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Accueil du site > L’hebdo > Éditorial > Soixante ans, ça suffit !

Par Denis Sieffert - 15 janvier 2009

Soixante ans, ça suffit !

L’histoire se répète. Rappelez-vous Camp David. Nous étions au mois de juillet 2000, et le gouvernement travailliste israélien, dirigé par Ehud Barak, celui-là même qui est aujourd’hui ministre de la Défense, accablait Yasser Arafat de tous les maux de la terre. On avait fait au vieux leader nationaliste une « offre généreuse », on lui avait proposé de « partager Jérusalem » – qui pouvait imaginer dans la culture israélienne concession plus importante ? –, et Arafat avait refusé ! Une extraordinaire campagne de communication sur le thème de « l’offre généreuse » avait alors envahi les médias occidentaux. La formule circulait en boucle, reprise comme une évidence sur toutes les radios et dans la plupart des éditoriaux. Un quarteron d’intellectuels se relayait pour tirer du refus palestinien la conclusion qui s’imposait : si Arafat refusait le « partage de Jérusalem », c’est qu’il ne voulait pas la paix. C’est qu’il ne voudrait jamais la paix. C’est que, derrière ses faux airs de jovialité, il rêvait toujours secrètement de la destruction d’Israël. En quelques semaines, à ce rythme, sous le poids de cette unanimité, Arafat était délégitimé. Et, bientôt, politiquement mort. Mort, d’ailleurs, comme ses bourreaux en communication, les Travaillistes israéliens, contraints par leur propre stratégie de se fondre dans un gouvernement de droite. Septembre 2000 : une simple provocation d’Ariel Sharon se rendant sur l’esplanade des Mosquées, manifestation, répression, et c’était le début d’un cycle de violence extrême qui conduirait en 2002 à l’opération israélienne « Rempart » au cœur des villes de Jénine et de Naplouse.

Une opinion israélienne chauffée à blanc approuvait. La répression ferait, côté palestinien, des milliers de morts. Les infrastructures d’une société à peine naissante seraient dévastées. Qui, derrière la déflagration des bombes israéliennes et des attentats palestiniens, avait prêté attention à cette vérité inaudible qui avait fini par percer : il n’y avait jamais eu « d’offre généreuse » à Camp David, et moins encore de « plan de partage » de Jérusalem ? Des négociateurs, américains d’abord, israéliens ensuite, avaient fini par l’avouer. Arafat avait en réalité refusé d’apposer sa signature au bas d’une nouvelle carte de la région entérinant la colonisation galopante de la Cisjordanie depuis les accords d’Oslo, en 1993, qui pourtant en prévoyaient le gel. Mais l’histoire est une lourde machine qu’on ne détourne pas facilement de son cours quand elle est lancée. Entre-temps, les attentats du 11 septembre 2001 avaient bouleversé le monde. Ariel Sharon s’était empressé de comparer Arafat à Ben Laden. La nature coloniale du conflit s’était dissoute dans le magma de la menace islamiste planétaire. Et le Hamas était renforcé. Pourquoi cette évocation aujourd’hui ? Parce qu’après vingt jours de bombes sur Gaza, après neuf cents morts et des milliers de blessés, nous avons l’impression que l’histoire se répète. Cette fois encore, c’est un effet de communication – pour ne pas dire un « mensonge » – qui a libéré cette vague de violence.

Nous l’avons dit. Nous sommes peu à le dire. Ce n’est pas le Hamas qui a rompu la trêve signée le 16 juin. C’est un raid israélien sur Gaza, le 4 novembre. Ce n’est pas prêter des desseins pacifistes au Hamas que de dire cela. C’est constater que son intérêt politique était ailleurs. Sinon, comment comprendre la façon dont il a traqué les militants du Jihad ou ses propres militants qui refusaient la trêve ? Le Hamas spéculait sur une victoire politique qui se traduirait par un desserrement du blocus. Or, c’est le contraire qui est arrivé. Renforcement du blocus et rupture de la trêve : le gouvernement israélien avait, comme on dit par euphémisme, un « autre agenda », celui de ses propres élections, celui du changement de président américain. Mais, devant le massacre qui s’accomplit, et alors que des ONG dénoncent le crime de guerre d’Israël, que des armes au phosphore sont utilisées contre la population civile, est-il encore temps de ratiociner sur les mécanismes de propagande qui sont à l’origine du crime ? Nous pensons en tout cas qu’il convient de s’interroger sur un discours qui n’est pas seulement celui d’Israël, mais du monde occidental en général, dans lequel le colonisé a toujours tort. Seul ce questionnement pourra nous permettre de renverser une logique mortifère qui juge non en droit mais en regard de la nature supposée, politique, religieuse ou ethnique, du colonisé, et qui exige de lui qu’il cesse de se révolter alors que persistent et s’aggravent les causes de sa révolte.

Dans quelques jours, le plus tôt possible espérons-le, le massacre de Gaza prendra fin. Le « ça suffit ! » que nous hurlons aujourd’hui à la une de ce journal vise d’abord l’opération israélienne. Le nombre des victimes civiles est tel qu’il ne s’agit plus de « dégâts collatéraux », mais de la volonté inavouée de châtier un peuple. Seule une vision coloniale peut rendre ce crime acceptable aux yeux de ceux qui le commettent, comme aux yeux de ceux qui le tolèrent. Mais notre « ça suffit » vise aussi soixante ans de conflit, soixante ans de colonisation, soixante ans de soutien apporté par la communauté internationale au fort contre le faible. C’est avec cette logique qu’il faut rompre. Nous n’avons pas à juger des peuples mais à imposer le droit. Dans quelques jours, il ne s’agira pas seulement de compter les morts. Il s’agira de régler ce conflit au fond, c’est-à-dire par la décolonisation des territoires, la levée du blocus de Gaza, et l’établissement d’un État palestinien. Il ne s’agira pas de relancer un énième « processus de paix », un plan par étapes qui permet toutes les échappatoires, toutes les provocations, pendant que les colonies, qui ruinent l’objet même de la négociation, continuent de s’étendre. Après le massacre, il n’est pas interdit d’espérer que la honte et le changement de certaines conditions politiques favorisent enfin un autre regard.

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Commentaires de forum
  • Mohamed 15 janvier 2009 à 11:27

    Merci Monsieur SIEFFERT de rétablir la vérité qui a plus que du mal a se frayer un chemin dans nos médias. C’est en effet un conflit de type colonial auquel on assiste depuis plus de 60 ans (et non un conflit "éternel" entre juifs et arabes ou musulmans). La solution existe donc, il ne manque que la volonté politique de l’appliquer. Mais rien ne se fera tant que le médiateur ou arbitre censé être au-dessus de la mêlée seront les Etats-Unis avec la partialité qui les caractérise (la nomination de Mme Clinton étant de mauvaise augure). Rien à attendre non plus de l’Europe qui se sent toujours aussi coupable plus de 60 ans après l’holocauste. Peut-être qu’un jour le poids économique de pays tels la Chine ou l’Inde finira par se traduire par un poids politique, diplomatique et militaire (avec une conscience politique qui rappelerait les pays non-alignées) mais d’ici là que de souffrance et de sang en perspective.

  • Claude GENDRE 15 janvier 2009 à 11:40

    Pour que la France soit audible au Proche-Orient, il faudrait qu’elle soit impartiale. Or, avec un président de la République juif et un ministre des affaires étrangères également juif, la France est forcément à la fois juge et partie. Et qu’on ne vienne pas me parler d’antisémitisme.

  • Narnokatt 15 janvier 2009 à 12:07

    Disons plutôt pro-sioniste que juif (et atlantiste ce qui est synonyme), il y a des juifs, peu certes, qui ne partagent pas cette vision mortifère de l’existence d’Israël.

    Justement le problème de fond est l’amalgame entre la religion juive et Israël. Ne tombons pas dans ce piège.

  • 15 janvier 2009 à 13:30

    Vos propos sont idiots : Sarkozy n’est pas juif, il est catholique.

    Notre société devient folle si l’on en vient à compter les juifs au gouvernement...

  • 15 janvier 2009 à 13:38

    C’est déjà un commentaire du dernier débile en soit. Mais en plus le président en question est catholique.

  • jacou 15 janvier 2009 à 14:59

    Notre président est un caméléon.

    Il fait valoir son grand-père juif auprès des juifs communautaristes, son grand-père grec quand il va en Grèce, son père hongrois en Hongrie, son baptême catholique au Vatican, mais sa vraie patrie c’est la finance mondialisée et sa religion celle du Veau d’or.

  • jacou 15 janvier 2009 à 15:02

    Et le PS ?
    Silence assourdissant !!!
    Eux aussi pensent qu’il y a des massacres indispensables ?

  • Mekhannene Mohammed 15 janvier 2009 à 15:03

    Il faut arréter de se faire des illusions, il y aura jamais d’Etat Palestinien !
    il suffit de regarder les cartes des colonies en cisjordanie, sans parler de GAza véritale bantoustan à la sauce sud- africaine !
    quant à l’autorité palestinienne, son pouvoir commence et fini au seuil du bureau de mammoud Abbas !
    La solidarité arabe ressemble de plus en plus à un lointain mythe !
    Il faut reconnaître une chose à Israël, c’est la puissance de ses réseaux à travers le monde : politiques, économiques et militaires.
    La sécurité d’Israël n’a jamais été en danger dans cet affrontement où Goliath n’a aucune pitié pour le petit David.
    Vous me trouverez pessimiste !?!
    C’est vrai je le suis !

    Mekhannene mohammed

  • Icosium04 15 janvier 2009 à 15:56

    On a bien vu l’impensable : l’URSS s’écrouler comme un château de cartes, l’Algérie "éternellement" française devenir indépendante, et tant d’autres surprises totalement impensables hier encore. Qui sait si un jour ces colons ne seront pas aussi rejetés à la mer !

  • Jean 15 janvier 2009 à 18:20

    On a vraiment l’impression qu’il y a une accélération du conflit entre hier et aujourd’hui (15/01) pour faire un maximum de dégâts et de victimes en touchant des points clefs. Est ce que le calendrier n’était pas prévu depuis longtemps : l’attaque un peu après Noel et l’arrêt au changement Bush/Obama ! On verra demain...

  • Michel 15 janvier 2009 à 19:54

    Tout à fait d’accord avec la synthèse de Denis Sieffert.

    Il y manque toutefois la dénonciation explicite, argumentée, de la complicité française qui, elle aussi, relève du néo-colonialisme.

    Il nous faire plus :

    Denis Seiffert pourrait lancer une initiative, concernant le comportement mensonger de ces journalistes français, véritables porte-parole de l’Etat d’Israël. Ce ne serait pas "dénoncer les petits copains", ce que les journalistes répugnent à faire, au nom de je ne sais quoi d’attentatoire à la démocratie. Ce serait confirmer qu’il n’y pas une sorte de classe de journalistes, avec des intérêts supérieurs...

    Et aussi :

    Rassembler tous les journalistes qui partagent ses vues ;

    Organiser un débat, qui d’ailleurs devrait être permanent, avec ces journalistes acquis aux thèses israéliennes ;

    Proposer aux syndicats de journalistes de se prononcer, de prendre parti ;

    Demander aux différents services de l’audiovisuel français, l’organisation de tels débats, entre journalistes sur la question palestinienne. Pas des débats où l’on met dix personnes, au centre desquelles l’animateur place son égo, débats confus et inaudibles. Cela suppose aussi qu’on n’y isole pas la voix du type de celle de Seiffert.

    Voilà, doit, comme on dit, porter le fer là où il faut, et non pas dans la chair des Palestiniens, la chair d’un peuple pauvre auprès duquel un réflexe de classe nous porte depuis si longtemps.

    Robert MICHEL, ancien journaliste. Mais toujours journaliste, militant actif dans le secteur des radios libres.

  • 15 janvier 2009 à 20:36

    Le Maire de Grigny (69), René Balme :

    Que font ces parlementaires français, si rapides d’ordinaire, à commenter tel débordement aux quatre coins du monde ? Où sont les grands donneurs de leçon qui fustigent les Droits d’homme en Chine. Où sont ceux qui traînaient Chavez dans la boue ? Où sont ceux qui traitaient Castro de dictateur ? Où sont-ils ces perroquets d’antan, rassemblés derrière l’association « Reporters Sans Frontières » étrangement silencieuse face au carnage et à la liberté de la presse bafouée ? Où sont les chanteurs bêlants qui de Bétancourt à tartampion occupent d’ordinaire les médias pour hurler, que dis-je, vendre leur colère sélective ? Où êtes vous, chiens de garde du capital et de la liberté à géométrie variable ? Vous n’êtes plus parce que vous n’avez jamais été que dans vos rêves marchands de gloire et d’orgueil. (…)

    www.rene-balme.org/24h00/spip.php ?article1198

  • 15 janvier 2009 à 20:36

    Entièrement d’accord. Je partage, avec une grande tristesse, ton analyse.
    Mais on se dit que ce n’est pas possible cela ne peut pas continuer comme cela...

  • Made 15 janvier 2009 à 22:49

    Ségolène Royal ( excusez-moi de dire un gros mot) a fait une chronique intéressante qui n’ a absolument pas été relayée.

    Normal, non ???

    elle est sur son site :

    desirsdavenir.com

    Personnellement, je n’en peux plus.

    Lire les articles, regarder les vidéos, c’est insupportable et jusqu’à quand ?

  • Paco Tizon 16 janvier 2009 à 00:09

    Quand des pro-Israéliens viennent me dire que "d’abord c’est le Hamas qui a rompu la trève", je les envoie paître. On ne justifie pas l’escalade meurtrière avec des excuses pareillles.

    De la même façon, les faits relatés par Sieffert, déjà connus, ne changent rien à l’affaire et ne permettent pas plus de compassion avec le Hamas.

    Je veux dire plus que tout que, que quand la presse de gauche se souciera autant des Tamouls massacrés par milliers par le SriLanka, des Darfouri tués par le gouvernement soudanais, que des Gazaouis, on pourra vraiment parler d’internationalisme.
    Pour le moment, les 3 quarts des dépêches se focalisent sur ce seul conflit, ce qui ne manque pas de rendre l’écho démesuré, gonflé, déformé, et du coup, de rendre l’opinion française hystérique. Les tensions montent, le conflit s’importe, uniquement parce que la presse trouve le filon sensationnel et veut se faire l’écho de ce conflit qui est déjà traité partout.

    Non seulement j’attends de Politis qu’il tende à trouver les chemins de la paix au lieu de souffler les braises, mais surtout qu’ils cherche la vérité - et pas le scoop à sensations !

    Gaza en "une" depuis des semaines... Vous vous comportez comme un parti qui cherche des voix !!!

  • Paco Tizon 16 janvier 2009 à 00:13

    Sarko est catholique.

    S’il est juif, à ce compte-là, le pape aussi a peut-être du sang juif quelque part...

  • 16 janvier 2009 à 01:15

    - Pierre Stambul : Il n’y aura pas de paix avec le sionisme. De même que la paix en Afrique du Sud a été rendue possible par une rupture avec l’Apartheid,
    il faudra une rupture ou un dépassement du
    sionisme, un passage au « postsionisme ». La
    paix, c’est le respect du droit international,
    c’est l’égalité des droits, c’est la citoyenneté.
    Qu’il y ait un Etat ou deux Etats, il faudra en
    finir avec le militarisme, les humiliations, les
    discriminations. Nous remettons en cause la
    notion d’Etat juif. Dans l’immédiat, le retrait de
    tous les territoires occupés, le démantèlement
    de toutes les colonies et le droit au retour des
    réfugiés sont exigés par le droit international.(...)

    www.ujfp.org/modules/news/article.php ?storyid=480

    * * *

    - Israël et la "vertu outragée", par Ilan Pappé

    (...) Et encore, ce n’est pas le plus odieux.

    Quelques enfants palestiniens des Territoires Occupés sont traités pour des cancers dans les hôpitaux israéliens. Dieu seul sait combien ont dû débourser les familles pour qu’ils y soient admis. La station "Israël Radio" se rend tous les jours dans les hôpitaux pour exiger des malheureux parents qu’ils expliquent aux auditeurs qu’Israël a parfaitement raison d’attaquer la Palestine et que la riposte du Hamas est démoniaque.

    Il n’y a pas de limites à l’hypocrisie, essence même de la vertu outragée. Le discours des généraux et des responsables politiques oscille, selon le cas, entre l’autocongratulation devant l’humanité que manifeste l’armée avec ses frappes "chirurgicales" d’une part, et, de l’autre, la nécessité de détruire Gaza une fois pour toutes, mais de façon humaine, bien entendu.
    Cette vertu outragée est une constante dans le processus de dépossession, d’abord par les sionistes, puis par Israël. Toutes les opérations, qu’il se soit agi d’épuration ethnique, d’occupation, de massacres ou de destructions ont toujours été présentées comme des actions justes sur le plan moral et relevant de l’autodéfense, perpétrées à contrecœur par Israël dans sa guerre contre des êtres humains de la pire espèce. (...)

    Au cours de cette nouvelle année, il va falloir ré-expliquer à l’opinion publique l’histoire de la Palestine et la perversité de l’idéologie sioniste qui sert à la fois à justifier les tentatives de génocide, tel celui qui a lieu actuellement à Gaza, et à prendre des garanties sur des actes de barbarie futurs et encore plus barbares. (...)

    De la même façon, peut-être saurons-nous comment expliquer clairement aux milieux populaires, par opposition à l’élite universitaire, que la politique d’Israël (au cours des 60 dernières années) est fondée sur une idéologie hégémonique raciste appelée le sionisme, protégée par d’innombrables couches de vertu outragée.

    Malgré les accusations prévisibles d’antisémitisme et tout le reste, il est temps d’expliquer aux populations le rapport existant entre l’idéologie sioniste et les grandes dates de l’histoire de ce territoire, familières désormais : l’épuration ethnique de 1948, l’oppression des Palestiniens en Israël pendant la période de gouvernement militaire, l’occupation brutale de la Cisjordanie et aujourd’hui le massacre à Gaza. De même que le système d’apartheid témoignait de la politique oppressive du gouvernement d’Afrique du Sud, cette idéologie (sous sa forme plus consensuelle et simpliste) a permis à tous les gouvernements israéliens, passés et présents, de déshumaniser les Palestiniens, où qu’ils se trouvent, et de s’acharner à les détruire. Les moyens employés variaient selon les époques et selon les endroits, comme les discours pour couvrir les atrocités. (...)

    Le pharisaïsme est un acte puissant d’abnégation et de défense. Il explique que la société juive israélienne ne se laisse pas impressionner par la voix de la sagesse, les arguments logiques ou le dialogue diplomatique.

    Et si on refuse de cautionner la violence comme moyen de la combattre, il n’y a qu’une alternative : montrer que toute cette vertu est une idéologie malsaine destinée à couvrir des atrocités.

    L’autre nom de cette idéologie, c’est le sionisme, et la réprobation internationale du sionisme, et pas simplement vis-à-vis des politiques spécifiques d’Israël, est la seule façon de combattre ce pharisaïsme.

    Il nous faut tenter d’expliquer, et pas seulement au monde entier, mais aux Israéliens eux-mêmes que le sionisme est une idéologie qui cautionne l’épuration ethnique, l’occupation et aujourd’hui les massacres. Ce qu’il faut aujourd’hui, ce n’est pas seulement condamner les massacres qui ont lieu actuellement, mais également cesser de légitimer cette idéologie qui a engendré une telle politique et qui la justifie moralement et politiquement.
    (...)

    http://blog.emceebeulogue.fr/post/2009/01/06/Israel-et-la-vertu-outragee

    * * *

    - Gaza : la logique de la guerre coloniales, Denis Collin

    Cette situation elle-même n’est pas tombée du ciel. Elle découle directement de la colonisation sioniste en Palestine et de la proclamation de l’État d’Israël en 1948. Les Occidentaux ont pu se dédouaner à bas prix des crimes commis contre les Juifs en payant leur dette sur le dos des Arabes. Le mensonge inventé par la propagande sioniste (la Palestine : « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ») s’est vite heurté à la réalité et la création de l’État juif s’est faite par le massacre des populations civiles (par exemple le massacre de Deir Yassin perpétré par l’Irgoun de l’ancien premier ministre Menahem Begin) et la déportation en masse – ce qu’on n’appelait pas encore « épuration ethnique » nécessaire pour confisquer les terres et les biens des Palestiniens. Bref, une guerre de conquête coloniale typique, dont la nouvelle génération d’historiens israéliens commence à révéler la réalité. (...)

    http://la-sociale.viabloga.com/news/gaza-la-logique-de-la-guerre-coloniale

    * * *

    - Le vent tourne ! La barbarie israélienne ne parvient plus à faire avaler ses couleuvres, François Legeait

    Israël exige ni plus ni moins que pouvoir agresser, occuper, opprimer, coloniser et tuer tout un peuple sans avoir à affronter une quelconque résistance. Et qu’en est-il du droit des peuples à se défendre ? Il serait temps de cesser de considérer la légitime résistance ("légitime défense") du peuple palestinien comme une agression terroriste, et ceci quels que soient les formes qu’elle prend, les moyens qu’elle emploie. Ou qu’elle est contrainte d’employer. Quel choix lui est laissé ? A-t-elle le choix des armes ? A-t-elle les moyens de pratiquer, non pas une guerre propre (çà n’existe pas), mais une guerre médiatiquement présentable, "politiquement correcte" ? (...)

    Le Hamas pour sa part se dit "pas concerné" par la résolution de l’ONU. A-t-on le droit d’exiger des Palestiniens qu’ils cessent de se défendre ? Et qui le fera pour eux, puisque nous en le faisons pas ? Demande-t-on à une personne que l’on est en train d’étrangler de cesser de se débattre pour ne pas contrarier son assasin ? Tant que nous refuserons d’admettre qu’Israël n’est pas l’agressé mais l’agresseur, jamais des négociations ne pourront aboutir à une paix juste et durable. C’est une erreur et une hypocrisie que de poser en préalable la "sécurité d’Israël". Quelqu’un a-t-il pensé (osé penser !) à exiger d’abord la sécurité des Palestiniens ? La fin de l’occupation et de la colonisation ? (...)

    www.europalestine.com/spip.php ?article3600

  • Le ché 16 janvier 2009 à 01:39

    Merci de vos éclaircissements Mr Sieffert et de ce tres bon article et moi je le dis aujourd’hui j’ai honte de mon pays "la France" qui ne fait rien en réalité pour arrêter ce MASSACRE et Sarkosy est complice de cela car il mettait sur le même plan le "Hamas et l’Arméé Israelienne" alors que nous savons que les pauvres palestiniens n’ont rien pour se défendrent !!! Jusque il y à un mois, j’avais même une certaine compréhension pour Israel mais maintenant c’est fini car c’est devenu INSUPPORTABLE,INCOMPREHENSIBLE ET MONSTRUEUX ce qu’ils ont faient et j’ai définitivement pris fait et cause pour les PALESTINIENS et si ce MASSACRE continu cela va même devenir un HOLOCAUSTE et il faut le dire FORT : il faut arrêter cela !
    Je suis scandalisé par ce CARNAGE car c’est un CARNAGE et un CRIME DE GUERRE et les Israeliens se comportent comme des NAZIS et DES MONSTRES et on à le sentiment qu’ils veulent EXTERMINER réellement les PALESTINIENS et je regrettes de devoir dire cela mais c’est vraiment mon sentiment car ils ont franchis toute les lignes rouges dans l’HORREUR ET L’IGNOMINIE des ASSASSINATS qu’ils SONT EN TRAIN DE COMMETTRENT et PERPETRES contre des civils (enfants,femmes et vieillards) désarmés et qui ne peuvent se réfugier nulle part. Apres on reprochera aux gens d’être antisémite mais C’EST ISRAEL LE PREMIER RESPONSABLE DE CELA par les CRIMES MONSTRUEUX qu’ils COMMETTENT EN CE MOMENT !!!
    Et je ne suis pas antisémite mais je peux comprendre la colère maintenant que peuvent ressentir les Citoyens devant des images terribles ou l’on voit des cadavres d’enfants innocents assassinés sans aucune justification sauf la haine immense des FORCES ISRAELIENNES à leurs égards et je suis sous le choc et écoeuré de la non-réaction des Pays Europeéns qui ferment les yeux aussi. J’espère qu’ISRAEL et ses PRINCIPAUX RESPONSABLES (EHUD OLMER,EHUD BARAK,TZIPI LIVNI) passeront un jour en JUGEMENT POUR CRIMES CONTRE L’HUMANITE et CRIMES DE GUERRE et qu’ils seront DUREMENT SANCTIONNES pour CES HORREURS ET MASSACRES INQUALIFIABLES QU’ILS ONT ORDONNES et FONT EXECUTERS par LEUR ARMEE.

    Voir en ligne : npa aube

  • Patrick Clocher 16 janvier 2009 à 10:05

    Pour répondre à Made qui indique une réaction intéressante et non relayée par les médias de S. Royal sur son site désir d’avenir, je viens de le lire.

    Il est très long, marqué par des préoccupations humanitaires louables, des références historiques un peu vagues et appelant au bon sens les gens de bonne volonté.
    Hélas, rien d’opérant et pratique sauf l’appel à l’arrêt des combats et à la négociation, encore moins - pourquoi pas ? - son attachement clair à la seule solution permettant la fin du conflit : la création d’un État palestinien dans les frontières de 67 avec échanges limités de territoires et partage de Jérusalem, la reconnaissance d’Israël dans ces frontières là par l’État palestinien.

  • plantigrade 16 janvier 2009 à 11:17

    clapclapclap

  • Claude GENDRE 16 janvier 2009 à 12:38

    Réponse à Paco Tizon.

    Il est vrai que Sarko a été baptisé catholique. Au regard du droit français, il est catalogué comme tel. Mais il est né de mère juive ; donc au regard de la tradition et du droit hébreux pour qui la "judéité" se transmet par la mère (et non par le père), il est juif à part entière.

  • 16 janvier 2009 à 13:23

    Mais où est donc passé l’internationalisme ?

    Jacques Cotta

    A propos d’un texte unitaire des organisations de "gauche" sur les effets de la guerre à Gaza

    A l’heure où l’armée israélienne ne connaît plus de limite dans l’agression de la bande de Gaza, allant jusqu’à bombarder à deux reprises dans la même journée l’hôpital de la ville, laissant sur place un champ de ruines et un cortége de malades déambulant dans les décombres, à l’heure où la presse[1] et l’ONU sont la cible de l’aviation israélienne, de ses bombes au phosphore, à l’heure où le nombre de tués palestiniens en deux semaines dépasse le millier, dont des centaines de femmes et d’enfants, où des milliers d’autres se retrouvent à tout jamais marqués dans leur tête et dans leur chair, un texte que la gauche française a signé prend un relief tout particulier[2].

    Ainsi assiste-t-on à un consensus général lamentable derrière une débauche de bons sentiments, d’une morale sans retenue. (...)

    http://la-sociale.viabloga.com/news/mais-ou-est-donc-passe-l-internationalisme

  • Mekhannene Mohammed 16 janvier 2009 à 14:52

    L’URSS s’est effrondré, mais elle était constituée d’Etat qui repris en main leur destiné,mêmme si d’importantes minorités russes y demeurent et que dand certains Etats ex-soviétique l’influence de Moscou est toujours présente.
    Quant à l’Algérie, c’est un peuple dans sa trés grande majorité qui a refusé le colonialisme français. Il faut dire que les membres du FLN et du MNA ont tout fait pour que les Algériens soutiennent le projet d’indépendance.
    Il ne faut pas oublier de Gaulle qui a compris que cela ne valait pas le coup de rester en Algérie au prix d’une guerre civile française.
    Dans le cas de la Palestine, les juifs sionistes( il existe des juifs qui ne reconnaissent pas l’Etat d’israël) le soutient sans Failles qu ’ils ont de la part de l’Europe, et cela depuis la fin de la seconde guerre mondiale, et des Etats-Unis rendra trés difficile l’émergence d’un véritable Etat Palestinien !
    Les colonies ont littéralement grignoté les territoires palestiniens de cisjordanie et je ne parle même pas de Jérusalem Est qui se transforme d’année en année en entité juive par la disparition progressive et constante de ses habitants palestiniens !
    Pour qu’il y est un Etat Palestinien, il faudra à ce peuple le même soutien dont ont bénéficié les juifs d’Europes et d’ailleurs pour venir prendre par les armes, souvent européennes et avec l’aide d’instructeurs américains, des territoires que par la suite le machin dont parlait DE Gaulle, avalise le fait accompli.
    Un Etat Juif au détriment de la population autochtone, c’est à dire les Palestiniens.
    Je reste pessimiste, à moin que Dieu, dans sa mésirécorde place les Palestiniens sur sa liste des "Peuples Elus"(sic)

  • Cocoricooo 16 janvier 2009 à 15:59

    Je connaissais l’existence de cette "offre généreuse" et, comme tout le monde sans doute, je la voyais comme une épine dans l’histoire palestinienne. Le fait d’apprendre, enfin avec précision, ce que Yasser Arafat a réellement refusé, change complètement la donne. Mais pourquoi personne ne s’est-il offusqué plus tôt de ce scandale ? Il est certain que je ne lis pas tout, et c’est bien là le problème : pour qu’une vérité surgisse dans le champ social, il faut qu’elle soit martelée tous azimuts. C’est un sacré boulot qui prend du temps. Les chrétiens eurent besoin de plusieurs siècles pour que leur "vérité révélée" prenne consistance et se présente comme un fait historique.

  • 16 janvier 2009 à 16:46

    Merci et bravo au 1er élu de la republique (mon seul refuge en ces temps sourds, sombres et incertains) que j’entends s’indigner sur les crimes commis par les sanguinaires de l’etat voyou "au regard des lois internationnales" d’Israel. Merci aussi de dénoncer et de fustiger tous les bien-pensants de la théorie du choc des civilisations qui squattent les medias, les arcanes politiques et le monde de star-academy en tout genre et qui nous déblatèrent (à en vomir) le monde binaire qui les encerclent dans leur têtes. Tous ces gens-là n’ont sans doute jamais vu un de leur petits enfants criblés de balles ou pérforés par des éclats d’obus (et tant mieux)car, voyez-vous, moi, j’ai cessé de regarder les horribles massacres d’enfants (j’ai mal au ventre). il faut que ça cesse. il faut que justice soit rendue aux victimes. il faut que les citoyens du monde se mobilisent.
    Rachid

  • paco tizon 17 janvier 2009 à 00:01

    Claude gendre : Il a un ancêtre juif je crois (du côté de sa mère ou de son père je ne sais plus), mais sa mère n’est pas juive.

    Et quand bien même, "la religion est une affaire personnelle" et Sarko se dit catholique. Amen.

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