TÉLÉVISION
Samedi 27 mars
Teum Teum Christophe Alévêque
France 5, 14 h 10
Marseille, ses petits bateaux de pêcheurs, sa criée, son bar de la Marine, sa Cannebière, ses effluves de favouilles. Et dans le décor de la mixité portuaire giflée par le mistral, Christophe Alévêque pour une découverte de la cité phocéenne, suivant le principe de ce magazine mensuel conduit par Juan Massenya : un échange entre une personnalité et les quartiers d’une ville. C’est donc à la fois une rencontre singulière entre le comédien humoriste et les Marseillais, sur fond de rap, et autant d’échanges sur les problématiques de la ville. Entre le quartier du Panier et celui de Belsunce, ici une responsable RESF, un tailleur rasta africain, un cafetier d’origine algérienne, un ancien flic de la criminalité, là un représentant de la communauté comorienne, un saxophoniste, des joueurs de pétanque. Pour Alévêque, c’est l’occasion aussi d’évoquer la mairie de Jean-Claude Gaudin, l’identité nationale, le sort des expulsés (« Travailler plus pour voyager plus »), la politique du chiffre, la tolérance zéro… Loin des clichés, 52 minutes de sourires et de jubilation.
Dimanche 28 mars
Pizza à Auschwitz
Arte, 23 h 30
Danny Chanoch avait 8 ans quand il grimpait les rampes de sélection d’Auschwitz, déporté de son village lituanien. Longtemps plus tard, il a demandé à ses deux enfants de réaliser son rêve : l’accompagner sur les lieux de son enfance, de sa ville natale aux camps de la mort, à Auschwitz, Mauthausen et Dachau. Narratrice fataliste de l’entreprise, qu’elle perçoit comme une « émission de télé-réalité sur la Shoah », sa fille Miri commente toutes les étapes de ce road-movie à travers la Lituanie et la Pologne. Larmes et rires grinçants assurés, une tragicomédie vécue de l’intérieur sur un impossible héritage.
L’Amant de Lady Chatterley
France 3, 0 h 10
Une adaptation du roman de D. H. Lawrence (1928) par Marc Allégret, réalisée en 1955 et dans les décors d’Alexandre Trauner. Avec Danielle Darrieux dans le rôle de la sulfureuse et Erno Crisa dans celui du garde-chasse.
Du 29 au 31 mars
La symphonie animale
Arte, 19 h 50
Parades amoureuses en chansons, concours de vocalises, cris d’alarme perfectionnés. Le toutim d’une certaine communication, bestiale. Une incursion réjouissante dans le paysage sonore animal avec, au commentaire amusé, Claude Rich, entre information scientifique et comparaisons anthropomorphiques. En trois volets, chacun couvrant une thématique : la prédation et la défense ; la séduction et la reproduction ; l’organisation sociale. Un voyage qui s’étire de l’Afrique du Sud à l’Antarctique, des insectes aux éléphants.
Lundi 29 mars
Les Diaboliques
Arte, 20 h 35
Suite de la rétrospective Clouzot avec ce film noir, cynique et machiavélique d’après le roman de Boileau-Narcejac, illuminé par une brochette d’acteurs (Vanel, Signoret, Meurisse, Serrault, Larquey).
Mardi 30 mars
Emmaüs, la force des faibles
France 5, 20 h 35
Dans l’hiver glacial 1954, ils étaient plus de 2 000 personnes à vivre alors dans la rue quand l’abbé Pierre lança son fameux appel. Aujourd’hui, ils seraient près de 100 000 SDF en France. Et nombre d’entre eux toujours soutenus par Emmaüs (à titre d’exemple, 440 000 nuitées sont assurées chaque année à Paris). Si l’actualité a écorné récemment l’image de l’association, certains salariés d’Emmaüs s’étant mis en grève pour dénoncer leurs conditions de travail (voir Politis n° 1093), il n’en reste pas moins une association à l’œuvre remarquable. Une association racontée par Benoît Lemoine, en petites touches intenses. À commencer par la structure parisienne, Agora Emmaüs, dotée d’une cafétéria, de douches, d’une laverie, où chacun peut avoir accès à une consultation médicale, à des activités culturelles et sportives, à des informations. En jeu, une dignité à retrouver. « On les appelle des SDF, dit Odile Boudeau, directrice des lieux. Ce sont les seules personnes à porter un sigle. On essaye donc de les sortir de ce sigle. » Depuis sa création, le mouvement a naturellement évolué et multiplié ses actions. En témoigne une autre structure installée dans les Deux-Sèvres, tournée vers la récupération high-tech, entre téléphones et ordinateurs. Avec ses 200 salariés, elle réalise un chiffre d’affaires annuel de 8 millions d’euros. Ailleurs encore, dans l’Aisne, l’association se consacre aux anciens détenus, tandis qu’à Marseille elle poursuit son travail d’assistance aux personnes en détresse. Quitte à retrouver son directeur en garde à vue pour « aide au séjour irrégulier ». D’un lieu à l’autre, une galerie de missions et de portraits touchants, sans pathos.



