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Par Bernard Langlois - 1er mars 2012

Tiens, tiens …

… une présidentielle !

L’autre jour, j’ouvre ma fenêtre, et que vois-je passer, dites donc ?

Une présidentielle !

Je l’ai reconnue tout de suite, ce n’est pas une campagne électorale comme les autres.

C’est que j’en ai vu passer, dans ma vie de sexagénaire avancé, des présidentielles !

Je partage même avec les gens de mon âge le privilège de les avoir toutes vu passer, depuis la mise de la marque sur le marché, en 1965 [1], ce qui fait tout même pas loin du demi-siècle …

En 1965, j’ai suivi ça avec assez de passion, bien que n’étant pas encore électeur : à l’époque c’était 21 ans, il me manquait une bougie. Comme c’était la première fois qu’on demandait au peuple de choisir un Président, et que ce président-là avait vocation à gouverner pour de vrai (et pas, comme avant, à inaugurer les chrysanthèmes), forcément, on était intéressé … On devait cette innovation au grand Charles, vous savez ? ce général qui autrefois avait « sauvé la France » (comme Jeanne d’Arc) et qui disait tout le temps « merde » aux Ricains. Il venait enfin de réussir (non sans mal) à sortir la France de sa sale guerre coloniale en Algérie, après qu’on avait tutoyé la guerre civile, sans blague !

Donc : de Gaulle versus Mitterrand. Celui-ci champion de la gauche unie et choisi par les grands partis (PCF et SFIO) parce qu’avec sa petite formation riquiqui (la Convention des institutions républicaines, j’te demande un peu !) il ne faisait d’ombre à personne. L’autre parti d’importance, le MRP (centre) concourrait aussi sous les couleurs de son champion, un sénateur normand du nom de Jean Lecanuet : le Bayrou de l’époque, voyez.

Et il y avait encore trois autres postulants.

(Qui a dit des trotskistes, là au fond ? Non, jeune homme, à l’époque le trotskiste était encore sous terre occupé à creuser, comme une vieille taupe …)

Les trois restants, donc, étaient : — un extrême droite (non, pas Le Pen ; encore qu’il était déjà dans le coup comme directeur de campagne du candidat), un brillant avocat, Tixier-Vignancour, — un « libéral européen » (un grand type, sénateur aussi, Pierre Marcilhacy, honorablement connu dans son canton charentais), — et un bonhomme à moustache, l’air sympa, Marcel Barbu, dont tout le monde se demandait ce qu’il faisait là : en fait, et ce n’était pas ridicule, il défendait le logement social, si je me souviens bien, genre les Castors, un beau mouvement associatif de l’époque.

Bien. Donc, c’était en 1965, la première élection présidentielle au suffrage universel, la victoire de De Gaulle ne faisait de doute pour personne et … et je ne sais pas où je me suis embarqué, là, mais on est pas rendu !

(A suivre)

P.-S.

Rappel : pour commenter, on signe !

Notes

[1] Hors le cas unique de 1848, qui a tourné Empire …

Commenter (7)

Commentaires de forum
  • JPB 1er mars à 20:56

    Eh oui Bernard, et, contrairement à ce que tu pourrais penser(me semble que ta censure m’a réprimé y a pas longtemps...), j’ai une grande admiration pour le Grand Charles
    Pour sa force politique qui a empêché que la France soit gouverné par l’Amgot en 1944 et également pour avoir sorti notre pays du "bourbier" algérien. Mais je ne suis pas un inconditionnel malgré tout !
    Nous pourrions parler, par ex, du suffrage universel pour l’élection présidentielle et de la façon dont il s’est pris pour parvenir à ses fins en 1962

    Répondre à ce commentaire

    •  
      Gilbert Duroux 4 mars à 02:05

      "Pour sa force politique qui a empêché que la France soit gouverné par l’Amgot en 1944"

      Faut tout de même préciser que le prix à payer, c’était pas rien. C’était le blanchiment, en toute connaissance de cause, de Papon et quelques uns de ses semblables. Pour deux motifs :
      1) il fallait des hauts fonctionnaires compétents et sûrs pour faire tourner la machine administrative.
      2) des types comme Papon, mouillés jusqu’au trognon, devenaient les obligés de de Gaulle, qui avait barre sur eux... Et effectivement, Papon est devenu le fidèle des fidèles. De Gaulle a pu compter sur lui lorsqu’il a fallu casser du bougnoule le 17 octobre 1961.

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  • topor 2 mars à 09:27

    Encore, encore, Nanard !!!! Et en plus à la télé c’était en noir et blanc comme The Artist

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  • buzzado 2 mars à 14:50

    dans e domaine il est hors de question d’ imiter l’Allemagne ! C’est trop démocratique pour nous ; éternelle tribu gauloise il nous faut un chef, quitte à choisir un bonimenteur sans-gêne comme en 2007, c’est à dire quelqu’un qui n’aurait jamais dû rentrer à l’Elysée.

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  • buzzo 3 mars à 19:10

    ok avec vous ! Comme il n’aurait dû jamais entrer à l’Elysée, il impératif de saisir la 1ère occasion pour l’expulser du Château ....

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    •  
      vm 4 mars à 23:10

      Le château, le château, on est vraiment encore sous l’Ancien régime !
      Vous voulez monter au créneau, glisser un oeil par les les échauguettes, explorer les machicoulis, nager dans l’eau sombre des douves ou pourrir dans des oubliettes ?
      C’est vrai que Sarko veut consolider le servage (le RSAvage), que Hollande flirte avec les Prussiens, que les Le Pen tiennent au leur (de château) et que le bon roi Bayrou court après son panache blanc !

      Et si on vous proposait une petite balade Nation-Bastille ?

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  • Gérard Ponthieu 5 mars à 12:06

    Arrête cette cure de rajeunissement, tu vas nous faire retomber en enfance ! ;-)

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