haut-pub
Éditorial Clivage La semaine La suite Le dernier hebdo Acheter le dernier hebdo Archives Abonnement Soutenez Politis
Accueil du site > L’hebdo > Politique > Traité européen : le Front de gauche concocte son plan de bataille

Par Pauline Graulle - Suivre sur twitter - 19 septembre 2012

Traité européen : le Front de gauche concocte son plan de bataille

Réunis hier pour une journée d’étude, les parlementaires du Front de gauche ont réfléchi à leurs prochaines actions pour alerter sur le traité budgétaire européen. Cependant que le « silence organisé » continue autour des conséquences du texte... Reportage.

Le temps presse. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la complexité du texte ne facilite pas les choses. Un traité qu’on ne sait même plus très bien comment nommer (faut-il l’appeler « TSCG » ? « Pacte budgétaire » ? « Nouveau traité européen » ?...) et qui a été rédigé par Bruxelles dans le pire jargon technocratique. « C’est pas que nous sommes limités dans nos moyens de compréhension, c’est qu’il est fait pour ça [qu’on n’y comprenne rien, NDLR] !, s’exclame, du premier rang de la salle où sont réunis la quarantaine de parlementaires du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, le porte-parole du mouvement. Le traité a changé cinq fois de nom. C’est la confusion entretenue qui nous empêche de prendre pied dans le débat ».

Quinze jours pour convaincre

Pas de quoi désespérer pour autant. Hier, à la journée d’étude des parlementaires du Front de gauche organisée dans une salle du MacVal de Vitry-sur-Seine, l’ambiance était, une fois de plus, au « on lâche rien ! ». Le traité budgétaire, qui doit être examiné à l’Assemblée dans une quinzaine de jours avant de prendre le chemin du Sénat, a occupé toute la matinée de débats. Avec, en toile de fond, cette question clé : quelle méthode utiliser pour faire monter le débat dans l’opinion, alors que les partisans du « oui » ne veulent surtout pas de débat ? «  Notre obstacle, c’est le temps, et la non information organisée, il faut qu’on crée de l’intérêt là où on veut nous imposer la banalisation et le silence », résume Pierre Laurent, porte-parole du Front de gauche, et bientôt sénateur (en remplacement de Nicole Borvo). « Nous dénonçons les manoeuvres et le complot du silence qui s’abat sur ce traité, et l’attitude incroyablement désinvolte du chef de l’Etat », ajoute Jean-Luc Mélenchon, faisant allusion au retentissant silence de François Hollande sur le traité lors de son interview de rentrée au JT de TF1. Ou comment essayer de boxer face à un adversaire... qui a déserté le ring.

L’opinion, les élus locaux et les travailleurs

Pour interpeller un PS sourd à ses sollicitations, le Front de gauche compte donc sur la grande manifestation populaire organisée le 30 septembre, à laquelle il espère rassembler « plusieurs de milliers » de personnes. « Les gens, dans leur grande masse, pensent que la manière dont on construit l’union européenne ne va pas du tout, estime Pierre Laurent, faisant référence au sondage indiquant que 64 % ne revoterait pas pour le Traité de Maastricht si le référendum avait lieu aujourd’hui. Si à gauche, il n’y a pas des gens qui portent cette critique-là, Marine Le Pen a un boulevard devant elle ».

Mais le travail de terrain ne s’arrête pas là. En plus des parlementaires, il s’agit de rallier les élus locaux en profitant notamment de la fenêtre de tir des Etats généraux de la démocratie territoriale (organisés les 4 et 5 octobre). Sensibiliser ces présidents de conseils généraux, régionaux, et ces maires socialistes, afin qu’ils prennent conscience que le traité, qui conditionnera les aides européennes au droit de regard de l’Europe, contraindra aussi leurs propres budgets. « Quand ils auront un projet culturel, social ou d’équipement, et que le le vote du budget en conseil municipal tombera, [ils se rendront compte que ce] traité est une arme terrible contre les municipalités », pointe Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et auteur d’un ouvrage très pédagogique sur le traité.

Auprès des salariés, enfin, un travail de tractage a commencé à la sortie des entreprises avec le concours de la CGT. Les fonctionnaires, déjà secoués par la RGPP, prendront de plein fouet les nouvelles cures de réduction des dépenses publiques imposées par le traité. Les salariés du privé ne seront pas épargnés : « La pression de la commission, ce n’est pas que sur les dépenses publiques, car la conditionnalité [des aides de l’Europe] porte aussi sur les réformes du marché du travail », martèle Pierre Laurent, rappelant les injonctions de la Troïka pour faire travailler un jour de plus les Grecs, baisser le salaire minimum ou celui des jeunes. Il faut se rendre compte du «  niveau de tyrannie auquel conduit la présence de la Troïka dans un pays », ajoute gravement Jean-Luc Mélenchon, estimant que ce traité conduira à « un reformatage global » de l’organisation financière, économique et sociale des Etats.

Une histoire de tons

Dire non. Mais encore ? Si tous les parlementaires souhaient ardemment que la mobilisation réussisse, tout le monde sait, aussi, que, sauf improbable coup de théâtre, le traité sera ratifié. Qu’importe pour André Chassaigne, président du groupe à l’Assemblée nationale : « Le travail de conscience que l’on fait aujourd’hui peut nous permettre de créer des majorités d’idées qui se transformeront en majorités d’action... Ne nous sclérosons pas. On ne peut pas être marxistes sans être dans le mouvement ! ».

Certes, mais quelle doit être le rythme, et le ton de ce mouvement ? « On va nous traiter d’imbéciles, d’anti-européens... Il faut qu’on soit très forts sur la dénonciation, sur le décryptage, mais aussi sur les capacités à proposer autre chose », avertit Brigitte Gonthier-Maurin, sénatrice des Hauts-de-Seine. Mêmes interrogations de Laurence Cohen, sénatrice du Val-de-Marne : « Dans notre argumentation, il ne faut pas tuer l’espoir dans le débat populaire. Il n’est pas possible de dire que si le traité passe, on ne peut plus rien faire ». Pierre Laurent : « Si on fait se lever un débat public national, si le déplacement est significatif, on donne un signal. Quelque part, il se joue autour de cette affaire là la tonalité des débats (PLFSS, débat budgétaire...) à gauche dans les années à venir ». Rien que ça !

Commenter (8)

Commentaires de forum
  • PrNIC 19 septembre 2012 à 18:25

    concrétement quelles actions "CONTRE" ?
    une super et grosse manif "parisienne"
    une sollicitation citoyenne auprès des députés pour les inviter à voter "NON"

    c’est tout ?

    On se plaint du silence d’Hollande et des médias sur le sujet ....Personne (ou le peuple) ne s’invite chez ces derniers ?

    Aucune grève générale lors du vote ?

    Répondre à ce commentaire

    •  
      Yvan 21 septembre 2012 à 01:11

      Concrètement, vu la monarchie présidentielle dans laquelle nous sommes enfermés (et c’est une des volonté du Front de Gauche de refonder ces institutions élitistes) il paraît difficile de faire autre chose que "faire entendre sa voix" pour sensibiliser les élus.

      Quelles actions contre ?...
      Nous n’avons le droit de parole qu’une fois tous les 5 ans, et cela devrait nous suffire ? L’action, il fallait la soutenir avant l’élection d’un énième "roi" parfumé au lobbying financier.
      Dans le contexte actuel, à part interpeller nos élus et faire entendre notre voix, on a aucun outil (à disposition des électeurs que nous sommes) pour s’exprimer mieux que cela. Le Front de Gauche représente tout de même plusieurs Millions de personnes, des personnes qui ont (par dépit) soutenus la candidature de Hollande afin de mettre un terme au sarkosysme débridé et à une politique de droite qui devenait insoutenable. Le PS en profite bien, évidemment, mais qu’en est-il des voix qui leur ont permis d’être au pouvoir aujourd’hui ? (sans parler de cette absurdité anti-démocratique des législatives à scrutin majoritaire et non proportionnel)

      C’est facile de dire qu’une manif’ "c’est bien gentil, mais ça ne sert à rien"... Si vous connaissez d’autres moyens de s’exprimer au sein de ce gouvernement "représentatif", faites-nous le savoir, c’est intéressant.
      En re-précisant que, derrière cette bataille ponctuelle contre le vote qui aura lieu en octobre sur la ratification du TSCG par voie parlementaire, le FdG réclame également une refonte de notre république afin d’abolir ces institutions qui ligotent les citoyens (alors que la constitution est le rare texte que les élus devraient craindre, elle ne fait que protéger ces élus depuis plus de 200 ans). Il est temps de rédiger une VIème République et de faire naître une démocratie participative en lieu et place de cette dictature austéritaire qui est en train de nous être imposée... sans qu’on ait notre mot à dire sur le sujet ! Tant qu’on laissera ceux qui sont au pouvoir écrire eux-mêmes les règles du pouvoir, on abandonnera notre droit à la participation dans la Cité, car ce système électoral par candidats de partis nous oblige à délaisser notre droit de citoyen. Nous ne sommes donc que de vulgaires électeurs ?... des "sous-citoyens" qui n’auraient le droit de s’exprimer (sous l’énorme influence des grands médias) qu’une fois tous les 5 ans ?

      La lutte contre le TSCG n’est qu’une étape pour le FdG et les associations/organisations qui le composent. Une étape qui occupe l’actualité du mouvement, et c’est normal vu la précipitation dans laquelle il faut agir (pour alerter les élus et nos concitoyens). Mais cette lutte n’annihile pas pour autant le projet politique présenté lors de la présidentielle, un projet toujours activement soutenu, quand la plupart des gens s’obstinent à croire encore à un programme (comme celui du PS) qui, pour reprendre l’expression du candidat du Front de Gauche, n’est que "du bricolage" et de la "belle parole". Ses "60 engagements" (qu’il ne respecte qu’à moitié par ailleurs) n’avaient rien d’un vrai projet politique, les français le voient bien en ce moment ! Et ce n’est pas fini...
      Le Front de Gauche lui continue dans son élan, et faire 10% à une présidentielle, pour un mouvement politique jeune de moins de 3 ans, c’est plutôt encourageant. Ne détruisons pas dans l’oeuf cet espoir de changer les choses (et de les changer autrement qu’en laissant une nouvelle fois le nationalisme et le repli identitaire prendre le dessus). On peut ne pas être d’accord avec tout le programme, d’ailleurs, même au sein du FdG il y a des débats sur de nombreux points. Mais un but commun et puissant porte ce mouvement : l’envie d’abolir cette Vème République présidentielle pour construire les institutions de demain, plus démocratiques, et une constitution qui ligote enfin nos élus (bien trop complaisants avec les lobbys qui sont loin de représenter une majorité de la population, et encore moins l’intérêt général).

      Refusons ce traité qui va nous maltraiter ! Et réclamons une nouvelle République, dans laquelle les minorités seront toutes représentées pour ne pas laisser le monopole des décisions aux plus riches. Que ce soit en politique, en économie, au travail, il n’est plus possible d’avoir à subir cette élitisme à tous les niveaux. On serait bien plus aptes à décider nous-mêmes du sort de notre pays, et de l’Europe, sans cette élite inconsciente (et/ou corrompue) qui mène finalement la même politique que celle de l’ancien gouvernement... à quelques douceurs près (des mesures qui ne changent en rien le fond du problème, à savoir l’économie et la création de monnaie aujourd’hui abandonnée aux banques privées) !

      Répondre à ce commentaire

  • DUPIN Bernard Administrateur CGT Groupe La Poste 22 septembre 2012 à 14:52

    LE NOUVEAU TRAITE BUDGETAIRE EUROPEEN VA PROPULSER LA POSTE DANS UNE IMPASSE.

    Le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), plus connu sous le nom de pacte budgétaire européen, est un mécanisme qui aura de nombreuses conséquences sur la vie quotidienne des postiers et des usagers de La Poste.
    Ce traité qui prévoit l’institution d’une règle d’or budgétaire nationale définit clairement des possibilités de sanctions venant de la Cour européenne de justice pour les pays qui ne respecteront pas des budgets en équilibre ou en excédent.
    UN TRAITE POUR VIDER LE SOCIAL DE L’ENTREPRISE

    En clair, l’Etat qui est l’actionnaire majoritaire du Groupe La Poste va accélérer sa politique de dividendes dont le taux actuel qui vient de passer de 25% à 36% sera loin de correspondre aux énormes contraintes budgétaires prévues.

    Les 130 à 145 millions de dividendes annuels reversés par La Poste à l’Etat apparaissent d’ores et déjà comme quantités négligeables dans les perspectives à venir.

    C’est donc l’ensemble du modèle économique actuel de La Poste basé uniquement sur l’écrémage des emplois, la baisse des charges et la vente du patrimoine, qui non seulement ne sera pas remis en cause, mais qui va au contraire prendre de pus en plus de consistance.

    Les conséquences apparaissent donc évidentes pour un bilan social qui s’annonce encore plus dégradé et un service public postal très rapidement mis dans l’incapacité de répondre aux besoins de la population.

    Lors de la présentation de ses annonces aux cadres dirigeants, le Président Bailly insistait sur l’axe de travail que doit être la compétitivité de l’entreprise.

    Si l’on replace cette proposition dans le cadre de la stratégie d’austérité qui nous est proposée, le cocktail devient explosif.

    Il s’agit en fait de détricoter le droit du travail pour disent ils « améliorer la compétitivité ». On est bien dans le cadre du « Pacte de compétitivité » adopté par le Conseil Européen en mars dernier.

    Pouvoir licencier plus facilement, réduire les droits collectifs, ou favoriser les rémunérations individuelles tels sont les buts poursuivis.

    C’est exactement ce que l’on retrouve dans les propositions de « contrats nouvelle génération » pour les prochains recrutements à La Poste, la flexibilité de l’emploi dans les chantiers proposés par Jean Kaspar ou l’actionnariat salarié que veut remettre au goût du jour le Président Bailly.

    UN TRAITE POUR METTRE A MAL LES POSTES EUROPEENNES

    Alors que la récession s’étend en Europe, ce traité va enfoncer les postes européennes dans une crise abyssale.

    La Grèce qui en est à son 9ème plan d’austérité a vu la vente de l’Hellenic Postbank faire partie de la première phase du plan de privatisation de 50 milliards d’euros.

    En Italie, l’agence d’évaluation financière Moody’s vient d’abaisser la note de la Poste italienne, contrôlée par l’Etat, à A3 contre A2 et sa note à court terme à Prime-2 contre Prime-1 avec une perspective négative.
    En France, la Banque postale a dû provisionner en 2011 à hauteur de 72 % son portefeuille d’obligations souveraines grecques, soit une charge brute de 240 millions d’euros, avec une exposition aux risques souverains dans l’ensemble de l’Europe de l’ordre de 32 076 millions.
    C’est cette politique d’austérité et de libéralisation qui a profondément dégradé les services postaux européens, quand ils ne se sont pas effondrés en termes de réseau, d’emplois, de qualité de service et de démocratie dans leur gestion.

    La proposition d’aller au contraire vers de grandes coopérations entre opérateurs postaux pour construire un service public postal européen pourrait déjà être une réponse à cette situation.

    UN TRAITE QUI VIDE LA GOUVERNANCE DE SES PREROGATIVES

    Ce traité va également poser le problème de l’indépendance de la gouvernance économique et financière du Groupe.

    Les représentants du gouvernement et de la Caisse de dépôts (bras armé financier de l’Etat) au Conseil d’Administration de La Poste n’auront en effet pour seul objectif que de faire rentrer le budget de La Poste dans le carcan du budget de l’Etat défini par la Commission Européenne qui aura le « pouvoir de faire des recommandations à caractère impératif ».
    Les effets directs de ce texte, tant sur le plan social qu’en matière de démocratie, sont donc aux antipodes des espoirs de changement de la majorité des postières et des postiers.
    Avec un tel traité aussi bien anti-social qu’anti-démocratique, ce sont les droits des postières et des postiers, mais aussi l’avenir du service public postal qui est en jeu.

    DES ALTERNATIVES AU TRAITE

    La Poste est un élément de la cohésion nationale et de développement de l’économie, d’autres orientations doivent être mises en œuvre.

    Il faut créer les conditions d’une appropriation publique des choix stratégiques de l’entreprise intégrant l’avis des usagers, des élus et l’attribution de droits nouveaux d’intervention dans les choix de l’entreprise, pour les représentants du personnel.

    Si le PDG de La Poste proposait il y a encore quelques jours de tourner une page, c’est en fait d’un autre livre que les postiers ont besoin, mais visiblement, le gouvernement semble se tromper d’ouvrage.

    Il ne peut accepter un traité européen qui va laisser perdurer des choix de casse du service public et de l’emploi.

    C’est pourquoi la CGT avec la Confédération Européenne des Syndicats demande le rejet d’un tel traité et une renégociation des traités européens qui devra notamment consacrer l’adoption d’une clause de progrès social.

    Répondre à ce commentaire

  • adelante 22 septembre 2012 à 19:12

    une chose est claire : on en veut pas ! On veut un référendum, et ceci est une REVENDICATION FORTE. Ceux qui n’en tiendront pas compte ne pourront que s’en mordre les doigts.

    Répondre à ce commentaire

  • rozzo 22 septembre 2012 à 19:16

    TSCG ??? Tout Sauf Cette Gonnerie !!

    Répondre à ce commentaire

  • fuera 23 septembre 2012 à 18:52

    les Verts doivent se débarrasser définitivement de DCB, cet abject bobo égocentrique et soi-disant écolo, qui ne sait que les déglinguer dès qu’il a un micro sous le nez.

    Répondre à ce commentaire

  • thomas 25 septembre 2012 à 20:25

    Pour qui a regardé "C dans l’air" d’aujourd’hui ou écouté les chansons des Dessertine, Reynié et autres à propos de ce traité, les choses devraient commencer à apparaître clairement, des choses sinistres. Les décennies de lutte pour acquérir des droits sociaux comme la semaine des 40 h, les congés payés, les conventions collectives, les syndicats, les droits des travailleurs etc c’est fini. Maintenant, c’est le règne du moins disant social pour cause de compétitivité, le règne des économies sur le dos des seuls salariés et retraités, le règne de la finance. Bref, le début d’une profonde régression. Ce sont nos enfants que l’on sacrifie sur l’autel du libéralisme. Le problème, c’est que les forces d’opposition à L’UMP-PS sont très divisées et diverses. C’est le syndrome Gaulois face aux Romains. La vérité : pas à nous de payer la dette.

    Répondre à ce commentaire

  • renaud cayla 30 septembre 2012 à 11:03

    Lecteur fidele de Politis depuis ses origines, je suis aujourd’hui pris d’un doute, parallèle par ailleurs aux arguments de Yann Moulier Boutang dans l’Impossible. Il s’agit d’une analyse géopolitique de la crise, que je trouve absente ici.
    Je ne pense pas qu’il faille voir dans l’acceptation du traité par Mr Hollande la preuve d’une profonde duplicité : ouvrir une crise en Europe dans la situation actuelle serait fort périlleux pour un gouvernement soucieux du sort des plus défavorisés. Nous savons que l’acceptation du dit traité n’aidera en rien ceux ci, mais nous savons aussi que l’aggravation de la récession qui en résultera peut avoir des vertus bien plus pédagogiques qu’une crise ouverte. Il s’agit en fait de convaincre le peuple allemand et ses élites des limites de la financiarisation compétitive.
    Je reconnais que tout cela ne sont que des spéculations et qu’il est peut être plus simple de camper sur ses propres positions. Ne devons nous pas, là, tenir compte des rapports de force en Europe ?
    Tout cela dit par ailleurs dans un esprit totalement anti capitaliste.

    Répondre à ce commentaire

Commenter (8)

Sur le même sujet
haut-pub
L'association Pour Politis L'agenda militant Politis et vous

fl_g_signature
N°ISSN 2259-5988    Conception graphique › Clémence Knaebel    Design sonore › Cédric Boit    Développement › Résaction    Site réalisé avec Spip
fl_d_signature