’est vrai que j’en ai marre de rabâcher toujours les mêmes litanies, de gloser sur une actualité répétitive, barbante au possible, de passer des heures à décortiquer une information sans surprise, des dossiers rébarbatifs, dont on a l’impression qu’en vingt ans ils n’ont pas progressé d’un pouce. J’ai signé mon tout premier papier en juillet 1963. C’était à la une d’un grand quotidien de province (Le Dauphiné libéré), mon premier poste de stagiaire, avant même l’École de journalisme, le roi n’était pas mon cousin ! J’ai donc 47 ans de journalisme – écrit, parlé, télévisé – dans les pattes. Avec des hauts et des bas, du bon et du moins bon. Mais, je crois, sans avoir à rougir de mon parcours. J’ai aimé ce métier, je ne m’y suis pas enrichi, j’en ai vécu correctement. C’est vrai, j’aspire à passer la main, à faire autre chose, tranquillement, dans l’anonymat de ma sphère privée et avec l’entourage bucolique qui est le mien. Désertion ? Si vous voulez. Non, André, je ne souscris pas à la théorie de « la fin de l’Histoire » : je réclame juste le droit qu’elle continue de se faire sans moi. Je n’y jouais, au demeurant, qu’un tout petit rôle, une panouille.

Un outil.

Rien de bien nouveau dans tout cela. J’avais déjà décidé, et annoncé ici, que j’arrêterais ce bloc-notes à la fin de l’année scolaire. Je n’ai, certes, « que » soixante-cinq ans. Et je pourrais (techniquement !) continuer de ratiociner comme certains de mes illustres confrères jusqu’à des quatre-vingts et plus (à supposer que j’arrive jusque-là, ce qui me surprendrait fort !) Mais voilà : ce petit canard valeureux, dont je rappelais la semaine dernière qu’il atteignait les 22 printemps, n’est pas tout à fait un journal comme les autres. Il se veut, s’est toujours voulu, un journal de combat, un outil pour la gauche militante – et plus précisément encore un outil de recomposition de cette gauche qui n’a pas succombé aux sirènes du libéralisme. Dans la mesure où je ne crois plus, ou plus assez, à ce combat-là, puis-je continuer d’y tenir la place, assez considérable (en surface, deux pages !), que j’y occupe encore ? N’y suis-je pas devenu illégitime, au regard des lecteurs (en tout cas les plus militants), vis-à-vis (peut-être aussi) d’une équipe plus engagée que je ne le suis et, en tout cas, à mes propres yeux ?

Je déteste l’imposture et les imposteurs. J’ai longtemps cru au bien-fondé de nos engagements et j’y crois toujours ; je ne crois plus guère à l’efficacité des moyens mis en œuvre pour les atteindre, ou au moins les approcher ; je ne souhaite détourner personne d’un engagement qui lui paraîtrait utile, vital, nécessaire et qui peut parfois permettre de remporter quelques victoires partielles. Mais pour ce qui est de « changer la vie », ou de rendre « un autre monde possible », on repassera. Et on attendra que celui-ci aille au bout de son autodestruction en cours, ce qui ne tardera plus guère au train où l’on va. Je conçois que l’expression publique de cette conviction ne soit guère mobilisatrice ; mais je ne peux concevoir de dichotomie entre mes convictions intimes et mon discours public. Voilà pourquoi je pense qu’il n’est plus possible pour moi de tergiverser et qu’il ne sert à rien de différer plus avant l’arrêt de ma collaboration à Politis – qui, par ailleurs, se débrouille fort bien sans papa.

Je crois pouvoir dire sans forfanterie que mon parcours professionnel témoigne d’une allergie assez constante à la révérence. Celle que je tire aujourd’hui – à mes copains du journal et à ses lecteurs – n’en est que plus affermie. Que vive Politis  !

Nota Bene :

Mise à jour du 22 février : Retrouvez le blog de Bernard Langlois sur Politis.fr.

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Commentaires de forum
  • AL1 28 janvier 2010 à 09:05

    Bon... et bien je vais faire comme si je n’avais rien lu ce matin, ma journée ne va pas être tout à fait comme je l’avais imaginé, d’l’a bise Bernard !

  • Patrick Barni 28 janvier 2010 à 09:25

    Merdre alors, fait chier, putain, bordel.

  • miselfidèle 28 janvier 2010 à 09:33

    Marde et marde ! mon pouet pouet à moi ! celui qui surprend par l’originalité de ses angles de vue... Bon. On ira sur le blog darling.

  • Pierre 28 janvier 2010 à 09:42

    Pessimiste Bernard Langlois ? NON, les pieds sur terre ! Mélange de gravité , de légèreté et d’humour. Un style à part, et comme " le style c’est l’homme ", aimer ce style c’est aimer l’homme qui tient la plume (enfin, le clavier...)

    Bernard Langlois, la classe. Le type même de l’honnête homme : une source d’OPTIMISME.

    Merci Bernard !

  • Entre nous 28 janvier 2010 à 09:57

    C’est la der ?
    Non !
    Si ?
    Ben oui, c’est bien possible, enough is enough.
    Le temps est venu. De reconsidérer la vie dans son ensemble. Où le commentaire politique reprend sa place : un plant de salade au milieu des autres. Ni plus ni moins. Et c’est tout l’horizon qui reprend son ampleur.
    Fatigue. Lassitude.
    Bernard. Langlois.
    Un juste.

    Pas lu la lettre du Fernand. Un sacré gaillard. Faudrait pourtant qu’il sache, l’ami Fernand, à quel point, tu mets, Bernard, les mots, pile poil, sur un ressenti, largement, partagé. Jusqu’à ce voeu de silence. Jusqu’à la blancheur d’une double page. Tombent les lettres. Regarde Fernand ! c’est l’automne. En hiver !

    No tristesse. Partage. Blog. Espoir. Recul. Rire. Avenir. Mieux : bonheur.

    Tes derniers BN Bernard étaient ... sublimes. Vrai. Je dis pas ça pour me faire bien voir. Je le dis parce que c’est des choses qu’il faut dire.

    Faudrait pas que certains croient que tu es seul à penser comme ça. Faudrait bien qu’ils se rappellent que le silence précède souvent la tempête. Faudrait pas qu’ils se croient gagnants. Faudra bien qu’ils aient l’angoisse, sourde, au creux d’eux-mêmes. Oui, ce silence est inquiétant. Qu’ils ne dansent pas, surtout. On est là, on repique nos salades, mais dans leurs coeurs, se dessine l’avenir.

    Je raccroche.

    Non ! toi !

    Bon ! ok moi !

    Non ! toi !

  • 28 janvier 2010 à 10:16

    Dire que je ne lisais plus Politis.fr que pour Bernard Langlois après les étranges rapprochements concomittants de la rédaction du couple PC-PG et à l’égard d’EE dont je pense la même chose que l’auteur du bloc-notes.
    Salut Bernard.
    Adieu définitif à Politis.
    JRV

  • didier 28 janvier 2010 à 10:18

    Je suis né en 1963, quand vous écriviez vos premiers papiers,
    je me souviens de vous au JT, puis à "Resistances" ovni télévisuel qui parait si engagé aujourd’hui, ç’est pour vous suivre que je me suis abonné à Politis, avec le grand bonheur de trouver enfin, un support à mes idées, de rencontrer une famille : avec ses désaccords, ses débats enflammés...depuis toutes ces années, j’ai toujours lu votre édito ou votre bloc note en premier...Alors vous voir nous quitter comme ça aujourd’hui m’attriste forcement ...d’autant que j’ai l’impression que ce sont des remarques bien peu justifiées de lecteurs qui vous foutent à la porte...que vous avez pourtant raison, quand vous dites que l’autodestruction du système en cours est plus probable que sa réforme, (du moins si on n’invente pas d’urgence d’autres formes de lutte et de contre pouvoir)
    Je voudrais dire à tous, que je ne vous connais pas, mais ayant des amis, en Creuse dans la région Centre, je voudrais témoigner qu’ils me parlent souvent de vous et des soutiens essentiels que vous apportez à de nombreuses luttes, locales, régionales...
    C’est ça aussi "cultiver son jardin"...et franchement cela ne manque pas de noblesse !

    alors un grand merci Bernard, et j’en suis sur
    à Bientôt

  • Entre nous 28 janvier 2010 à 10:36

    Faut que j’arrête de faire la courageuse.

    Putain je suis triste.

    J’ai lu la lettre du Fernand. Pffff ...... A rien compris le Fernand. Se reprendre ? Misérable !

    Dis quelque chose Bernard ....

  • benmerdalors 28 janvier 2010 à 12:30

    C’est trop injuste....

    Le Fernand est un bleu bite....

    Ne nous quitte pas , Bernard , d’autant que je partage tes doutes et que ça me faisait du bien de voir que je n’étais pas seul.

    Le creux de la vague ?

  • Lionel 28 janvier 2010 à 12:42

    Dire quoi ? Qu’à 47 ans on en arrive presque au même bilan, sentiment mitigé d’impuissance et d’abattement. Croire que c’est juste une question d’énergie, et pas seulement d’expérience de la vie. Se dire que d’autres, en effet, prendront le relais. Se souvenir, enfin, de ces vers d’Aragon :

    "Quand j’étais jeune on me racontait que bientôt viendrait la victoire des anges
    Ah comme j’y ai cru comme j’y ai cru puis voilà que je suis devenu vieux
    Le temps des jeunes gens leur est une mèche toujours retombant dans les yeux
    Et ce qu’il en reste aux vieillards est trop lourd et trop court que pour eux le vent change
    /.../

    Je vois tout ce que vous avez devant vous de malheur de sang de lassitude
    Vous n’aurez rien appris rien de nos faux pas compris
    Nous ne vous aurons à rien servi vous devrez à votre tour payer le prix
    Je vois se plier votre épaule A votre front je vois le pli des habitudes

    Bien sûr bien sûr vous me direz que c’est toujours comme cela mais justement
    Songez à tous ceux qui mirent leurs doigts vivants leurs mains de chair dans l’engrenage
    Pour que cela change et songez à ceux qui ne discutaient même pas leur cage
    Est-ce qu’on peut avoir le droit au désespoir le droit de s’arrêter un moment
    /.../

    Le drame il faqut savoir y tenir sa partie et même qu’une voix se taise
    Sachez-le toujours le choeur profond reprend la phrase interrompue
    Du moment que jusqu’au bout de lui-même le chanteur a fait ce qu’il a pu
    Qu’importe si chemin faisant vous allez m’abandonner comme une hypothèse
    /.../"

  • Sisyphe 28 janvier 2010 à 14:27

    Je comprends le découragement de Bernard Langlois devant cette époque minable où les perspectives semblent bouchées de toutes parts. Qu’il ne nous reste plus pour nous consoler que de nous réjouir de l’acquittement de Villepin, du camouflet infligé à Sarkozy, d’une certaine dignité de la magistrature ! C’est dérisoire à côté de la misère sociale envahissante, de l’arrogance des maîtres du pouvoir, du mensonge de la plupart des media, de la destruction programmée de ce lieu où vivre qu’était la Terre avec ses paysages et ses jardins.
    Bernard Langlois dont les analyses sonnent si justes nous aide à savoir que nous ne sommes pas seuls dans notre coin à ruminer notre rancoeur et notre accablement. Chaque éditorial aide à surmonter l’envie de tout laisser tomber et de nous renfermer dans notre petite coquille. Donc ne faisons pas de procès à celui qui nous a si bien secourus par son intelligence, sa lucidité et son courage. Sans Bernard Langlois les semaines seront plus difficiles à vivre. Mais comme disait Freud accablé de mauvaises nouvelles "la séance continue".
    Merci Bernard Langlois !

  • alain56 28 janvier 2010 à 15:35

    Que de louanges pour un adieu d’artiste à la Aznavour...
    Pour un cabotin qui s’en va mais qui revient (le blog ! ah ! le blog !) Et pour y dire quoi sur le blog, la même chose que dans Politis non ? Quelle différence ?
    Et puis mettre en principe vos paroles et vos actes ! Il aura fallu du temps alors. Et toutes ces crises internes à la rédaction ? Et ces départs de journalistes de talent en opposition avec la "ligne" de "papa" (quelle révélation de paternalisme de gauche !). (Je pense à Bertin ou Nicolino).
    Et cet article sur Seguin auquel j’ai voulu réagir et puis je me suis dis à quoi bon. Grand Séguin ?! Je vous invite à vous procurer un DVD dont le titre est je crois La bataille de Paris (où l’on voit la campagne pour les municipales et la bataille entre Tibéri, Seguin et les autres). Le feu Seguin y est le plus répugnant de suffisance, le plus imbu de sa personne. Moi, je ne pleurerai jamais sur des gens de si peu d’humanité, de droite comme de gauche. Au contraire, je me réjouis de leur disparition de cette planète !
    Et puis aussi la retraite ? La vraie. Celle où on cultive son jardin privé sans faire part de ses impressions sur tout, pour l’égo, pour le maintien d’une vie sociale, pour être cité par les confrères, pour croire qu’on existe encore finalement. Alors non, je ne me range pas dans le concert de louanges des autres.
    Salut Langlois, débranche l’internet et épargne nous tes états d’âme sur ton blog... Tartuffe va !

  • Barnabé 28 janvier 2010 à 17:01

    Merci Bernard, ta clairvoyance sur le monde actuel est un souffle partagé auquel nous sommes bien habitués, nous lecteurs du bloc-notes.

    Que va-t-il advenir de ces deux pages hebdomadaires sans cette plume si vraie, si exacte, si lucide, si franche et sans concessions ?

    Nous serons orphelins du bloc-notes, c’est triste et dommage !

    Mais il est aussi juste de sentir ce besoin de lâcher prise sur cette belle et bonne plume, être raisonnable et raisonné. Chapeau Mr Langlois pour votre travail depuis si longtemps !
    Bloc-notes à archiver précieusement sans aucun doute et RV pris, pour ma part, sur le blog.

  • Ali 28 janvier 2010 à 17:05

    Cher Bernard,

    Chaque jeudi j’accours vers le site à la première occasion et, sauf faut bond de ta part, je me me délecte de tes blocs-notes au goût doux-amer. Loin d’être des féeries pour endormir les enfants, tes écrits sont des vérités qui, justement, empêchent de dormir. La vérité est parfois amère, mais j’y ai pris goût ! Il est vrai qu’un journaliste engagé ne doit pas tenir des propos qui désillusionnent les "masses populaires". Mais on peut aussi se battre en toute lucidité et sans illusion. Non ?

    L’épisode le plus dur c’était le traitement que t’ont réservé certains lecteurs (et lectrices) après "Crocodiles". On te faisait payer pour les forfaits commis par un autre, et je souffrais pour toi de tant d’incompréhension et d’injustice, surtout que cela venait des lecteurs (et des lectrices) de Politis.

    Avec des amis comme ça, ...

    Notre rdv donc sur ton blog.
    Sans faute !
    Ali

  • Veig 28 janvier 2010 à 17:30

    Cher Bernard,

    Avant que tu ne tires ta révérence, j’aimerais te répondre en citant un grand homme qui vient, lui, vient de nous quitter définitivement. Il s’agit de Howard Zinn.

    "To be hopeful in bad times is not just foolishly romantic. It is based on the fact that human history is a history not only of cruelty, but also of compassion, sacrifice, courage, kindness.

    What we choose to emphasize in this complex history will determine our lives. If we see only the worst, it destroys our capacity to do something. If we remember those times and places—and there are so many—where people have behaved magnificently, this gives us the energy to act, and at least the possibility of sending this spinning top of a world in a different direction.

    And if we do act, in however small a way, we don’t have to wait for some grand utopian future. The future is an infinite succession of presents, and to live now as we think human beings should live, in defiance of all that is bad around us, is itself a marvelous victory."

    « Garder espoir dans des temps difficiles ne relève pas seulement du romantisme échevelé. Cela se base sur le fait que l’histoire de l’humanité n’est pas seulement faite de cruauté, mais aussi de compassion, de sacrifices, de courage, de gentillesse.

    Ce que nous choisissons de mettre en avant dans cette histoire complexe va guider notre vie. Si nous ne voyons que le pire, cela détruit notre capacité à oeuvrer. Si nous nous souvenons des époques et des endroits — et ils y en a beaucoup — où les gens se sont comportés de façon admirable, cela nous donne la force d’agir, et au moins la possibilité de dévier le monde actuel de sa course folle.

    Et si nous agissons, aussi peu que ce soit, alors nous n’avons pas à attendre l’avènement d’un grand futur utopique. Le futur st une succession infinie d’instants présents, et vivre maintenant comme nous pensons que les humains devraient vivre, en se défiant de tout ce qui ne va pas autour de nous, est en soi une merveilleuse victoire. _ »

    Les lecteurs m’excuseront d’avoir pris des libertés dans ma traduction. Mais c’était le plus bel hommage que je pouvais rendre à M. Zinn.

  • gregorio 28 janvier 2010 à 17:58

    1963.47 ans. C’est aussi mon cas. Avant il m’aurait fallu au moins un mois pour recevoir Politis, maintenant je reçois la nouvelle en temps réel. Lire avant l’éditorial, ensuite le block-note, cela faisait partie d’un rite. Quelque chose d’agréable, de structurant, d’éclairant, j’essayai aussi d’obtenir et de lire les romans ou essais recommendatés, sans jamais être déçu.

    Mais Politis, continuera à être mon compagnon de route.

    Merci Bernard Langlois.

    Bon vent !

  • Un fan de Bernard et Seb 29 janvier 2010 à 00:18

    Une génération de moins que toi, mais le même découragement.

    Dommage Bernard, que tu n’aies pas pu passer le relais à Seb.

    La ikraha fi din – Pas de contrainte en religion Al Qur’an II-256

  • Emmanuelle Clément 29 janvier 2010 à 14:12

    Bonjour,
    Contrairement à ce que j’ai lu, je comprends très bien, et le message du lecteur, et ta réaction, Bernard (j’ai pris la douce habitude de tutoyer les gens que je ressens comme proches, ici, en Martinique).
    J’ai adoré lire tes chroniques, et je les ai lues en général en premier dans Politis, mais depuis quelques temps, j’avais peur qu’elles ne renforcent mes désillusions, mon découragement face à la situation politique (dont la dernière et non la moindre, est le vote des Martiniquais contre la minuscule parcelle de début d’autonomie qu’ils pouvaient choisir).
    Il y a trop de bonnes raisons d’avoir envie de baisser les bras, face aux tendances politiques dont nous sommes les jouets, pour qu’il soit bon qu’un vaillant et sincère journaliste comme toi nous les disent semaine après semaine, sur notre journal militant favori !
    Si tu disais des conneries, ce ne serait pas grave...
    Je suppose que rien ne t’empêchera de publier une tribune dans Politis de temps à autre, quand tu auras des nouvelles réjouissantes à annoncer, de petits et combien précieux combats locaux gagnés... et puis ton blog.
    Je crois que notre seule issue valable, est le combat local, le pouvoir local, la création de systèmes parallèles, seul contre-pouvoir possible à la suprématie des pouvoirs financiers.
    Alors allons combattre, et cultiver notre jardin (en bio, bien sûr !!)
    Et merci, vraiment merci, de tous ces magnifiques articles que tu nous as concoctés, toutes ces années, de ton engagement, ta parole gouailleuse ou tendre, ta culture...
    Emmanuelle

  • valentin 29 janvier 2010 à 14:34

    bernard, c’est toi le plus jeune à politis.

    t’as bien raison, laisse les vieux rances recuperer leurs feuillets puisqi’ils insistent tant, maintenant il y a plein d’espaces ou tu peux continuer à nous la raconter. et nous, on continuera à t’ecouter et à t’entendre.

    vive toi,

    valentin

  • jptal 29 janvier 2010 à 18:58

    Il va y avoir un manque ! c’est sûr !!votre BN, c’était ma bouffée d’air frais de la semaine !j’espère vous retrouver, peut être,en librairie dans quelques temps.En attendant, merci et bon vent .

  • Janick 29 janvier 2010 à 20:06

    J’ose pas le dire mais, juste entre nous, cela va être difficile de se passer du BN de BL.

    Une fidèle de 22 ans.... de Politis, of course.

  • Lou 29 janvier 2010 à 23:07

    merci Veig pour cet hommage à Howard Zinn.

    Amy Goodman sur Democracy now lui rend aussi un bel hommage.

  • EdithE 30 janvier 2010 à 07:39

    bonjour,Je n’ai pas suivi l"affaire" mais ce texte me parle.Au niveau relationnel, socio-politique, etc....
    pour moi CE pessimisme est réaliste. Cette lecture m’exhorte davantage à agir qu’à me laisser aller.
    Alors merci... je me sens d’autant plus en accord (et en désaccord enrichissant si partagé) que le DESespoir qui me saisit périodiquement m’oblige à me réveiller dans les plus petits actes de la vie quotidienne puisqu’il n’y a que sur ce plan extrêmement réduit que nous pouvons infléchir la tendance actuelle à l’irrespect total de l’humain.
    Commencer par se respecter soi-même, même si le prix à payer est de "décevoir" ou être incompris par ceux qui nous sont chers, dans notre milieu confortable. Nul doute que M. LANGLOIS prend ce "risque". A partir de là je ne doute pas un seul instant que son être fait "des vagues" sans le vouloir autour de lui, dans sa maison, son jardin, sa famille, dans son cercle d’amis ; et cela sans être attaché à une obligation de "résultats"... (il en fait même jusqu’à Strasbourg !)
    vogue le "voilier" (opposé à la "galère").
    C’est peut-être une autre façon de résister, ou même de faire de la politique.
    Le battement d’ailes d’un papillon ne peut-il pas générer..... un beau soleil ou un ouragan terrible à l’autre bout de la planète ?
    EdithE

  • G Teissier K. 30 janvier 2010 à 09:34

    Nonnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn. ne partez pas. Pas maintenant, pas comme ça. Et nous alors, on compte pas ? Ce n’est pas juste. On s’en fout de ce Fernand là et de tous les autres. Nous c’est vous qu’on aime, vous et vos textes, votre espoir, si, votre espoir, je l’affirme. On a besoin de vous lire, on a besoin de vous. Et vous avez encore des trucs à nous dire. Têtu comme vous êtes je sais que ce que je vous écris ne changera sûrement rien. Faites ch.. M. Langlois. Vous allez me manquer et ça je ne vous le pardonnerai jamais.

  • RAK69 30 janvier 2010 à 19:45

    Il est clair que je partagais les "critiques" énoncés contre Bernard langlois : un certain pessimiste, certes, mais qui n’expliques sans doute pas le manque d’espoir d’une certaine nouvelle donne au sein de la gauche de la gauche...

    Je n’irais pas voir comme un certain dans l’expression "papa" la preuve d’un paternalisme de gauche...

    Il est sûr qu’en tout cas Politis perd une originalité, celle d’un bloc note un peu a contretemps, offrant une autre vision des choses...

    remarquez, maintenant il y a Sébastien Fontenelle... et si Politis lui offrait deux pages !

    Je pense que ce serait peut être une bonne chose...

    Quoi qu’il en soit, il faut conserver une sorte de bloc notes en fin de Politis...

  • Fanny Brun 31 janvier 2010 à 10:38

    Après ton départ, Bernard, je n’aurai plus très envie de lire Politis sur internet ou à la médiathèque, tant il est vrai que c’était ton bloc notes que je lisais en premier et qui faisait bien souvent écho à ce que je ressens.

    Je suis, comme toi, lasse de cette politique politicienne hypocrite quelle que soit la nuance de droite ou de gauche (et je n’ai pas encore 60 ans !). La décomposition de "l’élan unitaire pour le non à L’Europe" par Buffet, Besancenot et consors m’a profondément et durablement écoeurée et écartée du militantisme et de certains bulletins de vote.

    De même, mon travail salarié au sein d’une association de solidarité internationale m’a montré que ce monde militant était lui aussi largement empreint de luttes de pouvoir, d’ambitions personnelles et de mépris pour le "bas de l’échelle" qu’il soit l’employé en emploi aidé ou l’Africain de passage.

    Je comprends donc très bien votre envie de cultiver votre jardin, même si je sais que chacun d’entre nous cultive aussi des liens d’amitié et de partage avec des personnes dispersées aux quatre coins du monde et que ces liens-là pèsent plus que toutes les politiques de développement.

    Bien cordialement

    Fanny

  • Serge Billon 31 janvier 2010 à 11:08

    cher Bernard,

    on ne se connait pas et pourtant si, parce qu’on est pareil.

    quand je te lisais, j’avais l’impression de m’entendre penser.

    c’était d’ailleurs une (voire la) raison qui me faisait poursuivre l’abonnement à politis.
    tu étais le seul à être un poil libertaire, le seul à dire que l’élection est un piège à cons (et sans mettre de points de suspension) et que la gauche radicale se perdait dans ses considérations électoralistes.

    un des commentateurs te traite de tartuffe, c’est l’ensemble de la société qui baigne dans la tartufferie, qui accepte le jeu de la démocratie des bourgeois et des patrons et va se faire élire pour mieux serrer les mains à ceux à qui on devrait les menotter.

    ta décision est légitime, mais sa brutalité entrainera des conséquences.

    ne nous laisse pas seuls avec nos pensées, avec notre pessimisme qui devrait être général tellement le monde va mal, continue à t’exprimer comme tu le faisais afin que nous ayons quelque chose à nous raccrocher.

    Mermet, Siné, Langlois même combat !!

    merci pour tout ce que tu nous a déjà donné, merci pour tout ce que tu va encore nous offrir.

  • bernard Viguier 31 janvier 2010 à 15:07

    Merci Monsieur Langlois !
    Des articles qui m’ont toujours donné à réfléchir, et en amont, on le sentait, il y avait du boulot, des références irrévérencieuses, pas de courbette devant quiconque, tout ça avec un sacré punch, un direct qui tapait sec, sans jamais se tromper de cible, jamais du côté des "grandes soeurs ( ou frères ) des riches", comme le disait un autre rustique ( ? ) qui avait lui aussi du style, J. Prévert... bon, on va être un peu plus seuls, des comme ça, il n’y en a pas beaucoup ! Mais il y aura le blog ! Ajoutons encore ce je-ne-sais-quoi d’humilité, de doute encore instillé malgré tout, et nous perdons une grande plume en même temps qu’une authentique plume puncheuse ! un abonné

  • Françoise 31 janvier 2010 à 16:52

    Fallait bien que ça arrive un jour !

    N’empêche, je suis triste de savoir que je ne pourrai plus me jeter sur les dernières pages de Poltis pour y lire votre BN, en premier, toujours, et me sentir moi seule.
    Vos analyses, votre plume, vos conseils de lecture , tout ça va terriblement manquer à Poltis.

    Merci et bon vent

    Françoise

  • Sandra 31 janvier 2010 à 22:16

    Le jeudi soir..."petit plaisir" Politis dans ma boite !
    Je rentre petite soirée familiale avec l’enfant et hop la pause ! La première chose allez lire Bernard Langlois ! Sérieux je suis une "jeune" lectrice de votre hebdomadaire et depuis des mois j’apprécie ce parler-franc, ce regard intelligent sur notre pays, sur le monde. Eh oui il voit clair notre Bernard et il y a de quoi être dégouté par les temps qui court. Alors je l’ai relu plusieurs fois sa Révérence et ça m’a donné envie de chialer. J’ai envie moi que ceux qui ne veulent pas de la soupe qu’on nous sert s’exprime, gueule, montre leur malaise et qu’il continue à DIRE. Alors Bernard MERCI et bon vent à vous !

  • martine Galibert 1er février 2010 à 11:45

    Il est des moments où on perd un peu des ’’siens’’d’une façon ou d’une autre...et qui sont un peu notre génération, et déjà le manque se fait....Il y a eu récemment Daniel Bensaid, et maintenant B. Langlois avec qui j’avais cheminé sans qu’il le sache de nombreuses années.Ses blogs notes apportaient toujours une réflexion que l’on soit d’accord ou pas, et ce qui m’attriste le + aujourd’hui, c’est que quelque part au fond de moi ( j’ai 55 ans), je pense un peu comme lui...Mais tout comme lui je suppose que même si nous prenons un peu de recul, nous serons là, s’il se passe vraiment quelque chose de concret et non plus ces pseudos engagements hypocrites qui ne mènent à rien.Je ne veux pas dire bonne retraite, car pour Bernard, cela doit avoir un autre sens, mais bonne continuation dans ta nouvelle vie, en espérant qu’en même qu’onse retrouvera sur d’autres chemins de traverse, qui j’espère pourront un jour changer ce monde ( toute petite lueur d’espoir peut être un jour pour d’autres générations) !!! Et encore merci, pour ces années passées en commun, même si elles furent virtuelles, elles m’ont fait du bien

  • jb 1er février 2010 à 22:54

    ...Ça fait soixante ans que je respire
    Et plus ça va, plus ça empire.
    Hier pour former ma jeunesse,
    J’ai eu ma petite guerre coloniale
    Et puis quarante de promesses,
    Raisons d’État, discours moral,
    Xénophobie et exclusion,
    Gouvernés par des maquignons.
    On se demande qui les a mis là...
    Pardi c’est vous, c’est nous, c’est moi !
    Demain l’Europe du Capital,
    La flexibilité mondiale.
    Désespéré, je m’asphyxie
    Dans l’État, dans l’État de merde.

    françois béranger 1998 (61 balais)

    Y a-t-il un incendie prévu ce soir dans l’hémicycle ?
    On dirait qu’il est temps pour nous d’envisager un autre cycle
    On peut caresser des idéaux sans s’éloigner d’en bas
    On peut toujours rêver de s’en aller mais sans bouger de là

    noir désir

    allons Bernard, lucide certes mais amer,deviens donc méchant !

  • ivan 1er février 2010 à 22:57

    MERCI BERNARD ?
    cette morosite(de merde) et cette lassitude(de merde),je la ressents aussi.
    pourtant j’ai que 40 balais,dont 15 ans d’enseignements dans differentes ZEP,mais j’ai l’impression de vivre dans un cul-de-sac(le nom de mon college),et que pour sortir de cette merde il faut soit etre violent(les annees 70 ?)soit etre patient,faire le dos rond(mais depuis les 90 on fait que ca !).
    alors bernard,c’est quoi la solution ?

  • Rebel Rouser 2 février 2010 à 21:59

    Bof ! Tout comme la mort de Grace Kelly, ça ne va pas changer la face du monde... Après ce clin d’oeil à votre salutaire irrévérence, qui devrait être remboursée par la sécurité sociale, je vous souhaite de trouver d’autres motifs de satisfaction. Pas de grand soir donc, mais beaucoup de petits matins calmes en attendant que ce capitalisme coprophage finisse par se bouffer lui-même.

  • cléo 3 février 2010 à 11:15

    Moi ça ne me plait pas que vous partiez comme ça sur un coup de grisou à cause d’un courrier mal embouché .

    Parce que je l’avais lu le message du Fernand, j’avais même failli y répondre et puis procrastination, travail, enfants…ont eu raison de ma première intention.

    Je suis syndiquée, n’empêche je trouve aussi que les directions baissent leur culotte devant le pouvoir, et il ferait beau voir qu’il soit interdit de le dire, les nécessités du combat nous forceraient à faire allégeance envers des directions syndicales renégates ! quelle connerie !

    Je vous comprends de ne pas avoir envie de commenter un énième show sarkozien que je n’ai moi même pas eu envie de regarder.

    Là où je ne peux pas comprendre votre argumentaire de départ, c’est quand vous parlez de « légitimité » parce que s’il y en a un qui est légitime c’est bien vous ! Même si vous pouvez parfois verser dans une forme de pessimisme, vous le faites avec un tel style que ça m’a toujours réjouie !
    Cela fait des années que je me réabonne régulièrement à Politis, je n’ai pas pris l’abonnement à perpet, j’aime bien choisir (pareil, je ne me suis jamais mariée, je ne prends pas de carte de fidélité dans les magasins…) lors du dernier renouvellement, j’ai eu un temps d’hésitation, une lassitude, non sur le fond mais sur la forme, la mise en page m’a parue sinistre, les articles redondants, je n’étais plus sûre d’avoir envie de continuer de lire tout ça, et puis j’ai lu le bloc note et j’ai signé mon chèque, voilà, ce sera peut être le dernier…

  • Fernand 4 février 2010 à 14:05

    C’est quoi ce bordel ? Mais retenez-le, retenons-le nom de dieu !
    C’est mon Politis qu’on mutile là !
    Pas content, pas content du tout !

    Un autre Fernand

  • Chadefaux Alain 4 février 2010 à 16:29

    Monsieur Langlois,

    Monsieur en ce qui vous concerne me parait le plus approprié !
    Déf. du Petit Robert :Titre donné autrefois aux hommes de condition assez élevée (noble ou bourgeois)
    Dans votre révérence, je retrouve du "Cyrano de Bergerac".
    Vous nous manquez déjà,
    Cordialement,
    A. Chadefaux

  • B.L. 4 février 2010 à 17:40

    Que vous dire ?

    Vous êtes tous drôlement sympas … Chaud au cœur …

    Dans l’ensemble, vous avez bien compris ma décision : de la lassitude (beaucoup), point d’aigreur ni de reproche à faire à quiconque (surtout pas à Fernand, hein !), l’envie de me dégager du temps privé (famille, amis, lecture, nature …) et, c’est vrai, le souci de ne pas sombrer dans une certaine forme d’imposture qui me ferait tenir un discours auquel j’ai largement cessé de croire et, de ce fait, vous donner à lire un bloc-notes qui ne serait plus qu’un exercice de style …

    Mais alors, le blog, me direz-vous, quelle différence (comme dit le grincheux anonyme du Morbihan, qui semble avoir avec moi je ne sais quels comptes à régler) ?
    Je ne sais pas, on verra bien, je n’ai pas plus envie que ça de m’y coller, mais je comprends bien le souhait partagé de l’équipe et des lecteurs que nous gardions un contact, de temps à autre, et sans obligation de part ou d’autre.

    Voili-voilou, encore mille mercis, et à la revoyure !

  • Solidarité 6 février 2010 à 23:40

    cher Bernard

    J’ai le même âge que toi, je ne te connais qu’en lisant régulièrement ton bloc-notes ici et j’apprécie la clarté et le courage de tes textes.

    Le "réalisme économique" des années 80 a éteint les consciences de nos élus socialistes. J’ai vécu comme une trahison les options économiques et politiques de la gauche au pouvoir. Trahison qui n’a d’égale que la perversion des discours de la droite ultra libérale actuelle qui ose prétexter de la liberté et de la justice pour éliminer ce qui reste de notre esprit de solidarité.
    Nous avons subi ces 30 dernières années, avec déchirement, un déchaînement libéral qui vient de se révéler au grand jour un désastre humain et écologique mondial.

    Pourtant le pessimisme n’est pas d’actualité. Je ne désespère pas de la ressource citoyenne tant qu’il y aura des hommes comme toi pour parler juste et éveiller les consciences..
    Reste avec nous
    Bien à toi

  • Gilbert 8 février 2010 à 04:12

    Je comprends les raisons pour lesquelles vous vous tirez, Bernard, mais faillait mieux organiser la succession au lieu de laisser dans la place des coucous libéraux comme Vadrot, qui justifie la taxe carbone, qui fait l’apologie des escrocs comme Hulot et Cie. Le jour où vous l’avez recruté, celui là, vous auriez mieux fait de vous casser les deux jambes. Manquerait plus que Sieffert se tire et soit remplacé par, je sais pas, moi, un quelconque plumitif de Libé.

  • B.L. 8 février 2010 à 18:00

    Gilbert,
    je ne partage pas votre opinion sur Vadrot, qui est un journaliste reconnu sur les pbs d’environnement (notamment) et qui n’a pas attendu Hulot pour se préoccuper de ces questions …

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