« L’Etat devient alors le protecteur de la nation contre les ennemis extérieurs ou intérieurs. Parmi ces derniers, tout ce qui n’était pas de pure souche ou de pure tradition française, les « métèques », les Français de fraîche date, les francs-maçons, les Juifs parfois même les protestants devait être contrôle ou éliminé ».
Cette phrase de commentaire sur les étapes de l’avènement de la Révolution nationale du Maréchal Pétain est signée Robert Aron, un académicien et historien de Vichy qui n’était pas vraiment un intellectuel de gauche.
Retrouver cette appréciation m’a incité à parcourir un certain nombre de journaux et de pamphlets d’extrême-droite et aussi évidemment des journaux parus pendant l’occupation avec la bénédiction de l’ »Etat français » et des Allemands. Ce qui revient à se plonger dans un abîme glaçant que l’on pouvait croire enfoui dans les poubelles de l’Histoire. On retrouve dans cette presse et dans un certain nombre de discours, toute la rhétorique et tous les mots utilisés dans le récent discours du président de la République. De tous les articles suintent la haine de l’étranger, des immigrés dont les comportements expliquaient tous les malheurs de la France : ils sont alors Polonais, Italiens, Gitans ou Espagnols et évidemment Juifs. Tous exploitent et entretiennent les malheurs des Bons Français et il est donc nécessaire de se débarrasser d’eux, de les criminaliser, de les exclure de la Nation. Il faut trouver des boucs émissaires à la fois pour expliquer les réussites sociales du Front Populaire, les dégâts provoqués par les Congés Payés, la réduction du travail hebdomadaire, le laisser-aller de la jeunesse, le délabrement des moeurs ou de la famille et la défaite face à l’armée allemande et nazie. A écouter le Chef de l’Etat et une partie de ses parlementaires qui se lâchent dans les réunion locales, on effectue un tragique retour en arrière.
Les éditorialistes prudents et politiquement corrects soulignent que le Président de la République accentue sa dérive à droite en faisant le lien entre étrangers et délinquance et qu’il prépare une élection présidentielle sécuritaire. Trop d’intellectuels s’insurgent mollement, comme s’ils pensaient que cela ne les concerne pas vraiment. Ou bien ils sont en vacances...à l’étranger
Comme je ne suis plus politiquement correct, je suis tenté d’aller beaucoup plus loin. Et si j’ai attendu deux jours pour exprimer l’horreur qui m’a saisi, c’est que je voulais vérifier que le responsable de l’Etat français et de nombreux parlementaires avaient bien plongé dans le même cloaque qu’il y a des dizaines d’années. Pas de doutes...
Sans le moindre état d’âme, le président Sarkozy ne se contente pas de flatter le Front National et ses électeurs saisis par la pauvreté entretenue par le pouvoir, mais il devient le Front National...